Vito D'Ancona

peintre italien

Vitale D'Ancona, dit Vito D'Ancona, né le à Pesaro et mort le à Florence, est un peintre italien lié au mouvement des Macchiaioli.

Vito D'Ancona
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Florence
Autres noms
Vitale D'Ancona
Nationalité
Italienne
Activité
Formation
Académie des beaux-arts de Florence
Maître
Samuele Jesi, Giuseppe Bezzuoli
Lieu de travail
Mouvement
Œuvres principales
Le Portique
L'Exil de Giano Della Bella
Portrait de Rossini

Élève de Giuseppe Bezzuoli, il commence par la peinture d'histoire. Ami des peintres du Caffè Michelangiolo, où il introduit Telemaco Signorini, il ne semble s'approcher de la peinture de « tache » que pendant un nombre limité d'années ; Le Portique, de 1861, est l'œuvre où il s'en rapproche le plus.

Installé à Paris de 1865 au plus tard à 1874, il y connaît Gustave Courbet et s'ouvre aux recherches françaises. Atteint d'une grave maladie, il cesse de peindre en 1878. Il peint de préférence des portraits féminins et des intérieurs, ainsi que de nombreux nus.

Biographie

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Famille

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Vitale D'Ancona naît à Pesaro le [1],[2], fils de Giuseppe D'Ancona et d'Ester Della Ripa[1]. Sa famille, de religion juive, quitte en 1828 Pesaro, qui appartient aux États pontificaux, pour s'établir à Pise, en Toscane. Son père y est négociant, et la famille vit dans une certaine aisance, grâce aussi à l'aide d'un oncle maternel, le banquier Laudadio Della Ripa[1].

Il est le quatrième de neuf enfants. Tandis que ses frères se consacrent surtout, souvent avec succès, à des professions libérales, il manifeste dès l'enfance son intérêt pour la peinture[1]. L'un d'eux, Sansone, est député au Parlement en 1874[3].

Formation

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En 1848, après la mort de son père, la famille s'installe à Florence[1]. Il étudie d'abord la gravure auprès de Samuele Jesi, puis entre à l'Académie des beaux-arts de Florence, où il est l'élève de Giuseppe Bezzuoli[4],[2],[5]. L'enseignement académique de Bezzuoli le marque profondément, bien qu'il regrette plus tard cette première formation[1].

Selon une de ses lettres, il s'engage en 1848 dans la première guerre d'indépendance italienne[1].

Débuts

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Il participe à partir de 1851 aux expositions de la Société promotrice de Florence, où il présente cette année-là un portrait signé de Rossini, aujourd'hui non localisé[1]. Il avait connu le compositeur à Florence[3].

En 1853, il peint Savonarole refuse d'absoudre Laurent de Médicis, conservé au palais royal de Turin[5],[1],[n 1]. Le tableau est acquis et reproduit en gravure dans le catalogue de la Promotrice de Turin, qui le dit « peint avec vérité et chaleur ». Selon Maria Barbara Guerrieri Borsoi, il s'agit d'une œuvre académique, liée au romantisme historique, conforme à celle de nombreux artistes florentins de l'époque[1].

Caffè Michelangiolo

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Il est probablement déjà ami, à cette date, des peintres qui se réunissent au Caffè Michelangiolo et qui donneront naissance au mouvement des Macchiaioli[1]. C'est lui qui y introduit Telemaco Signorini, à qui il suggère, selon le témoignage de ce dernier, des lectures et des réflexions[1].

En 1856, il fait avec Signorini un voyage d'étude à Bologne, à Mantoue et à Venise, où il copie les œuvres de Palma l'Ancien à Santa Maria Formosa[1],[n 2]. Probablement par l'intermédiaire de Signorini, il se lie avec Borrani, sur qui, selon Durbé, il semble avoir exercé une certaine influence par son usage de la lumière dans les intérieurs[1].

En 1857, il expose à la Promotrice avec les autres artistes du café, qui y participent collectivement[6].

Vie privée

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Probablement à la même époque, il se lie avec une femme dont il ne donne pas le nom ; de cette union naît une fille, Giulietta, élevée par sa famille, qui épousera le professeur C. Puini[1]. Elvira Bistandi Mariani, qui compte beaucoup dans sa vie, apparaît dans plusieurs de ses œuvres[1].

Il s'installe à Paris, où il se trouve déjà en 1865, et y demeure jusqu'en 1874[1],[5],[7],[n 3]. Il est d'abord l'hôte de son frère Giacomo, médecin et ami de Rossini, dans sa villa près de Passy ; il a aussi un atelier, partagé avec Giovanni Mochi, où il reçoit Martelli et Signorini. Il reste en contact avec ses amis florentins, comme Banti et De Tivoli[1].

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il séjourne à Boulogne-sur-Mer et se rend en Angleterre[2],[1].

Maladie et mort

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C'est à Paris que se manifeste ou s'aggrave une maladie grave et douloureuse[1]. Il rentre à Florence en 1874 et ne travaille plus que quelques années, jusqu'en 1878[2],[5]. Selon Signorini, il reste toutefois attentif à la vie artistique et culturelle[1].

Il meurt à Florence le [1],[n 4].

Peinture d'histoire

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La Première Rencontre de Dante et Béatrice, peinte en 1859 et exposée à Florence en 1861, est aujourd'hui non localisée[1],[2]. Selvatico la juge riche de vérité et menée avec une simplicité de moyens techniques plus difficile à atteindre qu'il n'y paraît ; Signorini y voit les qualités propres à son art, sobre de ton, large et grandiose d'exécution[1]. Le tableau lui vaut un prix de la Promotrice, qu'il refuse avec d'autres artistes, jugeant le jury incompétent[1].

L'Exil de Giano Della Bella, grande toile de 1864 conservée dans une collection vénitienne, traite un sujet historique rare avec une facture rapide et franche, sur une composition encore académique[1]. L'Encyclopaedia Judaica le présente comme son tableau le plus connu, et souligne que, contrairement à la plupart des Macchiaioli, il privilégie alors les sujets historiques[4].

Le Portique

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Le Portique, de 1861, huile sur carton de 14,3 × 21,5 cm, est conservé à la galerie d'Art moderne du palais Pitti[7]. Pour les Offices, ce tableau, fait de taches de couleur vive, de contrastes nets entre lumière et ombre et d'une synthèse de la forme, marque son entrée dans sa phase macchiaiola et une rupture avec sa première manière, liée à l'enseignement de Bezzuoli[7].

Durbé y voit son plus grand rapprochement avec la première peinture de « tache » ; il rappelle les œuvres de R. Sernesi des mêmes années[1]. Artes Magazine le décrit, lors de l'exposition de l'Orangerie en 2013, comme une étude de tache précoce, montrant les effets de la lumière sur un bâtiment vu à travers un portique, aux tons profonds et à la touche rapide[8].

Autres œuvres de la période florentine

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Plusieurs bustes féminins montrent une volonté de simplifier la figure jusqu'à un volume essentiel, défini par le clair-obscur, comme l'Autoportrait du musée d'Israël à Jérusalem ou le Portrait de sa mère de l'École normale supérieure de Pise[1].

La Dame au jardin, d'une collection particulière, est franchement macchiaiola. La Dame à l'ombrelle de la Galerie nationale d'art moderne de Rome lui est attribuée, mais cette attribution a été mise en doute en 1982[1]. La Dame en conversation, l'une de ses œuvres les plus célèbres, semble supposer la connaissance de la peinture hollandaise ancienne[1].

Période parisienne

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À Paris, il connaît et apprécie Courbet[5] ; Maria Barbara Guerrieri Borsoi propose de voir dans certains de ses nus un écho des grandes figures nues peintes par le maître français au début des années 1860[1]. Selon les Offices, il découvre aussi à Paris les idées et les techniques des impressionnistes : sa perspective devient photographique, sa peinture fraîche et libre[7].

Il peint alors des scènes de famille comme Le Verger, en 1873, dont le cadrage presque photographique pourrait être rapproché des recherches des impressionnistes, et de petites scènes comme Au piano, en 1873, qui révèlent un peintre au fait des recherches françaises et de celles d'Italiens installés à Paris comme De Nittis[1]. D'autres œuvres, comme La Cartomancienne, en 1872, restent de conception traditionnelle[1].

Portrait de Rossini

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Le Portrait de Gioachino Rossini, huile sur toile de 85 × 66 cm, est conservé à la galerie d'Art moderne du palais Pitti. Son frère Sansone l'offre aux Offices en 1874[3].

Sa datation est discutée. La signature et la date, « V. D'Ancona, 1874 », ont été peintes par-dessus une signature et une date antérieures, que le cadre empêche de lire entièrement. Le Catalogue général des biens culturels juge possible que le portrait ait été peint d'après nature, donc avant la mort du compositeur, en 1868[3] ; Maria Barbara Guerrieri Borsoi le date de 1874, à la fin du séjour parisien, et le tient pour un portrait posthume, de style traditionnel[1].

Dernières œuvres

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Après son retour à Florence, il peint des portraits, La Lettre attendue, en 1875 et en 1876, et la Femme qui fume, en 1878[1]. En 1877, un Nu lui vaut une récompense à l'Exposition de Naples[7],[1].

Expositions

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En 1978, les Macchiaioli font l'objet d'une exposition au Grand Palais, à Paris[9] ; ses œuvres figurent dans le catalogue, I Macchiaioli, peintres en Toscane après 1850[1].

Du 10 avril au , il est l'un des peintres présentés au musée de l'Orangerie dans l'exposition Les Macchiaioli. Des impressionnistes italiens ?, dont les commissaires sont Marie-Paule Vial, Isabelle Julia et Béatrice Avanzi ; l'exposition est ensuite présentée à Madrid, à la Fondation Mapfre, du au [10]. Du au , le Centro Matteucci de Viareggio présente en avant-première une sélection d'œuvres destinées à l'Orangerie, parmi lesquelles des œuvres de D'Ancona[9].

Réception

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Nello Tarchiani le jugeait en 1931 classique, presque académique par sa formation, et le tenait, en raison de sa situation financière et de sa longue maladie, pour un dilettante, « mais de grand rang et génial ». Il retenait surtout certains portraits et études de têtes, d'une construction solide[2]. Il est aussi présenté comme ayant gardé de sa formation, en se rapprochant des Macchiaioli, la solidité de la construction et du clair-obscur[5].

Depuis l'étude d'E. Cecchi, en 1927, la critique voit son œuvre osciller entre la manière académique et le renouvellement des Macchiaioli. Maria Barbara Guerrieri Borsoi conteste le jugement de Tarchiani : il n'est pas un dilettante, mais un peintre de bon niveau, représentatif d'une culture italienne ouverte au progrès sans être encore prête à rompre avec la tradition. Elle souligne aussi que la reconstitution de son parcours est difficile, ses œuvres étant peu nombreuses et souvent non localisées[1].

Collections

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Ses œuvres sont conservées notamment à la galerie d'Art moderne de Florence, à la galerie civique d'Art moderne de Milan, à la galerie Ricci Oddi de Plaisance, à l'École normale supérieure de Pise, à la Galerie nationale d'art moderne de Rome, au musée municipal et au palais royal de Turin, au National Museum of Wales de Cardiff et au musée d'Israël de Jérusalem, qui en possède huit[1]. La plupart de ses tableaux appartiennent à des collections particulières[1].

Œuvres

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Signora in bianco.
Sélection
DateŒuvreLieu de conservation
1853Savonarole refuse d'absoudre Laurent de MédicisPalais royal, Turin[5]
1861Le PortiqueGalerie d'Art moderne, palais Pitti, Florence[7]
AutoportraitMusée d'Israël, Jérusalem[1]
Portrait de sa mèreÉcole normale supérieure, Pise[1]
1864L'Exil de Giano Della BellaCollection particulière, Venise[1]
Dame à l'ombrelle, attribution discutéeGalerie nationale d'art moderne, Rome[1]
1873NuMusée municipal, Milan[1]
1865-1874Portrait de Gioachino RossiniGalerie d'Art moderne, palais Pitti, Florence[3]

Notes et références

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  1. ↑ L'Enciclopedia Italiana date le tableau de 1859.
  2. ↑ L'Encyclopaedia Judaica indique qu'il quitte Florence en 1856 pour Venise, où il vit longtemps.
  3. ↑ L'Enciclopedia Italiana situe son séjour parisien de 1868 environ à 1874 environ.
  4. ↑ L'Enciclopedia Italiana le fait mourir le 19 janvier 1884.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 (it) Maria Barbara Guerrieri Borsoi, « D'Ancona, Vitale, detto Vito », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 (it) Nello Tarchiani, « D'Ancona, Vito », sur Enciclopedia Italiana, Treccani, (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 (it) « Ritratto di Gioachino Rossini », sur Catalogo generale dei Beni Culturali, Ministero della Cultura (consulté le ).
  4. 1 2 (en) « Ancona, Vito D' », sur Encyclopedia.com, d'après l'Encyclopaedia Judaica (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 (it) « D'Ancóna, Vito », sur Enciclopedia on line, Treccani (consulté le ).
  6. ↑ (it) Matteo Lafranconi, « Lega, Silvestro », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  7. 1 2 3 4 5 6 (en) « Portico by Vito d'Ancona », sur Gallerie degli Uffizi (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Musée de l'Orangerie Shows 'I Macchiaioli': Mid-19th C. Italian Modernist Painters », sur Artes Magazine, (consulté le ).
  9. 1 2 (it) « I Macchiaioli per l'Orangerie », sur Arte.it (consulté le ).
  10. ↑ Daniel Couty, « Les Macchiaioli. Des Impressionnistes italiens ? », sur La Tribune de l'Art, (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (it) E. Cecchi, « Vito D'Ancona », Bollettino d'arte, vol. 6,‎ , p. 291-304.
  • I Macchiaioli, peintres en Toscane après 1850, Paris, .
  • (it) F. Aghib Levi D'Ancona, La giovinezza dei fratelli D'Ancona, Rome, .
  • (en) The Macchiaioli, masters of Realism in Tuscany, Rome, .
  • (it) Maria Barbara Guerrieri Borsoi, « D'Ancona, Vitale, detto Vito », dans Dizionario biografico degli italiani, vol. 32, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, .
  • (it) I. Ciseri, Vito D'Ancona, Soncino, .
  • (it) S. Bietoletti, I Macchiaioli : La storia, gli artisti, le opere, Florence, , p. 112-121.

Articles connexes

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Liens externes

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