Élections législatives marocaines de 2026

échéance politique majeure pour le Royaume du Maroc

Les élections législatives marocaines de 2026 ont lieu le [1] afin de renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants du Maroc.

Élections législatives marocaines de 2026
395 sièges à la Chambre des représentants
(Majorité absolue : 198 sièges)
Chef du gouvernement
Sortant
Aziz Akhannouch
RNI

Contexte

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Aziz Akhannouch.

Les élections législatives marocaines de 2021 sont une sérieuse défaite pour le Parti de la justice et du développement (PJD), qui perd plus de 90 % de ses sièges, au profit de ses rivaux du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Parti de l’Istiqlal (PI). Si un recul du PJD était largement attendu, l'ampleur de sa défaite est une surprise en l'absence de sondages d'opinion[2]. Outre l'usure du pouvoir, le « parti de la lampe » fait les frais d'une réforme électorale défavorable, d'une politique néolibérale incluant la suppression des subventions des produits de première nécessité, et d'une politique de rapprochement avec Israël, à laquelle son électorat est particulièrement hostile, bien que celle-ci ait été imposée par le palais[3],[4]. Dès l'annonce des résultats préliminaires au lendemain du scrutin, la direction du parti présente sa démission, dont son secrétaire général Saâdeddine El Othmani. L'échec de son parti est directement ressenti par le chef du gouvernement sortant, qui échoue à se faire réélire dans sa circonscription de Rabat[5],[6].

Arrivé en tête, le RNI sort quant à lui grand vainqueur des élections. Son chef Aziz Akhannouch se positionne ainsi pour diriger le nouveau gouvernement, le chef de ce dernier étant choisi parmi les rangs du parti arrivé en tête. Au lendemain du scrutin, il se déclare favorable à la constitution d'une coalition resserrée à quelques-uns des partis arrivés en tête, à l'opposé de la large coalition hétéroclite du gouvernement sortant[7],[8],[2].

Les résultats favorables aux partis soutenus par le palais renforcent son contrôle de l'appareil politique, et permettent de fait au souverain de continuer à contrôler les domaines régaliens et à décider des grandes orientations politiques du royaume[5],[9].

Le premier gouvernement Akhannouch est nommé par le roi le au cours d'une cérémonie de prestation de serment[10]. L'ouverture de la nouvelle session parlementaire a lieu le lendemain. Un second gouvernement Akhannouch est nommé en 2024.

Mode de scrutin

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Facade du parlement à Rabat.

La Chambre des représentants est composée de 395 députés élus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal. Sur ce total, 305 sièges sont ainsi à pourvoir dans 92 circonscriptions de 2 à 6 sièges en fonction de leur population, auxquels s'ajoutent 90 sièges à pourvoir dans 12 circonscriptions de 3 à 12 sièges correspondants aux régions. Les listes de candidats pour ces 90 sièges régionaux doivent être composées d'au moins un tiers de femmes, dont les première et deuxième places de liste. Pour l'ensemble des circonscriptions, les listes de candidats sont fermées, sans panachage ni vote préférentiel. Après décompte des voix, la répartition se fait sur la base du seul quotient électoral, calculé à partir du total des inscrits sur les listes électorales, et non de celui des suffrages exprimés, comme c'était le cas avant 2021[11],[12],[13]

panneaux d'affichage électoraux de septembre 2026
Un cyclo à Casablanca passe devant les panneaux d'affichage électoraux du 23 septembre 2026

Si les grandes villes telles que Casablanca, Fès, Rabat et Marrakech sont divisées en plusieurs circonscriptions, les autres villes voient leurs frontières administratives coïncider avec celles électorales.

À la suite d'un changement de la loi électorale mis en œuvre pour la première fois lors de ce scrutin, les 90 sièges ne sont plus pourvus dans une unique circonscription nationale dont 60 d'entre eux réservés aux femmes et 30 autres réservés au moins de quarante ans[14]. La répartition des sièges avait auparavant lieu selon la règle de la plus forte moyenne à toutes les listes ayant franchi le seuil électoral. Ce dernier était de 6 % dans les circonscriptions ordinaires et de 3 % pour la liste nationale[11],[14]. Ce changement, qui avantage les petits partis au détriment des grosses formations, est attribué à une volonté du pouvoir d'amener à une plus grande fragmentation du parlement afin de fragiliser ce dernier au profit du palais[15].

Participation

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Le nombre d'inscrits sur les listes électorales arrêtées au est de 15 801 162[16] soit une diminution de 1 707 965 inscrits par rapport au scrutin de 2021 sur une population en âge de voter estimée à 27 millions de personnes[17]. Ce taux d'inscription est particulièrement faible chez les 18-24 ans, s'établissant à 12%, avec seulement 474 000 inscrits pour 3,89 millions d'individus[18]. Les plus de 60 ans représentent, quant à eux, 29 % du corps électoral[19].

Résultats

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Résultats des législatives marocaines de 2026[20]
Parti Listes locales Listes régionales Total +/-
Voix % Sièges Voix % Sièges
Parti authenticité et modernité (PAM) 97 en augmentation 10
Rassemblement national des indépendants (RNI) 66 en diminution 36
Parti de l'Istiqlal (PI) 65 en diminution 16
Parti de la justice et du développement (PJD) 54 en augmentation 41
Mouvement populaire (MP) 29 en augmentation 1
Union socialiste des forces populaires (USFP) 26 en diminution 8
Parti du progrès et du socialisme (PPS) 19 en diminution 3
Union constitutionnelle (UC) 17 en diminution 1
Alliance de la gauche (AG) 8 en augmentation 6
Mouvement démocratique et social (MDS) 8 en augmentation 3
Parti du renouveau et de l'équité 2 en augmentation 2
Autres partis 4 -
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 305 100 90 395 en stagnation
Abstentions
Inscrits / participation

Notes et références

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  1. « Législatives 2026 : le scrutin fixé au 23 septembre, la campagne lancée 13 jours avant », sur Le Desk (consulté le )
  2. 1 2 « Élections locales et législatives au Maroc: claque électorale pour le Parti justice et développement », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  3. « Elections au Maroc : les islamistes brûlés par les deux bouts », sur Libération, Libération (consulté le ).
  4. « Au Maroc, « l’ampleur de la défaite des islamistes est une surprise » », sur 20minutes.fr (consulté le ).
  5. 1 2 « Législatives au Maroc : sévère défaite des islamistes au pouvoir », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  6. « Maroc: démission générale du secrétariat du PJD, après la déroute aux législatives », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  7. Le Point, magazine, « Maroc: spectaculaire déroute électorale des islamistes au pouvoir », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le ).
  8. « Les islamistes modérés au pouvoir au Maroc en déroute lors des législatives », sur 20minutes.fr (consulté le ).
  9. Jamal Bouoiyour, « Les élections législatives au Maroc ou le changement dans la continuité », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le ).
  10. « SM le Roi préside la cérémonie de nomination des membres du nouveau gouvernement », sur MAP Express (consulté le ).
  11. 1 2 « IPU PARLINE database: MOROCCO (Majliss-annouwab), Electoral system », sur archive.ipu.org (consulté le ).
  12. « Élections du 8 septembre : La révision à la hausse de la représentativité féminine, un des principaux amendements de la nouvelle loi électorale », sur Maroc.ma, (consulté le ).
  13. « Élections 2021 : comment le quotient électoral rebattra les cartes », LesEco.ma, (consulté le ).
  14. 1 2 « Législatives 2016: mode de calcul, circonscriptions, Parlement sortant… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Medias24 - Site d'information, (consulté le )
  15. « Le Maroc adopte des lois électorales qui limiteront le pouvoir des islamistes », sur Atalayar (consulté le ).
  16. « ::Listes Electorales | Royaume du Maroc:: » [archive du ], sur www.listeselectorales.ma (consulté le )
  17. Yahya Benabdellah, « Jeunes, femmes, urbains : ces électeurs que les partis ne savent plus séduire », sur Médias24 - Numéro un de l'information économique marocaine, (consulté le )
  18. Nawfal Kaiss, « Qui sont les 15,8 millions d'électeurs inscrits pour 2026 ? », sur Médias24 - Numéro un de l'information économique marocaine, (consulté le )
  19. « ::Listes Electorales | Royaume du Maroc:: » [archive du ], sur www.listeselectorales.ma (consulté le )
  20. « Médias24 – En direct, Suivez les résultats des élections législatives – En direct, Suivez les résultats des élections législatives », sur Médias24 - En direct, Suivez les résultats des élections législatives (consulté le ).

Annexes

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