Yvonne Kocher
Yvonne Kocher, alias Nanouk, est une résistante française, née le à Paulhiac (Lot-et-Garonne) et tuée le lors des marches de la mort du camp de concentration de Ravensbrück.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Yvonne Renée Kocher |
| Surnom |
Nanouk |
| Nationalité | |
| Formation |
École des surintendantes d’usines et de services sociaux (d) (- Université de Paris |
| Activités |
| Membre de | |
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| Conflit | |
| Lieu de détention |
Gestapo de la rue des Saussaies, centre pénitentiaire de Fresnes, camp de Ravensbrück, kommando de Torgau (Buchenwald), Königsberg |
| Distinctions |
Biographie
modifierYvonne Renée Kocher naît à Paulhiac dans une famille protestante, d'un père médecin, Louis Kocher, et de Marie Bastian[1]. Elle grandit à Paris, obtient le baccalauréat au lycée Fénelon, puis étudie à la Sorbonne, où elle obtient un certificat de chimie appliquée. Elle travaille de 1920 à 1922 pour la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’abonnés à Gaz, à Vaugirard, puis à la Compagnie des Lampes, à Ivry, où elle découvre la profession de surintendante. En , à 26 ans, elle entre à École des surintendantes d’usines et de services sociaux, dont elle sort diplômée en . Elle retourne alors travailler à l'usine de Compteurs de Gaz de Vaugirard, comme surintendante, jusqu'en 1940. Elle s'engage auprès des miséreux de la Zone de Paris[2]. En parallèle, elle participe au culte et fait le catéchisme aux enfants du temple protestant de l'Oratoire du Louvre[3].
Durant l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, elle se met à la disposition de la Croix-Rouge française, qui l’affecte aux camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande[4]. Confrontée à un intendant corrompu qui détourne une partie des vivres destinés aux internés, elle proteste par écrit, et en est expulsée par les autorités du camp. Elle remplacée par une autre protestante, Annette Monod. Yvonne Kocher organise ensuite pour la Croix-Rouge le service social en Seine inférieure, pendant trois ans. Elle organise des cantines scolaires, soupes populaires, dispensaires, repas dans les prisons, visites médicales dans les écoles. En parallèle, elle s'engage dans la résistance[4], et cache des parachutistes anglais.
En , elle doit quitter Rouen pour échapper à la Gestapo. Elle quitte alors son poste à la Croix-Rouge, et s'installe à Paris. Sous le surnom de Nanouk, elle distribue des tracts, héberge des personnes recherchées, stocke des produits pharmaceutiques. Elle est agent de liaison des Nouvelles équipes de la renaissance française (NERF). Le , elle est arrêtée, puis torturée au siège de la Gestapo, 11, rue des Saussaies[5], avant d'être envoyée à la prison de Fresnes.

Le , quelques jours avant la libération de Paris, elle est déportée à Ravensbrück par le dernier train à quitter la région parisienne, le convoi des 57 000[6],[7]. Ravensbrück est un camp de concentration pour femmes situé au nord de Berlin. Yvonne Kocher y soutient ses codétenues, et est surnommée « le sourire de Ravensbrück »[8],[9],[10],[11],[12]. Elle refuse de travailler dans une usine de fabrication d'obus pour l'armée allemande, au camp Torgau[13]. Fin , elle est envoyée dans un camp annexe, à 100 km à l'est de de Ravensbrück, appelé Königsberg en Neumark, Königsberg sur l'Oder ou « petit Könisberg ». Après la guerre et la nouvelle frontière entre l'Allemagne et la Pologne, la ville polonaise est renommée Chojna[14]. Le , à cause de l'avancée de l'armée soviétique durant offensive Vistule-Oder, le camp est évacué par les SS [15],[16]: Yvonne Kocher est exécutée pendant les marches de la mort[17],[18],[19],[20],[21].
Décoration
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Médaille de la Résistance française à titre posthume, décret du [22]
Bibliographie
modifier- Marie-Elisabeth Kocher, Le sourire de Ravensbrück : Yvonne Kocher, alias Nanouk résistante déportée, Paris, Ampélos, (réimpr. 2021) (présentation en ligne, lire en ligne)
Notes et références
modifier- ↑ « Lot-et-Garonne : à Paulhiac, un hommage tout particulier à Yvonne Kocher, Résistante », sur Le Petit Bleu d'Agen, (consulté le )
- ↑ Jean Le Meur, « Une "démarreuse" », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pierre Bolle, « Témoignage d'une déportée, Jane Sivadon », Supplément au Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français (SHPF), , p. 597-604 (lire en ligne [PDF])
- 1 2 Jacques Poujol, Protestants dans la France en guerre: 1939-1945. Dictionnaire thématique et biographique, Editions de Paris, (ISBN 978-2-84621-000-3, lire en ligne)
- ↑ Antoine Delestre, Uriage, une communauté et une école dans la tourmente 1940-1945, Presses universitaires de Nancy, (ISBN 978-2-86480-354-6, lire en ligne)
- ↑ Raphaël Georgy, « Quelques figures protestantes… et oubliées de la Résistance (1/2) », Réforme, (lire en ligne)
- ↑ Fondation pour la mémoire de la déportation, « Liste du convoi I.264 parti de Paris le 15 août 1944 » (consulté le )
- ↑ Catherine Rothman-Le Dret, L'Amérique déportée: Virginia d'Albert-Lake de la Résistance à Ravensbrück, Presses universitaires de Nancy, (ISBN 978-2-86480-782-7, lire en ligne)
- ↑ Henri Amouroux, La grande histoire des Français sous l'occupation, 1939-1945: Un printemps de mort et d'espoir, Novembre 1943-6 Juin 1944, R. Laffont, (ISBN 978-2-221-00130-1, lire en ligne)
- ↑ Patrick Cabanel, De la paix aux résistances: Les protestants en France (1930-1945), Fayard, (ISBN 978-2-213-68518-2, lire en ligne)
- ↑ Yvonne Pagniez, Évasion 44, Flammarion, (lire en ligne)
- ↑ Xavier de Montclos et Centre régional interuniversitaire d'histoire religieuse, Eglises et chrétiens dans la IIe Guerre mondiale: La France; actes du colloque national tenu à Lyon du 27 au 30 janvier 1978, sous la direction de Xavier de Montclos [et al, Presses universitaires de Lyon, (ISBN 978-2-7297-0121-5, lire en ligne)
- ↑ (en) Arolsen Archives, « Personal file of Kocher Yvonne »
- ↑ Suzanne Guyotat, « La libération du camp de concentration de Königsberg en Neumark; dit Petit Königsberg; par un témoin », Matériaux pour l'histoire de notre temps, vol. 2, no 1, , p. 7–13 (DOI 10.3406/mat.1985.403890, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Hélène Maspero, « A la mémoire de Nanouk », Voix et Visages, no 136, , p. 5 (lire en ligne)
- ↑ Hélène Maspero, « A la mémoire de Nanouk », Voix et Visages, no 136, , p. 6 (lire en ligne)
- ↑ Henri Pascal, « KOCHER Yvonne (1897-1945) », sur GREHSS, (consulté le )
- ↑ « 3 février 1945 : déporté-résistante Yvonne Kocher assassinée par un SS – Les guerres d'hier au jour le jour », (consulté le )
- ↑ Société de l'histoire du protestantisme français (France), Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, Au Siège de la Société, (lire en ligne)
- ↑ Robert Serre, De la Drôme aux camps de la mort: les déportés politiques, résistants, otages, juifs, nés, résidant ou arrêtés dans la Drôme, 1940-1945, Éditions Peuple libre, (ISBN 978-2-907655-45-3, lire en ligne)
- ↑ François Maspero, Les Abeilles & la Guêpe, Editions du Seuil, (ISBN 978-2-02-101040-4, lire en ligne)
- ↑ Ordre de la Libération - base des médaillés de la Résistance française, « Fiche Yvonne Renée Kocher, alias Nanouk » (consulté le )
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense (AC 21 P 481 351)
- Ressource relative aux militaires :