Autoroute Roi Baudouin
L'autoroute Roi Baudouin (en néerlandais Koning Boudewijnsnelweg, et en allemand König Baudouin Autobahn) est un surnom partagé par plusieurs tronçons de réseau autoroutier belge, désignant des axes construits ou mis en service sous le règne du roi Baudouin (1951-1993). Ce surnom populaire est employé pour qualifier deux axes distincts : l'autoroute A10 (E40), reliant Ostende à Bruxelles, considérée comme la première autoroute de Belgique, ainsi que l'autoroute A13 (E313), reliant Anvers à Liège. Par ailleurs, dans une acceptation plus restreinte, la dénomination désigne également un tronçon de l'A3 (E40/E42), entre Liège et la frontière allemande.

Toponymie et dénomination
modifierLe nom « autoroute Roi Baudouin » n'est pas une appellation administrative officielle commune à l'ensemble des tronçons qu'elle désigne, mais un surnom d'usage, reconnu sur les cartes routières, dans la littérature spécialisée et dans la base de données cartographique OpenStreetMap. Il rend hommage au roi Baudouin (Boudewijn en néerlandais), qui régna sur la Belgique de 1951 à 1993, période pendant laquelle la majeure partie du réseau autoroutier belge fut construite[1].
L'utilisation du nom varie selon les régions et les axes. La liste des autoroutes de Belgique répertorie l'A3 sous les noms d'« Autoroute Roi Baudouin » et de « La Hesbignonne », et l'A13 sous la seule appellation d'« Autoroute Roi Baudouin »[2]. À l'origine, l'autoroute de Wallonie désignant l'ensemble de la nouvelle route entre la frontière française et la frontière allemande. Par la suite, le tronçon Liège-Verviers fut rebaptisé « autoroute Roi Baudouin »[Note 1], car il fut considéré comme le prolongement de l'autoroute reliant Bruxelles à Liège[3].
Contexte général du réseau autoroutier belge
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Le réseau autoroutier belge est très développé et bénéficie de la deuxième plus forte densité en Europe, la Belgique n'étant devancée que de peu par les Pays-Bas. Sa longueur totale est de 1 763 kilomètres[4],[5].
Le réseau belge est formé de radiales partant en étoile des trois plus grandes agglomérations du pays (Bruxelles, Anvers et Liège) augmentées de liaisons complémentaires[6]. La gestion des infrastructures routières et autoroutières est une compétence qui incombe aux régions : les autoroutes sont gérées au sud par la Région wallonne et au nord par la Région flamande[7].
La première autoroute du pays fut achevée en 1956 et reliait Bruxelles à Ostende, même si les premières sections de cette autoroute dataient de 1940[1].
L'autoroute A10 (E40) : Ostende - Bruxelles
modifierDescription générale
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L'autoroute belge A10, classée en tant qu'E40, est l'une des autoroutes belges ayant le plus de fréquentation[Note 2]. L'autoroute commence à Ostende, passe à proximité de Bruges, s'échange avec l'A18, passe le long d'Alost pour terminer sur le ring de Bruxelles[8].
Cet axe est majeur car il représente la seule connexion directe entre la côte et le centre de la Belgique. Plus au nord, l'autoroute A11 est inachevée entre Anvers et Knokke-Heist. Plus au sud, l'A19 est elle aussi inachevée en raison de l'opposition dans le secteur de Furnes.
Histoire et construction
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Dans le courant des années 1930, une demande toujours plus grande se développa dans les secteurs industriel et touristique du pays pour la construction de nouvelles routes. Beaucoup de tracés existants étaient insuffisants pour gérer l'augmentation explosive du trafic motorisé. Les autoroutes, routes exclusivement accessibles aux voitures et sans croisements à niveau, devaient apporter la solution. La décision du ministre des Travaux Publics, Henri de Man, de construire la « route nouvelle » Bruxelles-Ostende comme autoroute, marqua le début de l'histoire des autoroutes belges[9],[10].
Les travaux débutèrent le 6 avril 1937, lorsque le ministre Joseph-Jean Merlot donna le premier coup de bêche pour le tronçon Beernem-Lophem. La progression fut lente : à l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale, à peine 28 kilomètres de chaussée étaient achevés. En 1942, les travaux furent suspendus pour ne reprendre qu'en 1948. La création d'un fonds routier spécial en 1952, puis de l'Autonoom Wegenfonds en 1955, permit d'accélérer l'achèvement du chantier[8],[9].
Les sections furent ouvertes progressivement : Tronchiennes-Aalter en 1949, Aalter-Jabbeke dès 1940, Wetteren-Saint-Denis-Westrem en 1954, et Jabbeke-Ostende en 1955. C'est le roi Baudouin qui, le 21 avril 1956, inaugura solennellement l'autoroute à Grand-Bigard, en coupant le ruban. Le coût total s'élevait alors à 2,3 milliards de francs belges[8],[9].
Caractéristiques techniques et trafic
modifierLa plate-forme de la chaussée mesurait 30 mètres de large, sur laquelle furent aménagées deux fois deux voies de circulation d'environ 3,5 mètres chacune, flanquées de larges accotements. Entre Bruxelles et Alost, la plate-forme avait été prévue pour un éventuel élargissement à deux fois trois voies, qui fut effectivement réalisé en 1970 sur près de 90 kilomètres entre Grand-Bigard et Bruges[8],[11].
L'autoroute fait partie du trajet de la E40, sauf que l'échangeur de Jabbeke jusqu'à Ostende, où la E40 suit le tracé de l'A18. L'autoroute est la liaison la plus directe entre Bruxelles et la Côte belge, raison de sa saturation fréquente. Le résultat de l'absence d'alternatives autoroutières est que cette autoroute est utilisée massivement pour les déplacements à l'intérieur de la Flandre. Il en résulte des encombrements très importants aux heures de pointe du matin et du soir, ainsi que pendant les week-ends et les vacances scolaires.
L'autoroute A13 (E313) : Anvers - Liège
modifierDescription générale
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L'autoroute belge A13, classée en tant qu'E313[12], est une autoroute reliant Anvers à Liège. Elle traverse du nord au sud la Campine puis la Hesbaye, et passe à proximité notamment des villes flamandes de Herentals, Geel, Hasselt et Tongres[13]. Elle longe le canal Albert sur la majorité de sa longueur. Elle est construite sous le règne du roi Baudouin et est la deuxième autoroute construite en Belgique.
L'A13 a été construite pour délester l'ancienne connexion entre Anvers et Liège passant par Lierre, Aarschot et Diest[14]. Ce choix d'un tracé plus au nord est sans doute lié, dans le contexte de la Guerre froide, à la volonté de créer un accès facile au camp militaire de Beverloo à Bourg-Léopold[2].
Planification et contexte
modifierCaractéristiques et connexions
modifierL'A13 se raccorde à l'A3 à l'échangeur de Vottem, au nord de Liège, et à l'A3/A601 à l'échangeur de Hauts-Sarts. Elle porte les numéros européens E34 et E313. La route européenne E313, classée par l'accord AGR de 1975 et intégrée au réseau en mars 1983, est entièrement confondue avec l'A13 sur son tracé belge[2].
Le tronçon de l'autoroute A3 (E40/E42) : Liège - frontière allemande
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La section de l'A3 entre Liège (depuis l'échangeur de Hauts-Sarts) et la frontière allemande est dénommée aussi autoroute Roi Baudouin. Cette portion de l'A3 continue vers Verviers, Eupen et la frontière allemande vers Aix-la-Chapelle[15]. Elle est opérée par la Société wallonne de Financement complémentaire des Infrastructures (SOFICO), pour le compte de la Région wallonne[16],[17],[18]. Elle emprunte notamment le viaduc de Chertal et le viaduc de Herve, ouvrages d'art significatifs de la région liégeoise[19].
Gestion et exploitation
modifierLes autoroutes belges sont gérées depuis le 18 janvier 1989 par chaque gouvernement des régions de Bruxelles-Capitale, flamande et wallonne.
Pour la portion wallonne de l'autoroute Roi Baudouin (tronçon A3/E40 entre Liège et la frontière allemande, ainsi qu'une partie de l'A13), la SOFICO est le gestionnaire du réseau dit « structurant » de Wallonie, qui comprend l'ensemble des autoroutes de Wallonie et ses principales nationales, soit environ 2 700 kilomètres de voiries et d'échangeurs. La SOFICO finance, entretient et réhabilite ce réseau, avec l'assistance technique du SPW Mobilité et Infrastructures.
La partie flamande des autoroutes concernées (A10 et tronçon flamand de l'A13) relève du gouvernement flamand, via l'agence Wegen en Verkeer (Agentschap Wegen en Verkeer, AWV).
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ L'adresse officielle du bureau de douane d'Eynatten, à Raeren, dans la base internationale de données TIR (ITDB) gérée par la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (UNECE/CEE-ONU) est : Autoroute Roi Baudouin, 4731 Eynatten.
- ↑ De nombreux articles dans la presse belge concernent les embouteillages récurrents sur cette autoroute comme La DH Les Sports+.
Références
modifier- 1 2 « Wegen-Routes.be: Les premières autoroutes (1935-1965) », sur wegen-routes.be (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Marie Vander Borght, « Eerste afslag richting het Klaverblad », sur vub-digitalstorytelling, (consulté le )
- ↑ « Wegen-Routes.be: Dossiers », sur wegen-routes.be (consulté le )
- ↑ (en) « Belgium: total motorway length 1990-2022 », sur Statista (consulté le )
- ↑ « Wegen-Routes.be: Cartes du réseau », sur www.wegen-routes.be (consulté le )
- ↑ Christians 1965, p. 102
- ↑ « troisième réforme de l’État – CRISP | Vocabulaire politique » (consulté le )
- 1 2 3 4 « Wegen-Routes.be: E40 Bruxelles - Gand - Ostende histoire construction », sur wegen-routes.be (consulté le )
- 1 2 3 « La Belgique a attendu 1956 », sur DHnet, (consulté le )
- ↑ (nl) « ETWIE - Expertisecel voor Technisch, Wetenschappelijk en Industrieel erfgoed » [archive du ], sur etwie.be (consulté le )
- 1 2 « Wegen-Routes.be: Une politique routière moderne et axée sur l'avenir », sur wegen-routes.be (consulté le )
- ↑ Het Belang van Limburg, 12 septembre 1968.
- ↑ « A13 (BE) », sur www.autosnelwegen.net (consulté le )
- ↑ (nl) « Hasel » [archive du ], sur hasel.be (consulté le )
- ↑ La Rédaction de l'Avenir, « Bonne nouvelle sur les routes de la région verviétoise : un chantier touche à sa fin », sur lavenir.net, (consulté le )
- ↑ « Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures (SoFiCo) », sur www.wallonie.be (consulté le )
- ↑ root, « Identifier une route régionale / route communale », sur infrastructures.wallonie.be, (consulté le )
- ↑ Province de Liège, « E40/A3 - chantier des viaducs d’Herstal : changement de phase et des conditions de circulation », sur Gouverneur de la Province de Liège (consulté le )
- ↑ « Le point sur les principaux chantiers autoroutiers dans notre arrondissement | Vedia », sur www.vedia.be, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Ch. Christians, « La question des autoroutes en Wallonie dans les cadres belge et européen », Hommes et Terres du Nord, no 2, , p. 97-107 (lire en ligne
[PDF]). 