Vercors (écrivain)

auteur et illustrateur français (1902–1991)

Jean Bruller, dit Vercors, né le à Paris 15e et mort le à Paris 1er, est un illustrateur et écrivain français. Il adopte le pseudonyme littéraire Vercors en 1941 pendant la Résistance. Par la suite, il garde son patronyme pour son travail d'artiste et son pseudonyme comme nom d'écrivain. Son œuvre la plus célèbre est Le Silence de la mer, publiée clandestinement en 1942.

Vercors
Biographie
Naissance
Décès
(à 89 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Sépulture
Nom de naissance
Jean Marcel Adolphe Brüller
Pseudonymes
Vercors, Joë MabVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Romancier, graveur, illustrateur, dramaturge
Conjoint
Parentèle
Hélène Bruller (petite-fille)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Genre artistique
Romans, nouvelles, divers
Distinction
Légion d'honneur (renvoyée)
Œuvres principales
Plaque commémorative.

Biographie

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Origines familiales

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Jean Bruller et ses parents vers 1905.

Jean Bruller est le fils de Louis Bruller (1864–1930)[1], d'origine juive-hongroise, et d'Ernestine Bourbon (1875–1948)[2], institutrice. Son acte de naissance indique « Brüller »[3], mais tous les livres publiés[4] et l'usage utilisent l'orthographe « Bruller ».

La vie de son père lui a inspiré la nouvelle La Marche à l'étoile publiée pendant l'Occupation.

Dans un livre d'entretiens, À dire vrai, Vercors attribue à son père une ascendance lorraine : « La famille Bruller venait des Vosges, au XVIIIe siècle. Chassée par un des siens, converti et devenu évêque, et que gênait la présence de cette famille juive, elle a émigré en Hongrie. »

Louis Bruller quitte l'Autriche-Hongrie en 1880 et s'installe à Paris, chassé par la « barbarie » qui règne en Hongrie et attiré par l'idée de la France comme pays de la liberté et des arts. Il y lance un commerce de livres populaires, essentiellement des « feuilletons dominicaux diffusés surtout en province, dans les campagnes, dont les auteurs avaient été cédés à cet effet à prix réduit : Honoré de Balzac, Victor Hugo, Eugène Sue, mais aussi Paul Féval ou Jean de La Hire. Ou encore cette Histoire populaire de la France. »

Quelques années plus tard, il vend ce commerce et « fait fructifier modestement ce capital dans l'immobilier » en ouvrant une rue dans Paris pour y construire un immeuble[5], la rue Bruller dans le 14e arrondissement de Paris.

Formation

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Jean Bruller fait ses études primaires et secondaires à l'École alsacienne à Paris. Après le baccalauréat, il envisage de devenir chercheur et aurait voulu entrer à l'École supérieure d'électricité (Supélec). Mais il échoue et se rabat sur l'École Breguet qui forme aussi des ingénieurs électriciens (ESIEE Paris). Il obtient son diplôme d'ingénieur en 1923 avec la médaille de bronze. Mais il ne souhaite pas entrer dans l'industrie.

Entre-deux-guerres

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Dès 1921, il devient dessinateur humoristique et illustrateur dans la lignée de Gus Bofa. Il publie ses premiers dessins dans la revue Sans-Gêne grâce à Maxime Ferenczi que connaît son père. Il rédige ses premières chroniques Les Propos de Sam Howard dans l'hebdomadaire Paris-Flirt en 1923–1924 sous l'influence des Contes profitables d'Anatole France. Il signe ses dessins avec son pseudonyme « Joë Mab ». En 1923, il participe au Salon des humoristes[6] et, en juin de la même année, crée sa propre revue humoristique qu'il nomme L'Ingénu, en hommage à Voltaire. Il y dessine et rédige une chronique appelée Les Propos d'un Huron.

En 1924, il met fin à l'expérience pour suivre une formation d'officier de réserve à Saint-Cyr-Coëtquidan. Il fait ensuite six mois de service militaire à Tunis, jusqu'au printemps 1925.

De retour à Paris, le dessinateur répond à de nombreuses commandes publicitaires. Il travaille notamment chez Fernand Nathan pour le compte de Citroën. Il illustre ainsi l'album Frisemouche fait de l'auto décrivant les aventures de la Citroënnette, modèle réduit créé par André Citroën pour séduire les parents par le biais de leurs enfants.

Il réalise son premier album (dessins et textes) en 1926 : 21 recettes pratiques de mort violente[7]. Il illustre en 1930 l'album pour enfants Patapoufs et Filifers, fable d'André Maurois sur les méfaits de la ségrégation.

En 1931, il se marie avec Jeanne Barrusseaud, le couple se séparant en 1948.

En contact avec des intellectuels de gauche tels que Romain Rolland, Jean Guéhenno ou Charles Vildrac, il prend conscience des méfaits du colonialisme comme le montrent sa bande dessinée Le Mariage de Monsieur Lakonik (1931) ou ses illustrations de Baba Diène et Morceau-de-Sucre (1937) de Claude Aveline[8].

Seconde Guerre mondiale

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Pacifiste jusqu'en 1938, il est mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Il sert notamment à Mours-Saint-Eusèbe, près de Romans, au pied du massif du Vercors. À la fin de 1939, au cours de manœuvres, il se fracture une jambe et passe plusieurs mois entre hospitalisation et convalescence avant de rejoindre son unité au printemps 1940[9].

Après l'armistice du 22 juin 1940, Bruller est démobilisé au cours de l'été 1940. Avant de regagner sa maison de Villiers-sur-Morin, il rejoint sa famille réfugiée dans la région de Saintes. Il y observe notamment l'accueil favorable réservé par une partie de la population aux soldats allemands. Cette expérience contribue à sa réflexion sur l'attitude à adopter face à l'occupant et laisse une trace directe dans Le Silence de la mer : l'officier allemand Werner von Ebrennac y évoque l'entrée des troupes allemandes à Saintes, se disant d'abord satisfait de l'accueil de la population avant d'y reconnaître une forme de soumission[10].

La région de Saintes joue également un rôle matériel dans la rédaction de ses premiers textes clandestins. En 1941 et 1942, Bruller séjourne à Rochefollet, hameau de la commune de Bussac-sur-Charente, à une dizaine de kilomètres de Saintes, dans la propriété de son beau-père, le poète Gustave Fort, ancien chef de cabinet d'Émile Combes et maire de Bussac-sur-Charente. Selon le quotidien Sud Ouest, il y rédige discrètement six nouvelles, parmi lesquelles Le Silence de la mer[11]. La commune de Bussac-sur-Charente rattache elle aussi explicitement la rédaction de l'ouvrage à la maison familiale de Rochefollet[12].

La genèse de la nouvelle conjugue ainsi plusieurs expériences réelles. La maison de Villiers-sur-Morin et des rencontres avec des militaires allemands fournissent des éléments au cadre domestique et au personnage de Werner von Ebrennac, tandis que le souvenir de Saintes nourrit certains de ses propos[10]. William Kidd considère plus largement l'expérience vécue par Bruller dans la région comme l'une des étapes de son évolution du dessinateur d'avant-guerre vers l'écrivain de la Résistance[13].

Son attachement à Saintes et à la Saintonge se maintient après la guerre. Dans un texte consacré à la ville, il écrit qu'il éprouve pour elles « les sentiments qu'on a pour une seconde patrie » et évoque notamment les raisons familiales liées à la maison de Rochefollet[14].

De retour à Villiers-sur-Morin au début du mois d'août 1940, Bruller retrouve une maison qui avait été occupée par des soldats allemands. Il décide de ne plus rien publier tant que ses travaux seront soumis à la censure de l'occupant. À partir d'octobre, il travaille comme menuisier dans son village, tout en se rendant régulièrement à Paris et en se rapprochant progressivement de la Résistance intellectuelle[15].

Encouragé par Pierre de Lescure, il entre ensuite dans la Résistance. Bruller prend alors le pseudonyme de Vercors, nom du massif montagneux au pied duquel il avait été cantonné, sans savoir que celui-ci deviendra par la suite le théâtre d'événements liés au maquis du Vercors.

À l'automne 1941, il fonde avec Pierre de Lescure « Les Éditions de minuit », maison d'édition clandestine. Le Silence de la mer devient le premier ouvrage publié par la nouvelle maison ; les premiers exemplaires sont imprimés clandestinement en février 1942[16]. Le texte sera suivi peu après par La Marche à l'étoile. Gaëtan Picon estime que ces deux récits sont d'« une grande pureté de forme et d'une émotion contenue »[17].

Les premiers exemplaires du Silence de la mer, tirés à quelques centaines d'exemplaires, circulent clandestinement avant que l'ouvrage ne connaisse une diffusion beaucoup plus large dans les réseaux de Résistance puis à l'étranger. Il est notamment réédité à Londres et diffusé en Afrique, aux États-Unis et en Australie[11],[16].

Vercors est le concepteur du logo à l'étoile des Éditions de minuit qui est utilisé à partir de 1945. Au même moment, en , le PCF avait créé en zone nord, incluant Paris, la collection littéraire « Hier et aujourd'hui », afin de publier des textes à destination de toute la population et non plus seulement des militants[18], mais ne parvient jamais à concurrencer la maison d'édition de Vercors et se rallie au Comité national des écrivains (CNE), dont Vercors est membre.

Après-guerre

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Vercors fait partie, à la Libération, de la Commission d'épuration de l'édition mise en place par le Comité national des écrivains (CNE), mais il en démissionne en en raison de l'indulgence de ses membres vis-à-vis des maisons d'édition et quant aux sanctions requises à l'encontre des écrivains collaborationnistes[19]. Dans le même temps, il refuse de participer à l'établissement d'une « liste noire » et renvoie les auteurs au jugement de leur conscience.

Sa prise de distance progressive avec le PCF, dont il était compagnon de route, s'exprime dans les recueils collectifs de résistants célèbres, d'abord sur un ton très prudent dans L'Heure du choix (1947)[20], puis plus nettement dans La Voie libre (1951), salué par Le Monde[21].

Entre-temps, en , dans la revue Esprit, qui a rajouté le titre « Il ne faut pas tromper le peuple », une lettre de Vercors avait dénoncé le « mécanisme judiciaire stalinien » du procès Rajk[22], au côté d'un autre des futurs cosignataires de 1951, Jean Cassou[20], directeur du musée d'Art moderne de Paris (MAM), déclenchant dès un « processus d'acharnement »[22] contre eux de « la machine de presse communiste »[22], après avoir subi la censure de Pierre Daix dans celle-ci en [22].

Le PCF est indisposé par la préparation de La Voie libre, cosignée par les résistants Claude Aveline, Jean Cassou et Louis Martin-Chauffier[23], qui ne put paraître qu'en 1951 de par l'action du parti, alors accusé de vouloir museler ses « compagnons de route » du monde intellectuel. Claude Aveline venait de prendre la tête de la commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC), constituée à Bruxelles en avec également les résistants Germaine Tillion et Louis Martin-Chauffier, autre contributeur du recueil via le texte « Le faux dilemme »[24], au moment même où la CICRC demande à Moscou une enquête sur les camps de dissidents[25]. Dans La Voie libre, qui dénonce la division du monde en deux camps opposés et parle de totalitarisme soviétique[26],[27], le débat porte davantage sur le plan de la morale et du mensonge en politique selon les principes kantiens[20]. Dans « La conscience humaine », contribution de Cassou au recueil, celui-ci voit dans la campagne contre Tito la vieille machine de l'Inquisition[27].

Fin 1952, à la demande insistante d'Aragon, Vercors accepte la présidence du CNE, affecté par une nouvelle vague de démissions d'intellectuels, qui ont proposé une motion contre l'antisémitisme des gouvernements de Prague et d'URSS[20].

Guerres coloniales

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Plaque commémorative sous le pont des Arts, à Paris, rive gauche de la Seine.

En guise de protestation contre la torture pratiquée en Algérie, Vercors renvoie en 1957 sa Légion d'honneur au président de la République[28].

Il stocke dans un de ses appartements les numéros clandestins de Vérités pour (1958–1960) puis entre au comité de direction de Vérité Liberté (1960–1962) avec un des fondateurs du Parti socialiste unifié (PSU), Claude Bourdet, qui publie aussi avec Jean-Paul Sartre le Manifeste des 121, par lequel des écrivains et artistes déclarent « le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie »[29]. Il cofonde ensuite la revue Partisans avec François Maspéro et témoigne notamment en faveur de Henri Jeanson au procès de 1960[20].

En 1963, il fait partie des soixante personnalités qui appellent à la création de la Ligue nationale contre la force de frappe[30].

Il meurt à Paris, au 58 quai des Orfèvres, dans la nuit du 9 au . Sa seconde épouse, Rita Barisse (1917–2001), a traduit en anglais certains de ses ouvrages.

Postérité

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Signature de Vercors.

Le fonds d'archives de l'écrivain est déposé à la bibliothèque littéraire Jacques-Doucet à Paris.

Une plaque à la mémoire de Vercors et Les Éditions de minuit a été posée en 1992 sur le pont des Arts, à Paris, par le Secrétariat d'État aux Anciens Combattants, en souvenir des exemplaires clandestins qui s'échangeaient sur ce pont sous l'Occupation.

Le , dans la commune de Villiers-sur-Morin, une plaque commémorative est apposée sur la maison que l'auteur a habitée durant 17 ans et dans laquelle il a écrit Le Silence de la mer et La Marche à l'étoile, et le pont enjambant le Grand Morin est baptisé « pont Vercors »[31]. Ce même jour, la ville voisine de Saint-Germain-sur-Morin nomme sa bibliothèque municipale en son honneur[31].

En 2018, l'artiste américaine Lutz Bacher présente The Silence of the Sea, en référence à la nouvelle de Vercors, pour l'inauguration de Lafayette Anticipations, lieu artistique à Paris conçu par Rem Koolhaas[32].

Vercors a dédié Le Silence de la mer « à la mémoire de Saint-Pol-Roux, poète assassiné » ; en effet, Saint-Pol-Roux est aussi un vieil homme qui meurt de chagrin en 1940 quand son manoir contenant tous ses textes inédits est pillé, peu après qu'un soldat allemand a violé et tué sa servante et blessé sa fille, qui s'était interposée entre le poète et le soldat[33]. Tout comme Le Silence de la mer veut évoquer une résistance muette au bord des cris[34], cet homme qui meurt brisé est chargé de symboles et c'est à ce titre que le premier volume des Éditions de Minuit lui est dédié[35].

Vercors est aussi connu pour un roman philosophique, Les Animaux dénaturés, dont fut tirée la pièce Zoo ou l'assassin philanthrope. Il prend alors part en 1965 à une table ronde intitulée Qu'est-ce qu'un homme ? avec Jean Deschamps et Claude Piéplu[36].

  • 21 recettes pratiques de mort violente précédées d'un Petit Manuel du Parfait Suicidé, chez l'artiste, 1926. Réédition : Rome, Portaparole, 2010.
  • Hypothèses sur les amateurs de peinture, 16 lithographies, chez l'artiste, 1927.
  • Un homme coupé en tranches, Paris, Paul Hartmann, 1929.
  • Le Mariage de monsieur Lakonik, Paris, Paul Hartmann, 1930[37].
  • Nouvelle clé des songes, avec vingt aquarelles de l'auteur représentant les rêves typiques, Paris, Louis Creuzevault, 1934.
  • L'Enfer, 27 aquarelles, Paris, Aux Nourritures Terrestres, 1935.
  • Visions intimes et rassurantes de la guerre, Paris, Aux Nourritures Terrestres, 1936.
  • Silences, huit estampes dessinées, gravées, imprimées et coloriées à la main, Paris, Aux Nourritures Terrestres, 1937.
  • La Danse des vivants (1932–1938) :
    • Les Relevés trimestriels, 12 fascicules, 120 dessins, Paris, Aux Nourritures Terrestres, 1932, 1933 et 1934[38].
    • Première suite aux Relevés trimestriels, 20 dessins, Aux Nourritures Terrestres, 1935.
    • Les Relevés trimestriels no 15 et 16, 2 fascicules, 20 dessins, 1938.
  • La Danse des vivants, recueil des 160 dessins des Relevés trimestriels, édition critique établie par Alain Riffaud, Création et Recherche, Le Mans, 2000.

Illustrations

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  • Dessins dans Sans-Gêne, Paris-Flirt, L'Ingénu, Les Échos Parisiens, Le Rire, Fantasio, Allô Paris, Les Annales, Marianne, Vendredi (années 1920 et 1930).
  • Alphonse Crozière, Frisemouche fait de l'auto, Éditions enfantines Citroën, 1926.
  • Hermin Dubus, Pif et Paf, les deux garnements, Paris, Fernand Nathan, 1927.
  • Hermin Dubus, Pif et Paf naviguent, Paris, Fernand Nathan, 1928.
  • Hermin Dubus, Pif et Paf chez les cannibales, Paris, Fernand Nathan, 1929.
  • Alphonse Crozière, Loulou chez les nègres, Paris, Fernand Nathan, 1929.
  • André Maurois, Deux fragments d'une histoire universelle, 1992, Paris, Paul Hartmann, 1929.
  • Edgar Allan Poe, Le Corbeau, chez l'artiste, 1929.
  • André Chamson, Compagnon de la nuée, Paris, Paul Hartmann, 1929.
  • Rudyard Kipling, Comédie en marge du monde, Paris, Paul Hartmann, 1930.
  • André Maurois, Patapoufs et Filifers, Paris, Paul Hartmann, 1930.
  • Rudyard Kipling, Puck de la Colline, Paris, Paul Hartmann, 1931.
  • 10 légendes en marge du livre, par Samuel Silvestre de Sacy, Louis Creuzevault, 1931.
  • Pétanque de Toulon, 1932.
  • Les Plaideurs, par Jean Racine, Les Bibliophiles du Palais, 1933.
  • Paul Silva-Coronel, Couleurs d'Égypte, 1935.
  • Baba Diène et Morceau-de-Sucre, par Claude Aveline (N.R.F., 1937), illustré de 30 dessins de Jean Bruller. Ouvrage naïf destiné à l'apprentissage du français par les Japonais.
  • Silence, suivi de Ombres et L'Île de la fée, par Edgar Allan Poe, 1941 (traduction de Charles Baudelaire).
  • Les Stances du vieux matelot, par Samuel Coleridge, 1942 (traduction de Jean Bruller).
  • Reproductions de tableaux de maîtres par le procédé « La callichromie » (Léger, Braque, Monet, Renoir, Van Gogh, Picasso, Degas, Pissarro, Sisley, etc.) (1952–1958).
  • Les Silences de Vercors, réunissant Silences, Ombres, Les Stances du vieux matelot, édition critique établie par Alain Riffaud, Le Mans, Création et Recherche, 2002.

Nouvelles

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Théâtre

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  • Les Propos de Sam Howard, recueillis par Joë Mab (1923–1924). Réédition : Rome, Portaparole, 2011.
  • Chroniques bibliophiles, La Quinzaine Critique (fin des années 1920), Arts et Métiers graphiques (années 1930).
  • Le Sable du temps, essai, Émile-Paul Frères, 1945.
  • Les Mots, essai, Émile Paul, 1944, réédité par Actes Sud, 1994.
  • Souffrance de mon pays, essai, Émile-Paul Frères, 1945.
  • Portrait d'une amitié, essai, Éditions Albin Michel, 1946 (sur son amitié avec Diego Brosset, futur général commandant la 1re Division française libre).
  • Plus ou moins Homme, essai, Éditions Albin Michel, 1948.
  • Les Pas dans le sable, essai, Éditions Albin Michel, 1954.
  • Les Divagations d'un Français en Chine, essai, Éditions Albin Michel, 1956.
  • P. P. C. Pour prendre congé, essai, Éditions Albin Michel, 1957.
  • Goetz (un écrit sur l'art), essai, Le Musée de poche, 1958.
  • Costumes et décor de L'Orphelin de la Chine de Voltaire, mise en scène Jean Mercure, Comédie-Française, Paris, 1965.
  • Les Chemins de l'être, essai (échange de lettres avec Paul Misraki), Éditions Albin Michel, 1965[42].
  • La Bataille du silence, mémoires, Presses de la Cité, 1967.
  • Les Contes des cataplasmes, contes pour enfants, Rouge et Or, 1971.
  • « Français du silence - La résistance : La résistance intellectuelle », dans Jacques Meyer (dir.) et al., Vie et mort des Français (1939–1945), Paris, Hachette (réimpr. 1980) (1re éd. 1971), 614 p., p. 277–291.
  • Questions sur la vie à MM. les biologistes, essai, Éditions Stock, 1973.
  • Tendre Naufrage, 1974.
  • Ce que je crois, essai, Éditions Grasset, 1975.
  • Je cuisine comme un chef, Éditions Seghers, 1976.
  • Sens et non-sens de l'Histoire, essai, Éditions Galilée, 1978.
  • Camille ou l'enfant double, pour enfants, Rouge et Or (collection), 1978.
  • Assez mentir !, essai, Ramsay (maison d'édition), 1979.
  • Moi Aristide Briand : Essai d'autoportrait, essai, Plon, 1981.
  • Cent ans d'histoire : I. Moi, Aristide Briand, 1981, II. Les occasions perdues, 1984, III. Les nouveaux jours, 1985, Presses de la Cité.
  • Ann Boleyn, Éditions Perrin, 1985.

Traductions

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Ouvrage collectif militant

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Hommage

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Le jour du centenaire de la naissance de Vercors, le , une plaque commémorative a été apposée sur le pont des Arts. Ce choix a été fait principalement pour deux raisons. Il s'agit d'une commémoration historique. Le pont des Arts est le lieu où, en 1943, Vercors a rencontré Jacques Lecompte-Boinet, chef du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR), pour lui remettre des exemplaires de plusieurs ouvrages des Éditions de minuit (parmi lesquels le premier ouvrage publié chez l'éditeur, Le Silence de la mer) destinés au général de Gaulle[43]. À cela s'ajoute un hommage littéraire : dans La Marche à l'Étoile, Vercors raconte la vie de Thomas Muritz, jeune Hongrois nourri de la culture française qui traverse l'Europe vers la France, qui est pour lui cette terre de Justice et de Liberté. Plus précisément, l'objectif du héros est de rejoindre le fameux, l'unique pont des Arts, merveille parisienne. Arrivé, après un mois de périple dans un continent tourmenté par la guerre, devant le pont, il s'enflamme pour ce pont, un « point du monde où l'on embrasse à la fois […] l'Institut, le Louvre, la Cité et les quais aux bouquins, les Tuileries, la butte latine jusqu'au Panthéon, la Seine jusqu'à la Concorde[44] ».

Notes et références

modifier
  1. ↑ Mairie de Saint-Avertin, « Archives.paris.fr/s/4/etat-civil-actes/ », Acte de décès no 23 de Louis Bruller(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur Archives départementales d'Indre-et-Loire, (consulté le ), p. 98.
  2. ↑ Mairie de Paris 6e, « Archives.paris.fr/s/4/etat-civil-actes/ », Acte de décès no 29 d'Ernestine Bourbon(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur Archives de Paris, (consulté le ), p. 3.
  3. ↑ Mairie de Paris 15e, « Actes d'état civil », Acte de naissance no 651 de Jean Bruller, sur paris.fr via Internet Archive, (consulté le ), p. 5.
  4. ↑ Catalogue général de la BnF.
  5. ↑ À dire vrai : Entretiens de Vercors avec Gilles Plazy, Paris, Éditions François Bourin, 1991.
  6. ↑ René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 213.
  7. ↑ Nathalie Gibert, « 21 Recettes pratiques de mort violente (1926) », sur Vercors (Jean Bruller) (consulté le )
  8. ↑ Nathalie Gibert, « Vercors [Bruller Jean, Marcel, Adolphe dit] », sur maitron.fr, .
  9. ↑ Nathalie Gibert, « Biographie chronologique », sur Vercors (Jean Bruller) (consulté le )
  10. 1 2 Nathalie Gibert-Joly, « Le Silence de la mer (1942) », sur Vercors (Jean Bruller) (consulté le )
  11. 1 2 Thierry Collard, « « Le Silence de la mer » : un succès de la Résistance né en Charente-Maritime, dans la clandestinité », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ « « Le silence de la mer » est né à Bussac ! », sur Bussac-sur-Charente, (consulté le )
  13. ↑ (en) William Kidd, « French literature and World War II: Vercors and Chardonne », Forum for Modern Language Studies, vol. 23, no 1,‎ , p. 38–47 (DOI 10.1093/fmls/XXIII.1.38)
  14. ↑ « Ultreia ! » [PDF], sur Association saintaise des chemins de Saint-Jacques de la Charente-Maritime, (consulté le ), p. 8
  15. ↑ Nathalie Gibert, « Tranches de vie », sur Vercors (Jean Bruller) (consulté le )
  16. 1 2 « 20 février 1942. Vercors : parution de la nouvelle « Le Silence de la mer » », sur Chemins de mémoire, Ministère des Armées (consulté le )
  17. ↑ Gaëtan Picon, Panorama de la nouvelle littérature française, Éditions Gallimard, 1949, p. 124.
  18. ↑ « Les maisons d'édition du PCF, 1920–1956 », par Marie-Cécile Bouju, dans la revue Nouvelles Fondations en 2007
  19. ↑ Gisèle Sapiro, « Jean Bruller dit Vercors », sur museedelaresistanceenligne.org, (consulté le ).
  20. 1 2 3 4 5 Biographie de Jean Bruller dans Le Maitron
  21. ↑ « Le Marxisme est devenu la plus rigide des orthodoxies », dans Le Monde du 6 juin 1951
  22. 1 2 3 4 « Les intellectuels français face aux répressions soviétiques dans les démocraties populaires : du schisme titiste au procès Kostov » – Mémoire de Master I en Sciences humaines et sociales, sous la direction d'Olivier Forlin
  23. ↑ La Voie libre par Claude Aveline, Jean Cassou, Louis Martin-Chauffier, Vercors, aux Éditions Flammarion, 1951.
  24. ↑ Nicole Racine, « Martin-Chauffier Louis, Marie, Jean, dit Martin », sur maitron.fr, .
  25. ↑ Musée de la Résistance, biographie de Germaine Tillion
  26. ↑ Biographie de Jean Cassou dans Le Maitron
  27. 1 2 Georges Friedmann, Un sociologue dans le siècle, 1902–1977, par Pierre Grémion et Françoise Piotet, aux Éditions du CNRS, 2013,
  28. ↑ « Vercors renvoie sa Légion d'honneur au Président de la République », Le Monde,‎ .
  29. ↑ Hervé Hamon et Patrick Rotman, Les Porteurs de valises : la résistance française à la guerre d'Algérie, Paris, Éditions du Seuil, , 440 p. (ISBN 2-02-006096-5 et 9782020060967, OCLC 461675909), p. 240.
  30. ↑ « Une « Ligue nationale contre la force de frappe » est créée », Le Monde,‎ .
  31. 1 2 Georges Blond, « Hommage ensoleillé à l'auteur du « Silence de la mer » : pour saluer Vercors », sur Le Parisien, Paris, (consulté le ).
  32. ↑ « Lafayette Anticipations : autant en emporte Lutz Bacher », lemonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  33. ↑ Bien que plusieurs versions de l'attaque existent, dont celle de Divine Saint-Pol-Roux elle-même en 1944 dans Le Figaro littéraire (Lire en ligne : https://www.lavieb-aile.com/article-sur-la-piste-de-saint-pol-roux-un-temoignage-et-quelques-images-114950176.html), Vercors en prend connaissance en 1942 (voir : http://vercorsecrivain.pagesperso-orange.fr/regardscroises/S.html).
  34. ↑ Nathalie Gibert-Joly : Lire en ligne : http://vercorsecrivain.pagesperso-orange.fr/silencemer.html#V.
  35. ↑ Selon Nathalie Gibert-Joly (http://vercorsecrivain.pagesperso-orange.fr/regardscroises/S.htm) ou encore Le Petit Littéraire, note p. 2 (http://www.lepetitlitteraire.fr/telechargement/preview/2335).
  36. ↑ Françoise Kourilsky et Patrick Poidevin, Le Public et la crise du théâtre, dans Théâtre populaire no 53, 1er trimestre 1964, p. 43
  37. ↑ Christian Marmonnier, « Le Silence de Lakonik », BoDoï, no 30,‎ , p. 10.
  38. ↑ Critiques par Pierre Mornand dans Le Bibliophile no 1, 5–6, 1932–1934. Les premiers Relevés sont publiés chez l'artiste, à Paris, 20, rue Le Verrier et sont vendus à la Librairie Champion.
  39. ↑ Vercors (postface Yves Beigbeder), Le silence de la mer : et autres récits, Paris, Librairie générale française, coll. « Le Livre de poche », (réimpr. 2013, 2014), 187 p. (ISBN 978-2-253-00310-6 et 2-253-00310-7, OCLC 819142356) — La couverture porte : « suivi de La Marche à l'étoile », sans mention des autres récits.
  40. ↑ Vercors, Le Silence de la mer et autres récits, Paris, Éditions Albin Michel, , 192 p. (BNF 31557451, lire en ligne), p. 189 — Avec « en guise de préface » : Désespoir est mort. Les autres récits sont : Ce jour-là ; Le Songe ; L'Impuissance ; Le Cheval et la mort ; L'Imprimerie de Verdun.
  41. ↑ Critique de l'ouvrage par André Wurmser dans Les Lettres françaises no 238 du 16 décembre 1948, p. 3.
  42. ↑ Critique par Philippe Brunetière dans Livres de France, revue littéraire mensuelle no 2 : Françoise Mallet-Joris, février 1966, p. 18
  43. ↑ Musée de la Résistance nationale, en partenariat avec le centre régional de documentation pédagogique de l'académie de Créteil, « Résistance : bulletin pédagogique annuel » [archive] [PDF], 2012–2013 (consulté le ), p. 18.
  44. ↑ La Marche à l'Étoile.

Voir aussi

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Bibliographie

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Sur Jean Bruller artiste :

  • Catalogue Jean Bruller, Éditions Arts-Plus, 1990.

Articles connexes

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Liens externes

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Notices et ressources

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