Zbigniew Karkowski, né le à Cracovie (Pologne) et mort le au Pérou, est un compositeur et musicien expérimental de renommée internationale. Son œuvre met au premier plan l'expérience sensorielle du son, vécue dans l'instant présent, et s'oppose à tout enfermement dans des structures et systèmes[1],[2]. Selon Kasper T. Toeplitz, "le monde sonore de Karkowski c’est la musique noise, les compositions algorithmiques, le fracas, la puissance et le volume comme données premières et essentielles"[3]. Zbigniew Karkowski s'est produit professionnellement depuis les années 1980 dans le cadre des musiques contemporaine, industrielle, noise ou expérimentale.
En 1979, âgé de 21 ans, il déménage en Suède, où il collabore avec un groupe d'artistes autour du label Radium à Göteborg[5]. L'une de ses premières œuvres de musique électronique, Theta, est publiée en 1984 sur la compilation Gothenburg 84. Il joue dans différents groupes (DNA/the Yeomen, Texas Instruments, P.I.T.T. & The Dreamers et Mental Hackers)[n 1]. Dès 1985, il étudie la composition à l’École nationale de musique à Göteborg, auprès de Mikael Edlund, Bo Holten, Lars Johan Werle et Åke Parmerud, ainsi que l’esthétique de la musique moderne au département de musicologie de l’université de Göteborg, et l’informatique musicale à l’université de technologie Chalmers[4]. Il réalise de 1986 à 1989 des compositions dans le studio de musique informatique à Chalmers, ainsi qu'au studio EMS à Stockholm. De ces travaux résulte l'album Bad Bye Engine, réalisé avec Ulf Bilting et publié par Radium en 1988[6].
Après avoir terminé ses études en Suède, Karkowski vit aux Pays-Bas, à Amsterdam, de 1990 à 1993. Il étudie la sonologie pendant un an au Conservatoire Royal de Musique de La Haye.
Karkowski déclare dans un entretien avec Boris Wlassof que ses premières racines musicales se trouvent chez les compositeurs de l'école polonaise des années 1960 et 1970 (Penderecki, Krauze, Lutoslawski, Kotonski, Schaeffer, Serocki, Górecki, Baird, Szalonek etc), pour lesquels "la tonalité du son, le timbre, la texture" sont les paramètres les plus importants d'une pièce musicale[7]. Il mentionne également Luigi Nono, Richard Maxfield, Jerry Hunt, Étant Donnés, Otomo Yoshihide et Keiji Haino[8]. C'est l'écoute de Metastasis de Iannis Xenakis qui l'a "définitivement orienté vers le son"[9].
Le compositeur Iannis Xenakis a exercé une influence particulière pour Karkowski, qui le décrit comme "très généreux, chaleureux, curieux, absolument ni dans l'ego ni dans la symbolique du maître"[9]. Karkowski effectue en 1987 une résidence au CEMAMU[9], centre de création musicale fondé par Xenakis. Lors d'un stage aux Ateliers UPIC en 1989, Karkowski a pu travailler avec UPIC, un outil de composition musicale assisté par ordinateur créé par Xenakis, et a assisté à des cours donnés par ce dernier à l'Université de Paris I[10]. Les matériaux sonores générés par Karkowski sur UPIC en 1989 sont intégrés dans plusieurs compositions:
une pièce éditée en 1990 sur le label suédois Topyscan, publiée sur une compilation intitulée This Infernal Love Of Life[11].
la pièce Uexkull publiée en 1991 sur le label suédois Anckarström[12].
la pièce Immortals By My Side, qui figure sur un disque publié en 1992 sur Silent Records. Karkowski la décrit comme "une masse de sons continus d'une richesse microtonale qui rend bien compte des possibilités de ce synthétiseur"[11].
Karkowski est le co-curateur (avec Naut Humon) d'une réédition de la composition Persepolis (créée par Xenakis en 1971), qu'il décrit comme "un vrai trip en apnée dans le magma des timbres"[9]. Cette édition, sortie sur le label Asphodel en 2002, est un double CD présentant l'œuvre originale aux côtés de neuf nouvelles interprétations par différents artistes, dont la pièce Doing By Not Doing par Karkowski lui-même[13],[14].
Zbigniew Karkowski a travaillé activement en tant que compositeur de musique à la fois acoustique et électroacoustique. Il a écrit des pièces pour grand orchestre (commandées et interprétées par l’Orchestre symphonique de Göteborg), ainsi qu’un opéra et plusieurs pièces de musique de chambre qui ont été interprétées par des formations professionnelles en Suède, en Pologne, en Suisse[15] et en Allemagne. Depuis 1994, il a vécu et travaillé à Tokyo, et y a été actif dans la scène noise underground[16],[17].
Masami Akita (Merzbow) a été l'un des collaborateurs de Zbigniew Karkowski
Il a collaboré avec de très nombreux artistes, dont Blixa Bargeld (The Execution Of Precious Memories en 1994), Merzbow (sous le nom MAZK, depuis 1999), Kasper T. Toeplitz (sous le nom Le Dépeupleur, depuis 1999), Tetsuo Furudate, Li Chin Sung (Dickson Dee), Antoine Chessex[18], ou dans le groupe Sensorband (avec Atau Tanaka et Edwin van der Heide).
En 1990, Karkowski participe à une tournée aux Etats-Unis, avec Phauss, Ulf Bilting et The Hafler Trio.
Entre 1990-1993, Karkowski contribue à plusieurs albums de The Hafler Trio (Kill The King, Mastery Of Money, Resurrection) et à deux albums de John Duncan: River In Flames (1991) et Send (Touch, 1993).
En 1993, Karkowski rencontre Atau Tanaka lors d'un concert donné par celui-ci à STEIM (Amsterdam). Avec Edwin van der Heide, lié au Institute of Sonology (den Haag), ils forment le trio Sensorband. Dans ce groupe, il crée de la musique utilisant des capteurs infrarouges, des capteurs d'infrasons, ou encore l'activité électrique du cerveau[19]. La première performance de Sensorband a lieu le , dans le festival "Voyages Virtuels" organisé par Les Virtualistes à Paris. Pendant une dizaine d'années, ce groupe se produit aux Pays-Bas, en France, au Canada.
En 1994, Karkowski crée la musique d'un spectacle de Blixa Bargeld, The Execution Of Precious Memories, créé à Berlin lors du festival de poésie "1st Music Poetry Force"[20]. Ce spectacle voyage au Japon (Tokyo et Osaka) en 1995[21]. Karkowski crée pour cette occasion un "noise orchestra" auquel participent des musiciens japonais, dont Akifumi Nakajima (Aube) et Keiji Haino[22].
À partir de 1997, Zbigniew Karkowski est établi au Japon. Son petit appartement à Tokyo devient un «point de chute» pour des musiciens de passage[23],[24].
Toyko Opera City Tower, quartier de Shinkjuku, emplacement du InterCommunication Center.
En , Karkowski effectue avec Sensorband une résidence d'un mois au NTT InterCommunication Center à Toyko, suivie d'un spectacle avec les artistes vidéo autrichiens Granular Synthesis[25]. C'est aux studios ICC/NTT que Karkowski enregistre sa première collaboration avec le musicien japonais Tetsuo Furudate (l'album World as Will, publié en 1998 sur Staalplaat)[26] ainsi qu'avec Masami Akita (l'album Sound Pressure Level, publié en 1998 sur OR)[27],[28].
En septembre-, Karkowski participe au festival d'art Steirischer Herbst en Autriche, où il rencontre Helmut Schäfer[29]. Celui-ci a mis en place un studio d'instruments électroniques, pour un projet nommé endoscape/technoscope[30]. Ils produisent 30 heures d'enregistrements, qui donnent lieu à l'album Disruptor (OR, 1998)[31].
Le , Karkowski dirige à Tokyo un concert du Senssurround Orchestra, un grand ensemble de musiciens composé notamment de Sensorband, Tetsuo Furudate, Merzbow, Akifumi Nakajima, K.K. Null, Kasper T Toeplitz, Dror Feiler, Reiko A, Mayuko Hino, Hiroshi Hasegawa et Masahiro Miwa. Kasper Toeplitz décrit ce concert comme «un bruit énorme», d'une durée de trois heures et demie, les musiciens étant placés le long des murs et entourant le public[32].
Le temple Chion-in à Kyoto.
En , Karkowski effectue avec Akifumi Nakajima (Aube) un enregistrement au temple Chion-in à Kyoto (temple pourvu d'un plancher rossignol, qui produit un son caractéristique, semblable à un pépiement d'oiseau, au passage d'une personne). Six mois plus tard, lors d'une résidence commune de trois jours à Steim (Amsterdam), ils créent une composition à partir de ce matériel, qu'ils présentent lors d'un concert le . Cet enregistrement est édité sous le titre Mutation (ERS, 1999).
En , Karkowski dirige à nouveau le Senssurround Orchestra lors de deux concerts: à Berlin, au centre d'art Podewil; ainsi qu'à Londres dans le cadre du Meltdown Festival (dont le directeur artistique cette année est John Peel). Les enregistrements des trois concerts sont édités par Karkowski et Edwin Van Der Heide, et publiés sur CD (Staalplaat / Mort Aux Vaches, 2000).
En , Karkowski participe aux concerts des artistes du label autrichien Mego au ICC/NTT. Dans ce cadre, Karkowski donne plusieurs concerts en duo avec Peter Rehberg, qui fournissent la matière de leur album collaboratif Pop, aux sonorités rugueuses et agressives.
En mars-, une tournée de Sensorband passe par New York, Washington DC, Baltimore, Cleveland, Detroit, Chicago et Pittsburgh.
La même année, une œuvre de Karkowski et Masami Akita, intitulée Metabolic Speed Perception, reçoit une mention au Prix Ars Electronica[33],[34].
En 2002, Karkowski effectue une résidence à la Maison de Radio France, où il réalise une pièce commandée par l'Atelier de création radiophonique[35]. Une diffusion en direct sur les ondes de France Culture a lieu le 17 mars 2002, sous le titre Straight into the long distance, et est présentée comme «une tentative de communication avec des voix venues de nulle part, des voix d'outre-tombe»[36]. La pièce finalisée, basée sur des signaux radio et le son de l'électricité statique, et dédiée à Raymond Cass, est éditée par le label Post Concrete sous le titre ElectroStatics[37]. Cette œuvre est réalisée entièrement sans ordinateur, à base de signaux analogiques mixés directement sur DAT[38]. L'artwork est conçu par l'artiste vidéo Atsuko Nojiri, la compagne de Karkwoski.
En 2005, Karkowski crée une composition radiophonique à la suite d'une commande de Radio Copernicus, un projet de radio artistique situé à la Universität der Künste (UdK), qui émet en radio locale et sur internet de juillet à [39].
En 2007 sort chez Asphodel son album Continuity, qui revient sur des œuvres acoustiques et instrumentales qu'il a composées durant les quinze années précédentes[40]. Cet album est créé dans deux studios à San Francisco, The Compound et Recombinant Media Labs. La musique est accompagnée de créations vidéo d'Atsuko Nojiri[41].
En 2008, Karkowski est artiste en résidence au ICST (Institute for Computer Music and Sound Technology) à Zurich, où il crée une pièce pour système de diffusion ambisonique[42].
En 2009, une commande permet à Karkowski de développer une composition pour l'ensemble vocal polonais Gęmba. La pièce Encumbrance est créée en , lors de la sixième édition du festival Gęmbofon à Varsovie. Les parties vocales sont accompagnées par des fréquences sinusoïdales, produites par des générateurs d'ondes analogiques[43],[44].
Karkowski a donné des concerts dans d'innombrables pays, avec un intérêt particulier pour les endroits et les publics peu exposés à la musique occidentale[46]. En 2003, il donne des concerts à Shanghai, Guangzhou et Macau, en collaboration avec le musicien chinois Li Chin Sung, qui font l'objet d'un disque édité par Noise Asia (Revenge Of Ying And Yang)[47]. Il joue la même année à Beijing, accompagné par Helmut Schäfer, durant le festival Sounding Beijing[48].
En 2004, Karkowski joue au Radar Sound Art Festival, à Mexico, suivi de concerts en Argentine, Uruguay, Brésil, Pérou et Paraguay[49]. Des sessions enregistrées en août- à Buenos Aires avec les musiciens argentins Anla Courtis, Jaime Genovart, Jorge Haro et Pablo Reche donnent lieu au disque Connector, édité par Musica Genera.
En février-, une tournée à travers la Chine conduit Karkowski à Hong Kong, Chengdu, Shenzhen, Shanghai et Pékin[50]. Trois des concerts de cette tournée seront édités sous forme de disque: celui donné le à Shenzhen sur le label EMD (Switch, avec Lin Zhiying)[51], celui du à Shanghai sur le label Troniks (Penetration, avec Torturing Nurse et Li Chin Sung)[52],[53], et celui du à Pékin sur le label Kwanyin Records (Live At Waterland Kwanyin, avec Wang Fan et Li Chin Sung)[54]. Durant deux semaines de cette tournée, à Shanghai et Beijing, les cinéastes belges Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé enregistrent une centaine d'heures d'images qui deviendront le film documentaire Fuck You, sorti en 2010.
Karkowski co-rédige avec Yan Jun un article sur la musique expérimentale en Chine, intitulé The Sound of the underground: an overview of experimental and non-academic music in China, qui est publié en 2007 dans World New Music Magazine[55], et accompagne en 2009 une anthologie éditée par le label Sub Rosa[56].
En octobre 2013, pendant une tournée en Pologne, Zbigniew Karkowski est hospitalisé et diagnostiqué d'un cancer du pancréas à un stade avancé[19]. Le , il donne sa dernière performance publique à Londres, au Horse Hospital[57]. Dans ce concert, il produit une bande sonore accompagnant la projection du film “1984 – The Last Man in Europe” (une production de la BBC de 1954, basée sur le 1984 de George Orwell)[58]. Cet enregistrement sera publié par Erratum Musical sur vinyle[59].
Ses derniers enregistrements musicaux ont lieu en Suède, dans les EMS Studios à Stockholm, en compagnie de Jean-Louis Huhta et Lars Akerlund. Datés du , ces enregistrements seront publiés par Sub Rosa[60].
Lorsque le traitement qu'il suit en Suède ne lui donne aucun espoir de guérison, Zbigniew Karkowski se rend au Pérou, pour rencontrer des chamanes du peuple Shipibo-Conibos[19],[57],[17]. Il meurt du cancer le , deux jours après son arrivée dans la jungle du Pérou[1],[19]. Des articles commémorent sa disparition, notamment dans le quotidien Gazeta Wyborcza[19] et le magazine The Wire[24], signés par Atau Tanaka et Richard Whitelaw[46].
Le , le cinéma Oblo à Lausanne accueille une soirée en son hommage[61]. Un événement a lieu le à la Cave12 à Genève, avec des concerts de Kasper T. Toeplitz, Francisco Meirino et Chrs Galarreta[62]. Le groupe GGR Betong se forme à Göteborg dans le but de transcrire et interpréter la pièce Doing By Not Doing de Karkowski au festival GAS le [63]. La salle de concert Ochiai Soup à Tokyo organise le un événement commémoratif intitulé "Music Begins" (la musique commence), avec Tetsuo Furudate, Dennis Wong, Lars Akerlund, Christophe Charles, Cal Lyall et Yousuke Fuyama[64],[65].
En 2015 et 2016, le projet Karkowski/Xenakis, organisé par Sonora, programme durant un même concert des œuvres de Xenakis et de Karkowski, mettant en lumière les similarités dans leur approche au son[66]. Le premier concert est donné le au Göteborg Art Sounds Festival, donnant lieu à la première performance de Studio Varèse (composition écrite en 2013, pour double basse et musique électronique) interprétée par Aleksander Gabryś. D'autres concerts (16 au total) se déroulent à Rome (Nuova Consonanza Festival), Huddersfield, Wrocław, Poznań, Varsovie, Bratislava, Brno et Oulan-Oudé (Indi Classical Festival). Parmi les pièces interprétées figurent Form & Disposition (2008, pour percussion et électronique), Nerve Cell_0 (2012, pour violoncelle et musique électronique), et Fluster (2010, pour guitare basse et musique électronique).
En 2018, le festival de musique électronique L’tronica Festival basé à Łódź organise une série d'événements dédiés à la réception de Zbigniew Karkowski en Pologne et à l'étranger. Lors de ces concerts, des œuvres de Zbigniew Karkowski sont interprétées par des musiciens de Pologne (Gerard Lebik, Maciej Ożóg, Robert Piotrowicz, Łukasz Szałankiewicz) et d'ailleurs. Sous le titre “Ex-L'tronica. Karkowski re:mix”, ces concerts ont lieu à Londres (le )[67], Dresden (le )[68], Tokyo (le , avec Tetsuo Furudate et Pain Jerk)[69], Prague (le ) et New York (le avec Phill Niblock et Elliott Sharp)[70],[71].
Pour la création de sa musique électronique, Karkowski utilise principalement des logiciels comme Max/MSP, Patchwork[n 2] et Soundhack[n 3][72]. Il évite volontairement de se spécialiser dans un logiciel, afin de «rester ouvert, souple»[73]. Pour l'aider dans la programmation, il a recours à l'aide d'experts comme Kasper Toeplitz, Ulf Bilting ou Shunichiro Okada[74].
L'amplitude sonore joue un rôle important dans les performances live de Karkowski. Il explique cela par la volonté de «casser les barrières de la conscience» et d'immerger le corps de l'auditeur dans une «vraie expérience au cœur du son». D'autre part, il affirme que «la texture, le grain des fréquences et de leurs harmoniques sont liés à l'amplitude», et qu'un volume puissant est nécessaire pour ressentir les «textures fréquentielles au-delà de l'audible»[72]. Karkowski affirme qu'il lui arrive de «casser le système de diffusion en concert», non pas en raison d'un volume excessif, mais parce que «le technicien à la console ne prévoit pas que je vais brutalement ouvrir le spectre»[75]. Reinhold Friedl confirme que «des concerts bien au-delà du seuil de la douleur et des amplis qui fument sont devenus sa marque de fabrique» [23]. Un organisateur de concerts décrit un incident causé par le volume sonore[76]:
«Zbigniew a cramé/explosé nos subwoofers deux fois. La dernière fois qu'il est venu (avec Tetsuo Furudate en avril 2008), l'un des haut-parleurs était littéralement en train de brûler de l'intérieur durant la moitié du concert, avec de la fumée (et son odeur) remplissant la pièce et entourant de plus en plus un public hypnotisé.»
Karkowski collabore avec le compositeur autrichien Helmut Schäfer (1969-2007) après leur rencontre au festival Steirischer Herbst en 1997[29]. L'album Disruptor marque leur première collaboration[31]. Le , Helmut Schäfer se donne la mort[29]. Une année plus tard, le , Karkowski donne avec Tetsuo Furudate un concert-hommage[77]. Deux albums réunissant des enregistrements de leur duo sont publiés de manière posthume.
Disruptor (OR, 1998). Réalisé à partir d'enregistrements durant le festival Steirischer Herbst 1997[31],[78].
Don't touch me I am electric, pièce figurant sur la compilation End ID (Digital Narcis, 1999)
Eminent Risk Factor (Alku, 2008). Quatre pièces enregistrées lors de concerts à Graz et Bratislava en .
Bisskraft (Ytterbium, 2010). Quatre pièces enregistrées à Graz en 2004.
Antimatter et Zbigniew Karkowski en concert au Lausanne Underground Film and Music Festival 2007Function Generator (Sirr, 2001). Karkowski a décrit cet album comme "une étude des basses fréquences"[49],[82].
Texas Instruments, Trial & Error (Radium 226.05, 1985), avec Carin Westman, Jean-Louis Huhta et Johan Söderberg
Bad Bye Engine (Radium 226.05, 1988), avec Ulf Bilting
Mental Hackers, Leaving The 20th Century (Radium 226.05, 1989), avec Johan Söderberg et Ulf Bilting
Phauss / Karkowski / Bilting (Silent, 1992)
Datastream (OR, 1999), avec Edwin Van Der Heide
Voltage (Bake Records, 1999), avec Edwin Van Der Heide
Sensorband, Area / Puls (Sonoris, 1999), avec Edwin Van Der Heide et Atau Tanaka
Mutation (ERS 1999), avec Aube (Akifumi Nakajima). Enregistré en 1998 à Steim, Amsterdam.
Whint (.Absolute. 2000), avec Francisco López
UBSB, Traceroute (Ash International, 2000), avec Sensorband (Atau Tanaka, Edwin Van Der Heide) et Ulf Bilting
Senssurround Orchestra, Meltdown Of Control (Mort aux Vaches/Staalplaat, 2000)
Pop, Album (Tochnit Aleph, 2001), avec Peter Rehberg. Enregistrements de plusieurs concerts donnés à Vienne et Tokyo en 1997 et 1999.
Pop, Work Hard Play Harder (absurd, 2003), avec Peter Rehberg. Enregistrement d'un concert donné à Athènes le 14 novembre 2002.
Turnoff (Noise Asia, 2003), avec Francisco López
Connector (Musica Genera, 2006), avec Alan Courtis, Jaime Genovart et Pablo Reche
Unleash (Alien8 Recordings, 2008), avec Daniel Menche
9 Before 9 (Blossoming Noise, 2008), avec Damion Romero
Infallibilism (Herbal International, 2010), avec Kelly Churko
Nerve Cell_0 (Sub Rosa, 2012), avec Anton Lukoszevieze
Horology (Monotype Records, 2013), avec Lars Åkerlund et Jean-Louis Huhta. Enregistré au studio EMS à Stockholm en mai 2012, avec un synthétiseur Buchla 200.
The Difficulty Of Being (Monotype Records, 2014), avec Brian O'Reilly. Créé en 2010 à Singapore, avec pour source sonore un synthétiseur Buchla 200e.
A Bird In The Hand Is Worth Two In The Bush (2014, Sub Rosa), avec Jean-Louis Huhta et Lars Åkerlund
Aware Not Aware/Radio Enemy (Fylkingen Records, 2016), avec Lars Åkerlund
Attraction Rejected (Superpang, 2020), avec Julien Ottavi
Zeitkratzer, noise \ ... [lärm] (Tourette, 2001): comporte deux compositions de Karkowski (Monochromy et White) interprétées par l'ensemble Zeitkratzer et enregistrées en 2001 au Podewil, à Berlin.
Art Zoyd & Musiques Nouvelles Ensemble, Expériences De Vol 4 - 5 - 6 (In-Possible Records , 2005). Comporte un enregistrement de la composition Out-Of-Range.
Zeitkratzer, Saturation (Bocian Records / Musica Genera, 2015): comporte l'enregistrement de Monochromy, créé par l'ensemble Zeitkratzer au Festival Archipel à Genève le 23 mars 2004, sous la direction de Reinhold Friedl[49].
Karkowski / Encumbrance / Gęba (Bôłt, 2019). La pièce Encumbrance, pour ensemble vocal et électronique, a été composée par Karkowski en 2009 à la demande de Antoni Beksiak pour le festival Gębofon[10]. Des techniques vocales particulières ont été développées pour cette pièce par les chanteurs de l'ensemble vocal Gęba, qui ont collaboré à la création en décembre 2009 à Varsovie. La partie électronique repose sur des générateurs d'ondes Bruel & Kjaer[85]. Le disque publié par le label Bôłt présente deux enregistrements, créés en 2014 et 2016. La pièce a été interprétée en 2017 par l'ensemble Gęba au festival de musique contemporaine de Huddersfield[86].
Ulrich Krieger, Wall Of Sound: Drones Patterns Noises (Sub Rosa, 2020). Comporte une interprétation instrumentale de la pièce Execution Of Intelligence (composition électronique publiée en 2004 sur le 3e volume de An Anthology Of Noise & Electronic Music).
GGR Betong, Electronic Music for Chamber Orchestra Vol. 2 (Geiger Grammofon, 2020). Comporte une interprétation de la pièce Doing By Not Doing, arrangée pour huit instruments. À l'origine, il s'agit d'un "remix" de Persepolis de Iannis Xenakis créé par Karkowski (2002, Asphodel).
Tokyo Noise (2002). Un film réalisé par Kristian Petri, Jan Röed et Johan Söderberg, pour lequel Zbigniew Karkowski a composé la bande son[88].
Skills (2003). Un film documentaire de 35 minutes réalisé par Jan van Hasselt, qui présente les musiciens Zbigniew Karkowski, Rudolph Eb.er et Lucas Abela[89].
Fuck You: Fucking Noise In China Now (2010). Un film documentaire réalisé par Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé, qui ont accompagné Zbigniew Karkwoski au cours d'une tournée en Chine en 2006. Édité en DVD par Sub Rosa dans la collection OME (Observatoire des Musiques Électroniques)[90].
↑(en) Hakan Nilsson, «War on Totality – Phauss / Radium 226.05», Skiascope – Göteborg Museum of Art Publication Series, no3 «A Disarranged Playing Board – Art in Gothenburg During the 1980s and 1990s», , p.65 (ISBN91-87968-70-3, lire en ligne)
↑(de) thomas winkler, «Das Kämmerlein verlassen», Die Tageszeitung: taz, , p.36 (ISSN0931-9085, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Jennifer Shryane, Evading do-re-mi: Destruction and utopia: A study of Einstürzende Neubauten, University of Liverpool PhD thesis, , 450p. (lire en ligne), p.226
12Friedl 2025. Reinhold Friedl se souvient avoir dormi en 1999 sur le plancher de son appartement de 14 mètres carrés, «coincé entre Francisco Lopez et Peter Rehberg». Kasper Toeplitz y a été accueilli lors de son premier séjour à Tokyo en 1997. (20:05)Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Friedl2025 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
↑(en) Caleb Deupree, «World as Will Review by Caleb Deupree», sur AllMusic (consulté le ) : «Zbigniew Karkowski and Tetsuo Furudate are most well-known for their electronic performances, but for this release they have collaborated on two fully composed orchestral works, played here by the Gothenburg Symphony Orchestra.»
12(en) Brian Olewnick, «SPL (Sound Pressure Level) Review by Brian Olewnick», sur AllMusic (consulté le ) : «Not surprisingly given the history of the two musicians, the general scope of this recording is throbbing industrial noise, with overlays of drones and explosions of static.»
12(en) Will Montgomery, «Mazk – Sound Pressure Level», The Wire, no171, , p.52
123(en) Helmut Schäfer, «CCA Kitakyushu Lecture», Livret de 64 pages accomagnant le CD "Noise As A Language", Sub Jam, Beijing., , p.9-10 (lire en ligne[PDF]):
«During the time he had been in Graz we did about thirty hours of sound, so Zbigniew and I started to listen to all this and tried to reduce it to one hour of sound, what we did at the end, and it got released over Touch (title Disruptor).»
↑«GGR Betong - Swedish Noise Chamber Orchestra», sur www.ggrbetong.nu (consulté le ) : «When Karkowski died in 2013, some local composers and musicians wanted to honour this lost son of Gothenburg by interpreting his music and handing it over to an audience. A one-off gig was booked at the GAS-festival in Gothenburg in October 2014, and for the opening number the ensemble played his massive “Doing By Not Doing” (a piece that was itself an homage to another radiator, Iannis Xenakis).»