Le magistros Étienne (Στέφανος ; fl. 886–921) est un parent de l'impératrice Théodora et un haut dignitaire de la cour byzantine de la fin du IXe et du début du Xe siècle.

Biographie

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Dans les sources, il est couramment désigné comme « Étienne le magistros, fils de Kalomaria » (Στέφανος ὁ μάγιστρος ὁ τῆς Καλομαρίας). Il est donc le fils de Marie, sœur de l'impératrice Théodora, épouse de l'empereur Théophile et régente pour Michel III[1],[2].

Il est mentionné pour la première fois en 886, au début du règne de Léon VI le Sage, lorsqu'il est chargé, avec le domestique des Scholes André le Scythe, de diriger le tribunal chargé d'examiner les accusations de trahison portées contre le patriarche Photios et Théodore Santabarenos[1],[3].

Comme André, Étienne avait déjà fait partie de la cour sous le père de Léon, Basile Ier le Macédonien, mais, vers la fin du règne de celui-ci, il semble avoir appartenu à un groupe de partisans de Léon qui, en 883, est même accusé de conspirer contre Basile[4]. Sa carrière avant 886 reste inconnue, mais son sceau, daté d'environ -, mentionne les dignités qu'il détient successivement : basilikos protospathaire, patrice et anthypatos[1].

Étienne n'est plus mentionné pendant la plus grande partie du règne de Léon VI, mais il conserve probablement son titre de magistros durant toute cette période. Il réapparaît vers 908 dans un acte d'arbitrage concernant le monastère de Kolobou, près du mont Athos, comme membre de la commission chargée d'examiner l'affaire[1]. En 910, il est le destinataire d'une lettre du diplomate Léon Choirosphaktès, dans laquelle ce dernier lui demande d'intercéder auprès de l'empereur afin d'obtenir son rappel d'exil[1].

En , le frère et successeur de Léon VI, Alexandre, le désigne comme l'un des sept tuteurs du jeune Constantin VII Porphyrogénète, aux côtés du patriarche Nicolas Ier Mystikos, du magistros Jean Eladas, du rhaiktor Jean Lazanes, d'un certain Euthyme, par ailleurs mal connu, ainsi que de Basilitzès et Gabrielopoulos, deux proches d'Alexandre. Tous ces hommes agissent dans une forme de conseil de régence[1],[5].

Dans cette fonction, il participe en à la réception des fils du tsar bulgare Siméon Ier au palais des Blachernes, aux côtés du patriarche Nicolas Mystikos et de Jean Eladas[1].

Follis représentant l'impératrice-régente Zoé et son fils Constantin VII.

Étienne conserve une position élevée sous la régence de l'impératrice douairière Zoé Carbonopsina (r. -). En 917, il est ainsi en mesure, avec Constantin Gongylès, d'intercéder en faveur de l'amiral Romain Lécapène et de lui éviter l'aveuglement, auquel celui-ci risquait d'être condamné pour ne pas avoir suffisamment soutenu l'armée de terre lors de la désastreuse bataille d'Anchialos contre les Bulgares[1],[6].

L'importance de sa position apparaît encore en 919 lorsque Zoé est écartée de la régence par Constantin VII avec le soutien de Lécapène : le jeune empereur cherche alors à faire reconnaître cette décision par Étienne et par le patriarche Nicolas Mystikos[1].

Étienne ne parvient toutefois pas à empêcher le coup de force de Lécapène du . Lorsque la flotte impériale, commandée par ce dernier, entre dans le port du Boukoléon, Étienne prend la fuite hors du palais. Romain Lécapène est aussitôt nommé magistros et megas hetaireiarches et prend de fait le contrôle du gouvernement[1],[7].

Lécapène agit rapidement pour consolider sa position. En , sa fille Hélène épouse Constantin VII et Lécapène reçoit le nouveau titre de basiléopator ; le , il est élevé au rang de césar ; enfin, le , Romain Lécapène est couronné empereur principal[8].

Plusieurs complots contre le nouvel homme fort sont découverts au cours des années suivantes, tandis que les partisans du désormais impuissant Constantin VII sont progressivement écartés et exilés. Malgré son âge avancé — il devait alors avoir plus de quatre-vingts ans — Étienne est à son tour victime de cette purge le . Accusé de nourrir lui-même des ambitions impériales, il est exilé sur l'île d'Antigone, où il est contraint de devenir moine. Ses partisans Théophane Teichiotès et l'orphanotrophe Paul sont également exilés[1],[9].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 PmbZ, Stephanos (#27224).
  2. ↑ Runciman 1988, p. 48.
  3. ↑ Tougher 1997, p. 73–74.
  4. ↑ Tougher 1997, p. 58.
  5. ↑ Runciman 1988, p. 47–48.
  6. ↑ Runciman 1988, p. 56.
  7. ↑ Runciman 1988, p. 59–60.
  8. ↑ Runciman 1988, p. 60–62.
  9. ↑ Runciman 1988, p. 66.

Sources

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