Île Princess Royal

île en Colombie-Britannique (Canada)

L'île Princess Royal (en anglais : Princess Royal Island) est une île de la côte de la Colombie-Britannique, au Canada. Elle se situe au sud du district régional de Kitimat-Stikine sur le Passage Intérieur. Butedale, une ancienne conserverie de poisson, est la seule localité active.

Île Princess Royal
Princess Royal Island (en)
Localisation de l'île Princess Royal
Localisation de l'île Princess Royal
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Localisation Côte de la Colombie-Britannique
Coordonnées 52° 57′ 06″ N, 128° 50′ 42″ O
Superficie 2 270 km2
Côtes 700 km
Point culminant mont Parry (1 055 m)
Administration
Province Drapeau de la Colombie-Britannique Colombie-Britannique
District régional Kitimat-Stikine
Autres informations
Fuseau horaire UTC-8
Géolocalisation sur la carte : Colombie-Britannique
(Voir situation sur carte : Colombie-Britannique)
Île Princess Royal
Île Princess Royal
Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique
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Île Princess Royal
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Île Princess Royal
Île Princess Royal

Géographie

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Côte est de l'île à l'embouchure de la Canoona.

L'île Princess Royal est l'une des nombreuses îles qui émaillent la côte de la province canadienne de la Colombie-Britannique. Elle se situe au centre des côtes de la province, au débouché du chenal Douglas. Administrativement, elle dépend de l'aire électorale C (Butedale/Kitlope/Kitsumkalum) du district régional de Kitimat-Stikine. L'île comporte plusieurs réserves indiennes appartenant soit aux Giga'ats soit aux Kitasoo-Xai'xais. Pour les Giga'ats ce sont les réserves de Kahas 7, Kayel 8, toutes deux au nord de l'île et Lackzuswadda 9 sur un îlot à l'ouest de l'île, au débouché du fiord Surf. Pour les Kitasoo-Xai'xais ce sont : Canoona 2, Dil-Ma-Sow 5, Kinmakanksk 6, Lattkaloup 9, St. Joe 10 et Ulthakoush 11. Elle borde la voie maritime du Passage Intérieur entre Port Hardy (225 km) et Prince Rupert (140 km). L'île est séparée du continent à l'est par le chenal de Princess Royal et de l'île Sarah par le chenal Tolmie. Au sud, le passage Meyers la sépare de l'île Swindle. Au sud-ouest, le bassin et le chenal Laredo la sépare de l'île Aristazabal. Au nord-ouest, le chenal Campania la sépare de l'île Campania et le chenal Whale la sépare de l'île Gil. Enfin à la pointe nord voisine l'île Gribbell. Butedale, un ancienne conserverie de poisson, sur la côte est, est la seule localité active de l'île. Les localités habitées les plus proches sont le phare de Boat Bluff (4 km) sur l'île Sarah, le village de Klemtu (5 km) sur l'île Swindle, au sud et Hartley Bay (20 km) au nord sur le continent[1],[2],[3],[4],[5].

L'île, de forme ovale, mesure 82 km de long, du nord au sud et 45 km de largeur maximale, d'est en ouest, pour une superficie de 2 770 km2[a]. Le relief, très marqué avec des sommets à plus de 1000 m d'altitude, culmine au mont Parry (1 055 m). La côte orientale est peu découpée comparativement à la côte occidentale, entaillée profondément par les fiords, notamment Laredo et Surf. L'île est subdivisée en de nombreux bassins hydrographiques. Parmi ces cours d'eau on peut noter les fleuves côtiers Surf tributaire du fiord Surf sur la côte ouest et la Canoona tributaire du chenal Princess Royal sur la côte est. De nombreux lacs ponctuent ces cours d'eau tels les lacs Deer (4,5 km2[a]), Bear (4,8 km2) et Cougar (3,3 km2) sur la rivière Surf ou les lacs Anchor (10,7 km2) et Canoona (3,5 km2) sur la Canoona. Le lac Whalen qui recoupe la pointe nord de l'île est le plus vaste (21,5 km2)[1],[2].

Géologie

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La suite plutonique de Captain Cove datée du crétacé inférieur représente les deux-tiers de la couverture géologique de l'île. Elle domine largement à l'ouest de l'île. Elle est constituée le plus souvent de tonalites avec des inclusions mafiques et un aplatissement qui décroissent du centre vers la périphérie du massif. Plus localement, en particulier près de la côte ouest, cette suite est composée de granodiorites. Dans d'autres cas, en particulier face aux îles Gil ou Campania elle peut se composer de gabbros, de hornblendites et de pyroxénites. Ces roches sont à gros grains sans foliation. On y observe des hornblendites pegmatitiques qui recoupent les pyroxénites[6].

La suite plutonique d'Ecstall, datée du crétacé moyen domine sur la côte est, le long du chenal de Princess Royal. Elle se rencontre aussi plus localement sur la côte ouest. Elle se constitue de tonalites non foliées[6].

La suite plutonique de Mac Cauley est la troisième formation en importance. Elle occupe un triangle le lac Bear et le chenal Tolmie. Elle est datée du crétacé inférieur. Elle se compose de diorites accompagnées parfois de pyroxénites, gabbro ou trondhjémites modérément aplaties avec des zones protomylonitiques[6].

Très localement, on rencontre d'autres formations. La formation du chenal Mathieson, datée du dévonien inférieur est composées de roches métamorphisées détritiques fines à grossières (conglomérats) voire calcaire ou volcaniques. Elle se rencontre en divers sites sur les rives de l'île. On rencontre aussi des gneiss datés du paléozoïque ou de l'ordovicien au trias au fond du fiord Laredo[6].

Histoire

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Le port de Butedale sur la côte est (avril 1975).

L'île se situe sur le territoire traditionnel des Tsimshans : Gitga'ats, Laxyuups, Kitasoos ; des Heiltsuks : Xai'xais, et des Haislas[6]. Les vestiges du village haisla de C'idexs subsistent sur la côte est Il est nommé probablement ainsi à cause de l'abondance des baies à proximité dont la surconsommation provoque des diarrhées. Le village est renommé Butedale, en 1911, lors de la fondation d'une conserverie de poisson et d'un nouveau village[7].

La mine de Belmont ou de Surf Inlet sur la rivière paradise sur le bassin versant du fleuve Surf est explorée et mise timidement en exploitation au début du XXe siècle entre 1902 et 1905. La mine produit de l'or, de l'argent et du cuivre. En 1916, à Port Belmont, au fond du fiord Surf, un barrage submersible est construit sur le fleuve Surf qui réhausse le lac Cougar pour alimenter une centrale hydroélectrique. Celle-ci fourni l'électricité au port, à la mine et au village minier[8]. L'activité minière reprend en 1917 avec la mise en fonction d'un broyeur d'une capacité journalière de 270 tonnes. L'activité suspendue en 1926 reprend en 1934 avec une capacité de broyage réduite à 63 tonnes par jour. La mine ferme en 1942 malgré une tentative de réouverture en 1946. Depuis, plusieurs forages exploratoire ont été entrepris. La production totale est estimée à 2 800 tonnes de cuivre, 12 tonnes d'or et 6 tonnes d'argent[9],[10].

Le 14 février 1950, a lieu un accident aérien sur un bombardier nucléaire des États-Unis, au dessus de la Colombie-Britannique. Le bombardier Convair B-36, transportant une bombe nucléaire sans sa charge de plutonium, tombe en panne de 3 moteurs sur six et devient incontrôlable. Après avoir largué sa bombe en mer, l'équipage se parachute au dessus de l'île Princess Royal. 12 des 17 membres d'équipage sont recueillis par les sauveteurs, les autres étant présumés tombés en mer et morts de froid[11].

Toponymie

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L'île Princess Royal est nommée par le capitaine britannique Duncan du nom de son petit navire, un sloup avec 15 hommes d'équipage, en 1788, lors d'une expédition commerciale. Il navigue alors dans les parages où Il achète de fourrures de loutres de mer pour le marché chinois[12].

Écologie

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Aire protégée

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L'île Princess Royal est protégé, sur la moitié de sa superficie, dans le cadre des aires de conservation de Moksgm'ol/Chapple-Cornwall (Moksgm'ol/Chapple-Cornwall Conservancy) et du Kitasoo Spirit Bear (Kitasoo Spirit Bear Conservancy). Cette dernière aire se prolonge au sud sur les îles Swindle et Price. Le camping sauvage, la pêche et la chasse sont autorisés, sauf exception, dans le respect de la réglementation provinciale. L'aire est gérée conjointement par BC parks et le conseil des Kitasoo-Xai'xais de Klemtu[13],[14].

Forêt du Grand Ours près de Butedale, une souche d'un vieux cèdre abattu voisine avec de jeunes arbres.

L'île Princess Royal se situe dans la forêt pluviale du Grand Ours, qui couvre les côtes centrale et nord de la Colombie-Britannique[15]. Elle appartient à la zone biogéoclimatique britanno-colombienne côtière à Pruche de l'ouest notée : CWHZ ( Coastal Western Hemlock Zone), sous-zone très pluvieuse et hypermaritime notée vh (very wet, hypermaritime) dans l'ouest et sous zone très pluvieuse et maritime notée vm (very wet, maritime) dans l'est. Trois espèces représentent les trois-quarts des peuplements. Ce sont, dans l'ouest, par ordre d'abondance : la Pruche de l'ouest (Tsuga heterophylla), le Cèdre rouge de l'ouest (Thuja plicata) et le Cyprès de Nootka (Cupressus Nootkatensis). Dans l'est, ce sont les mêmes espèces, toutefois le Sapin gracieux (Abies amabilis) y est plus abondant que le Cyprès de Nootka. Les autres conifères géants sont : l'Épicéa de Sitka (Picea sitchensis), la Pruche subalpine (Tsuga mertensiana) et le Pin tordu (Pinus contorta)[16],[17],[18],[19]. Toutefois, les sommets de l'île appartiennent à la zone à Pruche subalpine notée MH (Moutain Hemlock Zone) où la forêt tend avec l'altitude à se réduire à des îlots entourés de prairies et de landes . Les sommets du nord-ouest de l'île appartiennent à la sous-zone pluvieuse et hypermaritime, notée wh (wet, hypermaritime) où trois essences se partagent assez équitablement la quasi-totalité des peuplements : le Cyprès de Nootka, la Pruche subalpine et la Pruche de l'ouest. Au nord-est de l'île, les sommets appartiennent à la sous-zone humide et maritime, notée mm (moist, maritime) où la Pruche subalpine et le Sapin gracieux représentent les trois-quarts des peuplements[20],[21].

Notes et références

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  1. 1 2 Les longueurs et surfaces sont estimées grâce aux outils de mesures de Toporama et d'OpenstreetMap.

    Références

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    1. 1 2 « Butedale Road, Princess Royal Île, Colombie-Britannique », sur Toporama (consulté le )
    2. 1 2 Les Contributeurs d'OpenStreetMap, « Île Princess Royal, District régional de Kitimat-Stikine, Colombie-Britannique, Canada », sur OpenStreetMap (consulté le )
    3. ↑ « The Property », sur Butedale Bay (consulté le )
    4. ↑ « Réserves/Établissements/Villages », sur Gouvernement du Canada, (consulté le )
    5. ↑ « Réserves/Établissements/Villages : Kitasoo Xai'xais Nation », sur Gouvernement du Canada, (consulté le )
    6. 1 2 3 4 5 (en) « Klemtu, Colombie-Britannique, Canada » (carte géologique), sur BC interactive Map (consulté le )
    7. ↑ (en) « Butedale », sur BC Geographical Names
    8. ↑ (en) « Princess Royal Island, BC : Port Belmont, Surf Inlet – Dam Assessment », sur RAM (consulté le )
    9. ↑ (en) Larry D. Jones et Karl A. Flower, « MINFILE Record Summary : MINFILE No 103H 027 », sur British Columbia - Ministry of Energy, Mines and Petroleum Resources, (consulté le )
    10. ↑ (en) « Production Detail : MINFILE No 103H 027 » [PDF], sur British Columbia - BC Geological Survey - Ministry of Energy, Mines and Petroleum Ressources (consulté le )
    11. ↑ (en) Mark Finlay, « Broken Arrow: The B-36 Bomber That Lost The USA's First Atomic Bomb », sur Simple Flying, (consulté le )
    12. ↑ (en) John Walbran, British Columbia coast names, 1592-1906, to which are added a few names in adjacent United States territory : their origin and history, with map and illustrations, Ottawa, Bureau des publications gouvernementales, , 546 p. (DOI 10.14288/1.0221858, lire en ligne), p. 444-445
    13. ↑ (en) « Kitasoo Spirit Bear Conservancy », sur BC Parks (consulté le )
    14. ↑ (en) « Moksgm'ol/Chapple – Cornwall Conservancy », sur BC Parks (consulté le )
    15. ↑ Chloé Dioré de Périgny, « Protection de la forêt du Grand Ours : des Premières Nations renforcent leur position. », sur Radio-Canada, (consulté le )
    16. ↑ (en) Derek Marcoux, « CDF Coastal Western Hemlock Zone » [PDF], sur Selkirk College (consulté le )
    17. ↑ (en) « Coastal Western Hemlock Zone », sur The University of British Columbia | Centre for forest conservation genetics (consulté le )
    18. ↑ (en) « CWH subzone map 2 » [gif] (carte floristique), sur The University of British Columbia | Centre for Forest Conservation Genetics (consulté le )
    19. ↑ (en) « CWH species composition », sur The University of British Columbia | Centre for Forest Conservation Genetics (consulté le )
    20. ↑ (en) « Mountain Hemlock Zone », sur The University of British Columbia|Centre for Forest Conservation Genetics (consulté le )
    21. ↑ (en) « MH species composition », sur The University of British Columbia|Centre for Forest Conservation Genetics (consulté le )

    Liens externes

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