Utilisateur:Stephaneo/Brouillon
Le Conseil national des économies régionales (CNER), officiellement dénommé « CNER, fédération des agences de développement économique, d’attractivité et d’innovation », est une fédération française créée en 1952 qui regroupe aujourd’hui près de 70 agences de développement économique locales, départementales et régionales.[1]
L’organisation a pour mission de représenter et d’accompagner ces agences dans leurs activités de soutien aux collectivités territoriales et aux entreprises, en matière d’attractivité, d’innovation, de réindustrialisation ou encore de revitalisation urbaine.[2]
Le CNER se présente également comme un lieu de production de ressources (guides méthodologiques, baromètres, études) et un acteur d’influence auprès des pouvoirs publics nationaux.[3]
| CNER | |
| Situation | |
|---|---|
| Création | 1952 |
| Ancien nom | Conseil National des Économies Régionales |
| Siège | 219 Boulevard Saint-Germain 75007 Paris |
| Organisation | |
| Président | Jalil Benabdillah |
| Délégué général | Mathieu Dejouy |
| Site web | https://cner-france.com/ |
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Origines et création (1943 - années 1950)
modifierLe mouvement à l’origine du CNER remonte à la création, en 1943 à Reims, du premier comité d’expansion économique, initiative d’acteurs locaux souhaitant contribuer à la reconstruction économique de la France après-guerre.[4]
En 1952, les comités s’organisent à l’échelle nationale avec la création de la *Conférence nationale des comités régionaux d’étude*, qui tient son premier congrès à Reims.
Leur reconnaissance institutionnelle intervient avec le décret n° 54-1231 du 11 décembre 1954, qui institue officiellement les comités d’expansion économique et fixe leurs missions consultatives auprès des pouvoirs publics.[5]
Consolidation et indépendance (années 1960 - 1970)
modifierDans les années 1960, les comités d’expansion économique acquièrent un rôle institutionnel renforcé. Le décret du 20 janvier 1961, pris sous le gouvernement de Michel Debré, rend leur consultation obligatoire pour l’élaboration des plans régionaux. Ils deviennent ainsi des partenaires incontournables de l’État dans la planification territoriale.
En 1960, la coordination des acteurs locaux se consolide par la création du Conseil national des économies régionales (CNER), issu de la fusion de trois structures : la Conférence nationale des comités régionaux d’étude, l’Institut français des économies régionales (IFER), et le Centre de liaison des actions régionales touristiques et économiques. Le CNER devient alors le référent national de ce réseau de comités.
En 1970, le CNER fusionne avec l’Association nationale des centres régionaux de productivité pour devenir le CNERP (Conseil national des économies régionales et de la productivité), marquant une volonté de rapprocher aménagement du territoire et politique industrielle.
Malgré la création de la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) en 1963 et la proposition de Georges Pompidou d’institutionnaliser les comités régionaux, ces derniers choisissent de conserver leur indépendance vis-à-vis de l’État. Le réseau du CNER s’engage activement dans les grands débats de la décennie : urbanisme, organisation des villes moyennes, reconversion industrielle, ou encore réforme régionale.
Décentralisation et dynamisme local (années 1980 - début 1990)
modifierÀ partir des années 1980, le CNERP (anciennement CNER) s’inscrit pleinement dans le mouvement de décentralisation amorcé par les lois Defferre (1982–1983). Il accompagne la montée en puissance des collectivités territoriales en matière de développement économique et renforce son rôle de relais structuré entre les agences locales et les pouvoirs publics nationaux.
Les comités d’expansion, soutenus par le CNERP, élargissent leurs missions : soutien aux entreprises, mise en place de zones d’activités, réalisation de diagnostics territoriaux, participation à l’élaboration des contrats de plan État-région, et promotion de l’intercommunalité. Le CNERP devient un interlocuteur reconnu dans les débats législatifs sur l’aménagement du territoire, l'emploi, ou encore la fiscalité locale.
La revue Inter Régions, relancée en 1979, devient un outil de diffusion des idées du réseau. En parallèle, le CNERP organise colloques, congrès et publications pour animer la réflexion sur le rôle des territoires dans le développement économique.
Cette période voit également l’émergence du rôle de « tête de réseau » pour le CNERP : il structure les échanges entre agences, développe une communication fédérale, initie des actions de lobbying et défend les intérêts de ses membres auprès des décideurs publics.
Innovation, professionnalisation et internationalisation (1995 - 2010)
modifierLes années 1990 marquent un tournant stratégique pour le CNER, qui retrouve son nom d'origine en 1996 après une période sous l’appellation CNERP. Cette nouvelle étape s’accompagne d’une reconnaissance officielle par les pouvoirs publics : le décret du 5 mai 1995 confère au CNER le statut de fédération nationale agréée des comités d’expansion et agences de développement économique.
Dès lors, le CNER engage une professionnalisation poussée de son réseau : des démarches de certification qualité ISO 9001 sont lancées, des guides méthodologiques sont publiés, et une veille législative et réglementaire est mise en place pour accompagner ses membres face à la complexification des politiques publiques.
L’organisation élargit aussi son champ d’action : elle appuie la participation des agences aux pôles de compétitivité, à l’attractivité internationale (notamment via l’AFII), à la reconversion post-industrielle (après restructuration militaire ou industrielle), et au développement durable.
Le CNER modernise ses outils : création d’un site internet, mise en place d’un extranet, diffusion de newsletters professionnelles, et utilisation des systèmes d’information géographique. Parallèlement, la communication interne s’intensifie et un nouveau statut du personnel est négocié avec l’UCCAR (ex-UCAR), renforçant l'encadrement et les conditions de travail des 1 200 salariés du réseau.
Dans un contexte de mutation économique, cette période consacre le CNER comme un réseau de compétences territoriales certifiées, capable d’apporter expertise, coordination et innovation au service des collectivités.
Adaptation et influence face aux mutations contemporaines (2010 - aujourd’hui)
modifierDepuis le début des années 2010, le CNER fait face à un contexte institutionnel et économique profondément renouvelé. La réduction du nombre d’agences départementales, conséquence des réformes territoriales successives (notamment la loi NOTRe de 2015), a poussé le réseau à adapter ses modes d’organisation et de financement.
En parallèle, l’émergence de nouveaux enjeux territoriaux (transitions écologique et numérique, re-territorialisation de l’économie, revitalisation des centres-bourgs) a transformé les missions des agences, appelant à un accompagnement stratégique renforcé.
Face à ces mutations, le CNER a affirmé son rôle de réseau d’expertise et d’influence. Il soutient activement ses membres dans la diversification de leurs activités (accompagnement à l’innovation, soutien aux tiers-lieux, économie sociale et solidaire, politiques de résilience territoriale), tout en pilotant des démarches collectives de professionnalisation. Il joue un rôle croissant de lobby auprès des pouvoirs publics, portant la voix des agences dans les débats sur l’attractivité, l’aménagement du territoire ou encore la réindustrialisation.
Le CNER a également fortement modernisé ses outils de communication et de diffusion : refonte de son site internet, intensification de sa présence sur LinkedIn, développement de newsletters spécialisées et de vidéos thématiques, etc.
Il organise régulièrement des événements de référence tels que le Forum DEV&CO, qui rassemblent les acteurs du développement économique des territoires autour de réflexions stratégiques.
Sur le plan opérationnel, le CNER accompagne aujourd’hui plus de 70 agences à travers la formation, l’animation de clubs métier et groupes de travail, la mise à disposition d’outils (baromètres, benchmark, guides méthodologiques), et la coordination de projets mutualisés.
En 2022, il a également participé à plusieurs missions de structuration d’agences nouvelles, témoignant d’une dynamique de renouvellement du maillage territorial.
Dans un contexte de complexité croissante des politiques publiques, le CNER apparaît désormais comme un acteur-clé de l’ingénierie territoriale, à l’interface entre l’État, les collectivités locales et les acteurs socio-économiques. Il porte une vision exigeante du développement territorial, fondée sur l’ancrage local, l’innovation méthodologique et la coopération entre agences.
En mars 2025, Jalil Benabdillah, déjà vice-président du CNER depuis 2021, succède à François Rebsamen, appelé au Ministère de l'Aménagement du Territoire, à la présidence de la fédération[6]. Interrogé par la Banque des Territoires sur ses priorités, il explique : "Ma priorité est de rendre le réseau fort et cohérent. Ce qui unit les agences et fonde leur légitimité, c’est leur connaissance très fine des territoires en métropole et en outre-mer. En tant que fédération, le CNER joue un rôle fédérateur, forme et fait monter en compétences les agences. [...] Le CNER doit devenir la caisse de résonance de l’expertise multiforme des agences, en valorisant leur travail. Cela lui permettra de devenir un interlocuteur lisible, audible et respecté des pouvoirs publics, et donc incontournable. Pour ce faire, nous devons être capables de produire du contenu, d’animer des écosystèmes, de créer des synergies entre les acteurs pour plus d’efficacité, moins de redondances et pour porter des projets ambitieux."[7]
Missions actuelles et principales réalisations
modifierLe CNER remplit aujourd’hui trois grandes fonctions au service des agences de développement économique, dans un contexte de transformation rapide des territoires.
1. Professionnalisation du réseau
modifierLe CNER accompagne la montée en compétences des agences adhérentes à travers :
- un catalogue de formations en constante évolution, couvrant des thématiques techniques (développement économique, attractivité, RSE, revitalisation, etc.) et managériales ;
- des diagnostics d’organisation et des accompagnements sur mesure (appui à la structuration, évolution des missions, définition de feuilles de route stratégiques) ;
- la mise en œuvre de démarches qualité, comme la certification ISO 9001 ou la construction d’indicateurs de performance et de reporting.
2. Animation et production de ressources
modifierLe CNER joue un rôle central d’animation du réseau et de producteur de contenus par :
- l’organisation de clubs métiers et groupes de travail (marketing territorial, attractivité, innovation, outre-mer, RH, communication, directeurs d’agences etc.) ;
- la diffusion régulière de dossiers de bonnes pratiques, baromètres, études, notes techniques et retours d’expérience issus des territoires ;
- des webinaires, qui font dialoguer experts, chercheurs, praticiens du développement économique ;
- des événements nationaux comme le forum DEV&CO, lieu de partage et d’échange entre élus, techniciens et partenaires institutionnels entre élus, techniciens et partenaires institutionnels.
3. Plaidoyer et représentation institutionnelle
modifierLe CNER s’affirme comme porte-parole national des agences de développement, d’attractivité et d’innovation, en défendant leurs intérêts dans les grands débats publics. Il produit des notes de position, participe à des consultations publiques, collabore avec les ministères (notamment la DGE, l’ANCT), et valorise les propositions de terrain auprès des parlementaires et des fédérations d’élus.
Il agit également en interface active avec les grands opérateurs économiques (Caisse des Dépôts, La Poste, EDF, Bpifrance, etc.), facilitant les partenariats entre agences et acteurs nationaux.
Organisation et membres
modifierLe CNER fédère un réseau national d’agences de développement économique réparties sur l’ensemble du territoire français. Ces agences, souvent créées à l’initiative des collectivités territoriales, se déclinent en trois grandes catégories :
- Agences régionales, qui coordonnent la stratégie de développement économique à l’échelle des régions ;
- Agences départementales, historiquement nombreuses, bien que réduites depuis la réforme de 2015 ;
- Agences locales ou intercommunales, généralement tournées vers l’accueil d’entreprises, la gestion de zones d’activités et l’animation économique de proximité.
Le CNER regroupe également des membres associés, partenaires institutionnels ou économiques majeurs, tels que la Banque des territoires, RTE, EDF, Veolia, ou encore l’ANCT.
Perspectives et enjeux futurs
modifierDans un contexte marqué par les transitions écologique, numérique, démographique et industrielle, le CNER se donne pour mission de mobiliser pour aider les territoires à relever de nouveaux défis :
- Soutenir les reconversions économiques face aux mutations sectorielles, aux relocalisations et aux besoins de réindustrialisation des territoires ;
- Renforcer l’attractivité des territoires dans une logique d’équilibre entre métropoles, villes moyennes et zones rurales ;
- Accompagner l’émergence de nouvelles missions pour les agences : ESS, économie verte, ingénierie de projet, mobilisation des fonds européens, coopération transfrontalière.
À moyen terme, le CNER entend poursuivre trois priorités stratégiques :
- Structurer un réseau national agile et solidaire, capable de répondre à des contextes locaux différenciés, tout en renforçant les sources de financement du CNER et en consolidant sa fonction de lieu de partage, d’échange de pratiques et de soutien entre membres ;
- Affirmer le positionnement du CNER comme acteur d’influence et de lobbying, en consolidant sa légitimité politique et institutionnelle dans les grands débats sur l’avenir des territoires, et en garantissant pleinement son rôle de porte-parole engagé de la profession ;
- Devenir un véritable hub de ressources, d’accompagnement et de prospective pour les agences et développeurs territoriaux, en développant des outils, des contenus et des espaces au service de la montée en compétence et de l’anticipation des mutations.
Les présidents du CNER
modifier| Nom du Président | Dates de mandat |
|---|---|
| René Théry | 1952-1953 |
| René Étienne | 1954-1955 |
| Bertrand Motte | 1955-1956 |
| Bertrand de Maud’huy | 1957-1960 |
| Édouard Rastoin | 1960-1962 |
| Pierre Schneiter | 1962-1966 |
| Edgard Pisani | 1967-1970 |
| Michel d'Ornano | 1971-1972 |
| Pierre Madaule | 1973-1974 |
| Marcel Lucotte | 1975-1979 |
| Jean Charbonnièras | 1980-1981 |
| Charles Josselin | 1982-1986 |
| Bernard Stasi | 1986-1987 |
| Maurice Ligot | 1987-1992 |
| Jean-Pierre Balligand | 1993-1995 |
| Antoine Rufenacht | 1995-1998 |
| Martin Malvy | 1998-2003 |
| Adrien Zeller | 2003-2007 |
| Paul Jeanneteau | 2009-2011 |
| Pascal Allizard | 2011-2015 |
| Frédéric Cuvillier | 2015-2023 |
| François Rebsamen | 2023-2025 |
| Jalil Benabdillah | Depuis mars 2025 |
Notes et références
modifier- ↑ « Partenaires : CNER, fédération nationale des agences de développement économique », sur Banque des Territoires (consulté le )
- ↑ Cédric Néau, « Réindustrialisation : « Il manque une coordination plus poussée entre les acteurs nationaux et locaux » », La Gazette des communes, (lire en ligne)
- ↑ Pascal Allizard, « Pascal Allizard, président du CNER : « Il n’y a pas de doublons entre agences de développement économique » », Courrier des maires, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Denis Mellier, « Les comités d’expansion et l’aménagement des territoires (1943-1960) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, Belin, vol. 65, no 2, , p. 45-68 (ISSN 0048-8003)
- ↑ « Décret n°54-1231 du 11 décembre 1954 sur les comités d’expansion économique », sur Légifrance (consulté le )
- ↑ Hubert Vialatte, « Jalil Benabdillah, la voix des territoires », Les Echos, (lire en ligne
) - ↑ Valérie Grasset-Morel, « Agences de développement : "Ma priorité est de rendre le réseau fort et cohérent" (Jalil Benabdillah, président du CNER) », Banque des Territoires, (lire en ligne)
