École de Metz
L'École de Metz est un mouvement artistique qui rassembla une trentaine d'artistes, entre 1830 et 1870, dans la région messine.

Contexte historique
modifierL'École de Metz, en tant que mouvement artistique, se forme autour de Laurent-Charles Maréchal, pastelliste et maître-verrier. Influencée par Eugène Delacroix, trouvant une inspiration dans les paysages romantiques, le passé médiéval du Pays messin, ouverte sur l'Allemagne et sensible à l'exotisme des figures orientalistes, l'École de Metz s'est exprimée dans la peinture, la gravure, le dessin, le pastel, le vitrail, et même la sculpture.
Les artistes principaux sont Maréchal, les Hussenot père et fils, Migette, Devilly[1]. De manière ponctuelles participent A. Rolland, A. Mennessier[2], Aimé de Lemud, Victor Masson et Émile Knoepfler[3]. Les sculpteurs Fratin et Pêtre, et le graveur Jacott sont associés à ce foyer artistique.
La guerre franco-prussienne de 1870 puis l'annexion de Metz cause la dislocation du mouvement, la plupart des artistes s'exilant, à Bar-le-Duc et à Nancy, entre autres. L'École de Nancy s'est nourrie de celle de Metz à cette occasion.[réf. nécessaire]
Histoire d'une dénomination
modifierRévélée par une exposition[évasif] de l'Académie de Metz en 1834, c'est Baudelaire qui la qualifia ainsi au salon de 1845[4].
La formation des artistes
modifierLa représentation du Pays messin
modifierL'histoire, l'architecture et le paysage sont largement invoqués dans les œuvres de l'École de Metz. Cette volonté de puiser dans la matière même du Pays messin qui les environne en constitue ainsi un facteur d'unité. Auguste Migette, en particulier, réalisera plus de deux-cents dessins de monuments de Metz et de sa région, se faisant le témoin de l'inventaire du patrimoine contemporain de Mérimée. La forte empreinte gothique à Metz semble se conjuguer spontanément à l'engouement romantique général pour le Moyen Âge qu'elle renforce. Le passé historique et architectural de la cité peut alors être évoqué glorieusement.
Filiation romantique
modifierDelacroix et le Romantisme influencent fortement ces artistes. Les voyages contribuent à former les artistes messins ; des figures de l'Afrique du Nord ainsi que des bohémiens de la région, émane une esthétique qui fait écho aux Grecs de l'Antiquité, comme dans Le Pâtre par Maréchal.
Aspirations philosophiques
modifierAu contact d'une bourgeoisie aisée et dans le contexte de l'expansion industrielle importante[5] dans la région qui voit s'organiser une exposition universelle en 1861 à Metz, certains artistes de l'École de Metz assignent à leur production une visée philosophique et sociale. S'engageant pour un socialisme chrétien, Maréchal ouvre un atelier du vitrail, s'associe avec Charles-François Champigneulle, et leur entreprise pourvoira aux destinées de plus de cent-soixante églises et environ douze-mille verrières[6].
Galerie
modifier- Vitrail de Laurent-Charles Maréchal à l'abbaye Saint-Clément de Metz.
- Massacre des Juifs de Metz par Auguste Migette.
- Vitrail de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris, par Laurent-Charles Maréchal.
- Laurent-Charles Maréchal est l’une des têtes de proue de l’école de Metz. Il est l’auteur de ce tableau : le Pâtre.
Notes et références
modifier- ↑ « « Si Metz jouit de quelque renommée, ce n’est point aux arts qu’elle en est redevable : elle nomme ... », sur www.estrepublicain.fr (consulté le )
- ↑ Auguste Dominique Mennessier (Nancy, 1803- Metz, 1890.
- ↑ Emile Knoepfler (Mey, 1821-1879) élève d'Eugène Delacroix.
- ↑ Maréchal, chef de file de l’école de Metz sur Le Républicain lorrain, le .
- ↑ « Histoire de la ville - metz.fr », sur metz.fr (consulté le )
- ↑ Le peintre-verrier au XIXe siècle : un industriel ?
Bibliographie
modifier- Christine Peltre, L'École de Metz : 1834-1870, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, , 122 p. (ISBN 2-86480-281-3)
- Roussel Francis, Blondel Nicole. Le peintre-verrier au XIXe siècle : un industriel ? dans la Revue de l’Art, 1986, n°72.
- André Bellard, Laurent-Charles Maréchal, l’École de Metz, dans Les cahiers lorrains, S.H.A.L., Metz, 1959.
- Albert Eiselé, Metz et son école de peintres : 1825-1870, Metz, Mutelet, 1959, 117 p.