Way of the Samurai
Way of the Samurai, connu au Japon sous le titre Samurai (侍), est un jeu vidéo d'action-aventure développé par Acquire et édité par Spike, sorti en 2002 sur PlayStation 2.
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| Way of the Samurai |
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Se déroulant en 1878, durant l’ère Meiji, il permet au joueur d'incarner un rōnin, un samouraï sans maître, errant dans la région du col de Rokkotsu, une localité rurale théâtre d'une lutte de pouvoir entre trois factions rivales : le gouvernement central, la famille Kurou et les traditionalistes du clan Akadama.
Le jeu propose une structure narrative ouverte et non linéaire où les choix du joueur, qu’il s’agisse de dialogues ou d’actions, influencent directement le scénario et mènent à l’une des six conclusions possibles. Ainsi, si l’aventure principale ne dure que quelques heures, sa rejouabilité est élevée. Les combats se déroulent en temps réel et intègrent un système de garde, de postures et de techniques variées ; la maîtrise de dizaines d’armes (sabres, haches, marteaux, etc.) et leur amélioration par un forgeron sont essentielles.
L’accueil critique est globalement positif (moyenne de 74 % sur Metacritic), saluant la liberté narrative et le système de combat, tout en critiquant les graphismes datés. Une version augmentée, Samurai Kanzenban, est sortie au Japon en janvier 2003, puis une adaptation sur PlayStation Portable, Samurai Dō Portable, en septembre 2008.
Intrigue
modifierLe jeu se déroule en 1878 durant l’ère Meiji[1]. Le joueur incarne un rōnin (samouraï sans maître) errant qui arrive au col de Rokkotsu, une petite localité rurale dont l’activité économique repose sur une fonderie de fer vieillissante[2].
Trois factions rivales se disputent le contrôle du col. La première est le gouvernement central, dont les forces militaires exercent une pression croissante sur les seigneuries locales pour étendre leur autorité[3],[2]. La deuxième est la famille Kurou, l’ancien clan dirigeant du col, qui tente de résister à l’emprise gouvernementale. Confrontée à de graves difficultés financières après l’échec de ses tentatives de modernisation des mines de fer, elle projette de vendre sa fonderie au gouvernement. La troisième faction est le clan Akadama, un groupe de traditionalistes qui s’oppose farouchement à la vente de la fonderie, qu’il juge déshonorante, dans le but d'affaiblir l’approvisionnement en fer du gouvernement et de se procurer de l’argent et des armes pour leur propre cause, la restauration du shogunat[1].
Les choix du joueur déterminent la suite de l'intrigue. Il peut s’allier à l’un des deux clans, soutenir la cause des villageois pris au piège, ou encore agir en samouraï libre, n'obéissant qu’à sa propre loi[1],[4]. Chaque décision a un impact sur le déroulement des événements, des rencontres, des combats et sur la façon dont les autres personnages perçoivent le protagoniste[5]. Ce système conduit à l’une des six conclusions possibles, ce qui offre une rejouabilité importante[1].
Système de jeu
modifierLe jeu adopte une structure narrative ouverte et non linéaire, un système de combat technique et une forte emphase sur la rejouabilité.
Avant de débuter l’aventure, le joueur personnalise son personnage en choisissant son nom, son apparence parmi trois têtes disponibles ainsi que sa tenue vestimentaire[6]. Les dialogues avec les personnages non-joueurs s’affichent sous forme de phylactères, avec un doublage vocal limité, ponctué de quelques exclamations japonaises basiques[6],[1].
Le joueur incarne un rōnin, un samouraï sans maître, errant dans la région du col de Rokkotsu pendant une période de trois jours[5],[7]. L’aventure débute systématiquement par une rencontre fortuite sur un pont avec un groupe de bandits venant de capturer une jeune fille, et avec lequel le joueur peut choisir d’interagir de multiples façons[5],[8].
L’élément central du jeu est la capacité du joueur à influencer le scénario par ses actions et ses dialogues, conduisant à de multiples embranchements et à six fins différentes[8],[1]. Chaque décision, qu’il s’agisse de protéger une victime, d’ignorer un conflit ou de se joindre à des brigands, modifie le cours de l’histoire, les relations avec les personnages non-joueurs et les affrontements disponibles[5],[8]. La durée d’une partie complète est relativement courte, de l’ordre de quelques heures, mais la multiplicité des embranchements encourage de multiples parties[8].
Les combats se déroulent en temps réel, et le joueur dispose de capacités d’attaque, de parade, de contre et de blocage[9],[8]. Le système de garde avancé permet de déséquilibrer un adversaire en poussant ou en reculant au moment de bloquer[8]. Les attaques spéciales s’exécutent par combinaisons de boutons d'attaque, de saut et de blocage. Le jeu utilise un système de postures influençant les combos, et la maîtrise de ces mécaniques est essentielle pour progresser[9]. L’efficacité au combat passe par la diversification des actions : répéter indéfiniment la même attaque rend le personnage prévisible et limite l’acquisition de nouvelles techniques[5]. Le jeu propose également la possibilité de s'écarter du combat en rangeant son arme pour aller consommer des objets de soin[8].
La collecte et la maîtrise d’un grand nombre d’armes est un élément important, avec des dizaines de sabres, ainsi que des haches, marteaux, massues et autres outils[9], chacun possédant ses propres caractéristiques (durabilité, puissance d’attaque, défense) et répertoire de mouvements[8]. Les armes peuvent être récupérées sur les ennemis vaincus[1]. Un forgeron présent dans le village peut améliorer les armes en échange d’argent ; ne pas pouvoir le payer déclenche un combat pouvant mener à sa mort, supprimant définitivement cette possibilité d’amélioration. La progression du personnage, qui peut apprendre des centaines de techniques de combat, est étroitement liée à l’utilisation variée des armes et des postures[5],[9].
Développement et sortie
modifierWay of the Samurai est développé par le studio japonais Acquire, connu pour la série Tenchu[10]. C'est en mai 2001 que le projet est annoncé pour la première fois pour une sortie en février 2002[11]. Le jeu sort au Japon sous le titre Samurai (侍) le , édité par Spike. Peu après, en mars 2002, l'éditeur américain BAM! Entertainment annonce qu'il a acquis les droits d'édition pour l'Amérique du Nord et le renomme Way of the Samurai[12]. La sortie nord-américaine a lieu le , tandis que la version européenne, éditée par Eidos Interactive suit le [13].
Le concept central est de proposer une expérience de jeu où les choix du joueur influencent directement la narration. Dès sa présentation, le développeur promet une structure « ouverte » dont l'histoire change en fonction des décisions du joueur. Cette orientation est pensée en partie pour se distinguer des niveaux très codifiés de Tenchu[14]. Les compositions musicales sont l’oeuvre de Noriyuki Asakura[10].
Rééditions
modifierÉdition Kanzenban
modifierUne version augmentée du jeu, intitulée Samurai Kanzenban (侍〜完全版〜, littéralement « édition complète »), est publiée au Japon le sous le label « PlayStation 2 the Best »[15]. Commercialisée au prix de 3 000 yens, elle intègre de nombreux ajouts et améliorations par rapport à la version originale japonaise de février 2002. Le point de départ est la version occidentale du jeu, qui avait déjà bénéficié de plusieurs ajustements. Ainsi, Samurai Kanzenban reprend les armes autres que les sabres, le mode de difficulté « difficile » (« Hard »), la possibilité de quitter prématurément l'aventure et les textes horizontaux propres aux éditions nord-américaine et européenne. L'éditeur Spike ajoute six nouveaux événements scénaristiques, dont Ai, Hitohira (愛、ひとひら) et Takabisha Porisuman (高飛車ポリスマン), sept autres sont modifiés, et de nombreuses corrections mineures sont apportées. Le contenu est également enrichi par l'ajout de nouveaux modèles pour le personnage principal, de nouvelles lames, ainsi que par des rééquilibrages de techniques. L'interface bénéficie de révisions, et il est désormais possible de basculer l'affichage des menus et des dialogues en anglais. Parmi les autres nouveautés figurent l'amélioration de la caméra, l'adoption d'un système de points pour évaluer le joueur, et surtout l'intégration d'une bande-annonce de Samurai 2 (connu en Occident sous le nom de Way of the Samurai 2), alors en cours de développement. Néanmoins, la progression réalisée dans la version originale de Samurai ne peut pas être transférée vers cette édition[16],[source insuffisante].
Samurai Dō Portable
modifierUne version adaptée sur PlayStation Portable, intitulée Samurai Dō Portable (侍道ポータブル, Samurai Dō Pōtaburu) ou Way of the Samurai Portable, est annoncée en juin 2008 par le magazine japonais Famitsu[17]. Toujours développée par Acquire et éditée par Spike, elle est commercialisée exclusivement au Japon en format physique le [18], puis en distribution dématérialisée sur le PlayStation Store au [19]. Elle reprend l'intégralité du contenu de l'edition Kanzenban (complète) et y ajoute plusieurs éléments inédits. Le mode ad hoc permet des affrontements en communication sans-fil, tandis que le nombre total de lames passe à soixante, soit une vingtaine de nouvelles armes[19].
De nouveaux événements ainsi qu'une séquence d'introduction inédite sont également intégrés. En guise d'anticipation sur Way of the Samurai 3, une bande-annonce spéciale de cet opus est incluse. Le personnage principal dispose de huit modèles et cinq visages, déblocables progressivement grâce à des points GP, tout comme des personnages de combat supplémentaires et des cartes. L'accumulation de 3 500 GP affiche un message des développeurs, sans autre contenu au-delà. Comparée à l'édition complète, cette version portable modifie certains paramètres de jeu : les ennemis flottent moins lors des combos et la vitesse de déplacement du protagoniste est augmentée. Par ailleurs, les données de sauvegarde ne sont pas effacées après un chargement ; ainsi, si le personnage meurt, son arme ne disparaît pas tant que le joueur n'effectue pas une nouvelle sauvegarde[20],[source insuffisante].
Accueil
modifier15 sur 20[21] |
| Média | Note |
|---|---|
| Jeux vidéo Magazine (FR) | 15 sur 20[22] |
| N64 Magazine (UK) |
| Média | Note |
|---|---|
| Eurogamer (UK) | 7 sur 10[5] |
| Gamekult (FR) | 6 sur 10[10] |
| GameSpot (US) | 7,1 sur 10[8] |
| IGN (US) | 7,8 sur 10[9] |
| Jeuxvideo.com (FR) | 14 sur 20[4] |
| Média | Note |
|---|---|
| Metacritic | 74 %[23] |
L'agrégateur de notes Metacritic, qui compile les critiques de la presse spécialisée, lui attribue une moyenne de 74 % sur la base de vingt-deux critiques, dont dix positives et douze mitigées[23].
Le système de narration à embranchements et la liberté laissée au joueur constituent l'aspect le plus unanimement salué. IGN souligne que « ce qui fait la force de Way of the Samurai, c'est son monde ouvert et son scénario »[9]. Eurogamer abonde dans ce sens, estimant que la possibilité de traiter chaque situation comme on l'entend est « un vent de fraîcheur », contrastant avec la plupart des jeux PlayStation 2 qui cantonnent le joueur dans un cadre étroit[5]. GameSpot relève également que l'histoire à embranchements est « captivante, d'une originalité rafraîchissante et constitue l'un des points forts du jeu »[8]. Au niveau du système de combat, IGN le compare à celui de Bushido Blade, le jugeant un peu plus simple, mais note que « le jeu peut paraître un peu lent et maladroit au début, mais c'est en grande partie voulu : le protagoniste est censé avoir un répertoire de techniques limité au départ »[9]. Eurogamer, tout en louant la richesse des techniques et l’importance de la parade et du contre, souligne que « la maniabilité est d'une lourdeur impardonnable »[5].
En revanche, la réalisation technique est critiquée. La presse spécialisée déplore des graphismes dépassés et des caméras parfois problématiques. Une preview de GameSpot qualifie ainsi les graphismes de « principale faiblesse » du jeu[24]. Eurogamer constate que « graphiquement, Way of the Samurai pourrait être bien meilleur, même sur PS2, et donne parfois l’impression d’appartenir à la console précédente », tout en concédant que les animations de combat sont « globalement excellentes »[5]. IGN, s’il critique lui aussi la caméra automatique parfois gênante, relativise en notant que ce problème se contourne avec l’habitude[9].
La brièveté de l’aventure principale a également été débattue. De nombreux critiques s’accordent sur le fait qu’une partie ne dure que quelques heures, mais ils soulignent que la rejouabilité, permise par la multiplicité des fins et la quête des armes, compense largement cette faiblesse. Ainsi, GameSpot note que le jeu ne dure que « quelques heures seulement, mais propose de nombreux embranchements menant à différents événements et fins », tandis qu’IGN juge la durée de vie excellente pour qui explore la variété des options[9]. Eurogamer, pour sa part, estime que si l’objectif du joueur se limite à terminer le jeu rapidement, il ferait mieux de choisir un autre titre, mais que ceux qui peuvent tolérer quelques incohérences narratives et des dialogues faibles y trouveront un divertissement d’une certaine valeur[5].
Au final, IGN écrit que « ce jeu ne sera certainement pas un blockbuster, mais il est étonnamment bien réalisé compte tenu de sa discrétion »[9]. GameSpot résume le sentiment général en indiquant que « ceux qui espéraient que Way of the Samurai devienne le prochain Tenchu ou Bushido Blade seront déçus, mais tous les autres devraient trouver le jeu assez divertissant, malgré ses défauts »[8].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Matthew Price, « Samurai video game way of entertaining »
, sur The Oklahoman, (consulté le ). - 1 2 (en) Mac Schwerin, « The greatest video games nobody ever talks about »
, sur The Outline (en), (consulté le ). - ↑ (fi) Petri Heikkinen, « Way of the Samurai (PS2) – Yksinäinen susi »
, sur Pelit (en), (consulté le ). - 1 2 Romendil, « Test du jeu Way of the Samurai sur PS2 »
, sur Jeuxvideo.com, (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Tom Bramwell, « Way of the Samurai review »
, sur Eurogamer, (consulté le ). - 1 2 (en) Douglass C. Perry, « Way of the Samurai: Movies and Screens »
, sur IGN, (consulté le ). - ↑ (en) Tom Bramwell, « Way of the Samurai Preview »
, sur Eurogamer, (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Joe Fielder, « Way of the Samurai Review »
, sur GameSpot, (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) David Smith, « Way Of The Samurai »
, sur IGN, (consulté le ). - 1 2 3 Nicolas Verlet, « Test : Samurai : tranche de vies sur PS2 »
, sur Gamekult, (consulté le ). - ↑ (en) Yukiyoshi Ike Sato, « Acquire prepares Samurai for 2002 »
, sur GameSpot, (consulté le ). - ↑ (en) Giancarlo Varanin, « Samurai on the way »
, sur GameSpot, (consulté le ). - ↑ (en) « Way of the Samurai »
, sur Giant Bomb (consulté le ). - ↑ Dreamboum, « Way of the Samurai »
, sur lost-town.com (consulté le ). - ↑ (en) « Samurai Kanzenban [PlayStation 2 The Best] »
, sur psxdatacenter.com (consulté le ). - ↑ (ja) « スパイク、「侍~完全版~」を“the Best”で発売 シナリオが追加されるなど完全版に相応しくパワーアップ »
, sur game.watch.impress.co.jp (consulté le ). - ↑ Matthieu Hurel, « Way of the Samurai : le doublé automnal »
, sur Gamekult, (consulté le ). - ↑ « Samurai Dō Portable »
, sur JeuxActu (consulté le ). - 1 2 (ja) « PSP用ソフト『侍道ポータブル』と『忍道 焔』のダウンロード販売が開始 » [archive du ], sur Famitsu, (consulté le ).
- ↑ (ja) « 侍道ポータブル 情報 »
, sur suginami-s.net (consulté le ). - ↑ Reyda Seddiki, Way of the Samurai : Un bel hère, octobre 2002, Jeux vidéo Magazine n°25, p. 106.
- ↑ Reyda Seddiki, Way of the Samurai : Un bel hère, octobre 2002, Jeux vidéo Magazine n°25, p. 106.
- 1 2 (en) « PlayStation 2 Critic Reviews »
, sur Metacritic (consulté le ). - ↑ (en) Joe Fielder, « Way of the Samurai Preview »
, sur GameSpot, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives au jeu vidéo :