Apollonie de La Rochelambert

aristocrate française

Apollonie de La Rochelambert (Saint-Cloud, , à Paris), comtesse de Valon, est une aristocrate et femme politique française des XIXe et XXe siècles.

Apollonie de La Rochelambert
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Père

Biographie

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Origine

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Apollonie de La Rochelambert est d’une ancienne famille d'Auvergne[1], établie plus tard dans le comté de Laval[2]. Elle est la fille aînée d'Henri de La Rochelambert, sénateur et industriel, et de Marie Charlotte Apollonie (1802-1893), fille du vicomte Alphonse de Bruges (1764-1820), lieutenant général.

Voyage en Allemagne

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La chute de Charles X rend son père, Henri de La Rochelambert, à la vie privée. Son épouse, dévouée à la famille royale, voulut suivre les exilés, et quitta Paris, sans esprit de retour, donnant ordre de vendre son château de Montretout et ses autres biens. Sa femme crut devoir le suivre provisoirement. Avec ses trois enfants et ses gens, elle prit un passeport pour l'Allemagne, le [3]. Apollonie de Bruges était née à Berlin en 1803. Elle y retrouva, en 1830, les compagnes de son enfance et conquit rapidement des amitiés plus hautes. La vicomtesse de Bruges et sa fille prirent dans la société prussienne une situation exceptionnelle[3]. La famille de La Rochelambert fréquenta la famille royale de Prusse où les jeunes ménages étaient fort unis, et connut les jeunes Otto von Bismarck et Edwin von Manteuffel[3]. Pour l'Abbé Angot[4], Apollonie semble s'être contentée de jouir dans sa jeunesse des frivolités et des honneurs que sa naissance, son alliance, son esprit et ses charmes lui assuraient tant à la cour de Berlin que dans l'aristocratie française. Apollonie revint en France pour sa première communion[3].

Mariage

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Fixée à Paris, elle épousa, en 1846, le comte Louis Alexis de Valon, d'une famille qui fournit plusieurs députés à la Corrèze[3]; elle se partageait entre les résidences de sa nouvelle famille en Limousin et en Normandie. Elle se fit partout chérir par sa bienfaisance[3].

Apollonie organise des fêtes qu'elle donnait, soit à Paris, en son hôtel de la place Beauvau, soit dans un de ses castels de province, qui provoquaient l'empressement des invités[5]. Elle eut un salon, où fraternisaient la politique et l'esprit de société[6], et qui accueillit la plupart des écrivains et artistes romantiques tels que Gustave Flaubert, Prosper Mérimée, Guy de Maupassant et Théophile Gautier[7].

Légitimisme

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Une fraction de la noblesse cherchant à se rallier, et Napoléon III s'appliquant à se former une cour, on échangeait les politesses et les avances ; l'hésitation d'Henri de La Rochelambert, son père, à se rapprocher du pouvoir n'avait duré que le temps des justes préliminaires. Deux de ses filles se flattèrent d'être choisies, à quelques années d'intervalle, parmi les dames du palais de l'impératrice Eugénie de Montijo[5]. Seule, Appolinie demeurait sur la réserve et ne parut pas aux Tuileries[8]. Son père devint sénateur du Second Empire.

L'Exposition universelle de 1867 amena à Paris le roi de Prusse Guillaume Ier qu'elle devait revoir très familièrement l'année suivante aux eaux d'Ems. Sa sœur, Madame de La Poëze, assiste en 1869 à l'inauguration du Canal de Suez[3].

Guerre franco-allemande de 1870

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Les relations de la famille de La Rochelambert en Allemagne furent mises à profit par Apollonie de La Rochelambert lorsqu'éclata la Guerre franco-allemande de 1870, déclarée entre ses deux patries[3]. La comtesse commençait une cure d'eau en Allemagne. Elle l'alla continuer en Suisse. Elle fit preuve de dévouement[9].

Retirée bientôt, en pleine occupation prussienne[3], au Château de Rosay-sur-Lieure (Eure), elle est traitée elle-même de Prussienne et sa vie est menacée[10]. Grâce à son amitié avec Edwin von Manteuffel, elle peut adoucir le fléau de l'invasion en Normandie.

Carrière politique

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Le salon d'Apollonie de La Rochelambert acquit une importance considérable, surtout après la Guerre franco-allemande de 1870, lorsqu'il fut devenu un centre, un terrain de groupement, pour des amis et des collaborateurs d'Adolphe Thiers. Plus d'une grave décision intéressant l'avenir du pays y fut prise[5].

La comtesse de Valon eut, sans le vouloir, un rôle politique, dans la conclusion du Traité de Francfort. Augustin Pouyer-Quertier, beau-père de sa nièce, profita souvent de sa connaissance de la langue allemande et des mœurs prussiennes, de ses relations avec les hommes politiques et les officiers du plus haut rang, le général Edwin von Manteuffel surtout, pour faciliter les négociations si épineuses qui précédèrent l'évacuation du territoire français.

Légitimiste convaincue, la comtesse fut au courant de tout ce qui se fit pour préparer le retour d'Henri d'Artois, comte de Chambord. Pendant que l'armée française occupait encore le département de l'Eure, elle avait reçu de fréquentes visites de Robert d'Orléans, duc de Chartres qui, présenté sous le nom de Robert Lefort, ne trahit jamais son incognito[3].

Troisième république

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Après la fin du conflit, le comte et la comtesse de Valon étaient rentrés à Paris, Rue Saint-Florentin; et, Pouyer-Quertier, avait, pour ainsi dire, élu domicile chez son ami, Léon de Valon[11].

Le salon d'Apollonie de La Rochelambert était devenu, par la force des circonstances, un cercle politique de premier ordre, où se préparaient les grandes mesures financières. Charles Raymond de Saint-Vallier s'y rendit plus d'une fois, afin d'y conférer, avec Pouyer-Quertier, sur ce qu'il faudrait répondre à Otto von Bismarck, qui occupait le Château de Compiègne[12].

Plus tard, en 1873, Robert d'Orléans, revint, se fit connaître, amena Philippe d'Orléans, comte de Paris, qui fit dans le salon du Château de Rosay-sur-Lieure des déclarations expresses sur l'accord de la famille royale.

Madame de Valon regardait le Château de Thévalles (Mayenne) près de Chémeré-le-Roi comme le plus intéressant des châteaux ; pourtant elle l'habita peu, sauf dans son enfance et vers la fin de sa vie, quand elle en prit la charge pour le sauver[3].

Armoiries

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Image Armoiries

Armes de la famille de La Rochelambert

D'argent au chevron d'azur, au chef de gueules[13],[14]

  1. « Amour ou guerre »[14] ;
  2. « Ny crainte, ny envie »[14].

Ascendance & postérité

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Notes et références

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  1. Dubois 2010, p. La Rochelambert.
  2. Antiquaires de France 1862, p. 363.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Souvenirs… par Gustave Clément-Simon.
  4. « Apollonie de La Rochelambert », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
  5. 1 2 3 Les Annales politiques et littéraires , article de Frédéric Lolliée, sur les « Trois sœurs de la Rochelambert » (7 août 1904). Voir en ligne
  6. « CTHS - VALON-LA ROCHELAMBERT Apollonie de », sur cths.fr (consulté le )
  7. Un blog privé sur Rosay.
  8. Elle se rattachait, par là, aux idées de sa mère, la marquise de La Rochelambert, de tendance légitimiste.
  9. Elle se remettait à peine quand, apprenant qu'un convoi de blessés français a été interné à une demi-journée de chemin de fer, elle se munit d'un faux passeport et accompagnée de la dame qui le lui a procuré, passe la frontière. Elle parlait l'allemand comme sa langue propre. Ce fut même ce qui faillit la compromettre. Enfin elle atteint son but. Tout en parlant aux officiers, elle se fait reconnaître pour française par les blessés, prend l'adresse de leurs familles, les lettres qu'on peut lui remettre, dit à tous d'encourageantes paroles et repart en hâte. Elle reçut, rentrée chez elle, 154 lettres des familles qu'elle avait rassurées.
  10. Elle se venge en remplissant son château de typhiques et de varioleux et en vivant au milieu d'eux.
  11. Il y recevait et travaillait; se rendait, à une heure tardive de la nuit, au ministère des finances, où il s'accordait à peine quelques moments de sommeil; et, le matin, après avoir dépouillé son courrier, donné audience, il en repartait, à la plus vive allure de ses trotteurs filant sur Versailles.
  12. Dans cette demeure, affluaient tous les personnages qui tenaient un des fils de la politique du moment, aussi bien étrangère qu'intérieure. De ce nombre était Laurence Oliphant, prédécesseur d'Henri Opper de Blowitz. Il avait été présenté par un confrère parisien, ami de la maison, Guy de Charnacé, chez la comtesse. Touché de son influence et conduit par ses sympathies, Oliphant imprima, à la correspondance de The Times, un caractère de bienveillance à l'égard des personnes et des choses de France, qui n'était pas le ton habituel du journal londonien.
  13. Jourda de Vaux 1931, p. 42.
  14. 1 2 3 4 Rietstap 1884.
  15. Bertrand de Valon sur Idref.
  16. L'Écho de la Mayenne, 24 juillet 1884.
  17. « Notice LH de Marie Auguste Aimé de La Rochelambert », base Léonore, ministère français de la Culture.

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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