Émile Gridel
Joseph-Émile Gridel, né le à Baccarat et mort le dans sa ville natale, est un artiste peintre et illustrateur français.
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Joseph Gridel (d) |
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Jacques Hallez (petit-fils) |
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| Maîtres |
Thomas Couture (- |
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Biographie
modifierNé à Baccarat, dans le département de la Meurthe, le 16 octobre 1839, Joseph-Émile Gridel est le fils de Charlotte-Françoise Gridel, née Adrian, et de Joseph Gridel, notaire[1]. Petit-cousin au second degré de l'abbé Nicolas Gridel[2], Joseph Gridel est le beau-frère de Jean-Baptiste Toussaint, directeur de la cristallerie de Baccarat. Entre 1846 et 1848, ce dernier inventa un nouveau type de motif ornemental de presse-papiers en s'inspirant de petites silhouettes d'animaux découpées par son jeune neveu[3].
Élève des collèges de La Malgrange et de Lunéville[1] puis du lycée de Nancy[4], Émile Gridel fut envoyé à Paris pour y faire son droit. Il était cependant davantage attiré par le monde de l'art et, grâce au soutien de son oncle Toussaint, il réussit à convaincre son père qu'il ne serait pas notaire mais artiste peintre[1].
Il entra ainsi dans l'atelier de Thomas Couture en 1858. Cet atelier ayant fermé en 1862, Gridel poursuivit d'abord son apprentissage auprès de Gustave Courbet puis, entre 1863 et 1867, auprès d'Augustin Feyen-Perrin[5], avec lequel il a des liens de parenté[6].
En 1862, Gridel a découvert la Bretagne pittoresque, qu'il retournera visiter à plusieurs reprises et dont il rapportera de nombreux croquis[7].
En tant que capitaine des pompiers de Baccarat, Gridel assista aux fêtes nancéiennes du centenaire du rattachement de la Lorraine à la France en 1866. C'est là qu'il fit la connaissance d'une jeune femme de Rambervillers, Marie-Louise Bourion (1848-1930), qu'il épousa le 4 juin 1867. Ils eurent trois enfants : Albert (1868-1914), Henri (1873-1962) et Marie-Louise (1885-1983). Le premier, capitaine, mourra pour la France en 1914 et le second s'élèvera au grade de colonel. Marie-Louise épousera le colonel Hallez[8] et donnera naissance, en 1923, au peintre et graveur Jacques Hallez.
Dès 1868, les Gridel se firent construire une grande maison à Baccarat, au no 2 de l'avenue de Lachapelle[9].
Pendant la Guerre franco-allemande de 1870, Émile Gridel servit comme capitaine au sein du bataillon des Mobiles de la Meurthe et commanda une compagnie[8]. Tombé gravement malade au cours de cette campagne, il dut être soigné à l'hôpital de Langres[10].

Passionné par la forêt et la chasse, propriétaire d'une meute de chiens de chasse qui compta jusqu'à 17 bêtes, dont son limier préféré, Castagno, Émile Gridel était lieutenant de louveterie[10]. Entre 1868 et 1884, il tua mille sangliers et perdit environ cinquante chiens au cours de ses chasses[11].
Gridel peignit de nombreuses scènes cynégétiques, qu'il présenta dès 1865 au Salon[8] et, à partir de 1891[12], à l'exposition annuelle des peintres de chasse et de vénerie organisée à l'Orangerie[10]. Il remporta une médaille de troisième classe à l'issue du Salon des artistes français de 1886[13].
Outre les scènes de chasse et la peinture animalière, Gridel s'adonna aussi à la peinture de bataille[10], des guerres révolutionnaires jusqu'à celle de 1870, en s'inspirant de sa propre expérience de la guerre[14].
En tant que lieutenant de louveterie, Gridel fut décoré du Mérite agricole en 1885[15] et, en tant que peintre, il fut nommé officier d'Académie en 1895[16].
Il mourut brusquement le 24 décembre 1901 à Baccarat, d'une crise d'urémie[17].
Œuvres
modifierŒuvres exposées au Salon
modifier- Salon de 1865 :
- Le Sanglier blessé (no 958)
- Retraite après une battue; environs de Baccarat (no 959)
- Le Sanglier blessé (lithographie d'Émile Vernier d'après le tableau de Gridel).
- La Retraite après la battue (lithographie d'Émile Vernier d'après le tableau de Gridel).
- Salon de 1866 :
- La Correspondance (no 869)
- Salon de 1867 :
- Une Rencontre avec des souffleurs; souvenirs d'un voyage à Roscoff (Finistère) (no 695)
- Salon de 1869 :
- La Rentrée du solitaire (no 1101)
- Un Coup double (no 1102)
- Salon de 1879 :
- La Retraite; retour d'une chasse au sanglier, dans les Vosges (no 1438)
- Gravure d'après Gridel (probablement d'après le tableau du Salon de 1879).
- Salon de 1880 :
- Bosniaques montreurs d'ours (no 1697), 90 x 110 cm.
- Salon de 1886 :
- Prise d'un sanglier par un équipage de mâtins (no 1105), 299 x 399 cm, salle des fêtes de Baccarat.
- Prise d'un sanglier par un équipage de mâtins (gravure d'après le tableau primé au Salon de 1886).
- Salon de 1887 :
- Troupe de sangliers faisant tête à une attaque de loups (no 1101), 315 x 395 cm, Épinal, Musée départemental d'art ancien et contemporain[18].
- Troupe de sangliers faisant tête à une attaque de loups (gravure d'après le tableau exposé au Salon de 1887).
- Salon de 1888 :
- Harde surprise par une tourmente de neige dans les Vosges (no 1190)
- Querelle de pêcheurs (no 1191)
- Harde surprise par une tourmente de neige (gravure d'après le tableau de Gridel).
- Querelle de pêcheurs (phototypie du tableau exposé au Salon de 1888).
- Salon de 1889 :
- Le Meurtrier dénoncé (no 1215)
- Le Coup double (no 1216), salle des fêtes de Baccarat.
- Gravure de Rougeron et Vignerot d'après le Coup double du Salon de 1889.
- Caricature par Stop du même tableau (Journal amusant, 18 mai 1889).
- Salon de 1890 :
- Retraite de chasse dans les Vosges (no 1108)
- Phototypie du tableau du Salon de 1890.
- L’œuvre en cours de restauration (2019).
- Salon de 1891 :
- L'Exode; compagnie de sangliers changeant de forêt (no 752)
- Phototypie du tableau du Salon de 1891.
- Salon de 1893 :
- Compagnie de sangliers à la glandée (no 832)
- Salon de 1896 :
- Une Émigration (no 949)
- Salon de 1897 :
- Abandonné (no 770)
- Salon de 1899 :
- La Peine du talion; fin d'une fouine (no 908)
- Salon de 1900 :
- Le Déjeuner de la loutre (no 607)
Autres œuvres
modifier- Toile représentant un chevreuil et une chevrette (1862).
- Le Bataillon des Mobiles de la Meurthe à la bataille de Nompatelize (1874).
- Loups au carnage (gravure de 1883 d'après un tableau).
Notes et références
modifier- 1 2 3 Nicolas, p. 231.
- ↑ Nés à Brouville, les grands-pères paternels de Joseph Gridel et de l'abbé Gridel étaient cousins germains.
- ↑ Sara Rossi, A Collector's Guide to Paperweights, New York, Wellfleet Press, 1990, p. 24.
- ↑ Camille Cerfon, « Nécrologie », L'Éleveur, 5 janvier 1902, p. 25.
- ↑ Paul Remy, 1870-1871 : le 3e bataillon de la Mobile des Vosges, Épinal, 1915, p. 87.
- ↑ Feyen-Perrin est le cousin germain de Marie-Catherine Baudot née Feyen (1813-1887), belle-mère, depuis 1862, de l'oncle maternel d’Émile Gridel, Charles-François-Joseph-Camille Adrian (1833-1899).
- ↑ Guillevic et al., passim.
- 1 2 3 Nicolas, p. 232.
- ↑ Guillevic et al., p. 14.
- 1 2 3 4 Nicolas, p. 233.
- ↑ E. Gridel, « Le millième sanglier ! », La Chasse illustrée, 18 octobre 1884, p. 332.
- ↑ Le Monde illustré, 30 mai 1891, p. 423.
- ↑ Journal officiel de la République française (JORF), 4 juillet 1886, p. 3042.
- ↑ Nicolas, p. 235.
- ↑ JORF, 21 juillet 1885, p. 3763.
- ↑ JORF, 16 janvier 1895, p. 272.
- ↑ Guillevic et al., p. 19.
- ↑ André Philippe (d), Musée départemental des Vosges. Catalogue de la section des beaux-arts, Épinal, 1929, p. 59.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Émile Gridel, Souvenirs d'un louvetier : chasses des Vosges, Paris, Firmin-Didot, 1891 (consultable en ligne sur Gallica).
- Jean-Luc Guillevic, Jacques Hallez et Philippe Le Stum, Joseph-Émile Gridel. La Vision inédite d'un peintre lorrain en Bretagne entre 1862 et 1878, Douarnenez, ArMen/Le Chasse-Marée, 1998, 149 p.
- Émile Nicolas, « Joseph-Émile Gridel, peintre, chasseur, écrivain », Le Pays lorrain, octobre-décembre 1992, p. 231-236 (consultable en ligne sur Gallica).
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :