Église Saint-Pierre et Saint-Paul de Vendeuvre-sur-Barse

église située dans l'Aube, en France

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul est située sur la commune de Vendeuvre-sur-Barse, dans le département de l'Aube, en France[1].

Informations essentielles

Église Saint-Pierre et Saint-Paul de Vendeuvre-sur-Barse
Présentation
Type
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Diocèse
Paroisse
Paroisse de Vendeuvre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dédicataire
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Localisation

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L'église Saint-Pierre et Saint-Paul est localisée au 27, Rue de l'Houzotte à Vendeuvre-sur-Barse.

Historique

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Période médiévale : l'ancienne église disparue

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L’ancienne église, placée sous le vocable de la Trinité, est détruite lors des guerres du XVe siècle, dites de Cent Ans. Elle se situe alors presque à l’angle formé par les routes de Troyes et de Bar-sur-Seine[2].

La Renaissance : construction et aménagement de l'église actuelle

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L’église actuelle, dédiée dès son origine à saint Pierre et saint Paul, est édifiée entre 1510 et 1530.

Sculpture au-dessus du portail Nord-Ouest - Eglise placée sous le vocable de Saint-Pierre (clefs) et de Saint-Paul (épée)

Charles II d'Amboise, seigneur de Vendeuvre, offre le terrain appelé « Pré des bons enfants ». Il semble que le curé de Vendeuvre, Jean de Montlucin (ou Montluzen), décide en 1502 de la construction de la nouvelle église et en impose les plans.

Le financement provient en partie des seigneurs de Vendeuvre (Charles II, Georges III et Antoinette d'Amboise), mais repose principalement sur le prieur, grand décimateur, c’est-à-dire celui chargé de percevoir la dîme. Les paroissiens, pour leur part, ont du mal à rassembler leur part de contribution.

En vingt années seulement, les bâtisseurs élèvent la splendide église Saint-Pierre. Elle est alors la seule de la région dont l’ensemble du vaisseau résulte d’un plan d’origine unique et dont le cimetière qui l’entoure alors est ceint d’un mur d’enceinte percé de poternes et muni de meurtrières, à la manière d’une forteresse.

Le XVIIIe siècle et la Révolution française

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Le , la foudre détruit la couverture et la charpente du clocher. Reconstruit, il prend sa forme actuelle et se voit doté, pour la première fois, d’un petit clocher secondaire.

La Révolution constitue une période difficile pour l’édifice, marqué notamment par la perte de ses cloches. En 1793 toutefois, l’église reçoit une nouvelle chaire provenant de l’abbaye de Clairvaux. De plus, son curé d'alors, Jean-Baptiste Blampoix, ancien prêtre assermenté de Vendeuvre, est élu évêque du département de l’Aube en vertu de la Constitution civile du clergé et consacré à Notre-Dame de Paris le [3].

Son statut d’« évêque schismatique », ainsi qualifié par le Saint-Siège, limite cependant son autorité, largement contestée. Refusant de s’installer à Troyes, il demeure à Vendeuvre-sur-Barse, où son église paroissiale devient le siège de sa liturgie épiscopale. Le , le Premier Consul Bonaparte, constatant l’absence d’autorité réelle de Blampoix, met officiellement fin à son ministère.

Les XIXe et XXe siècles

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En 1861, quatre nouvelles cloches sont fondues à Robécourt (Vosges) et viennent garnir le clocher : la plus imposante, Célestine, pèse 2 500 kg, suivie de Marie (1 800 kg), Angélique (1 700 kg) et Constance (1 500 kg).

En , durant la Seconde Guerre mondiale, la région est le théâtre d’un combat entre chars et infanterie. Une citerne d’essence, abritée sous les platanes près du portail de l’église, est touchée par un obus et s’embrase, communiquant l’incendie à la toiture. L’hiver 1940-1941, particulièrement pluvieux puis marqué par de fortes gelées, provoque l’effondrement de la voûte du maître-autel, bientôt suivi par celui des autres voûtes, à l’exception de celles du transept.

La restauration de l’édifice est longue : il n’est rendu au culte que le , lors d’une célébration solennelle[4].

L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est classée monument historique depuis le [5].

Architecture

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L’édifice illustre une transition stylistique où le gothique finissant s’unit avec les premiers accents de la Renaissance.

Il présente un plan homogène. Il est en forme de croix latine[6]. La longueur de la nef est de 53 m, sa largeur de 21 m et son transept de 34 m.

L’édifice est dominé par une tour à caractère défensif, coiffée d’une flèche élancée s’élevant à 55 mètres.

Le transept est à double travée. La nef est à deux collatéraux et 3 travées. L’abside est à 3 pans et précédée d’une travée de chœur.

Le portail à trumeau Nord-Est, est une œuvre de transition où l’on retrouve les lignes de la renaissance alliées aux décorations antérieures.

À l’extérieur, sur la droite de ce portail, est placée une remarquable Pietà en chêne polychrome et dorée du XVIe siècle[7], protégée par un petit édicule couvert d’essentes en châtaignier .

Une tour-clocher de type défensif, sur le bras nord du transept, est surmontée d’une flèche majestueuse dominant cet édifice de ses 55 mètres.

La nef de l’édifice est couverte d’une voûte d’ogives à nervures multiples qu’affectionnent le gothique flamboyant. Cette combinaison d’ogives, de liernes et de tiercerons caractérise les voûtes en étoiles[8].

Les arcs doubleaux, les arcs formerets, les ogives et les tiercerons de la voûte s’appuient directement sur les piliers, sans l’intermédiaire d’un chapiteau.

Certains piliers sont cylindriques avec une base polygonale au niveau du chœur, tandis que d’autres se composent de colonnes engagées les unes dans les autres, dessinant en coupe quatre demi-cercles reliés par des arcs tangents. Ces piliers, également dotés d’une base polygonale, confèrent une élégance particulière à l’ensemble.

Quant aux bas-côtés, ils sont couverts de voûtes d’ogives simples.

Mobilier et éléments remarquables

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Avant sa restauration, l’église comptait cinq autels : le maître-autel, l’autel de la Vierge, l’autel de Saint-Nicolas, l’autel de Saint-Jean-Baptiste ainsi que celui de Saint-Hubert, de Saint-Crespin et de Saint-Roch[9].

Aujourd’hui, il n’en reste plus que trois. Le maître-autel demeure à sa place d’origine. L’autel de la Vierge a pris la place de celui de Saint-Nicolas, tandis que le retable de Saint-Jean-Baptiste a été transféré à l’emplacement de l’ancien autel de Saint-Hubert.

Depuis la réforme liturgique qui a suivi concile Vatican II, un autel de concélébration, orienté vers l’assemblée, a également été installé : il est désormais l’autel liturgique en usage, alors que le maître-autel conserve avant tout une valeur patrimoniale.

Maître-autel

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Maître-autel.

Le retable du maître-autel[10] d’une grande qualité artistique et s'intégrant parfaitement au chœur de l'édifice, est attribué par la tradition locale au sculpteur troyen François Girardon[6],[11] considéré comme l'un des maîtres de la statuaire décorative et monumentale du règne de Louis XIV.

Au-dessus du tombeau se trouve le tableau central représentant le jugement de Saint-Pierre[12], signé par Claude Velut, peintre troyen. Il est encadré par deux colonnes en marbre noir et des pilastres en marbre veiné de blanc, rouge et gris. Une riche corniche d’ordre corinthien, semblable aux chapiteaux des colonnes et des pilastres qui la soutiennent, abrite un cartouche portant l’inscription suivante :

« QUAE, DE MANU TUA ACCEPIMUS, DOMINE DEDIMUS TIBI »

« Ce que nous avons reçu de ta main, Seigneur, nous te le donnons. »

Cette inscription reprend un passage du Premier livre des Chroniques (chapitre 29, verset 14). Elle rappelle que le pain et le vin offerts à l’autel pour devenir Corps et Sang du Christ lors de la messe proviennent du blé et de la vigne, fruits de la terre, dont la croissance est rendue possible grâce à la bienveillance de Dieu envers les hommes.

Une tradition locale a interprété cette inscription comme signifiant : « Ce que la main de Dieu a fait restera ici », traduction erronée. D'après cette tradition, lorsque François Girardon eut achevé son œuvre, il en estima la valeur. Mais la somme demandée dépassant les moyens des habitants, l’artiste les déchargea de toute dette, se contentant de demander que l’inscription fût gravée au sommet de l’autel.

L’attique présente une peinture figurant le Père éternel au-dessus de laquelle s’élève un pot à feu, encadré par deux personnages assis. Juste en dessous, un petit cartouche indique la date de 1649.

Ce retable est flanqué de deux accotements richement sculptés qui, en se courbant vers l’avant, s’étendent de chaque côté. Dans ces accotements, deux baies permettent la communication avec l’arrière du maître-autel. Sur le fronton de chacune d’elles, un médaillon est orné:

  • à gauche, du monogramme du nom de Jésus, IHS
  • à droite, du monogramme du nom de Marie, MA

Au-dessus de ces baies s’élèvent les statues de Saint-Pierre et de Saint-Paul, s’intégrant parfaitement à l’architecture.

Des inscriptions en latin figurent sur les côtés du retable. À droite : "En l’an 1649, cet autel est achevé"[13]. À gauche : "Réalisé par N. Collignon en 1649."[14]

Si l'attribution du retable à François Girardon est exacte, la signature de Collignon, marbrier du milieu du XVIIe siècle, signifie que ce dernier est l'auteur des éléments en marbre[10].

Tabernacle

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L’église renferme un tabernacle[15] en bois finement sculpté fin XVIIe siècle.

Il provient de l’ancien retable de l’autel dédié à saint Jean-Baptiste[16], antérieur à la restauration de l’église et à son installation dans l’emplacement actuel.

Tabernacle.

Autel de la Vierge

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Autel de la Vierge.

Emplacement : transept nord-est

« Avant la restauration de l’église et son inauguration en 1963, l’autel de la Vierge était à l’origine dédié à saint Nicolas[17]. L’ensemble se compose d’un retable daté de 1539, posé sur des gradins et un tabernacle, le tout installé sur un autel en pierre calcaire d’une belle teinte blanche. Ces derniers éléments constituent des ajouts du XIXe siècle. »

Au XVIe siècle, la confrérie de saint Nicolas décida d’élever un autel en l’honneur de son patron[18]. Elle choisit pour sculpteur Nicolas Halins, dit le Flamand, auteur des quadrilobes du jubé de l’église de la Madeleine de Troyes, qu'il a réalisé en 1513[19]. Il créa ce retable, remarquable par l’élégance de son dessin et la qualité de son exécution.

Ce retable est orné de trois statues datant du XVIe siècle : la Vierge à l’Enfant[20]et saint Nicolas, toutes deux en calcaire, ainsi que saint Pierre, représenté par un moulage en plâtre sur armature métallique. Au pied de chacune figure une inscription latine gravée.

Au centre, la Vierge à l’Enfant : DEI – MEMENTO MEI (« Souviens-toi de moi, Seigneur »).

À gauche, saint Nicolas : IN TE DNE SPERAVI (« En toi, Seigneur, j’espère »).

À droite, saint Pierre : DNE SAHNI ME FAC (« Maître Halins m’a fait »).

Enfin, sous la corniche sommitale, on peut lire : SPES MEA JESUS (« Jésus, mon espérance, est ressuscité »).

On retrouve des traces de polychromie sur ce retable.

Au XIXe siècle, de nouveaux éléments furent ajoutés : l’autel, le tabernacle, les gradins et les deux élégantes volutes latérales qui relient l’ensemble au retable. Réalisés avec soin et ornés de délicates sculptures, ils s’harmonisent parfaitement avec le retable du XVIe siècle, créant une belle unité visuelle.

Autel Saint Jean-Baptiste (fin XVIIe siècle)

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Emplacement : transept sud-ouest

Autel Saint Jean-Baptiste

Cet ensemble monumental en chêne taillé est caractéristique de l’art baroque, tant par sa composition architecturale que par ses deux colonnes torses corolitiques d'ordre corinthien[21]. Celles-ci sont ornées de feuilles de vigne et de grappes de raisin, reposant sur un piédestal carré.

À l’origine, la toile peinte de l’autel représentait le Baptême du Christ par Jean-Baptiste[16]; elle a depuis été remplacée par une scène du Martyre de Saint Blaise[22]. Dans l’attique, un panneau octogonal peint figure le Baptême du Christ[23].

Le tombeau d’autel présente, en position centrale, le tétragramme de Yahvé en lettres hébraïques, inscrit dans un delta lumineux.

Par la richesse de son décor sculpté, cet autel constitue un remarquable ouvrage de menuiserie, témoignant de l’exubérance baroque.

La chaire

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Chaire de 1703

La remarquable chaire[24] de l’église de Vendeuvre, date de 1703 et provient de l’église abbatiale de Clairvaux[25]. Elle a été déplacée en 1791 pour échapper à la confiscation des biens du clergé après la Révolution[26].

La façade de la cuve porte l’inscription des dates de sa réalisation (1703) et de son installation dans l’église de Vendeuvre (1793).

Cette chaire, en chêne taillé de couleur naturelle, présente des détails exceptionnels:

  • Un abat-voix en dôme à six pans, surmonté de crosses et d’un ange annonciateur et glorificateur, avec au-dessous une colombe sculptée symbolisant le Saint-Esprit.
  • Un dossier richement décoré, flanqué de deux angelots.
  • Une cuve hexagonale est entourée d’un garde-corps constitué de quatre panneaux sculptés figurant des saints dominicains :
  1. saint Vincent Ferrier, reconnaissable à l’enfant portant une broche,
  2. saint Dominique, accompagné d’un chien tenant une torche dans sa gueule,
  3. saint Thomas d’Aquin, identifiable à la plume qu’il tient en main,
  4. Pierre de Vérone, représenté avec un fendoir planté dans la tête.

Le panneau ornant la porte de la chaire illustre saint Norbert de Xanten, identifiable grâce à son ostensoir, inspirant saint Dominique dans l’acte fondateur de son ordre.

  • Une base ornée de guirlandes de fleurs, de feuilles de chêne, de glands, et un culot décoré de têtes d’angelots, de feuilles d’acanthes et d’une boule ouvragée.

L’escalier de la chaire a été ajouté après son installation à Vendeuvre.

Haut dossier du banc-d'œuvre

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Haut dossier du banc-d'œuvre.

Le banc-d'œuvre était un siège relativement confortable, autrefois réservé dans les églises aux marguilliers et aux membres des conseils de fabrique, placé en face de la chaire et attribué par la suite aux notables de la paroisse.

Aujourd’hui en cette église saint-Pierre et saint-Paul, seul le haut dossier[27] du banc-d'œuvre[28], datant de 1539, est conservé. Contrairement à la majorité des bancs-d ’œuvre, généralement réalisés en bois richement orné, celui-ci présente la particularité d’être taillé dans la pierre.

Ce choix constitue un témoin patrimonial d’une grande valeur, autant pour son caractère singulier que pour son importance dans l’histoire locale.

Description

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Le premier niveau présente un bas-relief en terre cuite représentant la Cène, réalisé par la manufacture d’art chrétien de Vendeuvre. Le travail est si raffiné qu’il donne l’illusion d’une sculpture en pierre datant du XVIe siècle.

Au-dessus se déploie un registre composé de trois travées, chacune abritant une niche : à gauche, saint Pierre avec le coq ; au centre, sainte Marie-Madeleine tenant son vase à parfum ou, selon certaines sources, sainte Marthe avec son seau d’eau bénite[29] ; à droite, saint Sébastien transpercé de flèches.

Le troisième niveau prend la forme d’une lucarne encadrée de balustres, renfermant en haut-relief une Descente de Croix. De part et d’autre, les armoiries des Amboise et des Rochefoucauld-Barbezieux[28] viennent encadrer l’ensemble.

L’ensemble est couronné par un petit édicule.

On peut admirer deux superbes statuettes : côté gauche, une Vierge à l’Enfant avec ange en bois doré du XVIe siècle[30], et côté droite, un saint Roch en bois polychrome du XVIe siècle, figuré avec son chien[31].

Ce dossier de banc-d'œuvre pourrait avoir été offert par Antoinette d’Amboise, épouse d’Antoine de La Rochefoucauld-Barbezieux, à l’église, et sa forme laisse penser qu’il pourrait s’agir du retable provenant de la chapelle du château de Vendeuvre[32].

Orgue.

Orgue au sol, sans buffet, installé dans la nef côté sud

Historique

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L’incendie dévastateur de , qui ravagea l’église, détruisit également les grands orgues de tribune.

Guy Lambert, maître de chapelle à l’église Saint-Laurent de Paris (10e) et Vendeuvrois de cœur par son mariage avec une habitante, entreprit alors de doter l'église de Vendeuvre d’un nouvel instrument.

Il fit appel aux établissements Michel-Merklin & Kuhn de Lyon afin d’acquérir un orgue de qualité pour un prix raisonnable.

L’instrument retenu intègre des tuyaux anciens et comprend huit jeux répartis sur deux claviers et un pédalier, le tout complété par une boîte expressive neuve.

Le , à l’occasion de l’inauguration de l’église restaurée, Guy Lambert fit résonner pour la première fois les orgues[4]. Pour marquer l’événement, il interpréta la Marche du triomphe de Marc-Antoine Charpentier et l'Ave maris stella d’Henri Dallier, mettant en valeur la puissance et la noblesse de l’instrument.

Aux alentours d’, un plein-jeu fut ajouté par le facteur d’orgues.

Description

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Tuyauterie de récupération d’origines diverses

Grand Orgue C1–G5
Montre8′
Bourdon8′
Prestant4′
Récit expressif C1–G5
Cor de nuit8′
Principal4′
Doublette2′
Fourniture III11/3
Trompette8′
Pédalier C1–f3
Soubasse16′

Fonts baptismaux

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L’église conserve deux ensembles de fonts baptismaux.

  • Les premiers, datant du XVIe siècle se composent d’un socle orné de volutes supportant une cuve en pierre calcaire rehaussée de marbre. Celle-ci, fermée par un couvercle en bois, abrite un bassin en plomb divisé en deux compartiments[33]. Sur la cuve figure la date de leur réalisation, 1653. Le socle présente, sur chacune de ses volutes, une inscription. Deux portent le monogramme marial MA, une autre le trigramme JHS, et la dernière les noms des donateurs : Simon Collarey et André Champagne, marguilliers.
  • Les seconds, réalisés au XXe siècle, sont issus de la manufacture d’art chrétien de Vendeuvre, ils se composent d’un socle de style gothique surmonté d’une cuve en terre cuite. Un couvercle métallique présente une scène en terre cuite représentant saint Jean-Baptiste baptisant Jésus[34]. Cet ensemble fut offert par la famille Nicot, propriétaire de la manufacture, afin d'équiper la chapelle provisoire en bois édifiée après le sinistre de qui avait gravement endommagé l’église. Ils restèrent en usage encore quelque temps après la restauration et l’inauguration de l’édifice en 1963.

Peintures

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Une série de tableaux, de belle facture et peints sur bois, sont disposés tout autour de la nef.

Ils représentent treize des quinze mystères du Rosaire (joyeux, douloureux et glorieux). Ces œuvres, datées de 1627, ont été réalisées par Joachim Duviert, peintre hollandais et officier du Roi, au service du duc Henri de Luxembourg, baron de Vendeuvre.

Joachim Duviert les a offerts pour décorer l’église de son lieu de résidence.

  • Un tableau du début du XVIe siècle représente sainte Ursule et les onze mille vierges. Avant d’être installé au-dessus de la porte de la sacristie, il se trouvait, au XIXe siècle et auparavant, à l’emplacement du bas-relief situé sur le haut dossier du banc d’œuvre[35].
  • XVIe siècle : Vision de saint Hubert, panneau peint à l’huile[36].
  • XVIIe siècle : Saint Jérôme, panneau en bois peint à l’huile, représenté comme traducteur de la Bible en latin[37].
  • 1619 : Saint Michel terrassant le démon, panneau en bois peint à l’huile, copie peu fidèle du tableau de Raphaël conservé au Louvre[38].
  • XVIe siècle : Saint Jean-Baptiste et saint Fiacre, représentés sur un panneau en bois peint à l’huile, recto-verso et monté sur un dispositif pivotant[39].
  • XXIe siècle : Le Christ en croix, huile sur toile, offert par Jacques Demotier (Vendeuvrois) en hommage à son père, qui contribua à la restauration de l’église.

Statues

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L’église abrite plusieurs statues datant de différentes époques.

XIIIe ou XIVe siècle :

  • Vierge et l'Enfant à la colombe, bois marouflé avec trace de polychromie[40]

Statues du XVIe siècle (en pierre) :

  • Les Visions de saint Hubert[41], bas-relief en calcaire polychrome
  • L’Éducation de la Vierge[42], ornant un modillon autrefois situé à l’extérieur de l’édifice
  • Saint Jacques le Majeur et son bâton de pèlerin[43]
  • Saint Roch et son chien[44]

Statues du XXe siècle (en terre cuite, issues de la manufacture d’art chrétien de Vendeuvre) :

  • Le saint Curé d’Ars (Jean-Marie Vianney)
  • Saint Joseph et l’Enfant Jésus
  • Sainte Marguerite d’Antioche
  • Sainte Thérèse de Lisieux

Statue en bois

  • La Vierge dorée, placée sur une console Renaissance du XVIe siècle ornée d’un personnage ailé au sourire moqueur[45].

Crucifix imposant composé d’une croix tréflée en bois, ornée d’un Christ en terre cuite et surmontée du christogramme INRI. L’ensemble est soutenu par un aileron à volutes qui assure la transition vers un piédestal élevé.

En 2025, cinq statues en bois, datant peut-être du XVIe siècle, sont redécouvertes[9].

Chemin de croix

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Les quatorze stations du chemin de croix, en terre cuite, proviennent de la manufacture d’art chrétien de Vendeuvre.

Chemin de croix.

Dans le catalogue de la fabrique, elles sont répertoriées sous l’intitulé chemin de croix sans cadre, série G, aux numéros 41 à 43[46].

Chaque station est fixée sur un support en bois, surmonté d’une petite croix également en bois.

Lustres

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Lustre néogothique

L’église conserve quatre lustres néogothiques en bronze et cristal.

Vestiges de litres funéraires

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Au sommet des six piliers de la nef, on distingue des vestiges de litres funéraires. Ces bandeaux noirâtres signalent l’existence d’une ancienne seigneurie. Cette coutume est abolie à la Révolution, ce qui explique la rareté de tels témoignages.

Vitraux

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Vitrail sur oculus de Max Ingrand - Marie protège un paysan au Val Suzenay

Les verrières anciennes, qui dataient du XVIe siècle, ont été définitivement perdues en [47].

Elles ont été remplacées par des vitraux[48] du maître-verrier et décorateur Max Ingrand (1908-1969)

Réalisés en 1963, ces vitraux associent un langage artistique contemporain à des symboles religieux.

On y distingue notamment :

  • Deux vitraux évoquant l’Eucharistie, avec le calice rempli de vin, le pain, le poisson et la vigne.
  • Deux grands anges thuriféraires se faisant face.
  • Les clés de saint Pierre.
  • L’épée accompagnée de l’inscription « Spiritus Gladius », en référence à saint Paul.
  • Des motifs abstraits rappelant des guirlandes rougeoyantes.
  • Un vitrail dédié à la Vierge, figurant le monogramme MA de Marie ainsi que la licorne, symbole de pureté.
  • Un autre évoquant David, représenté par la harpe, l’étoile et le vase d’or.
  • et dans l'oculus du fond de l'église, Marie qui protège un paysan au Val Suzenay

Annexes

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Liens internes

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Références

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  1. ↑ « Église », notice no PA00078297, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. ↑ Théophile Boutiot, Notice historique sur Vendeuvre et ses environs. (Extrait de l'Annuaire de l'Aube.), Bouquot, , 163 p. (lire en ligne).
  3. ↑ « Décès de Jean-Baptiste Blampoix, évêque constitutionnel », sur Académie des Sciences, Arts et Belles-lettres de Dijon (consulté le ).
  4. 1 2 « Une nombreuse assistance a participé à la cérémonie inaugurale de l'église restaurée », L'Est éclair,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  5. ↑ « Eglise », notice no PA00078297, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. 1 2 « Vendeuvre-sur-Barse », dans Le Dictionnaire historique de la Champagne méridionale (Aube) des origines à 1790, Alphonse Roserot éditeur scientifique, BM 1038, (lire en ligne), p. 1719-1727, 1725.
  7. ↑ « Statue : Vierge de Pitié », notice no PM10002767, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  8. ↑ Boutiot 1861, p. 84.
  9. 1 2 J.-M. Van Houtte, « Église de Vendeuvre-sur-Barse : Daniel Rota est à l’origine d’une redécouverte exceptionnelle » Accès payant, sur L'Est éclair, Journal L'Est Éclair, (consulté le ).
  10. 1 2 « Retable du maître-autel », notice no PM10002761, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  11. ↑ Il est à noter que la fiche de la base Palissy ne mentionne pas l'attribution à Girardon.
  12. ↑ « 2 tableaux : Jugement de saint Pierre, Dieu le Père », notice no PM10002790, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  13. ↑ traduction en français
  14. ↑ traduction en français
  15. ↑ « Tabernacle », notice no PM10002783, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  16. 1 2 « Vendeuvre-sur-Barse - Eglise Saint-Pierre - L'Autel de Saint-Jean-Baptiste », sur Archives départementales de l'Aube (consulté le ).
  17. ↑ Boutiot 1861, p. 85.
  18. ↑ Boutiot 1861, p. 70.
  19. ↑ Jacky Provence, « Le Jubé de Sainte-Madeleine de Troyes », sur Troyes et la Champagne méridionale, Histoire et Patrimoine (XIVe – XVIIIe siècle), (consulté le ).
  20. ↑ « Statue : Vierge à l'Enfant », notice no PM10002791, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  21. ↑ « Autel du transept sud, retable et tabernacle », notice no PM10002764, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  22. ↑ « Tableau d'autel : Martyre de saint Blaise », notice no IM10009862, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  23. ↑ « Panneau peint : Baptême du Christ », notice no IM10009862, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  24. ↑ « Chaire à prêcher », notice no PM10002775, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  25. ↑ Hervé-Julien Le Sage, « Le diocèse de Saint-Brieuc pendant la Révolution », dans Mémoires du chanoine Le Sage, Presses universitaires de Rennes (ISBN 978-2-7535-1778-3, DOI 10.4000/books.pur.44020), p. 43–79.
  26. ↑ Arthur Prévost, Histoire du diocèse de Troyes pendant la Révolution, G. Frémont, (lire en ligne).
  27. ↑ « Banc d'oeuvre », notice no IM10009920, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  28. 1 2 Boutiot 1861.
  29. ↑ https://pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/APMH00008932
  30. ↑ « Statuette : Vierge à l'Enfant, ange », notice no IM10009898, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  31. ↑ « Statuette : Saint Roch », notice no PM10004439, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  32. ↑ Seule Antoinette d’Amboise, Dame de Vendeuvre (1495-1552), détenait un double titre de noblesse : celui de la famille d’Amboise et celui des Rochefoucauld-Barbezieux. Ces armoiries figurent au sommet du haut dossier du banc-d’œuvre.
  33. ↑ « Fonts baptismaux », notice no PM10002762, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  34. ↑ « Category:Sainterie de Vendeuvre-sur-Barse - Album de statues, chemins de croix... et autres sculptures en terre cuite - circa 1900 — Wikimedia Commons », sur commons.wikimedia.org (consulté le ).
  35. ↑ « tableau », notice no PM10002759, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  36. ↑ « Panneau peint : Chasse de saint Hubert », notice no PM10002784, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  37. ↑ « Panneau peint : Saint Jérôme », notice no PM10004438, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  38. ↑ « Panneau peint : Saint Michel terrassant le démon », notice no PM10004437, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  39. ↑ « Tableau : Prédication de saint Jean-Baptiste, saint Fiacre », notice no PM10002771, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  40. ↑ « Statue : Vierge à l'Enfant », notice no PM10002773, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  41. ↑ « bas-relief », notice no PM10002768, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  42. ↑ « Éducation de la Vierge », notice no PM10002770, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  43. ↑ « Statue : Saint Jacques le Majeur », notice no PM10002769, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  44. ↑ « Groupe sculpté : Saint Roch », notice no PM10002772, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  45. ↑ « Console », notice no IM10010073, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  46. ↑ « Category:Sainterie de Vendeuvre-sur-Barse - Album de statues, chemins de croix... et autres sculptures en terre cuite - circa 1900 — Wikimedia Commons », sur commons.wikimedia.org (consulté le ).
  47. ↑ « Verrières (détruites) », notice no PM10002765, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  48. ↑ « (Vitrail) Vitraux de l'Eglise de Vendeuvre sur Barse », sur mesvitrauxfavoris.fr (consulté le ).

Liens externes

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