Vincenzo Cabianca

peintre italien

Vincenzo Cabianca, né le à Vérone et mort le à Rome, est un peintre italien du mouvement des Macchiaioli.

Vincenzo Cabianca
Portrait de Vincenzo Cabianca par Giovanni Boldini.
Naissance
Décès
(à 74 ans)
Rome
Nationalité
Italienne
Activité
Formation
Académie Cignaroli de Vérone
Académie des beaux-arts de Venise
Maître
G. Caliari
Lieu de travail
Mouvement
Mécène
Œuvres principales
Porc noir contre le mur blanc
Nouvellistes florentins du XIVe siècle
Forio d'Ischia.

Formé à Vérone puis à Venise, il s'installe en 1853 à Florence, où il se lie avec Telemaco Signorini et Odoardo Borrani et fréquente le Caffè Michelangiolo. Ses amis, et Giovanni Fattori en particulier, lui reconnaissent le mérite d'avoir été parmi les premiers à pratiquer la peinture de « tache », avec le Porc noir contre le mur blanc de 1859.

Après un séjour à Parme, il s'établit à la fin de 1870 à Rome, à l'invitation de Nino Costa, et participe à la fondation du groupe In arte libertas. Il se consacre alors surtout à l'aquarelle, qu'il expose régulièrement en Angleterre. Semi-paralysé à partir de 1893, il continue d'exposer ; en 1902, l'année de sa mort, une exposition personnelle lui est consacrée à Rome.

Ses œuvres sont conservées notamment à Florence, à Rome et au Brooklyn Museum de New York.

Biographie

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Formation

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Fils de Giovanni, originaire de Vicence, et de Maria Pipa, de Vérone, Vincenzo Cabianca suit pendant trois ans le gymnase du séminaire épiscopal de Vérone, puis entre à l'Académie Cignaroli de la même ville[1]. À partir de 1842, il y a pour maître G. Caliari, qui le forme à l'étude de la figure selon des méthodes académiques traditionnelles et rigoureuses, ouvertes à une sensibilité puriste. Il lui garde son estime et son affection, et lithographie son portrait à sa mort, en 1860[1].

Le , il s'inscrit à l'Académie de Venise, qu'il fréquente sans grand zèle[1].

Bologne et Vérone

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En 1848, pour échapper à la conscription autrichienne au moment de la guerre, il se réfugie à Bologne, où il connaît le peintre F. Mazzi, professeur à l'Académie. Il rentre à Vérone en 1849 et y demeure jusqu'en 1853, à l'exception d'un voyage à Milan en 1851, au cours duquel il aurait connu D. Induno[1].

Florence

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En 1853, dans le but de se mettre à jour, il se rend à Florence, avec des lettres de recommandation pour le peintre et restaurateur G. Bianchi et pour le peintre de cour G. Signorini, père de Telemaco[1]. Selon Cecioni, il se lie aussitôt d'une vive amitié avec Telemaco Signorini et Odoardo Borrani. Il rejoint le petit groupe du café dell'Onore, à Borgo La Croce, qui se transporte en 1855 au Caffè Michelangiolo et deviendra celui des Macchiaioli[1],[2],[n 1].

Après 1855, il peint de nombreux paysages en plein air avec ses amis du café, en particulier avec C. Banti. Avec lui, il parcourt la Toscane et pousse jusqu'à Naples ; au lendemain de la bataille de juin 1859, il se rend à Solferino et à San Martino, où il prend des notes au crayon ou à l'huile, dont seule une petite partie sera développée et achevée en atelier[1]. La même année, il est à La Spezia avec Banti et Signorini[1].

En 1861, il se rend à Paris avec Banti et Signorini[1],[3]. Selon son fils Silvio, ce voyage n'a pas de conséquences visibles sur sa peinture : il y admire surtout Decamps, tandis que Signorini se tourne vers Corot et Troyon ; de retour à Florence, il poursuit son propre chemin[1].

Parme et Rome

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En 1863, il s'installe à Parme, chez le peintre C. Barilli, rencontré à Florence. Il fonde une famille en 1864[1].

À la fin de 1870, il s'établit définitivement à Rome avec sa famille, à l'invitation de Nino Costa. Il y fréquente le milieu artistique réuni autour de Costa, et plus tard, en particulier, O. Carlandi, E. Roesler Franz, M. De Maria et G. A. Sartorio, avec qui il fonde, sous les auspices de Costa, le groupe In arte libertas[1].

Dernières années

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De 1881 à 1888, il séjourne souvent chez Diego Martelli, à Castiglioncello[1],[2].

En 1893, il reste semi-paralysé, mais ses tableaux continuent de figurer dans les expositions. Au début de 1902, la Società degli amatori e cultori di belle arti de Rome lui consacre une exposition personnelle, avec de nombreuses œuvres[1]. Il meurt à Rome le [1].

Premières œuvres

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Avant son arrivée à Florence, il peint surtout des scènes de genre avec des figures en costume du XVIIIe siècle, des portraits, dont celui de son frère Domenico et le sien, et quelques rares vues, comme la Petite église Saint-Onuphre à Vérone, de 1849[1]. Selon Ferdinando Arisi, ce goût, même renouvelé par ce que le peintre appelle son « sensisme », ne peut certes pas être qualifié d'anti-académique[1].

Certaines de ces scènes ont un caractère autobiographique, comme In gran boleta, de 1849, qui évoque sa situation financière pendant l'« exil » de Bologne ; d'autres une portée polémique, comme le Refus d'aumône du patriarche de Venise, vers 1850, dans le climat de déception suscité par la politique de Pie IX[1]. Les sujets religieux sont rares : une Sainte Euphémie, de 1851, reste liée, à travers son maître, à la manière des Cignaroli[1].

À Florence, il expose encore en 1854 trois portraits et une scène de genre, et en 1855, à la Promotrice, quatre scènes de genre, sans aucun paysage[1].

Peinture de « tache »

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Ses premières impressions de paysage et de mœurs dans le goût nouveau datent de 1855, comme l'Allée aux Cascine, qui conserve encore des éléments de mise en scène[1]. Deux ans plus tard, de petites études, le plus souvent sur carton ou sur bois, montrent une immédiateté surprenante, avec de forts contrastes de lumière : Maisons à Lerici, de 1858, Étude de femme à Montemurlo et Viareggio, de 1859, conservées à la Galerie nationale d'art moderne de Rome[1].

Ses amis du café, et Fattori en particulier, lui reconnaissent le mérite d'avoir été parmi les premiers à suivre la voie de la « tache », avec des œuvres polémiques comme le Porc noir contre le mur blanc, de 1859[1],[2]. Cecioni voit en lui un « vrai » macchiaiolo, sans hésitation ni repentir, affranchi du préjugé de la belle ligne, qu'il ne cherche ni n'invente, mais reproduit telle qu'il la trouve dans le réel[1].

À côté de ces études, il continue de peindre des sujets de genre réduits à une seule figure, comme L'Abandonnée, de 1858, et La Pensive, vers 1870, que Ferdinando Arisi rattache à la littérature romantique tardive[1].

Nouvellistes florentins du XIVe siècle

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À la Promotrice de 1859, il expose des sujets historiques — les Nouvellistes florentins du XIVe siècle, un Dante dans le Casentin de 1853-1854, dispersé avec la collection Checcucci, et un Enlèvement de Piccarda Donati — et une scène de genre, Reconnaissance par surprise. Ferdinando Arisi y voit des hommages au goût du temps[1]. Il présente aussi deux témoignages de ses recherches récentes en plein air : Souvenirs des environs de San Martino et Vestiges de l'église San Pietro à Portovenere[1].

La version des Nouvellistes conservée à la galerie d'Art moderne du palais Pitti, huile sur toile de 78 × 99,1 cm, est datée de 1860 ; une seconde version, plus grande, est peut-être celle qui fut présentée en 1861 à la première Exposition nationale de Florence[4],[n 2].

Années 1860

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À la première Exposition nationale de 1861, ses paysages, dont une Ferrière en Versilia, passent inaperçus, tandis qu'à Turin Les Petites Religieuses obtiennent un certain succès ; il en peindra des répliques dans ses dernières années[1]. En 1862, il peint à Montemurlo[3].

À l'exposition florentine de 1863, il présente cinq tableaux, dont Barque en remorque, Matin aux environs de Florence et Crépuscule. Ferdinando Arisi y voit une peinture rapide et synthétique dans les esquisses, mais attachée à l'anecdote et trop descriptive dans les tableaux achevés[1]. Il retient parmi ses œuvres les plus significatives de ces années Ligurie, à Rome, et La Petite Étable, à Florence[1].

Aquarelles

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Il pratique l'aquarelle depuis longtemps quand il s'installe à Rome[1]. Le Brooklyn Museum conserve deux aquarelles signées et datées de 1869 : une Vue de Venise (39,1 × 30,5 cm) et des Personnages sur une côte, à l'aquarelle et à la gouache sur papier (47,9 × 97,8 cm), toutes deux léguées par William H. Herriman[5],[6].

À Rome, l'aquarelle devient sa technique de prédilection, d'autant qu'elle lui permet de vendre ses œuvres en Angleterre, où elle est particulièrement appréciée[1]. Il participe presque chaque année à des expositions collectives outre-Manche et y organise des expositions personnelles, à Londres, à Glasgow et à Édimbourg ; il expose aussi à Paris, à Amsterdam et en Amérique[1].

Selon Ferdinando Arisi, il y reprend des notes de paysage et de mœurs prises sur le vif les années précédentes, dans des formes qui deviennent avec le temps plus lasses, jusqu'à la convention. Ses séjours à Castiglioncello donnent cependant encore de bonnes œuvres d'après nature[1].

Au soleil.
Paysanne à Montemurlo.

Collections

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Ses œuvres sont conservées notamment à la galerie d'Art moderne du palais Pitti, à Florence, et à la Galerie nationale d'art moderne de Rome[1]. Le Brooklyn Museum de New York conserve quatre de ses œuvres[5].

Le musée d'Orsay conserve un dossier documentaire consacré au peintre, dans la section de peinture de son service de documentation, ainsi que des ouvrages le concernant dans sa bibliothèque[7].

Œuvres

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Sélection
DateŒuvreLieu de conservation
1849Petite église Saint-Onuphre à Vérone[1]
1851Sainte Euphémie[1]
1855Allée aux Cascine[1]
1858Maisons à LericiGalerie nationale d'art moderne, Rome[1]
1858L'Abandonnée[1]
1859Étude de femme à MontemurloGalerie nationale d'art moderne, Rome[1]
1859ViareggioGalerie nationale d'art moderne, Rome[1]
1859Porc noir contre le mur blanc[1]
1859Vestiges de l'église San Pietro à Portovenere[1]
1860Nouvellistes florentins du XIVe siècleGalerie d'Art moderne, palais Pitti, Florence[4]
vers 1860Carrières à La Spezia, Nuage, Cour rustiqueGalerie d'Art moderne, palais Pitti, Florence[1]
LigurieGalerie nationale d'art moderne, Rome[1]
La Petite ÉtableGalerie d'Art moderne, palais Pitti, Florence[1]
1869Vue de Venise, aquarelleBrooklyn Museum, New York[5]
1869Personnages sur une côte, aquarelle et gouacheBrooklyn Museum, New York[6]
vers 1870La Pensive[1]

Notes et références

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  1. ↑ Mónica Vázquez Astorga, dans Cronaca dei caffè storici di Firenze 1865-1900 (Archivio Storico del Comune di Firenze, 2015, p. 19), situe le café dell'Onore à Borgo Santa Croce.
  2. ↑ Le Dizionario biografico mentionne le tableau parmi ceux de la Promotrice de 1859 ; le Catalogue général des biens culturels date de 1860 la version du palais Pitti, sous le titre Novellieri toscani del XIV secolo.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 (it) Ferdinando Arisi, « Cabianca, Vincenzo », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  2. 1 2 3 (it) Matteo Lafranconi, « Lega, Silvestro », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  3. 1 2 (it) « Cabianca e la civiltà dei Macchiaioli », sur Leonardo Libri, Polistampa (consulté le ).
  4. 1 2 (it) « Novellieri toscani del XIV secolo », sur Beni-culturali.eu (consulté le ), d'après le Catalogue général des biens culturels, notice 09 00347110.
  5. 1 2 3 (en) « View of Venice », sur Brooklyn Museum (consulté le ).
  6. 1 2 (en) « Figures on a Coast », sur Brooklyn Museum (consulté le ).
  7. ↑ « Vincenzo Cabianca (1827-1902) », sur Répertoire des artistes et personnalités, Musée d'Orsay (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (it) Dizionario enciclopedico Bolaffi dei pittori e degli incisori italiani dall'XI al XX secolo, Turin, Bolaffi, .
  • (it) A. M. Comanducci, Dizionario illustrato dei pittori, disegnatori e incisori italiani moderni e contemporanei, Milan, .
  • (it) Ferdinando Arisi, « Cabianca, Vincenzo », dans Dizionario biografico degli italiani, vol. 15, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, .

Articles connexes

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Liens externes

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