Ariège (IGP)

région viticole

Un ariège[note 2], dénommé vin de pays de l'Ariège de 1968 jusqu'en 2011, est un vin français d'indication géographique protégée de zone, produit dans le département de l'Ariège. La surface de production correspond à environ 60 hectares de vignes essentiellement plantées dans les secteurs septentrionaux et peu élevés du département, à savoir les coteaux du Plantaurel et du piémont pyrénéen. Le nom de l'IGP peut être complété par « Coteaux de la Lèze » ou par « Coteaux du Plantaurel ».

Ariège
Image illustrative de l’article Ariège (IGP)
Coteaux d'Engraviès, vignoble planté à Dun (Ariège).

Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis 1968 (VDP)
et 2009 (IGP)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) piémont pyrénéen
Localisation Ariège (cantons de Lavelanet, La Bastide-de-Sérou, Foix, Mirepoix, Pamiers Ouest et Varilhes)
Climat océanique dégradé sous influences méditerranéenne et montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 158 heures (à Montaut)
Sol plaines et coteaux argilo-calcaires et marneux
Superficie plantée 60 hectares[1]
Nombre de domaines viticoles 6 producteurs
Cépages dominants arrufiac, Camaralet de Lasseube, chardonnay B[note 1], chenin, courbu, gros manseng, mauzac, ondenc, petit courbu, petit manseng, pinot gris, sauvignon (et sauvignon gris), sémillon, viognier, cabernet franc, cabernet sauvignon, cot, fer, gamay, merlot, petit verdot, pinot noir, syrah, tannat, tempranillo
Vins produits 75 % rouges, 15 % rosés et 10 % blancs
Production 1 800 hectolitres (en 2009)
Rendement moyen à l'hectare maximum 65 hl/ha ; 35 pour les surmûris[1]

Histoire

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Origine du vignoble

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La production de vin sur le territoire de l'Ariège est très ancienne. Déjà, en 971, un acte fait mention du vignoble autour de Mirepoix. Par un autre document, on apprend qu'en 1225 le vin partant de Pamiers est exporté par voie d'eau vers le Bordelais, moyennant taxes. Favorisée par le commerce avec les Anglais, la notoriété du vin Ariégeois est telle qu'en 1310, Philippe le Bel se fait envoyer des vins de la contrée (Vira et Teilhet) en grande quantité. L'activité viticole est d'ailleurs favorisée par l'abbaye Saint-Antonin-de-Frédélas[1] et l'évêque de Pamiers, qui perçoit pour chaque barrique quittant le port de la ville (le port du Mail), des barges acheminant le vin jusqu'à Bordeaux. Au XVe siècle, le conseil communal de Pamiers (le « trentat ») estime que « la plus grande part de la fortune de la cité réside dans la vigne »[1]. À la Révolution, la vigne ariégeoise s'étend sur plusieurs milliers d'hectares.

Au XIXe siècle, Napoléon III, souhaitant moderniser l'agriculture française, créé une ferme école par département. En Ariège, elle s'installe en 1850 sur le domaine de Royat, près de Montaut. On fait venir un maître de chais de Bordeaux et on y fera d'importantes découvertes. En premier lieu, la technique de palissage, ensuite la vinification par gravité (et non par écrasage comme il était alors courant de le faire), et surtout on expérimente la taille en cordon de Royat (qui porte donc le nom du domaine)[1]. Cette taille est utilisée aujourd'hui très couramment dans le monde entier. Émile Lefèvre, directeur du domaine et notaire appaméen, notifie les techniques expérimentales dans un ouvrage, Notions de viticulture et de vinification enseignées à la ferme-école de Royat, paru en 1876[2].

Les vignes ariégeoises souffrent comme les autres du phylloxéra, réduisant brutalement le vignoble implanté sur le territoire, passant de 16 000 hectares avant la crise à 1 800 ha en 1897. La vigne regagne du terrain au début du XXe siècle (6 000 ha en 1903) ; en 1925, le vin de la vallée du Douctouyre possède encore une belle réputation, en témoigne une délibération du conseil municipal de Dun qui accepte de financer la gare de Rieucros afin d'acheminer le précieux liquide. Mais la contraction des vignes reprend, accélérée par le phénomène d'exode rural et les conflits mondiaux. On arrache les dernière vignes restantes pour dédier les terres à l'exploitation des céréales ; seules quelques rares parcelles demeurent pour une consommation familiale.

Renaissance

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Ce n'est qu'à la fin des années 1990 que quelques vignerons s'essaient de nouveau à la production du vin ariégeois. Les premiers plants datent de 1998, les premières vinifications sont réalisées en 2000[1]. Les pouvoirs publics avaient créé en 1968 le label « vin de pays » (VDP), une dénomination suivie du nom d'un département ou d'une zone spécifique[3], ce qui autorise de vendre du « vin de pays de l'Ariège ». Aujourd'hui, on tente de réintroduire, grâce au concours de l'INRA, des cépages oubliés et liés à l'Ariège.

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[4] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[5] ; le vin de pays de l'Ariège devient donc le l'IGP « Ariège »[6]. Le cahier des charges est publié en [7], puis modifié en (rajout des chapitres « Spécificité du produit » et « Lien causal entre la spécificité de la zone géographique et la spécificité du produit »)[1].

Vignoble

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Aire de production

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Image externe
Carte des communes concernées

Cette IGP peut être produite sur toutes les communes du département de l'Ariège. Les productions dont le raisin est récolté et vinifié dans les cantons du Fossat et du Mas-d'Azil, au nord-ouest du département, peuvent prétendre au nom complémentaire « Coteau de la Lèze ». Celles qui comportent la mention « Coteaux du Plantaurel » sont issues des cantons de Lavelanet, de La Bastide-de-Sérou, de Foix, de Foix-Rural, de Mirepoix, de Pamiers-Ouest et de Varilhes, au nord-est du département.

La zone de proximité immédiate, où peut s'effectuer la vinification et l'élaboration de vins sans mention géographique supplémentaire, correspond aux cantons de Carbonne et d'Auterive et à l'arrondissement de Muret, dans la Haute-Garonne[1].

Au début des années 2020, les exploitations viticoles se trouvent à Vira (Coteaux d'Engraviès), Lézat-sur-Lèze (domaine de Lastronques), Montégut-Plantaurel (Domaine du Sabarthès), Le Fossat (Dominik Benz), Montaut (Domaine Le Montaltais), Carla-Bayle (Larthet) ou encore Varilhes (domaine de Longpré)…

Géologie

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La vigne est implantée sur des sols de plaine et de coteaux argilo-calcaires et marneux, bien exposés, à altitude relativement faible.

Climatologie

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Le climat de la zone est océanique de type aquitain. Les étés sont chauds et succèdent à des printemps humides qui favorisent le cycle végétatif[1].

Encépagement

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Parcelles dans les coteaux d'Engraviès.

Les IGP ariège peuvent être produits à partir de 26 cépages différents. Les vins blancs le sont par les suivants : arrufiac B[note 1], camaralet de Lasseube B, chardonnay B, chenin B, courbu B, gros manseng B, mauzac B, ondenc B, petit courbu B, petit manseng , pinot gris B, sauvignon (et sauvignon gris G), sémillon B et viognier B.

Pour les vins rouges et rosés : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, côt N, fer N, gamay N, merlot N, petit verdot N, pinot noir N, syrah N, tannat N et tempranillo N[1].

Le cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom d'ariège la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que des blancs surmûris ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi qu'une des deux unités géographiques plus petites que sont « coteaux de la Lèze » et « coteaux du Plantaurel »[1].

Types de vin

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Il existe 21 produits différents autorisés :

  • ariège blanc ;
  • ariège rosé ;
  • ariège rouge ;
  • ariège primeur ou nouveau blanc ;
  • ariège primeur ou nouveau rosé ;
  • ariège primeur ou nouveau rouge ;
  • ariège surmûri blanc ;
  • ariège coteaux de la Lèze blanc ;
  • ariège coteaux de la Lèze rosé ;
  • ariège coteaux de la Lèze rouge ;
  • ariège coteaux de la Lèze primeur ou nouveau blanc ;
  • ariège coteaux de la Lèze primeur ou nouveau rosé ;
  • ariège coteaux de la Lèze primeur ou nouveau rouge ;
  • ariège coteaux de la Lèze surmûri blanc ;
  • ariège coteaux du Plantaurel blanc ;
  • ariège coteaux du Plantaurel rosé ;
  • ariège coteaux du Plantaurel rouge ;
  • ariège coteaux du Plantaurel primeur ou nouveau blanc ;
  • ariège coteaux du Plantaurel primeur ou nouveau rosé ;
  • ariège coteaux du Plantaurel primeur ou nouveau rouge ;
  • ariège coteaux du Plantaurel surmûri blanc.

Gastronomie

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Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

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Annexes

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