Accident ferroviaire de Cléon
L'accident ferroviaire de Cléon est un accident ferroviaire survenu le , vers 19 h 30 (heure locale), près de la commune de Cléon (France). Alors qu'elle traverse ce secteur, la rame de transport express régional (TER) exploitée par SNCF Voyageurs et circulant en unité multiple heurte, d'après les premiers éléments de l'enquête, un obstacle métallique présent sur la voie. Le choc provoque le déraillement de plusieurs voitures, dont l'une se couche sur le flanc. L'accident ne fait aucun mort mais quarante-quatre des cent quatre-vingt-six passagers présents à bord sont blessés. La piste du sabotage est évoquée par les autorités dans un premier temps, avant d'être écartée au profit de la piste crapuleuse.
Informations essentielles
| Accident ferroviaire de Cléon | ||
Autorail X 76500 TER Normandie similaire à ceux impliqués dans le déraillement. | ||
| Caractéristiques de l'accident | ||
|---|---|---|
| Date | ||
| Type | Déraillement | |
| Causes | Inconnues ; enquête en cours | |
| Site | Près de Cléon (France) | |
| Coordonnées | 49° 18′ 36″ nord, 1° 03′ 07″ est | |
| Caractéristiques de l'appareil | ||
| Type d'appareil | Deux X 76500 en unité multiple | |
| Compagnie | SNCF Voyageurs | |
| No d'identification | TER no 852086 | |
| Lieu d'origine | Gare de Rouen-Rive-Droite (France) | |
| Lieu de destination | Gare de Caen (France) | |
| Passagers | 186[Note 1] | |
| Équipage | 1 conducteur[Note 2] | |
| Bilan | ||
| Blessés | 44 | |
| modifier |
||
Appareil impliqué
modifierLe train impliqué dans le déraillement est un autorail X 76500 (ou XGC)[1],[2] exploitée par SNCF Voyageurs sur le réseau TER Normandie, également appelé TER Nomad[3]. Le jour de l'accident, il circule en unité multiple, composé de deux rames accouplées (les X 76577/78[2],[4] et X 76619/20[5]), et assure une liaison entre les gares de Rouen-Rive-Droite et de Caen[3].
Déroulement de l'accident
modifierLa rame assurant le TER no 852086 quitte la gare de Rouen-Rive-Droite le , à 19 h 6 (heure locale)[6],[7]. Vers 19 h 30[8], alors qu'elle circule à 140 kilomètres par heure (vitesse maximale de la ligne) sur la ligne de Serquigny à Oissel, après avoir traversé la gare d'Oissel, à l'approche du passage à niveau no 33 à proximité de la commune de Cléon[9],[7] avec cent quatre-vingt-six passagers à son bord[10], elle heurte, d'après les premiers éléments de l'enquête, une « barre métallique » se trouvant sur la voie, que les enquêteurs identifient par la suite comme un « morceau de rail »[11]. Le choc provoque de « violentes secousses » dans l'ensemble de la rame[12]. Plusieurs voitures déraillent tandis que des vitres se brisent et que du ballast pénètre à l'intérieur du train ; après avoir déraillé, la voiture de tête, où se trouve notamment la cabine de conduite, se sépare du reste de la rame et se couche sur le flanc dans le bois environnant[13],[14],[7].
Opérations de secours
modifierLes secours arrivent sur le lieu de l'accident peu de temps après. Environ cent trente pompiers sont dépêchés sur place, accompagnés de cinq équipes médicales, ainsi que de quatre-vingt véhicules d'intervention[15]. Les passagers sont évacués puis regroupés dans une salle de spectacle à Cléon[12]. Le bilan humain est de quarante-quatre blessés, dont une passagère de dix-huit ans évacuée par hélicoptère[6] en urgence absolue jusqu'au centre hospitalier universitaire de Rouen[16].
Enquête
modifierPeu après l'accident, une enquête est ouverte par la police judiciaire de Rouen afin de déterminer les causes exactes du déraillement[17]. Les investigations sont rapidement orientées vers un « morceau de rail » se trouvant sur la voie, et que le train aurait heurté[17]. L'hypothèse d'un « acte de malveillance » est rapidement évoquée et fait partie des pistes envisagées[18],[19],[20]. Les enquêteurs doivent encore déterminer si l'obstacle a été placé intentionnellement ou s'il s'y trouve pour une autre raison[17].
Au lendemain du drame, Le Président de la Région Normandie, l'ancien ministre Hervé Morin, précise que le train est entré en collision avec « une barre de fer de 100 kg au moins », et laisse entendre qu'« la seule chose que je peux vous dire, c’est que le rail n’est pas arrivé là par hasard », laissant entendre l'acte délibérément malveillant[9].
Le , le procureur de la République de Rouen, juridiction dont dépend Cléon, assure au micro d'ici Normandie, qu'« à ce stade, je n'ai absolument aucune preuve d'un acte qui aurait été commis avec l'intention délibérée de faire dérailler le train »[21].
Le même jour, Ouest-France rapporte que ce secteur géographique est considéré, par les cheminots, qu'en « interne, il est même considéré comme "une zone critique", théâtre de vols de câbles, dépôt d’objets divers, jets de pierres et même de tirs sur les rames en circulation »[22].
Le Journal d'Elbeuf rapporte les propos d'un syndicaliste de la CGT Cheminots le , affirmant qu'un conducteur effectuant cette même ligne Rouen-Caen dans l'autre sens est passé une heure avant sans voir de rail sur les voies[23]. Il affirme également qu'une catastrophe de plus grande ampleur a été évitée : un train effectuant là encore cette même ligne mais dans le même sens que le train ayant déraillé a été stoppé à temps, à un quart d'heure près[23].
Le , le BEA-TT publie son premier rapport purement descriptif et que les investigations vont se porter sur le déroulement du déraillement, la gestion des matériaux issus de travaux, les alertes et les mesures d'urgences concernant ce type d'évènement[7].
Dégâts sur les infrastructures
modifierLes opérations d'évacuation des deux XGC accidentés débutent le et devraient durer au moins une semaine[24]. Ces opérations nécessitent l'intervention des deux grues Kirow existantes en France et la mobilisation de 200 agents SNCF dont 25 spécialisés dans ce type d'opération[24].
L'exploitation de la ligne ne reprendra que le 5 octobre 2026, soit 3 semaines et 3 jours après l'incident, le déraillement ayant notamment endommagé trois poteaux supportant la caténaire sur plus de 400 mètres[23][25].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Au moment du déraillement.
- ↑ Pas de sources concernant la présence à bord ou non de contrôleurs.
Références
modifier- ↑ Erwan Alix, « Accident de train en Normandie : ce genre d’événement est-il fréquent ? »
, Ouest-France, (consulté le ). - 1 2 « Un train déraille en Normandie : la piste de l’acte malveillant privilégiée après l’accident qui a fait 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans en urgence absolue »
, Sud Ouest, (consulté le ). - 1 2 « Une quarantaine de blessés, un morceau de rail retrouvé sur les voies, le trafic perturbé... Ce que l'on sait après le déraillement d'un TER reliant Rouen à Caen »
, sur franceinfo.fr, France Info, (consulté le ). - ↑ Virginie Salanson, « Acte malveillant privilégié, 44 blessés : ce que l'on sait sur le déraillement d'un train près de Rouen »
, sur ici.fr, (consulté le ). - ↑ [vidéo] Le Parisien, « Un TER déraille à 140 km/h en Normandie, 44 blessés », sur YouTube, (consulté le ).
- 1 2 [vidéo][Production de télévision] « Un TER déraille : la grande frayeur des passagers », Didier Piereschi, Elias Hassani et Axel Hourteillan, dans Journal de 20 heures sur TF1, .
- 1 2 3 4 « Déraillement d'un TER à Cléon : le BEATT précise ses pistes d'investigation »
, sur ville-rail-transports.com, (consulté le ). - ↑ « Déraillement d'un train : un morceau de rail "déchiqueté par le choc" au cœur de l'enquête selon le procureur de Rouen »
, sur Ici Normandie, (consulté le ). - 1 2 Johan Bescond, « "Le train s’est soulevé" : 44 blessés, "acte malveillant"… Ce que l’on sait du déraillement sur la ligne Rouen-Caen »
, Ouest-France, (consulté le ). - ↑ « "Acte malveillant", morceau de rail sur la voie, 44 blessés : ce que l’on sait du déraillement d’un TER en Seine-Maritime »
, Le Figaro, (consulté le ). - ↑ « Déraillement du TER en Normandie : la piste de l’acte malveillant se précise »
, Libération, (consulté le ). - 1 2 Jean Kedroff, « "Un bruit énorme", des vitres qui volent en éclats : les passagers racontent le déraillement du train Rouen-Caen »
, Le Figaro, (consulté le ). - ↑ « Une malveillance privilégiée après le déraillement spectaculaire d'un TER en Normandie »
, L'Avenir, (consulté le ). - ↑ « Des zones d’ombre demeurent après le déraillement d’un TER en Seine-Maritime », sur franceinfo, (consulté le ).
- ↑ « Déraillement d'un TER en Seine-Maritime : blessés, témoignages, enquête... Ce que l'on sait de l'accident ferroviaire »
, sur tf1info.fr, TF1 Info, (consulté le ). - ↑ Manon Lombart-Brunel, « Déraillement d'un train à Cléon en Seine-Maritime : 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans en urgence absolue »
, sur ici.fr, ici, (consulté le ). - 1 2 3 Julia Méreau, « "Un train est passé une heure avant" : qui a fait dérailler le TER en Normandie, et pourquoi ? Les premiers éléments de l’enquête »
, La Voix du Nord, (consulté le ). - ↑ (en) « French police suspect train derailment was sabotage »
, Le Monde, (consulté le ). - ↑ (en) Jaroslav Lukiv, « French officials investigate if malicious act caused train derailment »
, sur bbc.com, British Broadcasting Corporation, (consulté le ). - ↑ (en) Alexandra Snow, « Sabotage blamed after train derails in France »
, The Daily Telegraph, (consulté le ). - ↑ « Déraillement d'un train : un morceau de rail "déchiqueté par le choc" au cœur de l'enquête selon le procureur de Rouen - ICI », sur ici.fr (consulté le )
- ↑ « Déraillement d’un train en Normandie : la thèse de l’acte malveillant prend de plus en plus d’épaisseur », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- 1 2 3 « Déraillement du TER Rouen-Caen : un autre train stoppé à temps, « à 15 minutes près, c’était la catastrophe du siècle » »
, sur actu.fr, (consulté le ). - 1 2 « Déraillement d’un train près de Rouen : l’opération pour relever le TER accidenté a débuté à Cléon, elle pourrait durer plus d’une semaine »
, sur leparisien.fr, (consulté le ). - ↑ Pauline Landais-Barrau, « Déraillement d’un TER en Normandie : le trafic reprend ce lundi sur la ligne, plus de 3 semaines après l’accident », sur Le Figaro, (consulté le )

