Valentin Abeille (résistant)

haut fonctionnaire et résistant français

Valentin Abeille, né le à Alençon et mort pour la France le dans le 13e arrondissement de Paris, est un militaire, haut-fonctionnaire et résistant français, Compagnon de la Libération[1].

Valentin Abeille
Fonctions
Sous-préfet de Provins
Provins
-
Chef de cabinet
Ministre de l'Éducation nationale
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 36 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Méridien, Colleone, Victor Arnoult, Jacques Valcabrère-AllègreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Fonctionnaire, militaire, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Jean-Pierre Abeille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Camille Chautemps (beau-père)
Valentin Abeille (grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Arme
Grade militaire
Conflit
Distinctions
Plaque en mémoire de Valentin Abeille à Provins.

Biographie

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Jeunesse

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Valentin Abeille et son frère jumeau Jean-Pierre naîssent le à Alençon, dans l'Orne[2]. Leur père Pierre, originaire de Figeac est alors sécrétaire général de la préfecture de l'Orne puis devient Sous-Préfet d'Argentan en décembre suivant[3],[2]. Leur grand-père, Valentin Abeille était lui-même Sous-préfet de Figeac avant de devenir député puis sénateur de Haute-Garonne[4],[5]. Mobilisé en 1914 au 83e régiment d'infanterie, Pierre Abeille est ensuite transféré au 42e régiment d'infanterie dans les rangs duquel il est tué au combat à Vingré le [6],[7]. Enfants d'un soldat Mort pour la France, Valentin et son frère sont faits pupilles de la Nation par décision du tribunal de la Seine en date du [2]. Élevé par sa mère, il effectue sa scolarité au Lycée Henri-IV puis poursuit ses études à la faculté de droit de Paris où il obtient une licence de droit le 19 juillet 1930[1],[8]. Il effectue ensuite son service militaire de 1931 à 1932, dans la cavalerie où il suit les cours d'élève-officier à l'école de cavalerie de Saumur[8],[9]. Ses études et son service national achevés, il entame une carrière dans l'administration préfectorale à l'image de son père et de son grand-père[9].

En 1930, il est second au concours de rédacteur de la Préfecture de Paris puis devient attaché au cabinet du Préfet de Police de Paris et exerce ensuite dans différents cabinets ministériels, notamment comme chef de cabinet du ministre de l'Éducation nationale Aimé Berthod en 1934, puis comme sous-chef à la Préfecture de Police[9],[8]. Divorcé en février 1937, il se remarie en juin de la même année avec Nicole Chautemps et devient ainsi le gendre du Président du Conseil Camille Chautemps dont il est nommé Chef du secrétariat[10],[9] En 1938, il est nommé Sous-Préfet de Provins[9].

Seconde Guerre mondiale

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À la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne, bénéficiant d'un statut d'affecté spécial du fait de son poste préfectoral, Valentin Abeille refuse de rester à l'arrière et s'engage au 29e régiment de dragons[9]. Il s'illustre lors de la bataille de France au cours de laquelle il obtient une citation à l'ordre de l'armée, une à l'ordre de la division et une à l'ordre du régiment[9]. Démobilisé le mois suivant l'armistice du 22 juin 1940, il retourne exercer ses fonctions à Provins[9]. En octobre 1940, il est nommé Sous-Préfet d'Autun mais avant d'être effectivement installé, il est relevé de ses fonctions par le régime de Vichy le 8 janvier 1941 en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie[9],[8]. Le 31 mars suivant, il est nommé conseiller de préfecture à Marseille[9].

En janvier 1942, après être entré en contact à la fin de l'année précédente avec des membres du mouvement Combat, il rencontre leur chef Henri Frenay[9]. Il est alors à nouveau révoqué pour les mêmes motifs et quitte Marseille pour s'intaller comme avocat à Lons-le-Saunier[9]. Toujours en contact avec Combat, il en rejoint les membres locaux avec lesquels il édite et publie des revues clandestines jusqu'en juillet 1942[9]. Nommé chef départemental pour le Jura par Marcel Peck, chef de la région R1 de Combat, il participe localement à l'unification des sections paramilitaires des mouvements Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur qui forment ainsi l'Armée secrète[9],[11]. En janvier 1943, il devient chef régional des service économiques et politiques des mouvements unis de la Résistance mais, recherché par la gestapo, il est contraint d'entrer en clandestinité totale et est appelé en Angleterre[11],[9]. Il s'envole pour Londres dans la nuit du 19 au 20 mai 1943, à partir du terrain clandestin Orion à Cosges[11],[9].

Affecté au Bureau central de renseignements et d'action, il est formé intensivement aux parachutages et aux techniques d'actions clandestines[11],[9]. Désireux de retourner en France pour y poursuivre le combat, il est nommé délégué militaire de la région M constituée de la Normandie, de la Bretagne et de l'Anjou et est déposé près de Tours dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943[11],[9]. Secondé par Maurice Guillaudot, il fédère dans sa région les forces militaires des différents mouvements de résistance dans le cadre de la formation des Forces françaises de l'intérieur[11],[9]. Ces dernières mises en place en février 1944, Valentin Abeille conserve son rôle de délégué militaire de la région M et applique localement les plans vert (sabotage du réseau ferroviaire), bleu (sabotage des lignes à haute tension) et violet (sabotage des lignes téléphoniques) conçus par Londres dans le cadre de la préparation de l'opération Overlord[11],[9],[12].

Toujours activement recherché par les services allemands, il est trahi par sa secrétaire et capturé à Paris le 31 mai 1944[11],[9]. Malgré de graves blessures par balle, il est transporté au siège de la Gestapo de la rue des Saussaies pour y être interrogé. Son état s'aggravant, il est transféré à l'hôpital de la Pitié où il meurt de ses blessures le 2 juin 1944[11],[9],[12]. Après la libération, son corps est retrouvé dans un terrain vague et reçoit des obsèques nationales aux Invalides avant d'être inhumé aux côtés de son père au cimetière de Montréjeau[11],[1].

Distinctions

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Hommages

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  • Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de Lons-le-Saunier et sous celui de son père sur le monument aux Mort de Montréjeau[15],[16].
  • Au lycée Henri-IV, son nom est inscrit sur une plaque commémorative aux anciens élèves mort durant la seconde guerre mondiale[17].
  • Au ministère de l'Intérieur, son nom figure sur une plaque commémorative aux personnels des administration centrales et préfectorales mort pendant la seconde guerre mondiale[18].
  • À l'Hôtel du Grand Orient de France à Paris, son nom est inscrit sur le mur du souvenir rendant hommage aux francs-maçons tués par les régimes nazis et pétainistes[19].
  • À Provins, sur les murs de la Sous-préfecture, une plaque commémorative a été apposée en son honneur[20].
  • À Ramatuelle, son nom figure sur le monument commémoratif aux membres des services spéciaux tués en 1939-1945[21].
  • L'Allée Valentin-Abeille dans le 18e arrondissement de Paris, une rue de Provins et une place de Montréjeau ont été baptisées en son honneur[22],[23],[24].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 « Valentin Abeille (fiche biographique) », sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le ).
  2. 1 2 3 « Acte de naissance de Valentin Abeille - 1E384/204 », sur Archives municipales d'Alençon
  3. ↑ « Acte de naissance de Pierre Abeille - 4E1058/143 », sur Archives départementales du Lot
  4. ↑ « Valentin Abeille (résistant) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  5. ↑ « Valentin Abeille (résistant) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  6. ↑ « Registre matricule de Pierre Abeille - 11R281/484 », sur Archives départementales de Haute-Garonne
  7. ↑ « Pierre Abeille », sur Mémoire des Hommes
  8. 1 2 3 4 « Valentin Abeille », sur siv.archives-nationales.culture.gouv.fr
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, (ISBN 2-356-39033-2)
  10. ↑ « Acte de mariage Valentin Abeille, Nicole Chautemps - 7M252_A/422 », sur Archives de Paris
  11. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Jean-Pierre Ravery, « Abeille Valentin [dit Méridien, Colleone, Fantassin, Victor Arnoux, Jacques Valcabrère-Allègre] », sur fusilles-40-44.maitron.fr, Le Maitron Les Fusillés (1940-1944) (consulté le ).
  12. 1 2 Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, (ISBN 2-262-01606-2)
  13. ↑ Décret du 28 mai 1945, paru au JO du .
  14. ↑ ABEILLE Valentin – Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale (France).
  15. ↑ « Monument aux Mort de Lons-le-Saunier », sur Mémorial GenWeb
  16. ↑ « Monument aux Mort de Montréjeau », sur Mémorial GenWeb
  17. ↑ « Plaque commémorative - Lycée Henri IV », sur Mémorial GenWeb
  18. ↑ « Plaque commémorative - Ministère de l'Intérieur », sur Mémorial GenWeb
  19. ↑ « Mur du Souvenir - Grand Orient de France », sur Mémorial GenWeb
  20. ↑ « Plaque commémorative - Provins », sur Mémorial GenWeb
  21. ↑ « Monument aux services spéciaux - Ramatuelle », sur Mémorial GenWeb
  22. ↑ « Allée Valentin Abeille - Paris », sur adresse.data.gouv.fr
  23. ↑ « Rue Valentin Abeille - Provins », sur adresse.data.gouv.fr
  24. ↑ « Place Valentin Abeille - Montréjeau », sur adresse.data.gouv.fr

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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