États de choc

film américano-mexicain de Jieho Lee, sorti en 2007

États de choc (The Air I Breathe) est un film américano-mexicain réalisé par Jieho Lee et sorti en 2007. Il s'agit d'un film choral mettant en scène une distribution d'ensemble composée de Kevin Bacon, Julie Delpy, Brendan Fraser, Andy Garcia, Sarah Michelle Gellar, Emile Hirsch et Forest Whitaker.

États de choc
Titre original The Air I Breathe
Réalisation Jieho Lee
Scénario Jieho Lee
Bob DeRosa
Musique Marcelo Zarvos
Acteurs principaux Kevin Bacon
Brendan Fraser
Andy Garcia
Sarah Michelle Gellar
Forest Whitaker
Sociétés de production NALA Films
Paul Schiff Productions
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 97 minutes
Sortie 2007

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Basée sur un ancien proverbe chinois, l'intrigue est divisée en quatre émotions représentées par quatre personnages : bonheur, plaisir, douleur et amour. Un homme d'affaires parie sa vie sur une course de chevaux ; un gangster peut voir dans l'avenir ; une star de la pop tombe dans les bras d'un parrain de la pègre ; un docteur se démène pour sauver l'amour de sa vie.

Le film reçoit des critiques majoritairement négatives, mais certaines prestations des acteurs sont saluées, notamment celles d'Andy Garcia, Sarah Michelle Gellar et Forest Whitaker.

Synopsis

modifier

Chacun des éléments de la vie est illustré à travers quatre personnes différentes dans les rues de Los Angeles. Elles ont un lien avec Fingers, un gangster local notoire. Le nom des sentiments apparait à chaque chapitre.

Happiness

Happiness (Forest Whitaker est un employé de banque. Effacé et discret, il est passionné par les papillons. Un jour, il surprend par hasard une conversation entre des connaissances au sujet d'une course hippique truquée. Il décide alors de parier 50 000 dollars, somme qu'il emprunte à un bookmaker. Malheureusement, il perd son pari.

Le parieur en question est surnommé « Fingers », car il a pour habitude de couper les doigts de ceux qui ne remboursent pas leurs dettes. Fingers menace l'employé de banque, tandis que son homme de main lui rend visite pour réclamer l'argent. Pris de pitié pour l'employé, l'homme de main lui remet un revolver et s'en va. Désespéré, l'employé braque sa propre banque. Dans sa fuite, il est légèrement heurté par un véhicule en mouvement avant de se réfugier sur le toit d'un immeuble. Cerné, il reçoit l'ordre de la police de lâcher son arme. Il refuse d'obtempérer, jette le sac d'argent du haut du toit et est abattu par les forces de l'ordre. En tombant au sol, son manteau s'étale, lui donnant l'apparence d'un papillon.

Pleasure

Pleasure (Brendan Fraser), l'homme de main de la mafia, a un passé tragique. Doté du don de voir l'avenir des personnes qu'il croise, il n'a plus aucun plaisir de savourer les surprises de la vie. Dans sa jeunesse, il a dû défendre son frère cadet lors d'une bagarre de rue contre deux adolescents ; bien qu'il ait remporté le combat, il a retrouvé son frère sans vie. Il est régulièrement assailli par des réminiscences de cet événement. Plus tard, il rejoint le gang de Fingers et devient l'un de ses hommes de confiance, principalement grâce à son don. Toutefois, il est incapable de voir l'avenir de Trista, une chanteuse et danseuse pop montante au tempérament quelque peu morose.

L'homme de main est chargé de veiller sur Tony, le neveu de « Fingers » venu lui rendre visite. Il a une vision de Tony escaladant une clôture avant de retomber en arrière. Pour éviter les ennuis, il laisse Tony dans une boîte de nuit pendant qu'il travaille (en percevant le racket de protection). Malheureusement, l'une des jeunes femmes qui accompagnent Tony, sous l'emprise de la drogue, titube jusqu'à la pièce voisine. Lorsque Tony la suit, une lutte pour une arme s'engage et un mafieux plus âgé reçoit une balle. L'homme de main sauve Tony ; ils fuient les sbires et finissent par se retrouver près de la clôture aperçue dans la vision. Tony parvient à s'échapper, tandis que l'homme de main est rattrapé par les sbires, sauvagement passé à tabac, puis soigné à l'hôpital par le Dr Love (Kevin Bacon).

Sorrow

Une célèbre chanteuse et danseuse de pop est connue sous le nom de scène de Trista (elle refuse à quiconque de dire son vrai nom). Elle repense très souvent à son enfance, quand elle a vu son père mourir, percuté accidentellement par une voiture, juste après qu'il lui a promis d'« être là pour elle ». Cette perte l'a profondément marquée. L'agent de Trista, lourdement endetté auprès de Fingers, détourne l'argent de la chanteuse pour le rembourser. Comme cela ne suffit pas, il finit par céder le contrat de Trista à Fingers. Furieuse, Trista tente d'échapper à l'emprise du gangster et rencontre Pleasure. Fingers a naturellement déjà ordonné à ses hommes de la retrouver. Pleasure, compatissant, vient en aide à Trista en l'hébergeant chez lui, sachant que sa maison est le seul endroit où Fingers ne songera pas à la chercher. Ils deviennent amants, mais Fingers finit par découvrir où elle se cache et tue Pleasure, plongeant Trista dans une douleur encore plus profonde. Avant de mourir, elle révèle son vrai nom à son amant : Sorrow.

Elle révèle que son groupe sanguin est AB lorsqu'un journaliste télévisé désagréable (Jon Bernthal) lui demande ce qui la rend unique. Cette information suscite un espoir lorsque le Dr Love l'entend à la télévision, alors qu'il cherche désespérément ce groupe sanguin  identique à celui de son amie Gina  pour tenter de lui sauver la vie après une morsure de serpent.

Love

Le Dr Love entretient une relation avec son amie de longue date Gina (Julie Delpy). N'ayant jamais avoué ses sentiments, il a laissé Gina épouser son meilleur ami, Henry. Lorsque Gina est mordue par un serpent venimeux et a besoin d'un groupe sanguin rare, le Dr Love, désespéré, se précipite sur le lieu de tournage où Trista donne son interview. Au même moment, l'assistant de Trista tente de l'aider à s'enfuir. Le Dr Love court vers Trista. Ses gardes du corps, le prenant pour un fan déséquilibré, le maîtrisent. Dans la confusion, Trista chute accidentellement, se cogne la tête et se retrouve à l'hôpital. À son réveil, Fingers lui apprend qu'elle est enceinte et qu'elle devra avorter en raison de sa tournée à venir. Accablée par la perte de cet enfant  le seul lien qui lui restait avec l'homme qu'elle aimait , elle s'échappe discrètement de sa chambre et monte sur le toit pour se jeter dans le vide et mettre fin à ses jours par suicide.

Le Dr Love, qui se trouve là par hasard, l'aperçoit de puis le parking et accourt juste à temps pour la voir enjamber le parapet. Il saisit le drap qu'elle portait autour d'elle telle une cape et parvient à la retenir. Il lui explique qu'elle doit remonter et lui saisir la main pour qu'il puisse la hisser vers le haut. Une fois cela accompli, le film montre Gina, sauvée, sortant de son coma. Le Dr Love prête sa voiture à Trista pour la remercier d'avoir sauvé Gina. Elle quitte l'hôpital.

Fin

Fingers cherche Trista à l'hôpital, mais ses efforts restent vains car elle est déjà partie. Alors que Trista s'enfuit au volant de la voiture de Love, elle heurte légèrement Happiness qui traverse la chaussée en courant après avoir quitté la banque (une scène vue plus tôt de son point de vue) ; tandis qu'elle est arrêtée à un carrefour, tentant de réaliser tout ce qui vient de se passer, le sac d'argent qu'Happiness a jeté du haut de l'immeuble atterrit sur le toit de sa voiture. Le film s'achève sur Trista dans un aéroport, en route pour partir au loin ; le sac d'argent lui procure les ressources financières nécessaires pour échapper à Fingers et refaire sa vie à l'étranger avec son bébé.

Fiche technique

modifier

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».

Distribution

modifier

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

 Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[4] et selon le carton du doublage français sur le DVD zone 2.

Production

modifier

Jieho Lee écrit le script en 2003. Il l'envoie ensuite à plusieurs producteurs, dont Lawrence Bender et John Woo, avant de finalement s'associer à Paul Schiff (en)[5].

Paul Schiff présentée le projet à Emilio Diez Barroso (en) (président et fondateur de NALA Films (en)), qui le finance grâce à des fonds provenant d'investisseurs privés, de subventions publiques et de programmes d'aide au cinéma tels que le fonds géré par l'Institut mexicain de cinématographie[6]. Diez Barroso, Caamaño-Loquet et Schiff officient donc en tant que producteurs, en association avec Paul Schiff Productions, alors que Tai Duncan assure la coproduction exécutive aux côtés de Christopher Pratt[6].

Le processus de casting prend ensuite environ deux ans au réalisateur[5]. Dans une interview en avril 2008, il déclare : « J'ai eu de la chance, mais j'étais aussi très préparé. Je dessinais des storyboards, je puisais dans mon inspiration musicale et je me renseignais sur chaque acteur que je rencontrais, jusqu'au nom de son chien […] C'était un processus difficile et solitaire. Je croyais devenir fou et je me demandais ce que je faisais de ma vie. Mais il y avait des gens qui croyaient au projet. » Sarah Michelle Gellar, qui a qualifié le scénario de « l'un des plus beaux et des plus originaux » qu'elle ait jamais lus, a été la première actrice à être engagée, après avoir suivi ce scénario pendant quelques années[7]. Compte tenu du budget limité du film, le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur délégué sont tous apparus dans des rôles secondaires à l'écran[5].

Le tournage a lieu à Mexico[8],[9]. Il ne dure que 29 jours avec 50 lieux différentes. Jieho Lee qualifié le tournage de « folie » et explique : « On courait partout. C'était complètement fou. Je crois que je suis tombé malade parce que je n'ai pas dormi du tout[5]. »

Accueil

modifier

Critique

modifier

Sur le site d'agrégation de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient 11% d'avis favorables, pour 38 critiques. Le consensus suivant résumé les avis collectés : « [10]. » Sur le site Metacritic, qui utilise une moyenne pondérée, le film obtient la note de 37100 pour 9 critiques[11].

Lisa Schwarzbaum de Entertainment Weekly donne au film film un "D−" et parle de « parodie involontaire »[12]. Claudia Puig de USA Today reconnait que chaque segments du film  a ses moments  mais que, dans l'ensemble, le long métrage manque d'une « vision d'ensemble »[13]. Dans New York Daily News, Jack Mathews estime que le film présente un « scénario alambiqué » dont les quatre segments sont tous ratés, malgré les excellentes prestations des acteurs[14]. Dans le Los Angeles Times, Carina Chocano reconnait que toute la distribution est de « haut calibre » tout particulièrement Andy Garcia et Forest Whitaker, mais estime que « l'ensemble ressemble à une contrefaçon pirate » dotée de « toute l'innovation esthétique d'une publicité pour rasoirs jetables [...] allégorie dénuée de sens, à la violence et à la prétention ». Elle ajoute même que le tout devient « de plus en plus grotesque à chaque minute »[15] Dans Variety, Ronnie Scheib plébiscite les acteurs mais juge le film « d'une prétention morose » et s'interroge sur le public visé, estimant qu'il « met à rude épreuve tant la crédulité que la patience »[16].

Box-office

modifier

Le film ne connait qu'une sortie limitée dans sept salles américaines où il n'engendre que 25 775 $ de recettes[17]. Il totalise 2,6 millions de dollars au box-office mondial[18]. En France, il sort direct-to-video.

Commentaires

modifier

Les images d'archives de Julie Delpy proviennent du film The Voyager (1991) de Volker Schlöndorff[19].

Notes et références

modifier
  1. « Release infos » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database
  2. « Parental guide » ((en) guide parental), sur l'Internet Movie Database
  3. Sur son badge, on peut voir qu'il ne nomme en réalité John White
  4. « Fiche du doublage français du film », sur RS Doublage.
  5. 1 2 3 4 « Director Jieho Lee Returns with Movie » [archive du ], (consulté le )
  6. 1 2 Pamela McClintock, « Thesps take breath of indie 'Air' » [archive du ], (consulté le )
  7. « Sarah Michelle Gellar Southland Tales Interview » [archive du ] (consulté le )
  8. « Filming & production » (tournage et production), sur l'Internet Movie Database
  9. « Emotional Connection » [archive du ], (consulté le )
  10. (en) « The Air I Breathe », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le )
  11. (en) « The Air I Breathe », sur Metacritic (consulté le )
  12. Lisa Schwarzbaum, « The Air I Breathe », Entertainment Weekly, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  13. Claudia Puig, « The Air I Breathe », USA Today, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. Jack Mathews, « 'Air I Breathe' tries for Confucian, adds confusion », New York Daily News, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  15. Carina Chocano, « Allegory just hot air with a few laughs », Los Angeles Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  16. Ronnie Scheib, « Review: 'The Air I Breathe' », Variety, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  17. « Domestic 2008 Weekend 4 » [archive du ] (consulté le )
  18. (en) « The Air I Breathe », sur Box Office Mojo (consulté le )
  19. « Trivia » ((en) anecdotes), sur l'Internet Movie Database

Liens externes

modifier