Arabo-boulonnais
L'Arabo-boulonnais (ou Araboulonnais) est un type de cheval issu d'un croisement industriel entre deux races, l'Arabe et le Boulonnais. Bien que connu dès la fin du XIXe siècle, ce croisement est officialisé seulement en 1984 en France, au haras national de Compiègne, dans le but de réduire la consanguinité chez le Boulonnais et d'élever un cheval mieux adapté à l'attelage.
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Cheval de selle |
| Taille | 1,57 à 1,62 m |
| Poids | Moins de 600 kg en première génération |
| Robe | Généralement gris |
| Tête | Profil concave |
| Autre | |
| Utilisation | Selle et traction légère |
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L'Arabo-boulonnais présente un type trait léger compact et fort, plus ou moins lourd selon l'influence des deux races parentes. Utilisé tant sous la selle que comme carrossier, il brille en compétitions d'attelage, la jument Képhren de Mésenguy ayant été sacrée championne du monde de la discipline en 2008. Confidentiel, l'élevage de ce cheval de croisement est cantonné à la région des Hauts-de-France.
Histoire
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Il existe plusieurs graphies, dont Arabo-boulonnais[1],[W 1], Araboboulonnais[2] et Araboulonnais[P 1],[3].
Diverses sources de vulgarisation invoquent une filiation prestigieuse pour ces chevaux, faisant appel à la cavalerie au temps de la Rome antique, et aux Croisades[2],[1]. Un croisement volontaire entre Arabe et Boulonnais est mentionné, sous le nom d'« arabo-boulonnaises », dans un numéro du Bulletin de la Société d'agriculture, du commerce et des arts de l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer, en 1889[4].
L'Arabo-boulonnais actuel est une création du personnel des Haras nationaux français[2]. Ce croisement résulte des conseils de sauvegarde du cheval Boulonnais, mis en place au haras national de Compiègne à partir de 1984[W 1], préconisant d'apparier des juments boulonnaises avec des étalons arabes[W 2]. L'objectif est double : réintroduire ensuite ces chevaux parmi la race boulonnaise pour limiter sa consanguinité, et élever un cheval d'attelage adapté aux spécificités de ce marché[W 1],[1]. En 1991, un attelage d'Arabo-boulonnais est présent sur la Route du Poisson[5] ; il provient d'un élevage de l'Oise, démarré à la suite de l'action du directeur du haras de Compiègne[6].
Les Arabo-boulonnais sont longtemps enregistrés dans le registre généalogique (stud-book) du demi-sang arabe[W 1]. En 2010, un stud-book B est ouvert dans le stud-book Boulonnais pour enregistrer spécifiquement ces animaux, sous le nom d'« Araboulonnais »[P 1]. Selon l'institut d'agronomie italien, il s'agit d'une race récente qui reste en cours de sélection[W 3]. Cependant, d'après le site officiel des éleveurs d'Arabo-boulonnais, ces chevaux ne constituent pas une véritable race, car ils ne disposent d'aucun registre généalogique propre[W 1].
Description
modifierDécrire l'Arabo-boulonnais est difficile, dans la mesure où le modèle de chaque cheval dépend du pourcentage d'origines arabes ou boulonnaises[W 1].
Taille et poids
modifierD'après CAB International (2016), la taille va de 1,57 à 1,62 m en moyenne[7]. Le site italien Agraria indique 1,55 à 1,60 m[W 3] ; le site officiel des éleveurs français indique une fourchette plus large, de 1,55 à 1,70 m[W 1]. Le maximum est de 1,75 m, d'après Gianni Ravazzi[1].
Les Araboulonnais de première génération pèsent en principe moins de 600 kg[8].
Morphologie, allures et tempérament
modifierLe type est celui du cheval de trait raffiné[7], se rapprochant du modèle des chevaux mareyeurs de la fin du XIXe siècle[W 1]. Le modèle général est compact et fort[1]. Ces chevaux ont pour caractéristiques communes une bonne charpente[W 1], une encolure puissante[1], une épaule généralement droite, un dos solide[W 1] avec une ligne dorsale droite[1], et une croupe arrondie[W 1]. Les membres sont solides[1].
Les allures sont distinguées[W 1]. D'après l'élevage de Mesenguy, le caractère est plus proche de celui du cheval de sang que de celui du cheval de trait[W 4].
Robes
modifierSélection
modifierLe stud-book B du Boulonnais intègre automatiquement tout cheval Arabo-boulonnais[W 1]. Tout cheval ayant un père Arabe n'est par ailleurs admissible que dans le livre B de la race du Boulonnais[9]. Si un Arabo-boulonnais est une jument et qu'elle est saillie par un étalon Boulonnais, le poulain reste considéré Arabo-boulonnais[9]. Si l'Arabo-boulonnais de deuxième génération est une femelle et qu'elle est saillie par un étalon Boulonnais, ce poulain de troisième génération, à 75 % d'origines Boulonnais, pourra être éventuellement, après avis de la commission du stud-book, intégré au livre A du Boulonnais[9].
Le concours national annuel d'Arabo-boulonnais est organisé en même temps que le concours de race Boulonnais[P 2].
Interrogés sur l'Arabo-boulonnais, les éleveurs Francis et Charlotte Urbain estiment que ce croisement est le choix le plus rationnel pour les personnes désireuses de travailler avec leur cheval d'origine boulonnaise[P 3].
Utilisations
modifierL'Arabo-boulonnais est un cheval de selle et de traction légère[7], porteur et polyvalent[W 1]. Il peut pratiquer l'attelage, la randonnée équestre, ou encore le dressage[2],[1].
L'Arabo-boulonnais est réputé à l'attelage[10],[11], pour lequel il constitue un cheval de compétitions remarquable[1]. Il est par ailleurs représenté en attelage de tradition[12], par exemple à Pau durant la saison estivale[P 4], ou encore pour de la promenade en attelage[P 5]. L'Institut français du cheval et de l'équitation a deux Arabo-boulonnais de formation à l'attelage sur son site de Rosière-aux-Salines[W 5], Gamin du bois godet et Gauguin Dumare Deter, débourrés à l’attelage en décembre 2019[W 6].
La jument Arabo-boulonnaise Képhren de Mesenguy, issue de la ferme de Mesenguy à Villotran au nord de Beauvais, a été sacrée championne du monde d'attelage à un cheval par équipes en Pologne et médaille d'argent en individuel, en , menée par Anne-Violaine Brisou-Lapointe[P 6],[W 7],[W 4].
Enfin, l'Arabo-boulonnais sert de monture à des éco-gardes et à la Garde républicaine[1].
Diffusion de l'élevage
modifierGianni Ravazzi et Victor Siméon le classent parmi les races françaises[1]. L'Arabo-boulonnais est confidentiel, ce qui rend ces chevaux difficiles à trouver[W 8]. Les élevages sont essentiellement situés dans les Hauts-de-France[W 8].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Ravazzi et Siméon 2010, p. 133.
- 1 2 3 4 Dal'Secco 2006, p. 47.
- ↑ (en) Valerie Porter, Mason's World Dictionary of Livestock Breeds, Types and Varieties, CABI, , 6e éd. (ISBN 978-1-78924-153-2, lire en ligne), p. 180.
- ↑ Bulletin, vol. 25 à 27, Société d'agriculture, du commerce et des arts de l'arrondissement de Boulogne-sur-mer, , p. 173.
- ↑ Lizet 1996, p. 19.
- ↑ Lizet 1996, p. 25.
- 1 2 3 Porter et al. 2016, p. 439.
- ↑ Françoise Racic-Hamitouche et Sophie Ribaud, Cheval et équitation, Paris, Artemis, , 287 p. (ISBN 978-2-84416-468-1, BNF 41084254), p. 248.
- 1 2 3 Syndicat hippique boulonnais, « Règlement du stud-book du Boulonnais »
[PDF], Institut français du cheval et de l'équitation, (consulté le ). - ↑ Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Tous les chevaux du monde, Delachaux et Niestlé, , 544 p. (ISBN 2-603-01865-5), p. 154..
- ↑ Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Guide des chevaux d'Europe, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02437-9), p. 175..
- ↑ Laurence Grard Guénard, Les fondamentaux de l'attelage : Galops 1 à 7, Éditions Amphora, coll. « Fondamentaux du sport », , 351 p. (ISBN 978-2-85180-738-0 et 9782851807380), p. 309.
Références de presse
modifier- 1 2 Maylis Chauvin, « Le trait boulonnais, un élevage en survie », Cheval Magazine, no 519, , p. 40-43.
- ↑ Joël Rochoy (Clp), « À la Maison du cheval de Samer, le concours national des étalons Boulonnais devient international », sur lavoixdunord.fr, La Voix du Nord, (consulté le ).
- ↑ Magali Mustioli-Herce, « Zoom sur les boulonnais et les frisons, géants des pâtures de la côte picarde » [archive du ]
[html], sur courrier-picard.fr, Le Courrier picard, (consulté le ). - ↑ Renée Mourgues, « Norbert et son meilleur ami »
[html], sur La République des Pyrénées, (consulté le ). - ↑ « Gennes-Ivergny : Marché paysan - Soutenir les producteurs en achetant local »
[html], L'Abeille de la Ternoise, (consulté le ). - ↑ « Anne-Violaine Brisou-Lapointe championne du monde »
[PDF], Le journal de Bois-Colombes, 2008-2009, p. 11.
Références associatives et web
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 « Caractéristiques » [archive du ], sur arabo-boulonnais.fr via Internet Archive, arabo-boulonnais.fr (consulté le ).
- ↑ Espaces naturels régionaux et Emmanuel Caux, Annuaire des étalons Boulonnais, Villeneuve d'Ascq, , 21e éd., 98 p. (lire en ligne [PDF]), p. 3.
- 1 2 (it) « Razze cavalli : Araboulonnais », sur agraria.org (consulté le ).
- 1 2 « En visite chez les champions du monde : l'arabo-boulonnais de Mesenguy est champion du monde d'attelage », sur Conseil des Chevaux Hauts-de-France, (consulté le ).
- ↑ « Nos chevaux de formation »
[html], sur ifce.fr, Institut français du cheval et de l'équitation (consulté le ). - ↑ Anne Sophie Azzos, « Printemps de l’attelage : le bilan de Diane Delmas »
[html], sur ifce.fr, Institut français du cheval et de l'équitation, (consulté le ). - ↑ « Le portrait d'Anne-Violaine Brisou »
[html], sur cavalassur.com (consulté le ). - 1 2 « Où les trouver ? » [archive], sur arabo-boulonnais.fr via Wikiwix, arabo-boulonnais.fr (consulté le ).
Annexes
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- [Dal'Secco 2006] Emmanuelle Dal'Secco, Les chevaux de trait, Paris, Éditions Artemis, , 119 p. (ISBN 978-2-84416-459-9, présentation en ligne).

- [Lizet 1996] Bernadette Lizet, Champ de blé, champ de course : Nouveaux usages du cheval de trait en Europe, Jean-Michel Place, coll. « Bibliothèque équestre », , 324 p. (ISBN 2-85893-284-0, OCLC 39080278).
. - [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J. G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107 p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453), « Arab », p. 439.
. - [Ravazzi et Siméon 2010] Gianni Ravazzi et Victor Siméon (trad. de l'italien par Cécile Breffort), L'Encyclopédie mondiale des chevaux de race : Plus de 150 races de chevaux de selle et poneys, Éditions De Vecchi, (ISBN 978-2-7328-9546-8), p. 133.
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