Marine espagnole

force navale espagnole
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La Marine espagnole (en espagnol : Armada española) est la composante marine des Forces armées espagnoles. Il s'agit de l'une des plus anciennes forces navales en service, dont la création remonte au XVe siècle.

Marine espagnole
(es) Armada española
Image illustrative de l’article Marine espagnole
Emblème de la Marine espagnole.
Image illustrative de l’article Marine espagnole
Le porte-avions Juan Carlos I en 2023

Création XVe siècle
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Type Marine militaire
Effectif 24 224 (2 022)
Fait partie de Forces armées espagnoles
Équipement ~ 176 navires
Commandant Amiral Antonio Martorell (es)
Pavillon
Pavillon de beaupré

Histoire

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L'origine d'une armée maritime espagnole provient de la découverte des Amériques par Christophe Colomb. La jeune Espagne doit ravitailler et protéger ses provinces d'outre-mer. Commence ainsi un siècle de domination maritime des célèbres galions espagnols sur l'Atlantique, le Pacifique (le lac espagnol), découvert par les Espagnols, et la Méditerranée.

En 1571, l'Empire ottoman tente de prendre le contrôle de la Méditerranée mais une flotte chrétienne se coalisa et la bataille de Lépante permit à l'Espagne de rester la nation dominante.

Au XVIIIe siècle, l'Espagne reçut l'aide de son allié la France pour moderniser ses navires. Bien que l'Espagne n'eut plus la plus grosse flotte de guerre d'Europe (elle disposait de 64 vaisseaux en 1779 mais de seulement 48 armés, ce qui la mettait presque au niveau de la marine française de l'époque), elle conserva un rôle important jusqu'à la bataille de Trafalgar. En 1820, cinq ans après les guerres napoléoniennes, sa flotte ne dispose que 12 à 15 vaisseaux de ligne[1].

À la fin du XIXe siècle, l'Espagne tenta de conserver ses colonies d'Amérique centrale mais la guerre hispano-américaine déboucha sur l'indépendance de Cuba et la perte de nombreuses possessions au profit des États-Unis.

Pendant la guerre civile (-), la marine est scindée selon les deux camps[2],[3].

Depuis 1991, le Service maritime de la Garde civile a repris des fonctions de patrouilles maritimes littorales et fluviales dévolues à la Marine espagnole qui du coup retire peu à peu du service ses navires patrouilleurs pour ne conserver que les patrouilleurs hauturiers

Les origines

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La Marine espagnole est née de l’union des marines de la Couronne de Castille et de la Couronne d’Aragon. La marine aragonaise, de tradition méditerranéenne, privilégiait comme navire de combat la galère et ses dérivés, tandis que la marine castillane, tournée vers l’Atlantique, préférait les navires dépourvus de rames, propulsés uniquement par la voile.

Cette union se produisit sous le règne des Rois Catholiques. La première campagne d’Italie du Grand Capitaine vit ainsi participer les galères de Sicile aux côtés des navires cantabriques dans leur première opération de guerre commune. Juan de Lezcano et Galcerán de Requesens en furent les amiraux, sans véritable rival parmi les capitaines français et locaux.

À cette époque, la marine de guerre espagnole, comme celles des autres pays européens (à l’exception de la république de Venise), n’existait pas encore sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire composée de navires appartenant à l’État et spécialement construits pour la guerre. En raison de la piraterie et de l’insécurité de la navigation, tous les navires étaient armés de canons et d’armes diverses. Lorsqu’ils étaient réquisitionnés par le roi pour une campagne militaire, ils remplaçaient leur cargaison commerciale par du matériel de guerre, tandis que leurs armateurs et équipages étaient rémunérés par la Couronne.

Outre ces navires marchands militarisés, des particuliers armaient également des flottilles de combat et pratiquaient la course jusqu’à ce que le roi fasse appel à leurs services.

Le roi nommait les commandants de ces escadres, à bord desquelles embarquaient également ses troupes. Le combat naval de l’époque différait peu du combat terrestre : on recherchait avant tout l’abordage et le corps à corps, l’artillerie n’étant utilisée que de manière relativement limitée.

L’intérêt pour les galères diminua alors (avant de revenir plus tard) au profit des nefs, des caraques et des caravelles. À la fin du règne des Rois Catholiques, seules quatre galères assuraient encore la surveillance de la côte de Grenade afin de soutenir les autres navires durant l’été.

Naissance de la Marine espagnole

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L’histoire de la Marine espagnole peut être datée des dernières années du XVe siècle et des premières années du XVIe siècle, lorsque les deux royaumes (Castille et Aragon) s’unirent de fait, bien que pas encore juridiquement. À cette époque, il n’existait pas de marine centralisée ; celle-ci ne verra véritablement le jour qu’avec l’arrivée des Bourbons. Néanmoins, il existait déjà des flottes militaires plus ou moins permanentes qui, lorsque cela était nécessaire, se réunissaient pour accomplir une mission déterminée.

Les prémices de cette marine commune peuvent être observées dans les première et deuxième expéditions en Italie ainsi que dans les actions de Gonzalo Fernández de Córdoba en 1494. Cependant, la première grande opération navale conjointe des deux marines fut probablement la bataille de Bataille de Mazalquivir.

Cette bataille, qui marque le début de la campagne espagnole en Afrique du Nord, fut organisée et planifiée par Ferdinand II d'Aragon, roi d’Aragon. Toutefois, son principal promoteur et même son principal financeur fut le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, véritable garant des dernières volontés d’Isabelle Ire de Castille. Pour diverses raisons, tant la Castille que l’Aragon avaient besoin de contrôler la rive sud de la Méditerranée, donnant une nouvelle fois tout son sens à l’expression selon laquelle ils étaient « une seule volonté dans deux corps ».

Après cette conquête, la prise de villes berbères se poursuivit. Le cardinal Cisneros continua à encourager et à diriger ces campagnes, mais c’est désormais le Navarrais Pedro Navarro qui prit le commandement de la flotte. Les sources rapportent ainsi :

Les corsaires barbaresques pillaient audacieusement les côtes de Grenade, attirés par les profits considérables de leurs raids, et bénéficiaient de l’aide des Maures locaux. Le roi ordonna alors au comte Pedro Navarro de partir contre eux ; celui-ci fut l’un des plus grands capitaines qu’ait connus l’Espagne.

Sous les ordres de Pedro Navarro, l’embryon de ce qui deviendrait la Marine espagnole poursuivit ses conquêtes :

  • Le duc de Medina Sidonia s’était déjà emparé de Melilla en 1497.
  • Le rocher de Peñón de Vélez de la Gomera tomba en 1508.
  • Oran fut conquise en 1509, avec la participation du cardinal Cisneros lui-même, alors âgé de soixante-dix ans. Lors de cette opération, la flotte joua un rôle essentiel en menant une attaque combinée avec les forces terrestres débarquées. Trois cents prisonniers chrétiens furent libérés et un grand nombre d’ennemis furent tués.
  • Alger reconnut la suzeraineté espagnole en janvier 1510 et autorisa la construction d’un fort à l’entrée de son port.
  • Dellys, Mostaganem et Sargel devinrent également des États vassaux dans des conditions similaires.
  • La flotte s’empara de Tripoli le 25 juillet 1510.

Les campagnes d’Afrique du Nord sous Charles Quint

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Ces campagnes ont toujours été présentées comme la continuation de la Reconquista et, selon l’historien Ramiro Feijoo, elles l’étaient effectivement, mais avec un caractère essentiellement défensif. Il ne s’agissait pas de conquérir l’ensemble du Maghreb, mais plutôt de protéger les côtes ibériques et italiennes contre les attaques incessantes des corsaires barbaresques. Elles montrent également que la Marine espagnole, comme toutes les autres marines de l’époque, ne disposait pas de la technologie nécessaire pour défendre efficacement un littoral contre de telles incursions. Elle constituait donc un instrument destiné à s’emparer des bases corsaires afin de sécuriser les territoires.

La Marine espagnole eut ensuite un autre grand protagoniste en la personne de Charles Quint et lors de son expédition contre Tunis. Parmi ses principaux soutiens figuraient le Génois Andrea Doria, expert en guerre amphibie, ainsi qu’Álvaro de Bazán l'Ancien, constructeur des navires les plus avancés de son époque.

Andrea Doria offrit à la flotte espagnole certaines de ses premières victoires maritimes contre les Ottomans, notamment avec la conquête de Coron, une place forte espagnole temporaire en Grèce que les Ottomans ne purent empêcher de tomber aux mains des Espagnols. Lorsque ceux-ci assiégèrent Coron par terre et par mer, Doria parvint à repousser leur flotte, pourtant bien plus nombreuse que la flotte hispanique, grâce à une manœuvre navale audacieuse qui permit de secourir la ville. Cet exploit est considéré par l’historiographie comme l’un des plus grands succès tactiques du XVIᵉ siècle.

À la suite de divers événements, les côtes d’Italie et d’Afrique du Nord se retrouvèrent insuffisamment protégées. Le célèbre corsaire ottoman Khayr ad-Din Barberousse ravagea alors ces régions et chassa les Espagnols de Tunis. Barberousse était considéré comme un héros aussi bien par de nombreux musulmans que par certains chrétiens, qui admiraient sa carrière. L’abbé de Brantôme écrivit même à son sujet :

« Il n’eut d’égal ni parmi les conquérants grecs ni parmi les romains. Tout pays serait fier de pouvoir le compter parmi ses enfants. »

En 1535, Charles Quint ordonna la constitution d’une immense flotte. Aux quarante-cinq nefs et dix-sept galères du marquis de Vasto s’ajoutèrent vingt-trois caravelles amenées par Andrea Doria depuis Gênes. Le pape fournit neuf galères, l’Ordre de Malte en apporta six supplémentaires et le Portugal plusieurs voiliers, dont le gigantesque galion Botafogo. À cette centaine de navires vint encore s’ajouter l’ensemble de la flotte espagnole provenant de Naples, de Sicile, de Biscaye et de Malaga.

Lors de cette campagne, la flotte réunie par l’empereur débarqua environ vingt-cinq mille hommes : quatre mille vétérans des guerres d’Italie, neuf mille recrues récentes, sept mille six cents Allemands et cinq mille Italiens. Bien que les contingents fussent variés, l’effort financier reposait principalement sur la Couronne de Castille. À l’issue de l’expédition, l’imposante forteresse de La Goulette ainsi que les villes de Tunis, Bizerte, Béjaïa et Annaba passèrent sous contrôle espagnol.

En 1538, la flotte hispano-génoise commandée par Andrea Doria participa à la Sainte Ligue contre l’Empire ottoman et affronta Barberousse lors de la Bataille de Préveza. Malgré la stratégie du vétéran génois, l’effort chrétien échoua lorsque les Vénitiens, favorables à une entente avec les Ottomans, abandonnèrent leurs alliés au moment le plus critique. La plupart des historiens ont longtemps repris la version vénitienne des faits, selon laquelle Doria aurait lui-même saboté la bataille en empêchant l’attaque.

En 1541, Charles Quint tenta d’éliminer définitivement la menace barbaresque en s’emparant d’Alger, dernier grand bastion corsaire de la Méditerranée occidentale. Cette fois cependant, la flotte impériale fut dispersée par de violentes tempêtes. Les forces déjà débarquées durent se replier précipitamment, entraînant l’échec de l’expédition.

L’évolution des navires espagnols et la bataille de Lépante

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À cette époque, la puissance des flottes espagnoles reposait principalement sur les galères à rames, héritières directes des navires de l’Antiquité, et il en restera ainsi pendant presque tout le XVIᵉ siècle. Cependant, lors de la conquête de Tunis apparaissent déjà les signes d’une nouvelle ère.

Les nouvelles nefs (naos), plus grandes que celles utilisées par Christophe Colomb quarante ans auparavant, étaient désormais équipées de canons ainsi que de deux châteaux, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière. Elles pouvaient transporter jusqu’à cent cinquante marins et cinq cents soldats sur de courtes distances. Mais la véritable innovation fut le galion, encore plus grand et beaucoup mieux armé que la nef, qui deviendra par la suite le principal navire de guerre de la Marine espagnole.

La nef comme le galion possédaient une coque plus arrondie et trois mâts (artimon, misaine et grand mât). La nef était une évolution de la caraque dotée d’une artillerie plus importante, tandis que le galion constituait une réponse aux conditions difficiles de l’Atlantique, que les nefs supportaient moins bien. Si leurs avantages en matière de navigation et d’armement étaient relativement limités en Méditerranée, ils allaient s’avérer déterminants dans le nouvel espace stratégique qui se dessinait : l’océan Atlantique.

L’importance de ces deux types de navires devint évidente lorsque les premiers pirates français, aidés et conseillés par des pirates espagnols renégats, découvrirent certains des précieux chargements de métaux et d’épices arrivant d’Amérique.

Les nefs se révélèrent être d’excellents navires de transport. La meilleure preuve en est que la seule cargaison d’épices rapportée par la nef Victoria, commandée par Juan Sebastián Elcano, permit de couvrir largement les frais de l’ensemble de l’expédition de Fernand de Magellan, qui comprenait cinq navires.

De leur côté, les galions démontrèrent leurs remarquables capacités de navigation lors d’expéditions telles que celle de Miguel López de Legazpi pour la conquête des Philippines, ou encore lors du retour du galion San Pedro vers le Mexique, exploit qui démentit le vieux proverbe du Pacifique : « Tu iras, mais tu ne reviendras pas. »

L’inventeur Blasco de Garay expérimenta même des navires propulsés par des roues à aubes actionnées par la force humaine. Malgré leur grande maniabilité, ils ne furent jamais adoptés par la flotte en raison de rivalités politiques. Le même sort fut réservé aux projets de sous-marins et de combinaisons de plongée conçus par Jerónimo de Ayanz, qui ne bénéficièrent d’aucun soutien officiel malgré leur avance technologique remarquable.

Bien que la supériorité des navires espagnols soit déjà évidente depuis le début du XVIᵉ siècle, c’est durant cette période que la marine accumula ses plus grands succès : le premier tour du monde, la conquête des Philippines et la protection efficace des flottes des Indes, malgré l’image parfois différente véhiculée par le cinéma et la littérature anglo-saxons.

La bataille de Lépante (1571)

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En 1571 eut lieu ce qui demeure un des succès les plus célèbre de toute l’histoire de la Marine espagnole : la Bataille de Lépante.

Dans le port de Messine furent rassemblées soixante-dix galères espagnoles venues d’Espagne, d’Italie et des Flandres, neuf galères de l’Ordre de Malte, douze du Saint-Siège et cent quarante galères vénitiennes, constituant ainsi la Sainte Ligue.

Cette force était commandée par Jean d'Autriche à bord du navire amiral La Real. Parmi les principaux chefs figuraient également Álvaro de Bazán, Giovanni Andrea Doria et Luis de Requesens.

Le 7 octobre, dans le golfe de Lépante, la flotte chrétienne affronta environ 260 galères ottomanes. Après plusieurs heures d’un combat acharné, durant lequel les vétérans espagnols et vénitiens abordèrent les navires turcs et combattirent au corps à corps, seules quarante-cinq galères ottomanes réussirent à s’échapper. Cette victoire marqua un tournant majeur dans l’histoire navale de la Méditerranée.

Après Lépante et l’Armada de Biscaye

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Cette victoire freina considérablement la puissance navale turque et l’expansion musulmane, principalement en Méditerranée occidentale. En réalité, l’Empire ottoman reconstitua assez rapidement sa flotte après la défaite de Lépante, mais il ne remporta plus de victoire majeure contre l’Espagne par la suite.

Pedro Téllez-Girón, duc d’Osuna et vice-roi successif de Sicile et de Naples, réorganisa les flottes espagnoles de Méditerranée. Il vainquit les Ottomans au cap Corvo et remporta au cap Celidonia une victoire moins connue mais souvent comparée à celle de Lépante.

Lors de la Bataille du cap Celidonia, six navires espagnols défirent une cinquantaine de bâtiments turcs, démontrant, selon cette interprétation historique, l’obsolescence des flottes ottomanes face aux méthodes navales espagnoles. Cette victoire fut suivie d’un bombardement espagnol de Constantinople, capitale de l’Empire ottoman. Les flottes du duc d’Osuna démontrèrent également leur efficacité face à la république de Venise, alliée occasionnelle des Ottomans, lors de la bataille de Raguse.

Grâce aux victoires remportées par Álvaro de Bazán et Benavides contre les flottes barbaresques dans le golfe de Tunis et sur la côte dalmate, les forces musulmanes cessèrent progressivement d’affronter directement les escadres espagnoles. Leur menace se limita dès lors principalement à des raids rapides contre les populations côtières afin d’alimenter le commerce des esclaves barbaresques, qui demeura actif pendant plusieurs siècles.

L’Armada de Biscaye

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À la suite de la découverte de l’Amérique, les relations entre l’Espagne et le Portugal se détériorèrent. Le roi du Portugal considérait que les nouvelles terres découvertes lui appartenaient en vertu du Traité d'Alcaçovas. À la cour espagnole, on rapportait qu’une flotte était en préparation à Lisbonne, ce qui amena les Rois Catholiques à craindre une attaque portugaise contre la deuxième expédition de Christophe Colomb.

Pour remédier à cette situation, les souverains chargèrent depuis Barcelone le docteur Andrés Villalón, régisseur principal et membre du Conseil royal, d’accélérer la mise sur pied d’une flotte océanique en préparation depuis le milieu de l’année 1492. Le véritable objectif fut dissimulé sous le prétexte de la lutte contre la piraterie.

Avec l’autorisation royale, Villalón confia en juillet 1493 cette mission au Biscayen Juan de Arbolancha à Bermeo. Cette flotte prit le nom d’Armada de Biscaye, car elle fut constituée à Bermeo avec des navires et des équipages biscayens au sens large, c’est-à-dire provenant des provinces basques.

À la fin du mois de juin, Íñigo de Artieta, nommé capitaine général de cette armada par les Rois Catholiques, rassembla les navires à Bermeo. À la fin de juillet, la flotte appareilla pour Cadix, où elle arriva au début du mois d’août.

Cette armada était composée :

  • d’une grande caraque de mille tonneaux commandée par Íñigo de Artieta ;
  • de quatre nefs, d’un tonnage compris entre 100 et 405 tonneaux, commandées par :
    • Martín Pérez de Fagaza,
    • Juan Pérez de Loyola,
    • Antón Pérez de Layzola,
    • Juan Martínez de Amezqueta ;
  • d’une caravelle de liaison et de reconnaissance commandée par Sancho López de Ugarte.

L’ensemble de la flotte comptait près de 900 hommes. La caraque embarquait environ 300 hommes, principalement originaires de Lekeitio. La nef de Martín Pérez de Fagaza comptait 200 hommes, majoritairement issus de Bilbao, Barakaldo et d’autres localités biscayennes. Les navires de Juan et Antón Pérez de Layzola transportaient chacun 125 hommes, pour la plupart Guipuscoans, tandis que celui de Juan Martínez de Amezqueta en comptait 70. La caravelle embarquait quant à elle 30 hommes.

Le coût total de cette armada s’éleva à 5 854 900 maravédis. Les équipages étaient composés en moyenne d’un marin pour deux hommes de guerre.

La Flotte des Indes (Flota de Indias)

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Le système des convois transatlantiques

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En août 1543, une ordonnance royale établit deux flottes annuelles.

  • La première, appelée Flotte de Nouvelle-Espagne, partait de Sanlúcar de Barrameda, à l’embouchure du Guadalquivir, en direction des Grandes Antilles. Elle poursuivait ensuite sa route vers Veracruz afin d’y charger des marchandises avant de revenir dans la péninsule Ibérique.
  • La seconde, appelée Flotte de Terre Ferme, avait pour première destination les Petites Antilles avant de rejoindre Panama entre juillet et août.

Ces flottes étaient généralement composées de trente à trente-cinq navires. Au moins deux d’entre eux étaient des galions :

  • la Capitana, navire amiral transportant le commandant de la flotte et son état-major ;
  • l’Almiranta, navire de l’amiral.

Chacun de ces bâtiments était armé de quatre canons en fer, huit canons en bronze et vingt-quatre pièces d’artillerie légères. Les autres navires embarquaient généralement deux canons, des dizaines d’arquebuses et diverses armes blanches.

Cependant, ces galions ne suffisaient pas toujours à garantir la sécurité des cargaisons. Les flottes étaient donc renforcées par une escorte de huit à dix galions supplémentaires. C’est pour cette raison que ces formations navales furent appelées « convois des galions ».

Un système de sécurité très avancé

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Selon l’historien J. B. Black, les services de renseignement et de sécurité espagnols étaient remarquablement efficaces.

Avant leur départ pour les Indes, les navires étaient inspectés à trois reprises. Ils demeuraient au large dans l’attente des ordres afin d’empêcher l’embarquement clandestin de pirates, de renégats ou de morisques, dont l’émigration vers l’Amérique était interdite.

Les communications entre la Capitana et l’Almiranta étaient assurées par des bâtiments rapides. Lorsqu’ils apercevaient la terre, les navires n’étaient autorisés à mouiller qu’en cas de nécessité absolue et pour une durée maximale de vingt-quatre heures.

Les sanctions prévues en cas d’infraction étaient particulièrement sévères et pouvaient aller jusqu’à la peine de mort.

Avant chaque traversée, un navire rapide était également envoyé en avance pour prévenir la métropole de la date estimée d’arrivée de la flotte et de la nature de sa cargaison. Des renseignements étaient également recueillis sur les conditions météorologiques et sur la présence éventuelle de pirates.

Si la situation l’exigeait :

  • les deux flottes pouvaient naviguer ensemble ;
  • leur départ pouvait être retardé ;
  • ou la cargaison pouvait être répartie entre trois ou quatre zabras, petits navires rapides d’environ deux cents tonnes, capables d’effectuer la traversée en vingt-cinq à trente jours.

Dans les cas les plus extrêmes, le voyage pouvait même être annulé jusqu’à l’année suivante.

Les richesses transportées

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Ces flottes transportaient principalement :

  • l’or du Mexique et du Pérou ;
  • l’argent extrait des mines de Potosí ;
  • des pierres précieuses ;
  • des perles récoltées sur les côtes actuelles du Venezuela et de la Colombie ;
  • des épices comme la vanille ;
  • des plantes tinctoriales très recherchées, notamment le bois du Brésil et le bois de Campêche.

Ces richesses faisaient de tout navire isolé par une tempête une cible de choix pour les pirates. Cependant, contrairement à la légende populaire, les captures de galions chargés de trésors furent extrêmement rares.

La Flotte des Indes peut ainsi être considérée comme l’une des opérations navales les plus réussies de l’histoire. Durant près de trois siècles d’existence, seuls deux convois complets furent capturés ou détruits par les Anglais.

Amaro Pargo et la Route des Indes

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Parmi les Espagnols ayant participé à la Carrera de Indias (la Route des Indes), figure le corsaire et commerçant Amaro Pargo, de son vrai nom Amaro Rodríguez Felipe.

Sa participation à ce commerce débuta entre 1703 et 1705 lorsqu’il devint propriétaire et capitaine de la frégate El Ave María y las Ánimas. À son bord, il navigua entre Santa Cruz de Tenerife et La Havane.

Les profits tirés du commerce entre les Canaries et l’Amérique furent réinvestis dans ses domaines agricoles, principalement consacrés à la culture de la vigne de malvoisie et d’autres cépages locaux, dont la production était ensuite exportée vers l’Amérique.

L’Atlantique comme nouveau théâtre d’opérations

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Sous le règne de Philippe II d'Espagne, Francisco Pizarro démontra que le Pérou n’était pas un mythe et qu’il regorgeait effectivement de métaux précieux. Cette découverte vint s’ajouter aux richesses déjà mises au jour au Mexique et en Bolivie, notamment grâce aux célèbres mines de Potosí.

Bien que les souverains espagnols aient tenté pendant de nombreuses années de garder secrètes les découvertes réalisées en Amérique, des pirates français commandés par Jean Fleury réussirent dès 1521 à capturer une partie du fameux « trésor de Moctezuma ». Cet événement ouvrit une nouvelle ère de piraterie et d’attaques maritimes visant les navires espagnols chargés de richesses.

Même si les prises réalisées par les pirates restaient minimes comparées aux immenses quantités de richesses transportées depuis les Indes, leur valeur était trop importante pour être laissée sans protection. L’Espagne développa alors deux types de flottes :

  • une flotte méditerranéenne, dominée par les galères à rames ;
  • une flotte atlantique, composée de nefs et surtout de galions.

Bien que les galères continuassent à être utilisées pendant plusieurs décennies, ce furent les flottes atlantiques qui bénéficièrent de la faveur de Philippe II et de ses successeurs. Même Jean d'Autriche dut parfois laisser ses navires à quai faute de financement après la victoire de Lépante.

La suprématie des flottes atlantiques

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À cette époque, la flotte atlantique espagnole utilisait les techniques de navigation les plus avancées du monde. Les plans, les méthodes de conception et la construction des nefs et des galions étaient jalousement gardés secrets. Selon certains auteurs, ce savoir-faire fut si bien protégé qu’aucune des répliques modernes construites pour le cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique n’a réussi à égaler les performances des navires de Christophe Colomb.

Le transport des marchandises était donc relativement sûr, sauf lorsque des tempêtes provoquaient des naufrages. Les cargaisons étaient acheminées par deux convois annuels, principalement depuis Carthagène des Indes, sous la protection de nefs et surtout de galions.

Álvaro de Bazán l’Ancien et les galéasses atlantiques

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Álvaro de Bazán l'Ancien, père du célèbre Álvaro de Bazán, fut l’un des premiers à appliquer les innovations navales espagnoles à l’Atlantique.

Dans le nord de la péninsule Ibérique, il conçut et fit construire des galéasses atlantiques, de grands galions équipés de rames et spécialement destinés à la chasse aux corsaires français et anglais. Ces navires remportèrent plusieurs succès notables.

Il gagna également la Bataille de Muros, souvent considérée comme la première grande bataille navale moderne de l’Atlantique, au cours de laquelle il captura une flotte française pourtant supérieure en nombre. Les galéasses atlantiques restèrent en service pendant plusieurs générations avant d’être progressivement remplacées par des galions classiques, devenus alors suffisamment perfectionnés.

Francis Drake, John Hawkins et la puissance espagnole

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Les corsaires anglais Francis Drake et John Hawkins sont souvent présentés dans l’historiographie britannique comme des héros nationaux ayant gravement porté atteinte aux finances de la Couronne espagnole.

Cependant, selon cette interprétation historique, la puissance de la flotte espagnole restait largement supérieure à celle de ses adversaires. Un exemple souvent cité est la Bataille de San Juan de Ulúa, au cours de laquelle Drake et Hawkins furent battus par la flotte de Nouvelle-Espagne ; seuls deux navires anglais parvinrent à s’échapper.

L’Armada de 1588

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La supériorité des formations de galions espagnols apparut également lors des combats de 1588 opposant l’Angleterre à la Grande Armada, connue dans le monde anglophone sous le nom d’« Armada Invincible », une appellation qui ne fut jamais son nom officiel[4].

Lors de cette campagne, les Anglais mobilisèrent l’ensemble de leurs forces navales pour défendre leur royaume. Malgré cela, ils ne réussirent ni à briser la formation de l’Armada ni à l’arrêter directement.

Ce n’est qu’après avoir dispersé la flotte espagnole à l’aide de brûlots, avec le soutien des navires néerlandais et grâce à des conditions météorologiques défavorables, qu’ils purent lui infliger des pertes limitées :

  • 1 galéasse ;
  • 1 nef ;
  • 2 galions ;

soit quatre navires perdus sur une flotte d’environ 130 bâtiments et près de 29 000 hommes. Selon ce récit, l’échec de l’Armada fut réel, mais il ne serait pas principalement dû aux actions directes de la flotte anglaise.

La Contre-Armada anglaise

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Après cette victoire défensive, l’optimisme régna à la cour de Élisabeth Ire d'Angleterre, allant parfois jusqu’à l’euphorie. Cet état d’esprit contribua à l’organisation de la Contre-Armada de 1589.

Les Anglais pensaient alors pouvoir envahir l’Espagne en passant par La Corogne. Les événements démontrèrent cependant le contraire.

Les forces préparées par Álvaro de Bazán avant sa mort, ainsi que les habitants des villes espagnoles, infligèrent aux Anglais de lourdes défaites successives à La Corogne, puis à Lisbonne, Cadix et Carthagène des Indes.

Les Anglais perdirent environ vingt navires et douze mille hommes. Sur les vingt mille soldats et marins engagés dans l’expédition, cela représentait plus de la moitié de leurs effectifs, la plupart ayant été tués sous le feu de l’artillerie espagnole.

La Contre-Armada et la fin du conflit anglo-espagnol

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Le rapport confidentiel du Conseil privé d’Élisabeth Ire d'Angleterre résuma l’expédition de la Contre-Armada en ces termes :

« L’expédition de la Contre-Armada a été non seulement une catastrophe financière, mais aussi une catastrophe stratégique. »

Philippe II d'Espagne envoya encore deux autres armadas contre l’Angleterre, mais celles-ci échouèrent également en raison des conditions météorologiques.Ce type d’échec dû aux éléments n’était pas exceptionnel dans l’histoire : le Japon lui-même échappa aux invasions mongoles grâce au célèbre « Vent Divin » (Kamikaze).

Les dernières opérations contre l’Angleterre

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Les hostilités entre l’Espagne et l’Angleterre se poursuivirent alors que les deux royaumes étaient de plus en plus épuisés.

Selon certains historiens, notamment Mariano González Arnao, Philippe II n’aurait pas préparé l’invasion de l’Angleterre avec toute la minutie qui le caractérisait habituellement. Il aurait davantage compté sur une intervention divine en faveur de sa cause. D’après cette interprétation, une planification plus rigoureuse aurait pu conduire à un résultat différent, l’Angleterre disposant alors de moyens défensifs relativement limités.

Plusieurs événements sont cités pour étayer cette thèse :

  • En juillet 1595, le capitaine Carlos de Amésquita séjourna pendant sept jours sur les côtes anglaises avec trois galères sans rencontrer de résistance importante.
  • Sous le règne de Philippe III d'Espagne, Juan del Águila débarqua 3 500 fantassins à Kinsale, où ils tinrent leurs positions pendant quatre mois avant de se retirer en février 1602.

La paix de Londres

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À la fin du XVIᵉ siècle, les deux puissances étaient épuisées.

L’Espagne avait remporté plusieurs succès militaires :

  • contre Robert Devereux ;
  • aux Açores contre Walter Raleigh ;
  • en faisant échouer la tentative anglaise de conquête de l’isthme de Panama en 1596.

Cette campagne se solda par un échec retentissant pour l’Angleterre et coûta la vie à deux de ses plus célèbres marins :

  • Francis Drake ;
  • John Hawkins.

Les Anglais remportèrent néanmoins quelques succès. Les hommes du corsaire George Clifford réussirent à s’emparer de San Juan en 1598, même s’ils durent abandonner la ville quelques mois plus tard.

Face à une situation militaire devenue incertaine et à la mort d’Élisabeth Iʳᵉ, l’Espagne et l’Angleterre se hâtèrent de conclure la paix avec le Traité de Londres de 1604, signé en août 1604.

L’Armada des Flandres

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Pendant ce temps, les opérations navales dans le nord de l’Europe étaient menées par l’Armada des Flandres, qui coopérait avec les corsaires de Dunkerque, des marins locaux au service de l’Espagne.

Sous le commandement de figures telles que :

  • Michel Jacobsen ;
  • Francisco de Ribera y Medina, héros de la bataille du cap Celidonia ;

ces forces infligèrent pendant des années de lourdes pertes à la marine marchande néerlandaise, malgré les efforts de la flotte des Provinces-Unies.

Le succès se poursuivit lorsque Ribera fut remplacé par le Pedro Fajardo. Cette période favorable prit fin lorsqu’un changement de stratégie privilégiant les affrontements directs conduisit à la défaite espagnole lors de la Bataille des Dunes, marquant un tournant majeur dans l’histoire navale des Pays-Bas et de l’Espagne.

Puissance navale mondiale jusqu’au XVIIIᵉ siècle

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L’Espagne, première puissance maritime

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L’attaque britannique lors du siège de Carthagène des Indes se solda par ce que ce texte qualifie de désastre monumental pour la Grande-Bretagne et sa marine, grâce à l’action habile de l’amiral Blas de Lezo.

Contrairement à l’idée répandue selon laquelle l’Espagne aurait perdu sa suprématie maritime après l’échec de la Grande Armada de 1588 — interprétation que l’auteur attribue principalement à l’historiographie anglaise — la puissance navale espagnole serait demeurée importante jusqu’au XVIIIᵉ siècle. Cette domination permit à l’Espagne de maintenir les communications avec ses possessions d’outre-mer grâce aux Flottes des Indes pour l’Amérique et au Galion de Manille pour les Philippines.

En 1714, sous la dynastie des Maison de Bourbon, fut créée la Secrétairerie de la Marine, qui lança un vaste programme de réformes, de modernisation et d’expansion navale. Cette date peut être considérée comme celle de la naissance de la Marine espagnole moderne, car les différentes marines existant auparavant furent alors unifiées.

Trois ans plus tard, en 1717, la création des Compagnies Royales des Gardes-Marines posa les bases de la formation moderne des officiers de marine.

Blas de Lezo et Carthagène des Indes

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La marine britannique subit en 1741 l’une des plus lourdes défaites de son histoire lors du siège de Carthagène des Indes pendant la Guerre de l'Oreille de Jenkins.

Une flotte britannique de 186 navires transportant environ 23 000 hommes attaqua le port espagnol. Selon le texte, il s’agissait alors de la plus grande opération navale jamais menée par la Grande-Bretagne et de la deuxième plus importante de l’histoire après le Débarquement de Normandie.

Grâce à la défense organisée par Blas de Lezo, l’attaque échoua. L’auteur affirme également que les autorités britanniques censurèrent largement cet échec, ce qui expliquerait sa faible présence dans certains ouvrages historiques britanniques.

Les convois espagnols et la capture du convoi britannique de 1780

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Une idée reçue veut que la supériorité navale britannique ait paralysé le commerce espagnol avec l’Amérique. Selon cette interprétation, la flotte reliant l’Espagne à ses colonies américaines ne fut perdue qu’à quatre reprises en trois siècles.

Un autre épisode souvent méconnu est celui de 1780, sous le règne de Charles III d'Espagne.

Cette année-là, l’amiral Luis de Córdova y Córdova captura un immense convoi britannique au large du Cap Saint-Vincent. En apercevant l’escadre espagnole, accompagnée de quelques unités françaises, l’escorte britannique prit la fuite au lieu d’engager le combat.

Les navires marchands furent capturés presque sans résistance. Non seulement le Royaume-Uni perdit ces bâtiments, mais ceux-ci furent intégrés à la Marine espagnole et servirent pendant de nombreuses années, certains étant armés de jusqu’à quarante canons.


Philippe V et la réforme de la Marine

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Après la Guerre de Succession d'Espagne, l’Espagne sortit affaiblie.

Plusieurs territoires furent perdus :

  • Oran ;
  • Minorque ;
  • et surtout Gibraltar.

Selon ce texte, Gibraltar fut pris alors que sa garnison ne comptait qu’environ quatre-vingts soldats réguliers et trois cents miliciens peu entraînés, face à une flotte anglo-néerlandaise de dix mille hommes et quinze cents canons.

Après plusieurs heures de bombardement, la place capitula. L’auteur insiste sur le fait qu’elle ne fut pas remise directement à l’Angleterre mais à l’archiduc Charles VI du Saint-Empire, qui se proclamait alors roi d’Espagne.

Le contrôle britannique fut finalement reconnu par Philippe V dans le cadre du Traité d'Utrecht.


Les grands réformateurs de la Marine

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José Patiño

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José Patiño fut le premier grand artisan de la modernisation navale espagnole.

Il entreprit :

  • l’unification des différentes flottes espagnoles ;
  • la création ou l’extension des arsenaux de Cadix et de Ferrol ;
  • le développement d’une industrie capable de produire canons, munitions et équipements navals.

Son œuvre permit de mettre à flot cinquante-six navires et de fabriquer environ deux mille cinq cents canons.

Le marquis de la Ensenada

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Un autre grand réformateur fut Zenón de Somodevilla.

Conscient du retard technologique qui menaçait la Marine espagnole, il envoya en 1748 Jorge Juan y Santacilia au Royaume-Uni afin d’étudier discrètement les techniques navales britanniques.

Grâce à ces informations et à l’embauche de spécialistes étrangers, l’Espagne put construire une nouvelle génération de navires parmi les plus avancés du monde, notamment le célèbre Montañés.

Sous son administration, la Marine disposait d’environ :

  • 60 navires de ligne ;
  • 65 frégates opérationnelles.

L’armée de terre atteignit environ 186 000 hommes, tandis que la Marine comptait près de 80 000 marins et soldats.

Le Santísima Trinidad

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Parmi les symboles de cette renaissance navale figure le Santísima Trinidad, lancé en 1769.

Avec ses quatre ponts et ses 140 canons, il fut surnommé « l’Escurial des mers ». Il servit de navire amiral à l’escadre espagnole qui captura cinquante-deux navires britanniques le 9 août 1780.


Les corsaires gardes-côtes

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Durant le XVIIIᵉ siècle, les corsaires espagnols appelés guardacostas connurent leur apogée.

Basés principalement en :

  • Floride ;
  • Cuba ;
  • dans les ports des Caraïbes ;

leur mission consistait à lutter contre :

  • la piraterie ;
  • la contrebande étrangère.

Selon le texte, leurs prises dépassèrent parfois celles réalisées par les pirates anglais, français et néerlandais.

Au cours de cette période, la prééminence navale espagnole dans l’Atlantique se manifesta notamment lors de la Guerre de l’Oreille de Jenkins, où se distingua l’un des plus grands amiraux espagnols : Blas de Lezo.

Un autre grand marin de cette époque fut l’amiral Luis de Córdova y Córdova.

De la bataille de Trafalgar à la mort de Ferdinand VII

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Trafalgar et ses conséquences

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Le 21 octobre 1805, la flotte franco-espagnole, contrainte d’engager le combat par l’amiral français Pierre-Charles Villeneuve contre l’avis du haut commandement espagnol dirigé par Federico Gravina, subit une sévère défaite lors de la Bataille de Trafalgar.

Les purges et massacres de la Révolution française avaient fortement affaibli la qualité du commandement naval français. De plus, de nombreux marins espagnols enrôlés par les autorités napoléoniennes étaient en réalité des soldats terrestres, des paysans ou même des mendiants recrutés pour l’occasion, tandis que les équipages britanniques étaient des professionnels expérimentés.

Une épidémie de fièvre jaune entre 1802 et 1804 avait également coûté la vie à de nombreux marins qualifiés. Face à ces difficultés, les tactiques audacieuses de Horatio Nelson profitèrent du manque de coordination et de leadership de la flotte alliée.

Une marine encore puissante après Trafalgar

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A l’encontre d’une opinion largement répandue, Trafalgar ne provoqua pas l’effondrement immédiat de la Marine espagnole.

La preuve avancée est l’échec des invasions britanniques du Vice-royauté du Río de la Plata en 1806 et 1807, où se distingua Santiago de Liniers.

En 1808, la Marine espagnole possédait encore :

  • 43 navires de ligne ;
  • 25 frégates.

Cependant, la guerre d’indépendance contre Napoléon provoqua l’abandon progressif des arsenaux et l’effondrement de l’infrastructure navale espagnole. Des navires prestigieux comme le Santa Ana ou le Príncipe de Asturias finirent par se détériorer faute d’entretien.

Les tentatives de reconstruction

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En 1817, le ministre José Vázquez Figueroa élabora un ambitieux plan naval visant à acquérir :

  • 20 navires de ligne ;
  • 30 frégates ;
  • 18 corvettes ;
  • 26 brigantins ;
  • 18 goélettes.

Six navires furent achetés en France, mais le ministre fut écarté par le roi Ferdinand VII d'Espagne avant l’application du projet.

À sa place, la Couronne acheta plusieurs navires d’occasion à la marine du tsar de Russie. Ces bâtiments étaient dans un état si dégradé qu’ils furent rapidement retirés du service.

La crise après l’indépendance de l’Amérique espagnole

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Après les guerres d’indépendance hispano-américaines, la Marine espagnole atteignit le point le plus bas de son histoire.

En 1824, un premier effort de redressement conduisit à la commande de trois frégates de cinquante canons, achevées en 1826.

Entre 1825 et 1830, le ministre Luis María Salazar y Salazar, aidé du brigadier Laborde et du comte de Villanueva, maintint toutefois dans les Caraïbes une escadre moderne composée de :

  • 4 à 5 frégates ;
  • 1 ou 2 navires de ligne.

Cette force protégea efficacement Cuba et Porto Rico contre les ambitions navales colombiennes et mexicaines.

À la mort de Ferdinand VII, en septembre 1833, la Marine ne possédait plus que :

  • 3 navires de ligne ;
  • 5 frégates ;
  • 4 corvettes ;
  • 8 brigantins.

Les arsenaux étaient alors dans un état de ruine avancée.


Perte des possessions d’outre-mer et réorganisation de la Marine

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Sous le règne d’Isabelle II d'Espagne, la Marine fut progressivement reconstruite.

Elle participa :

  • aux guerres carlistes ;
  • à la défense de Cuba contre les ambitions américaines ;
  • à la protection des intérêts espagnols aux Philippines.

Sous le gouvernement de l’Union libérale, un nouveau programme naval permit la construction de :

  • 6 frégates cuirassées ;
  • une douzaine de frégates à hélice ;
  • plusieurs bâtiments auxiliaires.

La Marine affirma également la souveraineté espagnole dans les eaux philippines.

La frégate Numancia

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L’un des symboles de cette renaissance fut la Numancia, premier navire blindé de l’histoire à réaliser un tour du monde complet.

La guerre hispano-américaine de 1898

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Le second grand événement naval du XIXᵉ siècle fut la Guerre hispano-américaine.

Selon le texte, les États-Unis profitèrent de la grave crise économique et politique qui frappait l’Espagne pour s’affirmer comme une nouvelle puissance mondiale.

Les stratèges américains avaient soigneusement étudié :

  • la faiblesse économique espagnole ;
  • l’éloignement de ses bases navales ;
  • ses difficultés de réaction.

L’offensive américaine fut rapide et efficace malgré la résistance des marins espagnols.

Cette guerre marqua :

  • l’entrée des États-Unis parmi les grandes puissances mondiales ;
  • l’aggravation de la crise espagnole.

L’auteur considère toutefois que cette crise ne commença à être surmontée qu’au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle, lorsque la Marine espagnole retrouva progressivement sa place parmi les grandes marines du monde.


Après 1898 : la reconstruction moderne

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Après le désastre de 1898, l’Espagne craignait qu’une puissance étrangère ne profite de sa faiblesse pour s’emparer de :

  • Îles Canaries ;
  • Îles Baléares ;
  • Ceuta ;
  • Melilla ;
  • ou de ses possessions africaines.

Une nouvelle politique navale fut donc mise en place afin de :

  • défendre le littoral espagnol ;
  • protéger le commerce et la pêche ;
  • garantir la position espagnole en Méditerranée occidentale ;
  • contrôler le détroit de Gibraltar.

Le Maroc devint alors un objectif stratégique majeur, surtout après la Conférence d'Algésiras.

Les réformes de 1907

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En 1907, le gouvernement de Antonio Maura lança une réforme navale sous l’impulsion du ministre de la Marine José Ferrándiz.

Le programme prévoyait :

  • 3 cuirassés de type Dreadnought ;
  • 3 destroyers ;
  • 24 torpilleurs ;
  • 10 bâtiments de surveillance des pêches.

Le Royaume-Uni accepta de fournir :

  • la technologie ;
  • les plans ;
  • des spécialistes ;
  • certains matériaux.

La classe España

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Les trois cuirassés construits furent :

  • España ;
  • Alfonso XIII ;
  • Jaime I.

Cependant, ils furent rapidement dépassés par l’apparition des cuirassés Super-Dreadnought, plus rapides, plus puissants et beaucoup mieux armés.

Le plan Miranda

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Le vice-amiral Augusto Miranda y Godoy poursuivit la modernisation avec un nouveau programme comprenant :

  • 4 croiseurs rapides ;
  • 6 destroyers ;
  • 3 canonnières ;
  • 28 sous-marins.

Les difficultés financières retardèrent cependant la réalisation du projet jusqu’à la dictature de Miguel Primo de Rivera.

La guerre du Maroc et Al Hoceïma

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Durant cette période, la principale opération navale espagnole fut la Débarquement d'Al Hoceïma, considéré comme le premier débarquement aéro-amphibie de l’histoire.

Le porte-hydravions Dédalo y joua un rôle essentiel.

Les derniers programmes avant la guerre civile

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Sous la dictature de Primo de Rivera, le contre-amiral Honorio Cornejo développa encore la flotte avec :

  • le croiseur Miguel de Cervantes ;
  • plusieurs destroyers de classe Churruca ;
  • les futurs croiseurs lourds Canarias et Baleares.

Ces navires formeront l’ossature de la Marine espagnole au moment du déclenchement de la Guerre civile espagnole.

Commandement

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Actuellement l’organisation de la force navale espagnole est regroupée en quatre régions sous le commandement général de l'Amirauté, L'Armada d'Almirante Jefe del Estado Mayor de la Armada (AJEMA) et Almirante de Acción Marítima (ALMART). Ces régions sont les îles Canaries, Cadix, Ferrol et les îles Baléares. Sa principale base navale se situe à Rota.

Effectifs

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Au , ses effectifs étaient de 20 608 personnels[5] dont 4 680 fusiliers-marins et près de cent navires.

En 2011, ses effectifs étaient de 22 630 personnels dont 3 220 officiers et 6 000 fusiliers-marins contre 32 700 personnels dont 6 950 fusiliers-marins en 2001.

Grades (en espagnol : Armada)

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Officiers de la Marine espagnole

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Sous-Officiers mariniers et marins de la Marine espagnole

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Code OTANOR-9OR-8OR-7OR-6OR-5OR-4OR-3OR-2OR-1
Espagne Espagne
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Suboficial mayor Subteniente Brigada Sargento primero Sargento Cabo mayor Cabo primero Cabo Marinero de primera Marinero Sargento alumno 3º
Sargento alumno 2º
Sargento alumno 1º
Sargento alumno MPTM


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La Marine espagnole s'organise dans les années 2010 autour d'un groupe aéronaval et de trois bâtiments de débarquement. En 2017, onze frégates (5 de la classe Álvaro de Bazán et 6 de la classe Santa María) et deux sous-marins de la classe Agosta en fin de vie[6] servent pour leur escorte[7]. Le porte-aéronef Príncipe de Asturias retiré en 2013 a été rejoint en 2010 par un navire mixte porte-aéronef/bâtiment de débarquement, le Juan Carlos I, qui a commencé ses essais en 2009 et l'a depuis remplacé emportant une douzaine de AV-8B Harrier II qui arrivent théoriquement en fin de vie en 2025[8]. Les sous-marins de classe Agosta seront remplacés à partir du début des années 2020 par 4 sous-marins de la classe S-80 tout comme les frégates de classe Santa María par des frégates de classe F-110.

La flotte de l'Armada espagnole

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Type Classe Navire Photo Indicatif Commissionné Constructeur Origine Déplacement Vitesse Notes
Porte-aéronefs
Porte-aéronefs Classe Juan Carlos I Juan Carlos I (L61) L-61 2010 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 26 800 21 Navire amphibie et porte-aéronefs STOVL.
Frégates anti-aériennes
Frégate AAW Classe Álvaro de Bazán Álvaro de Bazán F-101 2002 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 5 800 28 Système Aegis.

En 2025 le gouvernement espagnol, autorise un programme de modernisation des 5 bâtiments. Le cout total de ce programme est estimé à 1.7 milliards[9].

Almirante Juan de Borbón F-102 2003 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 5 800 28
Blas de Lezo F-103 2004 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 5 800 28
Méndez Núñez F-104 2006 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 5 800 28
Cristóbal Colón F-105 2012 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 6 200 28
Frégates anti-sous-marines
Frégate ASM Classe Santa María Santa María F-81 1986 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 4 100 29 Classe dérivée des Oliver Hazard Perry.

Seront Remplacés par 5 F-110

Victoria F-82 1987 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 4 100 29
Numancia F-83 1988 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 4 100 29
Reina Sofía F-84 1990 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 4 100 29
Navarra F-85 1994 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 4 100 29
Canarias F-86 1994 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 4 100 29
Sous-marins
Sous-marin Classe Galerna Galerna S-71 1983 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 740 20.5 Dernier navire actif de la classe.
Classe S-80 Isaac Peral S-81 2023 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 3 700 20++ SSK-AIP nouvelle génération.
Narciso Monturiol S-82 2026 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 3 700 20++
Navires ravitailleurs
Ravitailleur AOR Patiño A-14 1995 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 17 075 20
Cantabria A-15 2010 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 19 550 21.3 Plus grand navire de la flotte espagnole après le Juan Carlos I.
Navires amphibies
Amphibie Classe Galicia Galicia L-51 1998 Izar Drapeau de l'Espagne Espagne 12 800 20
Castilla L-52 2000 Izar Drapeau de l'Espagne Espagne 12 800 20
LCM Classe LCM-1E L-603 2006 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 107.6 19
L-604
L-605
L-606 2007
L-607
L-608
L-609
L-610
L-611
L-612
L-613
L-614 2008
Chasseurs de mines
Chasseur de mines Classe Segura Segura M-31 1999 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 14 Lutte anti-mines.

En 2026 le gouvernement espagnol décide d'un plan de modernisation des navires d'une valeur de 436 millions d'euros, incluant des nouveaux sonars et drones[10].

Sella M-32 1999 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 14
Tambre M-33 2000 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 14
Turia M-34 2000 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 14
Duero M-35 2004 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 14
Tajo M-36 2005 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 14
OPV
OPV Classe Meteoro Meteoro P-41 2011 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 2 840 20.5 BAM océanique.
Rayo P-42 2011 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 2 840 20.5
Relámpago P-43 2012 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 2 840 20.5
Tornado P-44 2012 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 2 840 20.5
Audaz P-45 2018 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 2 840 20.5
Furor P-46 2019 Navantia Drapeau de l'Espagne Espagne 2 840 20.5
Classe Serviola Serviola P-71 1991 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 147 19 Patrouilleur hauturier modernisé.
Centinela P-72 1991 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 147 19
Vigia P-73 1992 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 147 19
Atalaya P-74 1992 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 147 19
Classe Chilreu Alborán P-62 1997 Construcciones Navales Paulino Freire S.A. Drapeau de l'Espagne Espagne 1 963 14 Patrouilleur océanique.
Arnomendi P-63 2000 Construcciones Navales Paulino Freire S.A. Drapeau de l'Espagne Espagne 1 816 14
Tarifa P-64 2004 Construcciones Navales Paulino Freire S.A. Drapeau de l'Espagne Espagne 1 964 14
Patrouilleurs
Patrouilleur Classe Anaga Tagomago P-22 1981 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 319 15 Surveillance côtière.
Patrouilleur Medas P-26 1981 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 319 15
Patrouilleur Tabarca P-28 1981 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 319 15
Patrouilleur Classe Toralla Formentor P-82 1989 Astilleros Viudes Drapeau de l'Espagne Espagne 133 20
Patrouilleur Clase Rodman 101 Isla de León P-83 2022 Rodman Polyships Drapeau de l'Espagne Espagne 62 25 Ancien navire des douanes.
Patrouilleur Clase Rodman 66 Isla Pinto P-84 2023 Rodman Polyships Drapeau de l'Espagne Espagne 44 32
Patrouilleur Clase Aresa PVC-160 Ayamonte P-114 1979 Aresa Drapeau de l'Espagne Espagne 18.5 23.3
Patrouilleur fluvial Cabo Fradera P-201 1963 Drapeau de l'Espagne Espagne 28 11
Navires de transport
Transport logistique BTL Ysabel A-06 2021 Hijos de J. Barreras Drapeau de l'Espagne Espagne 16 361 17 Navire RO-RO militaire.
El Camino Español A-07 2023 Fosen Drapeau de la Norvège Norvège 12 251 20
Navires Multiroles
Navire Multiroles Ocean Osprey Carnota A-61 2023 2 295 21
Cartagena A-62 2024 2 800 21
Navires auxiliaires
Sauvetage Neptuno A-20 1988 Duro Felguera Drapeau de l'Espagne Espagne 1 860 13.5 Navire de recherche et sauvetage.
Soutien aux plongeurs Prosperina A-22 2026 Freire Shipyard Drapeau de l'Espagne Espagne 500 12 Ce navire est une unité spécialisée de haute technologie qui a pour mission principale de soutenir la Escuela Militar de Buceo (l'École militaire de plongée) basée à Carthagène. Il sert à la formation des plongeurs d'élite, à la protection des infrastructures sous-marines critiques et aux interventions techniques.
Hydrographique Classe Malaspina Malaspina A-31 1975 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 090 15
Tofiño A-32 1975 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 1 090 15
Hydrographique transportable Clase Rodman 1250 Astrolabio A-91 2001 Rodman Polyships Drapeau de l'Espagne Espagne 8.5 30
Escandallo A-92 2004 Rodman Polyships Drapeau de l'Espagne Espagne 8.5 30
Hydrographique transportable Sondaleza A-93 2016 Drapeau de l'Espagne Espagne 10 2
Recherche océanographique Classe Hespérides Hespérides A-33 1991 Bazan Drapeau de l'Espagne Espagne 2 800 15
Recherche océanographique Classe Circos Las Palmas A-52 1981 Astilleros del Atlántico Santander Drapeau de l'Espagne Espagne 1 500 13
Navires Ecole
Navire-école Juan Sebastián de Elcano A-71 1928 Echevarrieta y Larrinaga Drapeau de l'Espagne Espagne 3 770 10
Intermares A-41 2018 Astilleros Armón Vigo 3 200 15.6
Arosa A-72 1931 8
Blanca A-73 2013 15
Girlada A-76 1958 8
Almansa A-77 2013 12.68
Pregrina A-78 2007
Asturias A-81 2017 12.68
Navire de Guerre Electronique
Guerre électronique Classe Darss modifié Alerta A-111 1992 Neptunwerft Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2 292 12 Remplacement en cours par un BAM


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Type PhotosNomEntrée en ServiceDeplacementLongueurVitesseAutonomíeEquipageNotes
Sous-Marin
Sous Marin Classe Isaac Peral[11] S-82 Narciso Monturiol 2026 3200 81,05 19,3 30 Jours 32 Essais finaux et admission au service actif prévues en 2026[12].
S-83 Cosme García Sáez 2028 3200 81,05 19,3 30 Jours 32 Construction avancée.
S-84 Mateo García de los Reyes 2030 3200 81,05 19,3 30 Jours 32 Construction en cours.
Frégates
Frégates Clase Bonifaz F-111 Bonifaz 2026-2028 6100 145 25 6.000 150+37 À flot ; armement et intégration du radar SPY-7 en cours[13].
F-112 Roger de Lauria 2027-2029 6100 145 25 6.000 150+37 Construction avancée ; mise à l'eau prévue.
F-113 Menéndez de Avilés 2028-2030 6100 145 25 6.000 150+37 Fabrication des blocs en cours.
F-114 Luis de Córdova 2029-2031 6100 145 25 6.000 150+37 Début de production lancé.
F-115 Barceló 2030-2032 6100 145 25 6.000 150+37 Préparation industrielle.
OPV
BAM-Intervention Subaquatique[14] A-21 Poseidón [15] 2026 5000 91 15 2400 60 Construction avancée ; navire destiné aux interventions sous-marines.
BAM - AGI A-121 Nom non dévoilé 2031 3000 93,9 20 8.000 45 + 20 Programme approuvé ; futur navire de renseignement électronique.
BAM-OPV[16] P-47 Nom non dévoilé Première unité du nouveau lot BAM commandé en 2023.
P-48 Nom non dévoilé Deuxième unité du nouveau lot BAM commandé en 2023.
Ravitailleur en Combat
AOR-BAC[17] A-16 Nom non dévoilé ~2029 19500 174 20 6000 122 Contrat attribué à Navantia ; futur ravitailleur de combat de l’Armada.
Hydrographiques
Hydrographiques cotier[18] A- Nom non dévoilé ~2028[18] 900[19] 47[19] 3.000[20] 30[20] Première unité du programme de nouveaux buques hydrographiques côtiers.
A- Nom non dévoilé ~2028[18] 900[19] 47[19] 3.000[20] 30[20] Deuxième unité du programme de nouveaux buques hydrographiques côtiers.

Projets/Etudes

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Type PhotosNomEntrée en ServiceDeplacementLongueurVitesseAutonomíeEquipage
Sous-Marin
Sous Marin Classe Isaac Peral[11]
S-85 (à l'étude) Le gouvernement espagnol et l'Armada étudient la possibilité d'une nouvelle commande de 2 S-80, sans que le projet soit confirmé pour le moment.
S-86 (à l'étude)
Frégates
Frégates Clase Bonifaz
F-116 (à l’étude) Le gouvernement espagnol et l'Armada étudient la possibilité d'une nouvelle commande de 2 F-110, sans que le projet soit confirmé pour le moment.
F-117 (à l’étude)
Porte-Avions
Projets de Porte avions R-? La société publique espagnole Navantia étudie actuellement la faisabilité d’un nouveau navire pour la Marine espagnole.

Ce projet est réalisé à la demande de l’Armada et viendrait renforcer ses capacités navales.

Ce futur bâtiment s’ajouterait à un autre porte-aéronefs amphibie, similaire au navire actuel Juan Carlos I, que la Marine prévoit également d’acquérir à l’avenir.

Selon des sources militaires, ces projets s’inscrivent dans un plan de modernisation et de renforcement de la flotte espagnole, bien que le projet soit toujours en cours d'étude et n'a pas été confirmé à ce jour.

Corvette Européenne
NATO War Limited Ship
F? L’Espagne participe au programme européen de corvette patrouilleur European Patrol Corvette aux côtés de l’Italie, de la France et de la Grèce.

Ce projet vise à développer une nouvelle génération de corvettes modulaires pour plusieurs marines européennes.

En 2026, Navantia et Fincantieri ont créé une coentreprise pour piloter le programme.

Ces futures corvettes doivent notamment répondre aux besoins de la marine espagnole et d’autres pays européens. L'Espagne pourrait commander jusqu'a 6 corvettes[21].

F?
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Aéronefs

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Avion designation Locale Images Origine Type Variant En service Notes
Avion de Combat
McDonnell Douglas AV-8B Harrier II Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Multirole EAV-8B Matador II+ 12 [22]
Conversion trainer TAV-8B 1 Appareil d'entrainement[22]
Transports
Cessna Citation C 550 Drapeau des États-Unis États-Unis Avion de Transport Cessna Citation II/III 3
Pilatus PC-24 Drapeau de la Suisse Suisse Avion de Transport 0

(+3 en commande)

Remplacement du Cessna Citation C550[23].
Helicopters
NHI NH90 Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau de l'Espagne Espagne
Transport NH90 MSPT 13 En commande:
Sikorsky SH-60 Seahawk Drapeau des États-Unis États-Unis ASW SH-60B 10
Transport SH-60F 8 [26]
ASW / ASuW / Transport MH-60R 8 en commande 8 en commande, remplace le SH-60B
Entrainements
Airbus H135 Drapeau de l'Allemagne Allemagne Hélicoptère d'entrainement H135 P3H NIVAL 8 En commande:
UAV
Boeing Insitu MQ-27 ScanEagle Drapeau des États-Unis États-Unis Unmanned surveillance and reconnaissance aerial vehicle 8 [28]

Notes et références

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  1. Charles-Louis Lesur, Annuaire Historique Universel, pour 1820, , 826 p. (lire en ligne).
  2. « utl-morlaix.org/2017/10/01/lat… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  3. (en) « Since 2010 », sur naval encyclopedia (consulté le ).
  4. Bruno Perrin-Turenne, « L'invincible Armada et la bataille de Gravelines | Historyweb », sur Le site de l'Histoire | Histoire | Historyweb.fr, (consulté le )
  5. (es) « Defensa », sur Palais de La Moncloa, (consulté le ).
  6. « Vers une prolongation des vieux Agosta espagnols ? », sur Mer et Marine (consulté le ).
  7. Jean Duboc, « La marine Espagnole aura des difficultés à l’avenir pour remplacer ses avions Harrier II », sur surplus-militaire.com, (consulté le ).
  8. Jérôme Pellistrandi, « L'Espagne renonce... temporairement au F-35 », (consulté le ).
  9. (es) Revista Defensa InfoDefensa, « Lockheed Martin inicia la modernización de media vida de las fragatas F-100 españolas con un contrato de 91 millones », sur Infodefensa (consulté le )
  10. (es) Revista Defensa InfoDefensa, « La Armada modernizará sus cazaminas con un nuevo sónar y un sistema de combate que integrará vehículos no tripulados y armas remotas (RCWS) », sur Infodefensa (consulté le )
  11. 1 2 « El S-80 sale a flote tras superar su último obstáculo », El Confidencial Digital (consulté le )
  12. Matthias Espérandieu, « Navantia met à l’eau son deuxième sous-marin de type S-80, le Narciso Monturiol | Mer et Marine » [archive du ], sur Mer et Marine (consulté le )
  13. YANNICK SMALDORE, « Navantia : nouvelle étape franchie pour la première frégate espagnole du type F-110 | Mer et Marine » [archive du ], sur Mer et Marine (consulté le )
  14. « Chacón cuenta con cuatro meses para definir el nuevo programa de BAM para la Armada », Infodefensa (consulté le )
  15. (es) Lorenzo, « Defensa confirma el nombre “Poseidón” (A-21) para el BAM-IS », sur Puente de Mando – Juan Carlos Diaz (consulté le )
  16. (es) InfoDefensa, « El Gobierno aprueba la compra de dos nuevos BAM para la Armada por 550 millones », sur Infodefensa - Noticias de defensa, industria, seguridad, armamento, ejércitos y tecnología de la defensa (consulté le )
  17. (es) InfoDefensa, « Navantia construirá en Ferrol un nuevo buque de aprovisionamiento en combate para la Armada por 439 millones », sur Infodefensa - Noticias de defensa, industria, seguridad, armamento, ejércitos y tecnología de la defensa (consulté le )
  18. 1 2 3 (es) Infodefensa.com, « La Armada española lanza un programa para adquirir dos buques hidrográficos costeros - Noticias Infodefensa España », sur Infodefensa.com, (consulté le )
  19. 1 2 3 4 Navantia construirá los dos nuevos buques hidrográficos de la Armada por 158,6 millones Infodefensa (23 de agosto de 2023)
  20. 1 2 3 4 Características, misiones y equipos de los nuevos buques hidrográficos de la Armada Infodefensa (24 de agosto de 2023)
  21. (es) Alonso Palacios, « La futura corbeta europea tendrá dos versiones: buque de combate y de patrulla », sur El Debate, (consulté le )
  22. 1 2 « Mc Donnell Douglas F-18 Hornet (C.15) »
  23. « L’Armée de l’air espagnole opte pour le Pilatus PC-24 ! », sur Avia news, (consulté le )
  24. (en) « Airbus delivers first Standard 3 configured NH90 to Spain | Airbus », sur www.airbus.com, (consulté le )
  25. 1 2 (en) « Spain is placing orders for 100 Airbus helicopters | Airbus », sur www.airbus.com, (consulté le )
  26. « MH-60R Seahawk: this is the new multi-mission helicopter that the Spanish Navy will receive », sur defenseandaviation.info, (consulté le )
  27. « Spanish Ministries of Defence and Interior sign for 36 H135s », Airbus, (consulté le )
  28. (en-US) « SPS Numancia F-83 », sur milavreachout.org, (consulté le )

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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