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Couverture de l'édition originale (Durand, 1913).
Couverture de l'édition originale (Durand, 1913).

Sillages… op. 27, est une suite de trois pièces pour piano composée par Louis Aubert de 1908 à 1912. L'œuvre est créée par le pianiste Lucien Wurmser, le dans la salle Érard. La partition, publiée aux Éditions Durand la même année, est dédiée à Jacques Durand.

Pièces de virtuosité après la toccata des Lutins, op. 11, de 1903 — les Sillages… expriment l'appel de la mer, les charmes nocturnes du rêve, la fuite inexorable des heures et la nostalgie de pays lointains, colorés d'une inspiration explicitement basque dans son mouvement central, où apparaît le rythme caractéristique de la habanera qui culminera dans son œuvre avec la Habanera pour orchestre, composée à la fin de la première Guerre mondiale.

Bien accueillie par la critique et le public, cette œuvre tombe dans l'oubli après la mort du compositeur, en 1968, dans l'indifférence de ses contemporains. Élève de Fauré, Louis Aubert et sa musique semblaient avoir survécu à leur époque. Les Sillages… sont redécouverts au début des années 1990, grâce à des pianistes comme Marie-Catherine Girod.

Le compositeur et musicologue Guy Sacre considère cette suite comme « le chef-d'œuvre pianistique d'Aubert », un triptyque comparable à Gaspard de la nuit de Ravel, et l'une des plus importantes partitions impressionnistes françaises du début du XXe siècle, pour le piano, avec La Maison dans les dunes de Gabriel Dupont, Le Chant de la mer de Gustave Samazeuilh et les Clairs de lune d'Abel Decaux.

Le philosophe et musicologue Vladimir Jankélévitch estime que cette partition, avec le cycle de mélodies des Six Poèmes arabes de 1917 et la Sonate pour violon et piano de 1926, porte la marque de « l'un des plus grands musiciens français ».