Vauquois
Vauquois est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.
| Vauquois | |
La butte de Vauquois. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Département | Meuse |
| Arrondissement | Verdun |
| Intercommunalité | Communauté de communes Argonne-Meuse |
| Maire Mandat |
Jean-Pierre Delandre 2020-2026 |
| Code postal | 55270 |
| Code commune | 55536 |
| Démographie | |
| Population municipale |
23 hab. (2023 |
| Densité | 2,8 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 12′ 14″ nord, 5° 04′ 24″ est |
| Altitude | Min. 184 m Max. 290 m |
| Superficie | 8,14 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Clermont-en-Argonne |
| Législatives | Deuxième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Le village est connu pour la bataille de Vauquois qui s'est déroulée durant la Première Guerre mondiale du au entre l'armée française et l'armée allemande.
Géographie
modifierSituation
modifierHydrographie
modifierLa commune est dans la région hydrographique « la Seine du confluent de l'Oise (inclus) à l'embouchure » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Buante, le Fossé 01 de la commune de Vauquois, le Fossé 03 de la commune de Vauquois, le ruisseau de Vaux, le ruisseau de Branière et la Beaussogne[1],[Carte 1].
La Buante, d'une longueur de 18 km, prend sa source dans la commune de Avocourt et se jette dans l'Aire à Baulny, après avoir traversé cinq communes[2].

Climat
modifierPlusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[5] et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[6]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 991 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 9,3 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Aubréville à 7 km à vol d'oiseau[9], est de 10,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 854,3 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −15,7 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
modifierTypologie
modifierOccupation des sols
modifierL'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (57,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (54,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,4 %), prairies (42,6 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
modifierLe nom de la localité est attesté sous la forme Vauquoy en 1642[17].
Sans doute du latin vallis, suivi d'un élément assez obscur[17].
Pourrait être une ancienne vallis quietum, « vallée tranquille », ou une ancienne vallis Quadensis, « vallée des Quades », un peuple germain aujourd’hui encore assez méconnu.[réf. nécessaire]
Histoire
modifierL'occupation du site date de l'époque gallo-romaine.
Le village est surtout célèbre pour sa bataille, dite bataille de Vauquois, qui se déroula durant presque toute la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918 (quatre années et deux jours exactement) et qui opposa les armées françaises et américaines contre l'armée allemande. Elle s'est déroulée du au , se soldant par une victoire tactique de la France, mais continua jusqu'en sous forme de « guerre des mines ».
Le village était construit sur la butte du même nom ce qui en faisait un lieu stratégique pour les armées en présence. En effet, dominant la plaine du haut de ses 290 m, cette position permettait d'avoir une vue imprenable sur les voies de communications de Verdun et Sainte-Menehould et permettait de diriger les tirs d'artillerie contre les positions ennemies. Haut-lieu de la guerre dite des mines durant laquelle chaque adversaire creusait de profondes galeries (mines) et y enfouissait des tonnes d'explosifs afin de causer d'importants dégâts en surface avant de lancer un assaut. Terrible affrontement où la peur de sauter était constamment à l'esprit des combattants. Les profonds cratères encore visibles témoignent de la violence des combats et forment une profonde tranchée au sommet de la butte. La ligne de front fut percée par les Américains lors d'une offensive de grande envergure en 1918. Le futur président américain Harry Truman et le futur général Patton combattirent dans le secteur. Il ne reste plus aucune trace de l'ancien village.
Bien que classé en zone rouge, du fait des munitions et cadavres dispersés sur et dans la butte, les habitants se réinstallèrent au pied de celle-ci où fut construit le village actuel. La commune sera alors parrainée par la ville d'Orléans en grâce à l'intervention du général Céleste Deprez, originaire du village. Plusieurs régiments composés d'Orléanais avaient combattu à Vauquois. Une souscription publique y sera lancée. Mais le nouveau village ne sera composé, pendant de nombreuses années, que de baraquements, la première maison en pierre n'étant construite qu'en 1923. Un monument « aux combattants et aux morts de Vauquois » est inauguré en 1925 au sommet de la butte qui devient un site puis un monument historique. La rue principale du nouveau village est baptisée rue d'Orléans.
Il resterait sous le sol environ 14 km de galeries en parties effondrées dont deux étudiées par les historiens et par les archéologues[18].
Politique et administration
modifierPopulation et société
modifierDémographie
modifierL'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[20].
En 2023, la commune comptait 23 habitants[Note 3], en évolution de +35,29 % par rapport à 2017 (Meuse : −3,68 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
modifierCulture locale et patrimoine
modifierLieux et monuments
modifierButte de Vauquois
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- Nécropole nationale
- Le Monument Aux combattants et aux morts du Vauquois.
Le site de la butte de Vauquois a été préservé après la guerre. En 1925, un monument « aux combattants et aux morts du Vauquois » a été construit au sommet de la butte, côté "français". Il représente une pyramide tronquée avec une lanterne des morts. Y est sculpté un poilu en tenue de 1915 et un marronnier tronqué, rappelant un marronnier de la butte scié à la mitrailleuse par les Allemands car il servait de repère à l'artillerie française. L'ensemble des terrains de la zone rouge sur la butte a été classé monument historique depuis 1937[23].
Aujourd'hui, le site est ouvert au public et constitue un témoignage de la première guerre mondiale, du sacrifice des valeureux soldats de chaque camp et de la « guerre des mines ». Une association de bénévoles, l'association des amis de Vauquois et de sa région, entretient et restaure le site pour conserver ce témoignage de l'histoire[24]. Cette association propose une visite guidée des souterrains le premier dimanche de chaque mois ou sur rendez-vous pour des groupes.
Église de l'Immaculée-Conception
modifierL'église de l'Immaculée-Conception, reconstruite en 1928.
- Vue du sommet de la butte depuis les tranchées allemandes.
- Tombe d'un soldat mort à la bataille de Vauquois le (cimetière de La Baconnière.
- Monument à Henri Collignon au bas de la butte.
- L'église de l'Immaculée-Conception.
Personnalités liées à la commune
modifier- Général Céleste Deprez (1855-1940), général pendant la Première Guerre mondiale, né à Vauquois. Il contribua à sa reconstruction après guerre.
Parmi « ceux de Vauquois », nom donné à ceux qui ont participé à la bataille de Vauquois :
- Henri Collignon (1856-1915), préfet et ancien secrétaire général de la présidence de la République, engagé volontaire à 58 ans, tué au combat à Vauquois. Une borne en bas de la butte a été érigée en sa mémoire.
- Auguste Chaillou (1866-1915), médecin et ancien chercheur de l'institut Pasteur, tué au combat à Vauquois.
- Lucien-Émile Dropsy (1886-1915, sculpteur et médailleur, tué au combat à Vauquois.
- Jean Maspero papyrologue (1885-1915)
- Harry S. Truman, président des États-Unis, servit dans l'artillerie américaine qui attaqua le secteur de Vauquois en [25].
Héraldique
modifier| Blason | Les armoiries de Vauquois se blasonnent ainsi : D'azur au coupeau d'or sommé de la Vierge de Vauquois en majesté, portant l'enfant Jésus, les deux d'argent, nimbés d'or ; chapé de gueules chargé de deux casques de centurion romain d'argent affrontés. |
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|---|---|---|
| Détails | Création Robert A. Louis et Dominique Lacorde. Adopté le 8 avril 2017. |
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Amat, J. P. (1987). Guerre et milieux naturels: les forêts meurtries de l'Est de la France, 70 ans après Verdun. Espace géographique, 16(3), 217-233.
- Boucheron, G. (1917). L'assaut: l'Argonne et Vauquois avec la 10e Division, 1914-1915. Perrin.
- Chenet, G. (1908). Grafites figulins des alieux et d'avocourt (Meuse). Revue Archéologique, 11, 391-394 résumé.
- Grappe, E. (2002). Carnets de guerre, 1914-1919: 52 mois sur le front. Editions L'Harmattan.
- Landolt, M., Schnitzler, B., Laparra, J. C., Mourot, F., & Legendre, J. P. (2014). Des tranchées aux musées: l’archéologie pendant la Grande Guerre en Alsace et en Lorraine. In Situ. Revue des patrimoines, (23).
- les Amis de Vauquois et de sa région (2004) La Butte meurtrie, Vauquois, la guerre des mines 1914-1918, Verdun, 2004.
- Marguin-Hamon, E. (2014). Un patrimoine mémoriel en expansion. André Pézard et la Grande Guerre: un éternel retour. In Situ. Revue des patrimoines, (25) URL :http://insitu.revues.org/11666.
- Pézard André (1918) Nous autres à Vauquois, 1915-1916: 46°R.I..
Vidéographie
modifier- France 3 La Voix est Libre : Archéologie et Grande Guerre, consulté
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Vauquois sur le site de l'Insee
- Association des Amis de Vauquois et de sa Région
- Monument - La Butte de Vauquois
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
modifier- ↑ « Réseau hydrographique de Vauquois » sur Géoportail (consulté le 9 juin 2024).
- ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
modifier- ↑ « Fiche communale de Vauquois », sur le système d'information pour la gestion des eaux souterraines (consulté le ).
- ↑ Sandre, « la Buante »
- 1 2 Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
- ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
- ↑ « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
- ↑ « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
- ↑ « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Orthodromie entre Vauquois et Aubréville », sur fr.distance.to (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Aubréville_sapc », sur la commune d'Aubréville - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Aubréville_sapc », sur la commune d'Aubréville - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- ↑ Insee, « Métadonnées de la commune de Vauquois ».
- ↑ « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- ↑ Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- ↑ « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
- 1 2 Michèle Benoît et Claude Michel, Noms de lieux du Département de la Meuse, Éditions régionalismes, , p. 36-74.
- ↑ France 3 La Voix est Libre : Archéologie et Grande Guerre, consulté 16 décembre 2017
- ↑ L'organisation du recensement, sur insee.fr.
- ↑ Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
- ↑ « Zone rouge », notice no PA00106652, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ « L'association des amis de Vauquois et de sa région » (consulté le ).
- ↑ Letters home by Harry Truman, rassemblées et publiées par Monte M. Poen (ISBN 9780826214744), 2003, p. 57.
