Al-Malikiyya

village palestinien disparu

Al-Malikiyya (arabe : المالكية, également transcrit Al-Malikiyah et al-Malkiyya) est un village palestinien disparu en 1948, situé dans le Jabal Amel. En 1920, il est recensé avec les villages du mandat français sur la Syrie et le Liban. Lors de la délimitation de la frontière avec le mandat britannique, il est rattaché à la Palestine mandataire. Sa population était majoritairement métualie, une variante du chiisme.

Al-Malikiyya
al-Malikiyya en mai 1948.
Géographie
Pays
Sous-district
Partie de
Superficie
7,3 km2
Altitude
700 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
360 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
49,3 hab./km2 ()
Carte

Il est dépeuplé lors de la guerre de Palestine de 1948 comme des centaines d’autres villages lors de l’opération Hiram, puis détruit. La colonie de Malkiya est construite à sa place en 1949[1],[2].

Toponymie

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Selon Palmer, le nom du village vient du verbe arabe malek : posséder, régner [3].

Géographie

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Al-Malikiyya se trouvait en Galilée, dans le nord de la Palestine, à une altitude moyenne de 675 mètres et à 15 kilomètres au nord de Safed, dans le sous-district de Safed[4]. Le village lui-même était construit sur le versant nord d'une colline, à moins de 500 mètres du Liban. Al-Malikiyya était desservi par la route ouest-est d'Acre (Akka) à Damas. Cette route, longeant la frontière, reliait le village à la grande route côtière et à la route de Safed[4].

Les villages voisins d'al-Malikiyya étaient Saliha au sud-ouest, Deishum au sud et Qadas à l'est. Au nord et à l'ouest, les terres du village étaient bordées par la frontière libanaise[5] qui le séparait du village d'Aitaroun[6].

La superficie totale des terres du village était de 7 328 dounams (7,4 km²)[7], dont la totalité appartenait à des Arabes, sauf deux dounams de terres publiques[4]. Les terres classées incultes représentaient 42 % du total, laissant 4725 dounams (472 hectares) en culture, dont 4225 dounams classés comme cultures céréalières[8],[4].

Histoire

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Le site de la ville byzantine de Caphargun peut se trouver a al-Malikiyya, l'autre candidat étant Umm Juniyya, au sud du lac de Tibériade[4].

Selon le géographe Yaqout al-Rumi (mort en 1228), les habitants du village possédaient un plateau de bois dont ils considéraient qu'il avait appartenu au prophète Mahomet[2],[9].

Empire ottoman

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La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman. Dans le defter (registre fiscal) de 1596, al-Malikiyya est noté comme relevant de la nahié (sous-district) de Tibnin et la liwa' (district) de Safad, avec une population de 369 habitants. Il payaient l'impôt sur leurs récoltes (blé, orge) et leur cheptel (chèvres, ruches)[10],[11].

Victor Guérin visite Malkieh en 1875, dont il estime la population à 300 métualis. Il note également que le village, situé au sommet d'une colline, ne possède ni puits ni citernes et que les femmes vont chercher l'eau à la source du village voisin, Qadas (proche du site de Tel Qadesh)[12]. Un birkeh (en) proche du village est indiqué sur la carte du PEF[13].

En 1881, le rapport du Palestine Exploration Fund's (SWP) décrit Al-Malkiyya comme construit de pierre et de briques crues, dans la plaine à l'est de la vallée. L'eau est fournie par des puits alimentés par l'oued proche. Les 200 à 300 habitants cultivaient les oliviers[14].

Mandat britannique

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En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d'al-Malikiyya est conquise fin 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

En 1921, al-Malikiyya est recensé au sein du Liban par les autorités mandataires françaises.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1931 mené par les autorités britanniques, El Malikiya a une population de 254 habitants, tous musulmans, dans 48 maisons[15].

Dans la dernière phase de la grande révolte arabe (1936-1939), les Britanniques inaugurent à al-Malikiyya une nouvelle technique de répression, l'enfermement de masse temporaire de la population masculine lors des ratissages dans un enclos temporaire de 50 mètres de côté. Combinée avec le travail forcé et d'autres punitions, elle permet le recrutement d'informateurs utiles. Ils sont enfermés plusieurs jours sans abris, ni nourriture ni eau, à part ce que les femmes pouvaient leur apporter[16].

Les Statistiques de Village de 1944 estiment la population d'al-Malikiyya à 360 habitants, tous musulmans[17],[7].

Guerre de 1948

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Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, al-Malikiyya est attribué à l’État juif[5].

Al-Malikiyya change de mains cinq fois au cours de la guerre de 1948, entre mai et octobre[2]. Il est d'abord occupé par le deuxième bataillon de l'armée de libération arabe (ALA), commandé par Adib Chichakli, futur président de la Syrie. Selon Hani al-Hindi, dans la nuit du 12 mai, un peu avant la date prévue de la la fin du mandat britannique (15 mai), le Palmah, les unités commando de la milice sioniste Haganah, s'emparent du village[4]. L'ALA reprends al-Malkiyya dès le lendemain[4].

Des parachutistes israéliens sont alors largués sur le village le 15 mai, qu'ils n'auraient conservé qu'un jour, jusqu'à l'arrivée de l'armée libanaise, qui prend le village et aurait eu 200 morts dans l'opération selon la Haganah. L'armée israélienne fait une nouvelle tentative le 20 mai[4].

Selon la Haganah, la ruse suivante a été utilisée le 29 mai. Une attaque est montée, pour pousser les Libanais à demander du renfort. Une colonne israélienne arrive alors au village en passant par le territoire libanais, se faisant passer pour les renforts attendus. Elle rencontre et détruit les véritables renforts, puis s'empare du village au matin du 29 mai[4].

Les 5 et 6 juin 1948 (le 7 juin selon l’Encyclopédie de la Question palestinienne), l'armée libanaise et l'armée israélienne s'affrontent à al-Malikiyya. Les combattants libanais sont commandés par Saïd Nasrallah et le colonel El Sheikh Fawaz Kais, le premier devenant chef d'état-major après la guerre. L'armée libanaise occupe le village pendant environ un mois jusqu'aux combats contre les Israéliens. Elle réussit à tenir ses positions mais reçoit l'ordre de se retirer, à cause de pressions de pays étrangers. Le colonel Kais refuse d'obéir et continue de tenir ses positions avec sa section, la situation lui paraissant sous contrôle et ses troupes pouvant défendre le village. Mais les autres sections se retirent, laissant les hommes du colonel Kais défendre al-Malikiyya seuls. Après de durs combats, les soldats libanais perdent leurs positions et doivent battre en retraite. Ces combats sont la seule participation directe de l'armée libanaise à la guerre de Palestine[18].

Selon l’Encyclopédie de la Question palestinienne, c'est fin octobre que le village tombe finalement aux mains de l'armée israélienne, lors de l'opération Hiram. Les habitants qui avaient pu revenir au village s'enfuient à ce moment-là[4].

Le village est dépeuplé le 28 mai 1948, selon Benny Morris[19].

Période israélienne

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En 1949, le kibboutz Malkiya est créé sur les terres du village. Au début des années 2020, les terres du village sont clôturées et interdites d'accès comme zone militaire[4].

Voir aussi

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Bibliographie complémentaire

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Articles connexes

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Liens externes

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Al-Malkiyya » (voir la liste des auteurs).

  1. ↑ Morris, 2004, p. xxii, Settlement #135, established 1949.
  2. 1 2 3 Khalidi, 1992, p. 471.
  3. ↑ Palmer, 1881, p. 88.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « al-Malikiyya — المالِكِيَّة », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
  5. 1 2 Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
  6. ↑ Google map, recherche Malkia
  7. 1 2 Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 70 « https://web.archive.org/web/20150924150804/http://www.palestineremembered.com/download/VillageStatistics/Table%20I/Safad/Page-070.jpg »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?),
  8. ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945., cité par Hadawi, 1970, p. 119 « https://web.archive.org/web/20150924152125/http://www.palestineremembered.com/download/VillageStatistics/Table%20II/Safad/Page-119.jpg »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?),
  9. ↑ Mu'jam Al-Buldan, cité par Le Strange, 1890, p. 77.
  10. ↑ Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 179, cités par Khalidi, 1992, p. 471.
  11. ↑ Selon Rhode, 1979, p. 6 « https://web.archive.org/web/20190420031504/https://www.academia.edu/2026845/The_Administration_and_Population_of_the_Sancak_of_Safed_in_the_Sixteenth_Century »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), , ce registre date de 1548/1549, et pas de 1595/6.
  12. ↑ Guérin, 1880, p. 373.
  13. ↑ Conder, Kitchener, 1881, SWP I, p. 251.
  14. ↑ Conder, Kitchener, 1881, SWP I, p. 202 ; cité par Khalidi, 1992, p. 471.
  15. ↑ Mills, 1932, p. 108.
  16. ↑ Charles W. Anderson, « The Suppression of the Great Revolt and the Destruction of Everyday Life in Palestine », Jerusalem Quaterly, automne 2019, no 79.
  17. ↑ Department of Statistics, 1945, p. 10.
  18. ↑ Morris, 2004, p. 276.
  19. ↑ Morris, 2004, p. xvi, village #25. Also gives cause of depopulation.

Bibliographie

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