Édouard Balladur

haut fonctionnaire et homme d'État français

Édouard Balladur Écouter, né le à Izmir (Turquie) et mort le à Paris (France), est un haut fonctionnaire et homme d'État français. Membre des principaux partis gaullistes successifs, il est Premier ministre du au .

Édouard Balladur
Illustration.
Édouard Balladur en 1993.
Fonctions
Président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale

(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Élection 27 juin 2002
Législature XIIe (Cinquième République)
Prédécesseur François Loncle
Successeur Axel Poniatowski
Premier ministre français

(2 ans, 1 mois et 18 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Balladur
Législature Xe (Cinquième République)
Coalition Union pour la France
RPR-UDF-PR-CDS-PRV-DVD
Prédécesseur Pierre Bérégovoy
Successeur Alain Juppé
Ministre d'État
Ministre de l'Économie, des Finances et
de la Privatisation

(2 ans, 1 mois et 20 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Jacques Chirac
Gouvernement Chirac II
Prédécesseur Pierre Bérégovoy
Successeur Pierre Bérégovoy
Député français

(11 ans, 8 mois et 25 jours)
Élection 24 septembre 1995
Réélection 1er juin 1997
9 juin 2002
Circonscription 12e de Paris
Législature Xe, XIe et XIIe (Cinquième République)
Groupe politique RPR (1995-2002)
UMP (2002-2007)
Prédécesseur Philippe Goujon
Successeur Philippe Goujon

(4 ans, 10 mois et 8 jours)
Élection 5 juin 1988
Réélection 21 mars 1993
Circonscription 12e de Paris
Législature IXe et Xe (Cinquième République)
Groupe politique RPR
Prédécesseur Proportionnelle par département
Successeur Philippe Goujon

(moins d’un jour)
Élection 16 mars 1986
Circonscription Paris
Législature VIIIe (Cinquième République)
Groupe politique RPR
Prédécesseur Scrutin majoritaire
Successeur Jacques Féron
Secrétaire général de la présidence de la République française

(11 mois et 28 jours)
Président Georges Pompidou
Prédécesseur Michel Jobert
Successeur Bernard Beck
Biographie
Nom de naissance Édouard Léon Raoul Balladur
Date de naissance
Lieu de naissance Smyrne (auj. Izmir, Turquie)
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Sépulture Cimetière de Passy
Nationalité Française
Parti politique UNR (1964-1967)
UDR (1967-1976)
RPR (1976-2002)
UMP (2002-2015)
LR (2015-2026)
Entourage Jean Balladur (cousin)
Diplômé de IEP de Paris
ENA
Profession Haut fonctionnaire
Religion Catholicisme

Image illustrative de l’article Édouard Balladur
Premiers ministres français

Conseiller d'État, il intègre en 1964 le cabinet de Georges Pompidou, alors chef du gouvernement, et participe aux accords de Grenelle dans le cadre de Mai 68. Devenu secrétaire général de la présidence de la République en 1973, il est particulièrement influent en raison de la maladie du président Pompidou, qui meurt l’année suivante.

En 1986, il est élu député de Paris et nommé dans la foulée ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation dans le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac jusqu’en 1988. Dans un contexte mondial de révolution conservatrice, il conduit une politique libérale, lançant un programme de privatisations après cinq ans de pouvoir socialiste.

François Mitterrand le nomme Premier ministre à la suite de la victoire de la coalition de droite aux élections législatives de 1993, inaugurant la deuxième cohabitation. Candidat à l'élection présidentielle de 1995 avec le soutien de l'UDF et d'une partie du RPR, pour lequel Jacques Chirac se présente également, Édouard Balladur est longtemps favori, avant de finir en troisième position avec 18,6 % des voix, deux points derrière Chirac. Mis en cause pour des soupçons de financement occulte de sa campagne, il est relaxé par la Cour de justice de la République en 2021.

Il retrouve son siège de député en 1995, envisage de conduire la droite aux élections municipales de 2001 à Paris et préside la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale de 2002 à 2007. Proche de Nicolas Sarkozy, il dirige les travaux de deux comités consultatifs sous la présidence de celui-ci (sur les institutions puis les collectivités locales), avant de se retirer de la vie publique tout en restant un conseiller informel de nombreuses personnalités de droite.

Biographie

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Origines

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Édouard Balladur est issu d'une famille smyrniote d'origine arménienne habitant en Turquie. Son père, Pierre Balladur (1879-1966), est banquier et directeur de l'agence de la Banque ottomane à Smyrne[1]. Sa mère est Émilie Latour (1888-1959).

Les Balladur seraient originaires du Nakhitchevan, d'où André Balladur aurait fui en 1737 avec plusieurs membres de sa famille[2]. Convertis au catholicisme romain par des missionnaires dominicains, les Balladur auraient quitté le Nakhitchevan en raison des persécutions périodiques exercées par les autorités perses, dans un contexte de rivalité entre la Perse et l'Empire ottoman, pour s'établir à Smyrne, aujourd'hui Izmir[1].

En 1795, par édit du sultan Sélim III, les Balladur, appartenant au groupe des « Persans », obtiennent le statut de « sujets francs ». Cette pratique, alors courante dans l'Empire ottoman, permet à des ressortissants étrangers de bénéficier de la protection d'une puissance occidentale. La famille exerce des activités commerciales avec Livourne, Manchester et surtout Marseille. Ce statut contribue par la suite à faciliter sa demande de naturalisation française, obtenue en 1926[1].

Au début du XXe siècle, la famille Balladur est touchée par les bouleversements politiques qui affectent l'Empire ottoman. Après le génocide des Arméniens, puis lors de la guerre gréco-turque, les populations chrétiennes de Smyrne sont victimes de violences et de déplacements forcés. En septembre 1922, l'incendie de Smyrne ravage notamment les quartiers chrétiens de la ville.

Au fil des générations, les Balladur contractent des alliances matrimoniales avec d'autres familles arméniennes, notamment les Issaverdens, ainsi qu'avec des familles italiennes, en particulier vénitiennes, et françaises, notamment originaires de Provence.

L'architecte Jean Balladur est son cousin issu de germain[3].

Jeunesse, études

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Édouard Balladur naît le , à Smyrne, en Turquie, dans une famille devenue française à la fin du XVIIIe siècle[4]. En 1935, Pierre et Émilie Balladur s'installent à Marseille avec leurs six enfants, au 227, boulevard Chave[5],[6]. Plusieurs membres de leur famille les rejoignent par la suite.

À l'âge de six ans, il entre à l'école Jean-Baptiste de La Salle, établissement tenu par les Frères des écoles chrétiennes. En 1942, il poursuit sa scolarité au lycée Thiers, à Marseille, où il fait le reste de ses études secondaires[5]. Il y a de très bons résultats scolaires[5], notamment en philosophie et en lettres classiques[6]. Il reste par la suite attaché à la Provence, où se trouvent plusieurs de ses racines familiales.

Après l'obtention du baccalauréat, il s'inscrit en première année de licence de droit à l'université d'Aix-Marseille[1], qu'il achève avec la mention « assez bien ». Admis à l'Institut d'études politiques de Paris à l'issue de la validation de sa première année de licence[1],[7], il déménage à Paris en 1946 et s'installe chez les frères maristes, au 104, rue de Vaugirard, fréquenté quinze ans plus tôt par François Mitterrand[1]. À Sciences Po, il est inscrit dans la section Service public, et travaille généralement de manière solitaire. Il est diplômé en 1950[5]. Parallèlement, il continue ses études de droit à l'université de Paris, et obtient une licence de droit[1].

Une tuberculose interrompt temporairement ses études. Après sa guérison, il effectue son service national en Algérie, période qui le marque beaucoup, deux ans avant la guerre d'Algérie mais où les tensions étaient déjà bien présentes.

À l'issue de ce service national, il passe le concours de l'École nationale d'administration (ENA), qu'il réussit à sa première tentative en se classant 40e[5]. Il l'intègre en janvier 1955, au sein de la promotion France Afrique[1]. Il effectue son stage préfectoral de première année à la préfecture de Charente et consacre son mémoire à « La loi Barangé et les constructions scolaires ». En deuxième année, il choisit l'option sociale[1]. Il prépare les épreuves du classement de sortie avec Jérôme Monod (futur secrétaire général du RPR), Pierre Verbrugghe (futur préfet de police de Paris), Jacques Calvet (futur PDG de Peugeot) et Jean Dromer (futur PDG de Louis Vuitton) ; il se classe dans la « botte » (5e) et choisit d'entrer au Conseil d'État[5]. En troisième année, il effectue son stage en entreprise au sein d'une succursale marseillaise de la BNP Paribas[5].

Mariage et descendance

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Le , il épouse à Saint-Amour (Saône-et-Loire) Marie-Josèphe Delacour (1934-2025), issue d'une famille d'industriels de Saône-et-Loire. Le couple a quatre fils : Pierre, médecin et professeur des universités-praticien hospitalier ; Jérôme, banquier d'affaires chez Lazard Frères ; Henri, codirecteur d'Euro RSCG Genève ; et Romain, né en 1969[8],[9].

Marie-Josèphe Balladur meurt le , à l'âge de 91 ans, des suites d'une longue maladie[9].

Patrimoine immobilier

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La famille Balladur possède un appartement situé boulevard Delessert, dans le 16e arrondissement de Paris, ainsi qu'un chalet, Le Mérande, à Chamonix (Haute-Savoie), et une propriété à Tourgéville (Calvados)[10].

Édouard Balladur meurt à Paris le , à l'âge de 97 ans[11],[12],[13]. Alors que la présidence de la République lui rend « l’hommage reconnaissant de la Nation », il ne bénéficie – conformément à ses volontés – d'aucune cérémonie officielle ni d’éloge funèbre, ses obsèques étant célébrées dans l'intimité familiale au cimetière de Passy[14].

Carrière professionnelle

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Au sortir de l'ENA, Édouard Balladur est affecté aux sections du Contentieux et des Travaux publics[15]. Il donne parallèlement, en 1958, des cours à Sciences Po.

De 1968 à 1980, il préside la Société française pour la construction et l'exploitation du tunnel sous le Mont-Blanc[16].

En 1977, Ambroise Roux, président de la Compagnie générale d'électricité (CGE future Alcatel), l'engage dans son groupe, à la Compagnie générale d'électronique. À partir de 1977, il est à la tête de la Générale de service informatique (GSI). Entre 1980 et 1986, il est PDG d'une autre filiale, la Compagnie européenne d'accumulateurs (CEAC)[16]. Il abandonne ses fonctions de direction à GSI en , quand il revient en politique en tant que ministre[17],[18].

Il est à nouveau salarié d'une filiale de GSI de 1988 à 1993, tout en étant député de Paris[17],[18].

Parcours politique

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Des cabinets ministériels au secteur privé (1964-1986)

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Édouard Balladur dirige ensuite le cabinet de Robert Bordaz à la Radio-télévision française (RTF)[1].

En 1964, il entre au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, à l'hôtel de Matignon, et participe à ce titre aux accords de Grenelle qui suivent Mai 68. Il participe au conseil d'administration de l'ORTF en 1967, puis à celui de l'Office national des forêts [19]. Georges Pompidou, élu président de la République, le nomme secrétaire général adjoint de l'Élysée pour seconder Michel Jobert, auquel il succède en tant que secrétaire général en . Il est alors chargé de diriger l'administration de la présidence de la République durant la maladie du chef de l'État[1].

En 1974, peu après la mort du président Pompidou et l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à l'Élysée, Édouard Balladur retourne au Conseil d'État.

Ministre d'État, ministre de l'Économie (1986-1988)

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Édouard Balladur dans une réunion des ministres européens d'Économie à Ootmarsum en 1986.

Membre de droit du bureau politique et du conseil politique du Rassemblement pour la République (RPR) et l'un des proches de Jacques Chirac, il est élu député à Paris lors des élections législatives de mars 1986. Jacques Chirac, qui devient Premier ministre de la première cohabitation, le nomme ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation[1]. Le portefeuille de la Privatisation est alors créé dans ce gouvernement.

Pendant deux années, il met en place une politique libérale rappelant celle prêtée à Ronald Reagan et à Margaret Thatcher, afin d'améliorer la compétitivité des entreprises françaises[réf. nécessaire]. Il met ainsi en œuvre un important programme de privatisations, portant sur plusieurs entreprises nationalisées en 1945 et en 1982, telles que la Compagnie financière de Suez, Paribas ou la Société générale. Il privatise également TF1[1]. Il diminue également le nombre de fonctionnaires et les dépenses de l'État, libère les prix et les changes, développe l'actionnariat des salariés, l'actionnariat populaire et la participation. Ces mesures permettent la baisse du chômage, des déficits, des impôts, et l'augmentation de la production[20]. Son passage au ministère de l'Économie et des Finances est récompensé par le prix Jacques Rueff, puis par celui de « ministre des Finances de l'année », décerné par le FMI[21].

Il quitte ses fonctions ministérielles à la suite de la réélection de François Mitterrand et de la défaite de Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle, le . Pierre Bérégovoy lui succède.

Réélections à l’Assemblée nationale (1988-1993)

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Édouard Balladur à l'Internationales Management-Gespräch en 1989.

À l'occasion des élections législatives qui s'ensuivent, Édouard Balladur est réélu député[1], au premier tour de scrutin, dans la 12e circonscription de Paris (15e arrondissement). Il apporte son soutien à l'intervention française dans la guerre du Golfe et au traité de Maastricht deux ans plus tard.

Sous son impulsion, le programme du RPR est proche du national-libéralisme anglo-saxon de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, combinant libéralisme économique, politique de libre-échange, nationalisme modéré et conservatisme sociétal. Sur le plan économique, il comprend des privatisations, une baisse des impôts pour les entrepreneurs, la libéralisation des mouvements de capitaux ou encore la suppression de l'autorisation administrative de licenciement. D'autre part, il prévoit la suppression du droit du sol, l'expulsion des immigrés chômeurs depuis plus de deux ans, et la restriction de l'accès aux allocations familiales[22].

Édouard Balladur est réélu dans la 12e circonscription de Paris lors des élections législatives de 1993, obtenant 58 % des suffrages exprimés dès le premier tour de scrutin[23].

Premier ministre de cohabitation (1993-1995)

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Après la victoire de la droite et du centre, autour de la coalition de l'Union pour la France (UPF), aux élections législatives de 1993 (485 élus sur 577, soit 84 % des sièges), François Mitterrand le nomme Premier ministre le , le chef de la nouvelle majorité, Jacques Chirac, préférant se consacrer à la préparation de l'élection présidentielle de 1995. C'est le début de la deuxième cohabitation[1]. Édouard Balladur renonce aussitôt à sa pension de conseiller d'État, reversée à une association caritative, et vend les actions qu'il détient[24].

Le président François Mitterrand doit cohabiter avec Édouard Balladur après la victoire de la droite aux élections législatives de 1993.

Son gouvernement est formé le . Restreint à 30 membres, il se veut représentatif des différentes composantes de la majorité, en l'absence des chefs des deux principaux partis (Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing). Le nouveau Premier ministre s'entoure de fortes personnalités, comme Simone Veil (Santé et Ville), Charles Pasqua (Intérieur et Aménagement du territoire), Pierre Méhaignerie (Justice), mais aussi de nouveaux venus, à l'image de François Bayrou (Éducation nationale), Nicolas Sarkozy (Budget), François Fillon (Enseignement supérieur et Recherche) ou encore Michel Barnier (Environnement). Faits notables, le gouvernement ne compte pas de secrétaires d'État et le ministère des Finances est scindé en deux (Edmond Alphandéry est nommé ministre de l’Économie et des Finances, Nicolas Sarkozy est nommé au ministère du Budget). À la veille du premier Conseil des ministres, qui a lieu le suivant, Édouard Balladur demande à ses ministres de ne pas prendre position sur l'élection présidentielle avant le début de l'année 1995, et manifeste son intention de présenter des listes communes aux élections européennes de 1994, afin « d'éviter l'éclatement du gouvernement »[25].

Dans son discours de politique générale, le , il estime que la situation économique et sociale de la France est « plus grave qu'aucune de celles qu'elle a connues depuis une quarantaine d'années ». S'attardant sur l'aggravation du chômage et de l'insécurité, Édouard Balladur entend aussi agir sur la dégradation des finances publiques. Au niveau international, il souhaite refaire de la France, qu'il estime mal préparée pour affronter le monde nouveau, un exemple. Il s'inquiète par ailleurs de la situation en Europe, en particulier en Europe de l'Est, en proie à différents conflits[26]. Il obtient le soutien de l'Assemblée nationale en remportant le vote de confiance, par 457 voix contre 81, soit le meilleur résultat sous la Ve République pour une déclaration de politique générale[27]. Il est crédité de la déclaration de politique générale la plus longue de la Ve République (2 heures)[28].

Le , dans un contexte de récession et de dégradation des finances publiques (le déficit public est à son plus haut niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale) et alors qu'il ne peut disposer dans l'immédiat des recettes des privatisations envisagées, il lance un emprunt national de 40 milliards de francs. Finalement, 110 milliards de francs sont récoltés auprès d'1,4 million de Français. Critiqué pour son coût, cet emprunt est ultérieurement qualifié par Édouard Balladur de « plus grand succès de notre histoire financière »[29].

Son gouvernement entreprend rapidement des hausses d’impôts. La contribution sociale généralisée (CSG), pourtant combattue par la droite lors de sa création en 1990, est plus que doublée. La taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) est augmentée de 8,5 % à 16 % selon les carburants, et les droits sur les alcools sont majorés de 16 %. Dans le même temps, les salaires des fonctionnaires, les pensions de retraite et les allocations familiales sont gelés, tandis que la hausse du SMIC est limitée à celle des prix. Enfin, le taux de remboursement des prestations médicales et paramédicales est réduit de 5 points, tandis que le forfait hospitalier à la charge de l’assuré est majoré de 10 %[30].

Édouard Balladur avec Jacques Delors, président de la Commission européenne, en juin 1993.

Durant l'été 1993, le gouvernement modifie le système de retraites, qui présente un déficit de 40 milliards de francs. La réforme prévoit de faire passer progressivement la durée de cotisation nécessaire à l'obtention d'une retraite à taux plein de 37,5 années à 40 ans pour les salariés du privé, indexe les pensions sur les prix et non plus sur les salaires, et crée le Fonds de solidarité vieillesse[31]. Édouard Balladur poursuit la politique économique qu'il avait entreprise en 1986 en procédant à de nouvelles privatisations (notamment Rhône-Poulenc, Banque nationale de Paris et Elf) et en s'attaquant à la réduction du déficit budgétaire, qui passe ainsi de 341 milliards de francs en 1993 à 275 en 1995[32]. Le , Balladur recourt à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour lancer la privatisation des entreprises. Dans le même temps, il supprime le décalage d'un mois sur la TVA, triple l'allocation de rentrée scolaire et diminue de 6,2 % en moyenne l'impôt sur le revenu[32]. S'il désigne, lors de son arrivée au pouvoir, la réforme et le démantèlement de la Caisse des dépôts et consignations comme l'un de ses grands chantiers, il finira par se contenter, en 1995, de changer le mandat de son directeur général[33].

Il marque son désaccord avec François Mitterrand en estimant que les essais nucléaires sont nécessaires pour maintenir la crédibilité de la dissuasion française, mais prend acte du refus du président malgré l'insistance de plusieurs figures de la majorité[29]. Lors de son départ de Matignon, il souligne le fait que son gouvernement a été « le premier à avoir développé un effort considérable en matière de simulation », technique très sophistiquée qui n'a pas les inconvénients des explosions nucléaires, mais qui nécessitait pour être mise au point des essais nucléaires supplémentaires[34].

Sa popularité connaît une baisse sensible en 1994[35], après l'échec de la révision de la loi Falloux sur l'enseignement et de la mise en place du contrat d'insertion professionnelle (CIP), qui visait à résoudre le problème de l'accès des jeunes au marché du travail et à lutter contre le chômage. Considéré comme un « SMIC jeunes », ne pouvant excéder une durée d'un an, ce contrat est retiré face aux manifestations et remplacé par une aide de l'État aux entreprises embauchant un jeune pour une durée minimale de 18 mois.

Édouard Balladur à côté de François Mitterrand et Alain Juppé, avec Helmut Kohl, Klaus Hänsch et Klaus Kinkel (réunion de la Commission européenne le ).

Sur le plan international, il acquiert une certaine stature en raison de la maladie du président Mitterrand, avec lequel il n'affiche pas de position divergente[29]. Il apparaît comme un européen convaincu en prônant la coopération entre les États membres de l'Union européenne dans plusieurs domaines, ce qui lui apporte le soutien des centristes pro-européens. L'un des premiers problèmes auxquels il est confronté est la guerre de Bosnie-Herzégovine, débutée en . Édouard Balladur se montre d'abord favorable à une intervention internationale forte, puis devant le manque d'implication et de garanties de pays comme les États-Unis ou l'Allemagne, il s'oppose au renforcement du contingent français (qui passe de plus de 7 000 hommes à 4 000 en ) et aux bombardements aériens proposés par les États-Unis, afin de ne pas mettre en péril la vie des soldats français, alors les plus nombreux sur le terrain[36]. Aux côtés d'Alain Juppé et de François Léotard, il milite pour une plus grande cohérence de la communauté internationale, soutenant la création d'un groupe de contact constitué des plus grandes nations et l'élaboration d'un plan de paix[37]. Il refuse également, en accord avec François Mitterrand, d'intervenir militairement au Rwanda, où a lieu un génocide, craignant que la France ne soit accusée d'intervention coloniale. Alors que les négociations diplomatiques n'aboutissent pas, la France lance l'« opération Turquoise » avec l'accord de l'ONU. Le , des soldats français arrivent dans le Sud-Ouest du Rwanda pour établir une zone humanitaire sécuritaire pour les réfugiés : celle-ci n'empêche pas le massacre de Tutsis. Le , devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Édouard Balladur plaide pour une intervention vaste et rapide de la communauté internationale[38].

Son passage à Matignon est également marqué par des révélations sur le passé et sur la vie privée de François Mitterrand. Celui-ci souffre d'un cancer de la prostate depuis de nombreuses années, caché au public, et son état de santé se dégrade. Le Premier ministre préside ainsi le Conseil des ministres du , à la suite d'une opération du président[39].

À Noël 1994, il doit gérer la prise d'otages du vol 8969 Air France. L'issue de la prise d'otages est mise au crédit d'Édouard Balladur, qui a fait pression sur le président algérien pour qu'il laisse décoller l'avion vers la France, ce qui a permis la libération des otages à Marseille[29].

Candidature à l'élection présidentielle de 1995

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Campagne

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Candidat arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 1995 par département :
  • Lionel Jospin
  • Jacques Chirac
  • Édouard Balladur
  • Jean-Marie Le Pen
  • Philippe de Villiers

Bénéficiant d'une importante popularité (cote de confiance de 58 % dans le baromètre Sofres)[35] après vingt mois passés à Matignon dans un contexte de crise économique, Édouard Balladur annonce sa candidature à l'élection présidentielle le . Opposé à Jacques Chirac, il est soutenu par plusieurs dirigeants de l'UDF, parmi lesquels François Bayrou, François Léotard et Simone Veil, et des personnalités du RPR, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua. Alors qu'il est longtemps donné largement en tête du premier tour, il ne bénéficie pas du soutien d'un parti politique, contrairement à ses adversaires, et sa campagne est jugée mauvaise, trop rationnelle[29].

Édouard Balladur obtient finalement 18,58 % des suffrages exprimés, soit 5,66 millions de voix, contre 20,84 % à Jacques Chirac et 23,30 % au socialiste Lionel Jospin. L’écart avec Chirac est ainsi plus faible que ce qu'indiquaient les sondages réalisés juste avant le premier tour. Lors de son discours prononcé au soir des résultats, alors que des sifflements et huées l'empêchent d'appeler à voter pour Chirac, il ordonne : « Je vous demande de vous arrêter ! ».

Après l'élection présidentielle, il présente, le , la démission de son gouvernement au président Mitterrand, qui l'accepte et lui demande de gérer les affaires courantes en attendant la nomination par Jacques Chirac, nouveau président élu, de son successeur à l'hôtel de Matignon[40]. Le , Édouard Balladur quitte l'hôtel de Matignon et transmet symboliquement ses pouvoirs à Alain Juppé, qui était jusqu’alors ministre des Affaires étrangères.

Soupçons de financement occulte

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La sincérité des comptes de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur est mise en cause à partir de 2011[a],[41]. La justice soupçonne qu'une partie de l'argent reçu par des intermédiaires payés pour faire du jeu d'influence dans le cadre d'un système de commissions légales visant à conclure des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite ait permis de financer illégalement sa campagne[42],[43]. En 2013, Le Monde indique que l'homme d'affaires controversé Ziad Takieddine a déclaré avoir remis six millions d'euros en espèces à Thierry Gaubert, directeur de la campagne d'Édouard Balladur[44]. Des soupçons de liens avec l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi sont évoqués, ce qui donne lieu à l’« affaire Karachi ».

Édouard Balladur nie tout financement illicite. Il affirme que la plupart des fonds en espèces de sa campagne ont été recueillis « lors de centaines de meetings », auprès de sympathisants, notamment grâce à la vente de pin's et t-shirts à son effigie[45]. En 2016, la Cour de justice de la République (CJR), compétente pour juger des délits commis par les membres du gouvernement, rejette l'argument des avocats de l'ancien Premier ministre selon lequel les faits reprochés à leur client sont prescrits[46]. En , Édouard Balladur est mis en examen par la commission d'instruction de la CJR dans le volet financier de l'affaire[47]. En , la CJR décide de juger Balladur et l’ancien ministre de la Défense François Léotard pour complicité d'abus de biens sociaux et recel[48]. En , six proches d'Édouard Balladur, dont Nicolas Bazire, son ancien directeur de cabinet et de campagne, sont condamnés par le tribunal correctionnel à de la prison ferme pour « financement illicite de la campagne présidentielle de 1995 »[49].

Le , plus de vingt-cinq années après les faits reprochés, le procès d'Édouard Balladur et François Léotard s'ouvre[50]. Le ministère public requiert un an de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende contre lui, deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende contre François Léotard[51]. Le , la CJR relaxe Édouard Balladur, estimant que la preuve de sa participation à un système de rétrocommissions n’était pas apportée et que l’origine frauduleuse du financement de sa campagne n’était pas établie[52]. La juridiction suit en revanche les réquisitions du parquet concernant François Léotard[53]. Le parquet général de la Cour de cassation ne forme pas de pourvoi contre la relaxe de l’ancien Premier ministre[52].

Après Matignon (1995-2009)

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Retour à l'Assemblée nationale (1995-2007)

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Édouard Balladur et le président de la Commission européenne, Jacques Santer, en 1996.

L'ancien Premier ministre retrouve son siège de député en , à la suite d'une élection partielle lors de laquelle il recueille 69 % des suffrages exprimés au second tour[54]. Pendant le septennat de Jacques Chirac, la division de la droite entre chiraquiens et balladuriens est très marquée. Édouard Balladur ne reviendra jamais au premier plan de la scène politique[1], Chirac lui tenant rigueur de s'être présenté contre lui en 1995.

Ses tentatives de reconquête politique se font, sur le plan local, sans succès. Lors des élections régionales de 1998, l'ancien Premier ministre mène la liste RPR-UDF-DL en Île-de-France, où il échoue à succéder à celui qui fut son ministre, Michel Giraud (RPR), la gauche remportant le scrutin. Affirmant s'être présenté pour diriger la région, il renonce à mener l'opposition au conseil régional et abandonne dans la foulée son mandat de conseiller régional. Conseiller de Paris, Édouard Balladur se retire en cours de procédure des primaires conduite par le RPR pour désigner le candidat à l'élection du maire de Paris en 2001.

Sur le plan national, il est réélu lors des élections législatives de 1997 et de juin 2002, dans la 12e circonscription de Paris. Dès l'ouverture de la XIIe législature, il rejoint le groupe UMP et tente d'être élu président de l'Assemblée nationale ; il est devancé lors du premier tour de scrutin par le chiraquien Jean-Louis Debré, pour lequel il retire sa candidature dans la foulée de cet échec. Par la suite, il préside la commission des affaires étrangères. Il ne se représente pas aux élections législatives de 2007, laissant la place à son suppléant, Philippe Goujon.

En 2006, il publie un livre, Laissons de Gaulle en paix, dans lequel il révèle son admiration pour le général de Gaulle, dont il justifie la politique. Il explique que de Gaulle aurait très bien pu mener une politique libérale et pro-européenne comme il l'a fait, en raison de l'évolution du monde depuis la mort du Général. Libéral convaincu, Édouard Balladur est proche des Réformateurs et a activement soutenu les projets européens. Par ailleurs, il apporte son soutien aux projets de son ancien ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, au sein de l'UMP.

Président de comités de réflexion (2007-2009)

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L'ancien président Nicolas Sarkozy est un proche d'Édouard Balladur, dont il a été le ministre du Budget.

Le , Édouard Balladur est nommé à la présidence du Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Ce comité réunit des hommes politiques et des constitutionnalistes d'horizons divers. Après trois mois de travail, il remet son rapport à Nicolas Sarkozy, le . Le , une loi constitutionnelle, qui reprend certaines réflexions du « comité Balladur », est votée par le Congrès du Parlement français.

Par décret du , il devient président du Comité pour la réforme des collectivités locales[55]. Son rapport, rendu le , préconise vingt propositions, parmi lesquelles la réduction du nombre de régions métropolitaines, la création d'un « Grand Paris » ou la redéfinition du champ de compétences des subdivisions territoriales[56]. Ces réflexions ont servi pour l’élaboration de la réforme des collectivités territoriales et de la loi relative à la délimitation des régions en 2015.

En retrait de la vie politique active

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En 2009, Édouard Balladur publie un livre relatant ses entretiens en tête-à-tête avec François Mitterrand lors de la deuxième cohabitation, Le pouvoir ne se partage pas (Fayard). Il déclare avoir observé un président qui « séduisait et manipulait pour dominer », et le compare à Jacques Chirac, tous deux considérant « [leur] présence au pouvoir plus importante que ce qu'on en fait »[57]. En mai 2013, le livre est porté à l'écran sous la forme d'un docufiction intitulé de même.

Retiré de la vie politique, Édouard Balladur décline, en 2010, la proposition du président de la République Nicolas Sarkozy de le nommer membre du Conseil constitutionnel[58].

Son influence reste forte à l'UMP puis chez les Républicains, dont plusieurs dirigeants prennent conseil auprès de lui[59],[60]. Il apporte son soutien à l'ancien Premier ministre François Fillon lors du congrès de 2012 pour la présidence de l'UMP[61]. Dans le cadre de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, il soutient Nicolas Sarkozy au premier tour[62] et François Fillon au second[63].

En , il remet au président du Sénat, Gérard Larcher, un rapport sur le traité de libre-échange transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis (TAFTA), qu'il ne juge « pas acceptable en l'état », appelant « l'Union européenne à se doter de moyens politiques pour être plus offensive dans la négociation »[64].

Sollicité par plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2022, il apporte son soutien à Valérie Pécresse, investie par le parti Les Républicains (LR), successeur de l'UMP[65].

Dans une note rédigée en 2023 pour la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), il met en doute le fait que la France puisse compter sur l'Union européenne pour son redressement. Dans ce que Le Point présente comme un « testament » se situant « dans un prolongement poli de l'euroscepticisme britannique sans en épouser les excès », l'ancien Premier ministre écrit notamment que « les solutions qui consisteraient à accroître encore les pouvoirs des différents organes de l'Union au détriment des États-nations doivent être exclues[66]. »

Détail des mandats et fonctions

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Gouvernement

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Assemblée nationale

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Au niveau local

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Synthèse des résultats électoraux

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Élection présidentielle

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Année Parti Premier tour Issue
Voix % Rang
1995[67] RPR (UDF) 5 658 796 18,58 3e Éliminé

Présidence de l'Assemblée nationale

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Année Groupe 1er tour 2d tour
Voix % Rang Voix % Rang
[68] UMP 163 30,13 2e Retrait

Élections législatives

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Année Parti Circonscription 1er tour 2d tour Issue
Voix % Rang Voix % Rang
1986[23] RPR Paris Scrutin proportionnel[b] Élu
1988[23] 12e de Paris 24 286 57,2 1er
1993[23] 24 478 58,0 1er
1995[54] 12 477 59,4[c] 1er 13 572 68,5 1er
1997[23] 19 175 49,3 1er 25 575 65,2 1er
2002[23] UMP 23 661 54,2 1er

Décorations

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Décorations françaises

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Décorations étrangères

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Publications

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Ouvrages

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  • L’Arbre de mai, Paris, Atelier Marcel Jullian, 1979 ; rééd. Plon, 1998 (ISBN 2-2591-8930-X). « Chronique au jour le jour des événements de mai 1968, tels qu[e Balladur] les a vécus au sein du cabinet de Pompidou[76]. »
  • Je crois en l'homme plus qu'en l'État, Paris, Flammarion, 1987.
  • Douze lettres aux Français trop tranquilles, Paris, Fayard, 1990 (ISBN 2-2130-2597-5).
  • Des modes et des convictions, Paris, Fayard, 1992 (ISBN 2-2130-2868-0).
  • Dictionnaire de la réforme, Paris, Fayard, 1992 (ISBN 2-2130-3018-9).
  • Deux ans à Matignon, Paris, Plon, 1995.
  • Caractère de la France, Paris, Plon, 1997.
  • L’Avenir de la différence, Paris, Plon, 1999.
  • Renaissance de la droite, Paris, Plon, 2000.
  • Les Aventuriers de l'histoire, Paris, Plon, 2001.
  • Jeanne d'Arc et la France, le mythe du sauveur, Paris, Fayard, 2003.
  • La Fin de l'illusion jacobine, Paris, Fayard, 2005 (ISBN 978-2-2136-2333-7).
  • Machiavel en démocratie. Mécanique du pouvoir, Paris, Fayard, 2006 (dans le style de Baltasar Gracián).
  • L'Europe autrement, Paris, Fayard, 2006.
  • Laissons de Gaulle en paix !, Paris, Fayard, 2006.
  • Pour une union occidentale entre l'Europe et les États-Unis, Paris, Fayard, 2007.
  • Une Ve République plus démocratique, Paris, Fayard, 2008 (ISBN 978-2-2136-3620-7).
  • Le pouvoir ne se partage pas : conversations avec François Mitterrand, Fayard, 2009 (ISBN 978-2-2136-5136-1). Adapté pour la télévision.
  • La Tragédie du pouvoir : le courage de Georges Pompidou, Fayard, 2011.
  • La Liberté a-t-elle un avenir ?, Paris, Fayard, 2012.

Articles

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En collaboration

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Filmographie

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Archives

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Les papiers personnels d'Édouard Balladur sont conservés aux Archives nationales sous la cote 543AP[84].

Notes et références

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  1. En décembre 2011, Jacques Robert, à l'époque membre du Conseil constitutionnel, regrette publiquement la décision de la juridiction d'approuver les comptes de campagne de campagne d’Édouard Balladur.
    Cf. Benoît Collombat et David Servenay, « Campagnes de Chirac et de Balladur en 1995 : souvenirs d'une arnaque », Les Inrockuptibles, (lire en ligne, consulté le ).
  2. Édouard Balladur figure en troisième position sur la liste présentée par le RPR à Paris, derrière Jacques Toubon et Jean Tiberi. Cette liste arrive en tête avec 35,0 % des suffrages exprimés et obtient huit sièges sur les vingt-et-un en jeu[23].
  3. S’il obtient plus de 50 % des suffrages exprimés lors de cette élection partielle, il ne parvient pas à réunir un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits lui permettant de l’emporter dès le premier tour, l’abstention étant élevée (67,1 % des inscrits). Un second tour est donc organisé[54].
  4. Sa dernière tribune, publiée dans Le Figaro, le , un an avant l'élection présidentielle de 2027, s'intitule « L’objectif est clair : il faut éviter que le candidat des Insoumis soit au second tour »[78]

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Gérard Courtois, « Edouard Balladur, ancien premier ministre, est mort à l’âge de 97 ans », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  2. « Les Balladur de Smyrne. La famille du premier ministre s'est installée dans cette ville cosmopolite de l'Empire ottoman au XVIIIe siècle », lemonde.fr, 14 avril 1993 (consulté le 29 septembre 2021).
  3. Le parcours singulier de Jean Balladur
  4. « Édouard Balladur », info.gouv.fr (consulté le 2 septembre 2026).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 Claire Chazal, Edouard Balladur, Ed. J'ai ju, (ISBN 978-2-277-23581-1, lire en ligne)
  6. 1 2 Le Canard Enchaîné, Édouard : de Ballamou Ier à Balladurdur, FeniXX, (ISBN 978-2-402-63294-2, lire en ligne)
  7. « De Thiers à Matignon », sur laterreenthiers.org (consulté le ).
  8. Paris-Presse, 26 juin 1969, p. 8.
  9. 1 2 Marine Corviole, « Édouard Balladur annonce la mort de sa femme de toujours, la discrète Marie-Josèphe », parismatch.com, 31 décembre 2025.
  10. « Les paysages de M. Balladur », lexpress.fr, publié dans L'Express, le 12 janvier 1995.
  11. « L’ancien premier ministre Édouard Balladur est mort à l’âge de 97 ans », lefigaro.fr, 31 août 2026 (consulté le 31 août 2026).
  12. Gérard Courtois, « Edouard Balladur, ancien premier ministre, est mort à l’âge de 97 ans », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  13. « Édouard Balladur : de quoi est mort l'ancien Premier ministre ? », linternaute.com, 1er septembre 2026.
  14. « Mort d’Édouard Balladur : l’ancien Premier ministre avait une demande précise pour ses obsèques », actu.fr, 2 septembre 2026.
  15. Jacques Hubert-Rodier, « La mort d'Edouard Balladur : l'homme qui croyait devenir président de la République » Accès payant, sur Les Echos, (consulté le )
  16. 1 2 « Balladur chef d'entreprise: une étonnante discrétion », sur LesEchos.fr, (consulté le ).
  17. 1 2 « M. Balladur a été salarié de la GSI de 1988 à 1993 », sur LeMonde.fr, (consulté le ).
  18. 1 2 « Edouard Balladur a été rémunéré par GSI après 1988 », sur LesEchos.fr, (consulté le ).
  19. Édouard Balladur sur le site du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.
  20. Édouard Balladur, Le pouvoir ne se partage pas : conversations avec François Mitterrand, Fayard, 2009, p. 26.
  21. « « Libéral » ? L’un y tient, l’autre pas ! », Le Monde diplomatique, février 2010.
  22. Laurent Ottavi, « Le national-libéralisme, d'hier à aujourd'hui », sur marianne.net, .
  23. 1 2 3 4 5 6 7 « Les données des élections », sur data.gouv.fr (consulté le ).
  24. Édouard Balladur, op. cit., 2009, p. 44.
  25. Édouard Balladur, op. cit., 2009, p. 53.
  26. « Édouard Balladur, discours de politique générale - 8 avril 1993 » sur le portail du Gouvernement.
  27. Édouard Balladur, op. cit., 2009, p. 58.
  28. Romain Herreros, « Les records des premiers ministres de la Ve République », sur huffingtonpost.fr, (consulté le ).
  29. 1 2 3 4 5 Le pouvoir ne se partage pas, documentaire diffusé le 20 mai 2013 sur France 5.
  30. Christian de Brie, « Cascade de libéralités pour les clients de la droite », sur Le Monde diplomatique, .
  31. « Les réformes des retraites de 1993 à 2008 », vie-publique.fr, 23 juin 2010.
  32. 1 2 « Déclaration de M. Édouard Balladur, Premier ministre, sur le bilan et les perspectives de la politique économique du gouvernement, Paris le 12 janvier 1995 », vie-publique.fr.
  33. « Dans les archives du Monde : « La CDC, un investisseur « neutre » ? » », Le Monde, supplément « Économie », 27 août 2012.
  34. « Balladur et les essais nucléaires », Les Échos, 12 mai 1995.
  35. 1 2 Popularité d'Édouard Balladur (1987-2002), sur le site de TNS Sofres.
  36. « Déclarations de M. Édouard Balladur, Premier ministre, à Washington le 15 et devant l'Assemblée nationale le 16 juin 1993, sur la position française dans les négociations du GATT » sur vie-publique.fr.
  37. Édouard Balladur, op. cit., 2009, p. 56.
  38. « Balladur à l'Onu », archives de l'INA, 11 juillet 1994.
  39. Dominique et Michèle Frémy, Quid 2004, éditions Robert Laffont, p. 752.
  40. Jean-Michel Thenard, « Le Premier ministre a démissionné : Édouard Balladur sera reçu aujourd'hui par François Mitterrand », sur liberation.fr, (consulté le ).
  41. Entretien dans Le Parisien du .
  42. La Rédaction de Mediapart, « Karachi : le financement occulte de la campagne de Balladur confirmé », Mediapart, (consulté le ).
  43. « Un politologue américain au cœur de l’affaire Karachi », Paris Match, (consulté le ).
  44. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Karachi : M. Takieddine reconnaît avoir financé la campagne de M. Balladur », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
  45. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Présidentielle de 1995 : M. Balladur soupçonné d'avoir détourné les fonds spéciaux de Matignon », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
  46. « Karachi : les faits dans l’enquête sur Balladur et Léotard ne sont pas prescrits », Le Monde, 28 octobre 2016.
  47. « Édouard Balladur mis en examen dans l'affaire Karachi », europe1.fr, 30 mai 2017.
  48. « Affaire Karachi: Balladur et Léotard renvoyés devant la Cour de Justice de la République », sur Le Figaro.fr, (consulté le ).
  49. « Affaire Karachi : six proches d'Édouard Balladur condamnés à de la prison ferme dans le volet financier », france24.com, 15 juin 2020.
  50. « Affaire de Karachi : Édouard Balladur et François Léotard enfin jugés par la Cour de justice de la République », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  51. « Affaire de Karachi : de la prison avec sursis requis contre Edouard Balladur et François Léotard », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
  52. 1 2 « Affaire Karachi : pas de pourvoi en cassation du parquet contre la relaxe d'Edouard Balladur », sur 20minutes.fr, (consulté le ).
  53. « Affaire Karachi : Édouard Balladur relaxé, François Léotard condamné à deux ans de prison avec sursis », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  54. 1 2 3 Didier Hassoux, « Élections législatives partielles de 1995 », La Croix, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  55. Décret portant création du comité pour la réforme des collectivités locales.
  56. « Les 20 propositions du Comité », sur Comité pour la réforme des collectivités locales.
  57. Libération, n° 8853 du 27 octobre 2009, p. 32.
  58. « Sarkozy, Accoyer, Larcher : la quête des trois Sages », Libération, 12 février 2010.
  59. « L'étonnant conseiller de l'ombre de Laurent Wauquiez », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  60. Nathalie Schuck, « L’incontournable M. Balladur », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
  61. « Édouard Balladur avec François Fillon », Le Figaro, 20 septembre 2012.
  62. « Primaire à droite : Balladur se range du côté de Sarkozy », lepoint.fr, 24 août 2016.
  63. « Édouard Balladur apporte son soutien à François Fillon en vue du second tour », L'Obs, 21 novembre 2016.
  64. « Le traité transatlantique : aux États-Unis de répondre », Le Figaro, 5 juillet 2016.
    En archive sur regards.fr.
  65. Clément Boutin, « "Son projet est le meilleur": Édouard Balladur affiche son soutien à Valérie Pécresse », sur BFMTV, (consulté le ).
  66. « Europe : Édouard Balladur se dresse contre la ligne Macron-Scholz », sur Le Point, (consulté le ).
  67. « Décision n° 95-79 PDR du 26 avril 1995 relative aux résultats du premier tour de scrutin », sur conseil-constitutionnel.fr (consulté le ).
  68. « Séance du mardi 25 juin 2002 », sur assemblee-nationale.fr, (consulté le ).
  69. Décret no 2008-1202 du 21 novembre 2008 modifiant le code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, paru au Journal officiel du  : « La dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».
  70. Le  : Décret no 63-1196 du 3 décembre 1963 portant création d'un ordre national du Mérite, article 5 du 23 décembre 1974.
  71. « Bundeskanzler Anfragebeantwortung », sur parlament.gv.at.
  72. « BALLADUR S.E. Edouard », sur quirinale.it, .
  73. « Balladur au Maroc », sur ina.fr, .
  74. « POSTANOWIENIE PREZYDENTA RZECZYPOSPOLITEJ POLSKIEJ », sur dziennikustaw.gov.pl, .
  75. Voir sur vatican.va.
  76. Bernard Quiriny, « Un été d’essais politiques : 1992, Balladur, libéral imparfait » sur lopinion.fr, le 17 juillet 2026.
  77. Tribunes sur lefigaro.fr.
  78. « "L’objectif est clair, il faut éviter que le candidat des Insoumis soit au second tour" : la dernière tribune d’Édouard Balladur dans Le Figaro », sur lefigaro.fr.
  79. Voir sur lemonde.fr, onglet Recherche.
  80. Voir sur imdb.com.
  81. 1 2 Voir sur imdb.com.
  82. Voir sur imdb.com.
  83. Voir sur imdb.com.
  84. Archives nationales.

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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