Émile Debacker
Émile Debacker (ou « De Backer »), né à Tongre-Notre-Dame (Belgique) le 23 janvier 1878 et mort à Hacquegnies le , est un prêtre catholique belge, enseignant, organiste et compositeur de musique classique[1].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités |
Prêtre catholique (à partir du ), organiste, enseignant, compositeur |
| Distinction |
|---|
Biographie
modifierFamille
modifierÉmile Louis Pierre Joseph Debacker, né à Tongre-Notre-Dame (Belgique) le 23 janvier 1878 est le fils de François Debacker (Moustier-au-Bois, 15 février 1835[2]- Tongre-Notre-Dame, 7 décembre 1915), clerc-organiste de la basilique de Tongre-Notre-Dame pendant 50 années[3].
Son frère Nestor Debacker (Tongre-Notre-Dame, 18 janvier 1867 – Gilly, 18 décembre 1919) est son premier professeur de musique. Ce frère est par ailleurs le père de trois organistes : Émile Clément Désiré à la collégiale Sainte-Waudru de Mons (Gilly, 10 mai 1893 – Ghlin, 19 février 1954), Joseph, église Saint-Victor de Dampremy (Gilly, 10 octobre 1909 - Dampremy, juin 1961) et Victor, église Saint-Germain de Chapelle-lez-Herlaimont (Gilly, 5 mars 1911 – Chapelle-lez-Herlaimont, 13 juillet 1952)[4].
Carrière artistique et religieuse
modifierImprégné de musique classique, il entame des études musicales. Émile Debacker est élève d’Alphonse Mailly pour l’orgue[5] et de Paulin Marchand[6] pour l’harmonie, le contrepoint et la fugue. Dans son ouvrage « Le Hainaut en musique » de 1951, l’historien Émile Poumon indique que le chanoine Émile est aussi élève de l’Institut Lemmens à Malines. D’après le programme d’inauguration de l’orgue d’Estaimbourg, le 31 août 1930, l’abbé Émile reçoit un « Prix de conservatoire ».
Sa vocation première est toutefois religieuse. Il reçoit l’ordination sacerdotale en l’église cathédrale de Tournai le 24 mai 1902 de Charles-Gustave Walravens, évêque de Tournai[7],[8]. Quelques années plus tard, il décroche auprès de l’Université catholique de Louvain le diplôme de docteur en philosophie et lettres. En 1911, dans le recueil de travaux des membres du cercle d’histoire et d’archéologie, cette même université publie, de lui, « Sacramentum, le mot et l’idée représentée par lui dans les œuvres de Tertullien », très probablement la version intégrale de ce qu’a été sa thèse. Pour son intérêt et ses travaux sur le sujet, il est référencé régulièrement dans les milieux académiques[9].
Il est tout d’abord professeur au petit séminaire de Bonne-Espérance, à Vellereille-les-Brayeux, près de Binche, d’avril à septembre 1903, date à laquelle il devient professeur au Collège Saint-Augustin d’Enghien, titulaire de la rhétorique et puis préfet des études de 1906 à mars 1930[10],[11],[12]. On relève aussi qu’il est vicaire à partir du 12 août 1908 à Hellebecq, desservant à Bassilly à partir du 10 décembre 1924 et à Deux-Acren à partir du 6 janvier 1926[13]. Du 6 au 30 juillet 1926, soit moins de quatre semaines, il est curé de Hoves. À la demande d’un ancien Principal du collège d’Enghien, l’évêque annule rapidement cette nomination, pour « ne pas nuire aux intérêts des élèves et de la maison, en même temps qu’aux intérêts moraux de l’abbé Debacker ». Le 14 avril 1930, il est nommé à la double charge d’inspecteur de l’enseignement moyen du diocèse de Tournai et de curé d’Hacquegnies vers où il déménage, quittant ainsi le collège d’Enghien[14]. Émile Debacker participe notamment à la rédaction d'une grammaire latine[15].
Il décède à Hacquegnies le 8 février 1945[16].
Œuvre musicale
modifierHommages et distinctions
modifierPar des concerts et des enregistrements, des organistes réputés témoignent de l’intérêt des œuvres d’Émile Debacker[22],[23],[24]. Outre des membres ou descendants de sa propre famille, nous pouvons citer, parmi eux, dans l’ordre chronologique de leur contribution, Gabrielle Delmotte, Maurice Guillaume, Bernard Carlier, Philippe Le Gargean (France)[25].
La distinction suivante lui a été attribuée :
Références
modifier- ↑ « debamusica - La famille Debacker et la musique », sur sites.google.com (consulté le ).
- ↑ Registre population Tongre-Notre Dame, 8 décembre 1915
- ↑ Jean-Pierre Felix, Notre-Dame de Tongre – son culte, son patrimoine, 1081-1981 : Études et Documents du Cercle royal d’Histoire et d’Archéologie d’Ath et de la région, vol. III, , chap. VIII (« L’orgue »), p. 191 et 192.
- ↑ Émile Poumon, Le Hainaut La Musique, Vilvorde, , p. 48 sur la famille Debacker
- ↑ Jean-Pierre Félix, Alphonse Mailly (premier organiste de sa majesté le roi des Belges) et l’orgue, vol. I, Bruxelles, , p. 13, 14 et 288 (notes 33 et 34).
- ↑ Poumon 1951, p. 51 sur Paulin Marchand
- ↑ Séminaire Épiscopal de Tournay, liste des 39 séminaristes en 1898-1899
- ↑ Souvenir de l’ordination sacerdotale de l’abbé Émile, Tournai, impr. Casterman, .
- ↑ Dimitri Michaelides, Sacramentum chez Tertullien, Paris, études Augustiniennes, , 388 p..
- ↑ Anonyme et Heri et Hodie, « Souvenirs anciens Histoires nouvelles », Revue trimestrielle du collège Saint-Augustin d’Enghien et organe de ses anciens élèves, Imprimerie E. Delwarde Enghien, 4e année, no 1, , p. 20 et 21, liste du corps professoral 1929-1930
- ↑ Distribution solennelle des Prix faite le lundi 2 août 1909, collège d’Enghien, Imprimerie- librairie A. Spinet, Grand’place Enghien, s.p., liste du personnel enseignant.
- ↑ Maurice Appelmans et Heri et Hodie, « Souvenirs d’un jubilaire », Revue trimestrielle du collège Saint-Augustin d’Enghien et organe de ses anciens élèves, , p. 4 à 8.
- ↑ Honnoré Caroline, Archives de l’Évêché de Tournai, mail reçu le 5 mars 2007
- ↑ Heri et Hodie, « Souvenirs anciens Histoires nouvelles », Revue trimestrielle du collège Saint-Augustin d’Enghien et organe de ses anciens élèves, Imprimerie E. Delwarde Enghien, 4e année, no 2, , p. 22, 23 et 30.
- ↑ L. Spinet et J. Mahieu, avec la collaboration de l'Inspecteur De Backer, Petite grammaire latine à l'usage de la sixième, Fayt-lez-Manage (B), Deltenre Frère & Sœurs, , 112 p..
- 1 2 Faire-part de décès, Émile De Backer, 8 février 1945
- ↑ Ferrard Jean, Orgelmuziek uit Wallonië 20e eeuw, deel 1, Orgelkunst, 32e année, 2, juin-juillet-août 2009, p. 94.
- ↑ Servir, association interdiocésaine francophone et germanophone des employés d’église de Belgique, trimestriel, no 3, 2009, p. 13.
- ↑ Fonds Debacker Émile, abbé, Conservatoire Royal de Bruxelles Fonds d’une soixantaine de manuscrits de l’abbé Émile Debacker, courrier officiel de réception, 2 décembre 2015
- ↑ catalogue en ligne Bibliothèque du Conservatoire d’Anvers, fonds Pierre DUBAR, partition manuscrite « Esquisse Byzantine, pièce pour orgue », abbé Émile Debacker, 1929, consulté le 10 décembre 2023 : https://anet.be/record/opacap/c:lvd:13148310/N
- ↑ « debamusica - Partitions de Emile C.D. », sur sites.google.com (consulté le ).
- ↑ L’ORGANISTE, revue de l’Union Wallonne des Organistes, Romainville, no 100, décembre 1993, p. 249-251, partition « Souvenir, méditation pour orgue » de l’abbé Émile Debacker
- ↑ L’ORGANISTE, revue de l’Union Wallonne des Organistes, Romainville, no 160, décembre 2008, partition « Gavotte-Musette » de l’abbé Émile Debacker
- ↑ Claude Vandevyver, « Le Concert annuel de l’U.W.O. - 2009 », L’organiste, trimestriel, no 162, 2009, p. 57-58, compte-rendu du concert donné le 17 mai 2009 en l’église Notre-Dame de Laeken, dont deux pièces de l’abbé Émile : « Ronde Wallonne » et « Marche Solennelle »
- ↑ Philippe Le Gargean, organiste, organiste, Bretagne, France https://www.youtube.com/@philippelegargean5120/search?query=debacker