Wavel Ramkalawan

homme politique seychellois

Wavel Ramkalawan, né le à Mahé, est un prêtre anglican, homme d'État seychellois et président de la République du au .

Wavel Ramkalawan
Illustration.
Portrait officiel de Wavel Ramkalawan en 2020.
Fonctions
Président de la république des Seychelles

(5 ans)
Élection 24 octobre 2020
Vice-président Ahmed Afif
Prédécesseur Danny Faure
Successeur Patrick Herminie
Biographie
Nom de naissance Wavel John Charles Ramkalawan
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Mahé (Seychelles)
Nationalité Seychelloise
Parti politique SNP
Diplômé de Université de Birmingham
Profession Pasteur
Religion Anglicanisme

Image illustrative de l’article Wavel Ramkalawan
Présidents de la République des Seychelles

Wavel Ramkalawan est député de l'opposition à l'Assemblée nationale de 1993 à 2011 et de 2016 à 2020. Il est également chef de l'opposition de 1998 à 2011 et de 2016 à 2020.

Après sa quatrième tentative, il remporte l'élection présidentielle du , la première victoire de ce type pour un candidat de l'opposition depuis l'indépendance du pays, marquant sa première alternance politique pacifique réussie.

Jeunesse

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Wavel Ramkalawan nait à Mahé, l'île principale des Seychelles dans une famille modeste, le plus jeune de trois enfants. Son grand-père était originaire du Bihar, en Inde. son père est métallurgiste et sa mère institutrice. Son éducation primaire et secondaire se fait au Seychelles College, l'école d'élite pour garçons du pays. Ramkalawan est ordonné prêtre en 1985 après des études de théologie au St Paul's Theological College à Maurice, puis il suit des études en théologie à l'université de Birmingham[1]. De retour aux Seychelles, il travaille dans plusieurs paroisses devenant prêtre responsable de la paroisse du Saint-Sauveur[2].

Entrée en politique

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Ramkalawan avec French Chang-Him et Desmond Tutu à Belfast.

Son travail de prêtre conduit Ramkalawan à la politique. Grâce à son travail pastoral, il entre en contact avec de nombreuses personnes qui ont fait l'objet de répression politique et d'abus des libertés humaines et civiles par le gouvernement. À cette époque, les églises catholique et anglicane sont les seules institutions qui peuvent s'exprimer sur les questions sociales ; elles sont autorisées à aborder ces sujets dans des sermons lors des services hebdomadaires qui sont diffusés un dimanche sur deux[1],[3].

En 1990, Ramkalawan prêche un sermon diffusé sur la station de radio nationale, dans lequel il remet en question les pratiques du gouvernement de parti unique[4] et exprime le désir du peuple pour une plus grande liberté, le respect des droits de l'homme et le respect de l'état de droit dans le pays[1]. Bien que son émission soit coupée, Ramkalawan distribue des copies du sermon critiquant le gouvernement. Le sermon inspire le mouvement pour la liberté politique et la démocratie aux Seychelles, et rapproche Ramkalawan de la politique[3]. En 1991, alors qu'il est encore prêtre, il rejoint ses camarades dissidents Roger Mancienne et Jean-François Ferrari pour former le parti clandestin Seselwa. Il en devient le premier chef[1].

Chef de l'opposition

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À la suite du retour au multipartisme en 1992, sous la pression internationale et interne, le Parti Seselwa est le premier parti politique à s'inscrire et à rejoindre les rangs des autres partis d'opposition au gouvernement. Il se met immédiatement au travail et participe aux élections de représentation à la commission constitutionnelle de 1992, ne recueillant que 4 % du vote national et ne pouvant être représenté à la commission. Le parti conteste les élections. En 1993, après la promulgation de la nouvelle constitution des Seychelles, deux autres partis d'opposition rejoignent le Parti Seselwa pour former l'Opposition unie (UO) et contester les élections générales de 1993. L'UO obtient 9% des voix, ce qui lui permet de nommer un membre, Ramkalawan, à l'Assemblée nationale[3].

En 1998, Ramkalawan mène son parti aux deuxièmes élections générales multipartites[5]. Le parti recueille 27% du vote national[6] et trois sièges à l'Assemblée nationale, battant le Parti démocratique seychellois de l'ancien président James Mancham relégué à la troisième place. Ramkalawan devient le premier membre directement élu du parti à l'Assemblée, remportant sa circonscription natale de St Louis, qu'il représente sans interruption depuis. De plus, il succède à Mancham en tant que chef de l'opposition, poste qu'il occupe jusqu'en 2020[6].

Lors des élections présidentielles de 2001, Ramkalawan recueille 45 % des voix, perdant face aux 54 % des voix remportées par le président France-Albert René[7]. L'année suivante, il conduit son parti, désormais rebaptisé Parti national des Seychelles (SNP), aux élections à l'Assemblée nationale. Le parti augmente sa représentation parlementaire d'un membre directement élu à sept, et de deux membres élus à la proportionnelle à quatre, passant de trois à onze sièges[8]

En 2005, Ramkalawan prend un congé sabbatique de ses fonctions de bureau afin de se consacrer pleinement à sa vie politique à un moment crucial et important pour les affaires du pays[9]. Cependant, il perd face à James Michel lors des élections présidentielles de 2006 et de 2011. Avec d'autres grands partis d'opposition, Ramakalawan et son parti boycottent les élections législatives de 2011[10].

Lors des élections de 2015, Ramkalawan et Michel se qualifient pour un second tour des élections, qui est le premier second tour de l'élection présidentielle aux Seychelles. Ramkalawan perd avec 49,85 % des voix et une différence de 193 voix par rapport à son adversaire Michel[11]

Président de la République

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Lors de l'élection présidentielle de 2020, Ramkalawan bat le président sortant Danny Faure obtenant selon la Commission électorale, 54,9 % des suffrages exprimés[12],[13],[14]. L'élection marque le premier transfert pacifique du pouvoir à une opposition depuis l'indépendance en 1976[15].

Le , les portefeuilles supplémentaires de la Défense, des Affaires juridiques, de l'Administration publique, de la Planification nationale et de la Sécurité nationale sont attribués à Ramkalawan[16].

Durant son mandat, Wavel Ramkalawan participe à relancer l'économie après la pandémie de Covid-19, portée par le secteur touristique ainsi que la maîtrise de la dette publique et la réduction de l'inflation à moins de 2 %, iniative saluée par le Fonds monétaire international[17]. Le trafic de drogue constitue également un enjeu majeur de son mandat. Les Seychelles comptent parmi les pays présentant les taux de consommation de drogue par habitant les plus élevés au monde. La consommation d'héroïne, acheminée principalement par voie maritime depuis l'Afghanistan et l'Iran, touche en 2023 près de 10 % de la population. Ramkalawan attribue en partie cette situation à l'inaction des administrations précédentes[18],[19].

En , son gouvernement annonce une concession de 70 ans à un promoteur qatari pour la construction d'un hôtel de luxe « écologique » sur l'île de l'Assomption[20]. Le projet est contesté pour ses conséquences sur les écosystèmes locaux et par sa proximité avec Aldabra, île inscrite au patrimoine mondial abritant une grande partie des tortues géantes du pays[21].

Le , il remplace Roger Mancienne à la tête de l'Union démocratique seychelloise afin de la mener pour l'élection présidentielle et les élections législatives de 2025[22]. Le , il annonce se présenter à un second mandat consécutif pour l'élection prévue en septembre de la même année[23]. Lors du premier tour, il arrive en deuxième place avec 46,5 % face à son principal opposant, le candidat de Seychelles unies Patrick Herminie, avec 48,82 % arrive en première place. Il l'affronte ainsi dans un second tour du au , à l'issue duquel il est défait en ne remportant que 47,27 % des voix face à son adversaire[24],[25].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 "Up Close…with Wavel Ramkalawan, politician, priest and family person". Seychelles Nation via Ministry of Youth, Sports and Culture. Original du 26 octobre 2020. Consulté le 27 octobre 2020.
  2. « Konn ou Kandida -Mr Wavel Ramkalawan » [archive du ], SBC News, (consulté le )
  3. 1 2 3 U.S. Library of Congress, « Opposition Movements and Interest Groups » [archive du ], Country Studies (consulté le )
  4. (en) « Seychelles: (a) Whether young men are particularly targeted by police if suspected of government opposition; (b) how they are generally treated by police if suspected; (c) what recourses are available to such suspects; and (d) whether it is normal to impose a six o'clock curfew on these suspects » [archive du ], Refworld, Immigration and Refugee Board of Canada, (consulté le )
  5. "Wavel Ramkalawan wins Presidency of Seychelles unseating incumbent in his 6th run for top office". Seychelles Broadcasting Corporation. Archived from the original on 28 October 2020. Consulté le 27 octobre 2020.
  6. 1 2 United States Central Intelligence Agency, « The World Factbook 1998 part 38 out of 51 » [archive du ], Fullbooks (consulté le )
  7. « Seychelles Histoire » [archive du ], Petit Fute (consulté le )
  8. National Assembly elections in the Third Republic". Seychelles Nation. Archived from the original on 28 October 2020.Consulté le 7 octobre 2020.
  9. "The reverend and the election". Africa Intelligence. Archived from the original on 28 October 2020. Consulté le 27 octobre 2020.
  10. « Opposition says will boycott National Assembly - Archive - Seychelles Nation » [archive du ], www.nation.sc (consulté le )
  11. "James Michel secures third term winning 50.15 percent votes in Seychelles presidential run-off". Seychelles News Agency. Archived from the original on 28 October 2020. Consulté le 27 octobre 2020.
  12. https://www.reuters.com/article/uk-seychelles-election/seychelles-opposition-candidate-ramkalawan-wins-presidential-vote-idUKKBN27A07Q
  13. « Seychelles opposition wins presidency for first time in 43 years » [archive du ], Reuters, (consulté le )
  14. « Upset in Seychelles presidential election as incumbent loses » [archive du ], Associated Press, (consulté le )
  15. "Seychelles election: Wavel Ramkalawan in landmark win". BBC News. 25 October 2020. Archived from the original on 27 October 2020. Consulté le 27 octobre 2020.
  16. « President Ramkalawan unveils new cabinet », Seychelles Nation, consulté le 5 novembre 2020.
  17. Christina Okello, « Présidentielle aux Seychelles: Wavel Ramkalawan en quête d’un second mandat », sur Radio France internationale, (consulté le ).
  18. Louise Adamou et Chris Alcock, « Seychelles - Drogue : L'île paradisiaque prisonnière de l'héroïne », sur bbc.com, BBC News, (consulté le ).
  19. Abdoollah Earally, « Le trafic d'héroïne fait des ravages aux Seychelles et à Maurice », sur Radio France internationale, (consulté le ).
  20. Bruno Minas, « Seychelles : l’île d’Assomption va devenir touristique », sur la1ere.franceinfo.fr, Mayotte La Première, (consulté le ).
  21. AFP, « Aux Seychelles, présidentielle à suspense sur fond d'inquiétudes environnementales », sur France 24, (consulté le ).
  22. Rita Joubert-Lawen, « Le président des Seychelles, Wavel Ramkalawan, élu chef du LDS avec mission de mener le parti à la victoire aux prochaines élections », sur Seychelles News Agency, (consulté le ).
  23. (en) Vanessa Ndong, « Seychelles : Wavel Ramkalawan vise un second mandat à la présidentielle de septembre », sur africapresse.com, Africa Presse, (consulté le ).
  24. (en) Emilie Chetty, « Seychelles to hold rerun presidential election after no outright winner », sur AP, (consulté le ).
  25. AFP, « Aux Seychelles, Patrick Herminie, le chef de l'opposition, remporte la présidentielle », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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