Yoru no Funsui
Yoru no Funsui (夜の噴水, littéralement « Fontaine de la nuit ») est une revue japonaise de poésie surréaliste éditée et publiée à Nagoya par le poète et photographe Kansuke Yamamoto entre 1938 et 1939[1]. Chirū Yamanaka collabore étroitement à la revue, tandis que Shōko Ema, Katsue Kitazono, Shirō Murano et d’autres auteurs y publient des textes[2],[3]. On y trouve des poèmes, des textes en prose, des traductions, des photographies et des dessins, mais aussi des reproductions d’œuvres européennes[4]. La publication s’interrompt après le quatrième numéro, à la suite d’un interrogatoire de Yamamoto par la Tokkō[5].
夜の噴水
| Pays | Japon |
|---|---|
| Langue | Japonais |
| Périodicité | Irrégulière |
| Format | 250 × 150 mm |
| Genre | Revue de poésie surréaliste |
| Date de fondation | novembre 1938 |
| Date du dernier numéro | octobre 1939 |
| Éditeur | Kansuke Yamamoto |
| Ville d’édition | Nagoya |
Dans un catalogue publié en 1990, le musée municipal d’art de Nagoya présente Yoru no Funsui comme la dernière revue de poésie japonaise à se réclamer exclusivement du surréalisme[2]. Yoshiteru Kurosawa relève que les trois premiers numéros contiennent plusieurs traductions de textes publiés dans la revue française Cahiers G.L.M.[3]. Il souligne qu’à la fin des années 1930 les arts surréalistes sont déjà largement présentés au Japon à travers des publications qui s’appuient notamment sur Cahiers d’Art et Minotaure, alors que la poésie et la prose surréalistes françaises y sont beaucoup moins diffusées[3]. Kurosawa présente ainsi Yoru no Funsui comme pratiquement le seul support alors disponible au Japon pour faire connaître ce type de textes[3].
Histoire
modifierOrigines
modifierEn juillet 1937, l’« Exposition d’œuvres surréalistes étrangères » (海外超現実主義作品展), organisée par Shūzō Takiguchi et Chirū Yamanaka, fait étape à la galerie Maruzen de Nagoya[4]. Yamamoto s’y rend chaque jour et y fait la connaissance de Yamanaka[6]. Cette rencontre conduit à la création de Yoru no Funsui l’année suivante[4],[6].
Yamamoto explique plus tard qu’il avait envisagé avec Yamanaka deux formules : une revue destinée surtout à promouvoir le surréalisme et une revue centrée sur la publication d’œuvres surréalistes. Ils avaient retenu la seconde[7]. Il précise qu’ils voulaient une revue soignée et discrète, réunissant des surréalistes et d’autres auteurs dont le travail leur semblait proche de ce courant[7]. Selon Jelena Stojković, Yamamoto conçoit la revue avec Yamanaka et entend appliquer les principes du surréalisme à son contenu, à sa mise en page et au choix des œuvres publiées[8].
Yoshiteru Kurosawa suppose que Yamanaka projetait, dans la seconde moitié des années 1930, de publier un deuxième recueil de poèmes intitulé Yoru no Funsui[9]. Selon lui, le projet n’aboutit pas, Yamanaka consacrant alors une grande partie de son temps à faire connaître le surréalisme au Japon[9]. Lorsque Yamamoto lance à Nagoya, en novembre 1938, une revue surréaliste portant le même titre, Yamanaka participe pleinement à sa publication[9],[2].
Kurosawa précise qu’aucun document ne permet d’établir l’origine du titre, mais relève l’importance de l’image de la fontaine dans la poésie de Yamanaka à cette époque[9]. En 1963, Yamanaka reprend le même titre pour un recueil de dix-huit quatrains[9].
Publication et fabrication
modifierQuatre numéros paraissent entre novembre 1938 et octobre 1939[6]. Le premier, le troisième et le quatrième comptent douze pages, le deuxième seize[6]. Les trois premiers sont tirés à cent exemplaires chacun et le quatrième à soixante-cinq[10].
| Numéro | Date de parution | Pages | Tirage |
|---|---|---|---|
| 1 | 1er novembre 1938 | 12 | 100 exemplaires |
| 2 | 20 février 1939 | 16 | 100 exemplaires |
| 3 | 15 août 1939 | 12 | 100 exemplaires |
| 4 | 20 octobre 1939 | 12 | 65 exemplaires |
En 1938, Bunshō Jugaku met Yamamoto en relation avec l’artisan papetier Eishirō Abe[6]. Yamamoto se rend alors dans le village d’Iwasaka, dans la préfecture de Shimane, pour lui commander le papier destiné à Yoru no Funsui[6]. Selon Kikyō Sasaki, la revue est imprimée sur un papier washi en pur gampi, fabriqué à la main par Abe et teint à la noix de galle puis au phellodendron[10]. La typographie et la couleur du titre changent à chaque numéro ; le premier comporte une impression à la poudre d’argent[10].
Le premier numéro comporte une photographie sans titre de Yamamoto, collée à la page 9[3]. Le deuxième numéro comporte le portrait imaginaire de Lautréamont par Salvador Dalí, également collé à la page 9, ainsi qu’un feuillet de papier paraffiné portant un texte d’Edmond Jaloux[3].
Kinoshita rappelle que Yoru no Funsui paraît dans une période marquée par l’incident du 26 février, l’incident du pont Marco-Polo et la promulgation de la loi de mobilisation générale de l’État[11]. Il souligne également le durcissement de la censure, les pénuries de papier et la diminution du nombre de périodiques[11]. Il note enfin le ralentissement marqué de la vie littéraire à Nagoya[11].
Arrêt de la publication
modifierÀ la fin des années 1930, alors que le militarisme japonais se renforce, des surréalistes sont soupçonnés de sympathies communistes et la répression du mouvement s’intensifie[8],[12]. À la fin de 1939 ou au début de 1940, Yamamoto est interrogé par la Tokkō au sujet de Yoru no Funsui[5]. Il est relâché à condition de ne plus publier la revue[5]. Le quatrième numéro, paru en octobre 1939, est le dernier à être publié[3].
Un cinquième numéro est alors en préparation, mais il ne paraît pas[13]. Yamamoto explique par la suite qu’il comptait mettre fin à Yoru no Funsui après le cinquième ou le sixième numéro, puis publier une revue surréaliste plus volumineuse[13]. Il envisageait même d’utiliser un papier bon marché afin de mieux faire comprendre l’esprit du surréalisme et de présenter davantage de travaux venus de l’étranger[13]. Selon Kurosawa, l’intervention de la police a également empêché ce projet d’aboutir[13].
Kurosawa cite une lettre postérieure selon laquelle ce numéro n’aurait pas dépassé le stade de la censure[13]. Il précise toutefois qu’il ne s’agissait pas d’une interdiction officielle de vente ou de diffusion[13]. Selon lui, les convocations et les interrogatoires de la police ont néanmoins exercé un contrôle idéologique de fait[13]. Aucune épreuve du cinquième numéro n’est conservée[13].
Contenu
modifierYoru no Funsui publie des poèmes, des textes en prose, des traductions, des photographies et des dessins[6],[5]. On y trouve des œuvres de Yamamoto et d’autres collaborateurs japonais, ainsi que des traductions et des reproductions d’œuvres européennes[5],[8].
Principaux contenus
modifier- Premier numéro (1er novembre 1938)
- Poésie et prose — Deux textes de Jérôme Cardan consacrés au rêve, traduits sous les initiales « T.Y. », un texte tiré des écrits posthumes de Clarisse Juranville sans nom de traducteur, « Tōshihō » de Chirū Yamanaka, un texte de Paul Éluard adressé à Roland Penrose sans nom de traducteur, et « Hikō techō I » de Yamamoto[3].
- Photographie et illustrations — Deux vignettes et une photographie sans titre de Yamamoto figurent dans le numéro[3].
- Source d’une illustration — Le dessin de la page 7 est d’Yves Tanguy et provient du recueil Cri de la Méduse d’Henri Pastoureau[3].
- Deuxième numéro (20 février 1939)
- Poésie et prose — Le sommaire comprend un texte de Paul Éluard sur le rêve traduit sous les initiales « T.Y. », « Yume » de Guy Lévis Mano également traduit « T.Y. », « Tanpopo no jusō » de Shōko Ema, « Jojōshi » 1–3 de Yamanaka, « Asa no binakuru » de Katsue Kitazono, un texte sans titre de Michel Leiris sans nom de traducteur, et « Hikō techō II » de Yamamoto[3].
- Feuillet inséré — Un texte d’Edmond Jaloux, traduit sous la signature « Q », est imprimé sur un feuillet de papier paraffiné inséré dans le numéro[3].
- Illustrations — Le numéro reproduit le portrait imaginaire de Lautréamont par Salvador Dalí, ainsi que des dessins et des vignettes de Man Ray, Yves Tanguy et Joan Miró[3].
- Sources des illustrations — Le portrait de Dalí provient de l’édition des œuvres complètes de Lautréamont publiée par José Corti en 1938, tandis qu’un dessin de Tanguy est repris du Cri de la Méduse de Pastoureau[3].
- Troisième numéro (15 août 1939)
- Poésie et prose — Le sommaire comprend « Shūgyō jidai » et « Jigoku no Orufe » de Maurice Blanchard, tous deux traduits sous la signature « Q », « Yūenshō » de Mitsuru Nishikawa, « Utsukushii hito » de Yamanaka et un texte de Karl Philipp Moritz traduit sous les initiales « T.Y. »[3].
- Sources des traductions — Les deux textes de Blanchard proviennent du no 9 de Cahiers G.L.M. de mars 1939, tandis que celui de Moritz est repris du no 7 de mars 1938[3].
- Illustrations — Le numéro comprend deux œuvres de Yoshio Shimozato, un dessin de Shigeyoshi Nakamura et trois vignettes d’Yves Tanguy[3].
- Source des illustrations — Les vignettes de Tanguy proviennent de dessins réalisés pour le recueil Dormir dormir dans les pierres de Benjamin Péret[3].
- Quatrième numéro (20 octobre 1939)
- Poésie et prose — Le sommaire comprend « Yoru no suso » de Shirō Murano, « Kaze no nai shima » de Yamamoto, « Kodokuken » de Yamanaka, « Jitensha no yō ni » d’Utarō Noda, un texte de Guy Lévis Mano traduit sous la signature « Q », et « Mae no yoru » de Yamamoto[3].
- Illustrations — Des vignettes figurent sur cinq pages, notamment des dessins de Jean Arp et d’Yves Tanguy[3].
- Sources des illustrations — Les dessins d’Arp proviennent de De nos oiseaux de Tristan Tzara, tandis que ceux de Tanguy sont repris de Dormir dormir dans les pierres de Péret[3].
Traductions et surréalisme français
modifierYoshiteru Kurosawa relève que les trois premiers numéros de Yoru no Funsui reprennent en traduction plusieurs textes parus dans la revue française Cahiers G.L.M.[3]. Le no 7, publié en mars 1938, est consacré au rêve et rassemble des textes et des illustrations réunis par André Breton[3]. Le même ensemble paraît aussi sous le titre Trajectoire du rêve[3]. Des textes de Jérôme Cardan, Paul Éluard, Guy Lévis Mano, Michel Leiris et Karl Philipp Moritz provenant de ce numéro sont traduits dans les trois premiers numéros de Yoru no Funsui[3]. Deux textes de Maurice Blanchard parus dans le no 9 de mars 1939 sont traduits dans le troisième numéro[3].
S’appuyant sur Věra Linhartová, Kurosawa rappelle que le rêve occupe une place importante dans le surréalisme français mais reste encore peu présent dans la poésie surréaliste japonaise de l’époque[3]. Linhartová voit dans Yoru no Funsui un cas rare de publication accordant une place centrale à ce thème[3]. Kurosawa souligne également que les arts surréalistes sont déjà largement présentés au Japon à travers des publications qui s’appuient notamment sur Cahiers d’Art et Minotaure, alors que la poésie et la prose surréalistes françaises y sont beaucoup moins diffusées[3]. Il présente ainsi Yoru no Funsui comme pratiquement le seul support alors disponible au Japon pour faire connaître ce type de textes[3].
Yamamoto commande directement en France des revues et des recueils de poésie[14]. Un accusé de réception de commande envoyé par G.L.M. à Yamamoto le 21 novembre 1938 mentionne quatre volumes de MINUTES[14]. Une lettre de José Corti à Yamamoto datée du 19 janvier 1939 mentionne le recueil Dormir dormir dans les pierres de Benjamin Péret[14]. Kurosawa précise que Yamamoto utilise les catalogues de José Corti et de G.L.M. pour commander des revues et des recueils[14].
Certaines traductions portent les initiales « T.Y. » ou la signature « Q », tandis que d’autres ne sont pas signées[3]. Le texte de Cardan publié dans le premier numéro, ceux d’Éluard et de Guy Lévis Mano dans le deuxième et celui de Moritz dans le troisième portent les initiales « T.Y. », que Kurosawa identifie comme celles de Yamanaka[3]. Les traductions de Clarisse Juranville et d’Éluard dans le premier numéro ainsi que celle de Michel Leiris dans le deuxième ne sont pas signées[3]. Kurosawa les attribue à Yamanaka d’après la graphie des manuscrits conservés[3]. Le texte d’Edmond Jaloux dans le deuxième numéro, les deux textes de Maurice Blanchard dans le troisième et celui de Guy Lévis Mano dans le quatrième portent la signature « Q », que Kurosawa attribue à Yamamoto[3].
Avec l’aide de Yamanaka, Yoru no Funsui est également envoyé à Paul Éluard en France[5]. Amanda Maddox y voit une tentative de maintenir les échanges entre les surréalistes européens et japonais[5].
Dans un entretien consacré à Japan's Modern Divide, Maddox parle de Yamamoto comme d’« une sorte de traducteur »[15]. Elle explique qu’à travers Yoru no Funsui, Yamamoto fait connaître des textes surréalistes aux lecteurs japonais tout en les interprétant dans un contexte japonais[15].
Contributeurs
modifierYoru no Funsui est éditée et publiée par Kansuke Yamamoto[3]. Chirū Yamanaka collabore étroitement à la revue et y publie des poèmes et des traductions[2],[3]. Shōko Ema, Katsue Kitazono, Shirō Murano, Mitsuru Nishikawa et Utarō Noda figurent également parmi les auteurs publiés[3]. Yoshio Shimozato fournit deux œuvres reproduites dans le troisième numéro[3].
Kurosawa relève que nombre de dessins et de vignettes reproduits dans la revue proviennent de recueils de poésie surréaliste publiés à l’étranger[3]. Il précise qu’aucun de ces dessins ou vignettes n’est de Yamamoto, contrairement à certaines attributions antérieures[3].
Réception et conservation
modifierDans le catalogue de l’exposition 日本のシュールレアリスム : 1925~1945, publié en 1990 par le musée municipal d’art de Nagoya, Yoru no Funsui est présentée comme la dernière revue de poésie japonaise à se réclamer exclusivement du surréalisme[2].
John Solt écrit dans le catalogue de l’exposition consacrée à Yamamoto en 2001 que Yoru no Funsui est considérée comme la plus remarquable des revues surréalistes pour la qualité de son papier[16].
En 2009, les quatre numéros sont réédités en fac-similé dans le troisième volume de la série コレクション・都市モダニズム詩誌, consacré au surréalisme[17]. Les quatre numéros originaux sont conservés au Musée de la littérature japonaise moderne (日本近代文学館)[18].
Les deux premiers numéros sont présentés en 2024 au musée d’art d’Itabashi dans l’exposition organisée à l’occasion du centenaire du Manifeste du surréalisme[4].
Notes et références
modifier- ↑ (ja) « Webなごやゆかりの歌人・詩人 令和7年度基準(山本悍右) » [PDF], Ville de Nagoya (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (ja) Musée municipal d’art de Nagoya (dir.), 日本のシュールレアリスム : 1925~1945, Nagoya, 日本のシュールレアリスム展実行委員会, , p. 26
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 (ja) Yoshiteru Kurosawa, 山中散生書誌年譜, 丹精社, (ISBN 978-4-8391-1013-0), p. 110-115
- 1 2 3 4 (ja) Yutaka Hayami, Satoko Hironaka et Tomoyo Shimizu, 『シュルレアリスム宣言』100年 シュルレアリスムと日本, Kyoto, Seigensha, (ISBN 978-4-86152-941-2), p. 186
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Judith Keller et Amanda Maddox (dir.), Japan’s Modern Divide: The Photographs of Hiroshi Hamaya and Kansuke Yamamoto, Los Angeles, J. Paul Getty Museum, (ISBN 978-1-60606-132-9), p. 198-199
- 1 2 3 4 5 6 7 (ja) 山本俶生, 稲田威郎 et 田中晴子 (dir.), 写真展 シュルレアリスト 山本悍右 不可能の伝達者, Tokyo Station Gallery, , p. 200-205
- 1 2 (ja) Yoshiteru Kurosawa, 山中散生書誌年譜, 丹精社, (ISBN 978-4-8391-1013-0), p. 170-171
- 1 2 3 (en) Jelena Stojković, The International Encyclopedia of Surrealism, Bloomsbury Visual Arts, (ISBN 978-1-4742-2693-6), « Kansuke Yamamoto », p. 389
- 1 2 3 4 5 Yoshiteru Kurosawa, « La vie et la poésie de Tiroux Yamanaka », Mélusine, no 36, , p. 207-218
- 1 2 3 (ja) Kikyō Sasaki, 五行山荘限定版書目細見, プレス・ビブリオマーヌ, , p. 34-35
- 1 2 3 (ja) Shinzō Kinoshita, 東海の異才・奇人列伝, 風媒社, (ISBN 978-4-8331-0561-3), « 山本 悍右(1914―1987) 戦時下にも瀟洒な前衛詩誌を発刊 », p. 184-185
- ↑ (en) Stephanie D'Alessandro et Matthew Gale, Surrealism Beyond Borders, New York, The Metropolitan Museum of Art, (ISBN 978-1-58839-727-0), « Under Pressure », p. 187-188
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (ja) Yoshiteru Kurosawa, 山中散生書誌年譜, 丹精社, (ISBN 978-4-8391-1013-0), p. 171
- 1 2 3 4 (ja) Yoshiteru Kurosawa, 山中散生書誌年譜, 丹精社, (ISBN 978-4-8391-1013-0), p. 116
- 1 2 (en) « Behind the Folding Screen of “Japan’s Modern Divide” », sur Kyoto Journal, (consulté le )
- ↑ (ja) John Solt, 写真展 シュルレアリスト 山本悍右 不可能の伝達者, 東日本鉄道文化財団, , « 知覚 誤知覚 ゼロ知覚 », p. 32-33
- ↑ (ja) « コレクション・都市モダニズム詩誌 第3巻 シュールレアリスム », sur Yumani Shobō (consulté le )
- ↑ (ja) « 夜の噴水 », sur CiNii Books, National Institute of Informatics (consulté le )