Bataille de l'Oued-el-Leben

bataille entre la dynastie saadienne et la Régence d’Alger

La bataille de l'Oued-el-Leben a lieu en mars- au nord de Fès. Elle oppose les forces de Hassan Pacha, beylerbey de la régence d'Alger, à celles de l'Empire chérifien où règne alors la dynastie des Saadiens[1],[3].

Bataille de l'Oued-el-Leben
Informations générales
Date Du au
Lieu Oued el-Leben (environs de Tissa, dans la région de Fès, Maroc)
Casus belli Invasion de Tlemcen par l'armée saadienne et contre-offensive d'Alger[1],[2]
Issue Issue indécise[1].
Hassan Pacha se retire après avoir appris les préparatifs militaires que les Espagnols faisaient à Oran[1].
Belligérants
Empire ottoman
Régence d'Alger
Saadiens
Commandants
Hassan Pacha Abdallah al-Ghalib
Forces en présence
16 000 cavaliers et fantassins
6 000 arquebusiers
30 000 cavaliers
10 000 fantassins
700 arquebusiers
Pertes
Lourdes pertes[2] Lourdes pertes[2]

conflits algéro-chérifiens

Batailles

Coordonnées 34° 18′ nord, 4° 54′ ouest
Géolocalisation sur la carte : Maroc
(Voir situation sur carte : Maroc)
Bataille de l'Oued-el-Leben

Contexte

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Malgré les accords conclu au préalable entre la régence d'Alger et les Saadiens, ces derniers renouvelèrent leurs attaques et envahirent de nouveau la région de Tlemcen sous le commandement de Abdallah al-Ghalib. En réaction, le beylerbey d'Alger Hassan Pacha prépare une contre-offensive et marche avec ses troupes vers Tlemcen pour reprendre la ville. Face à l'avancée de cette armée, les forces saadiennes évacuent la cité avant l'arrivée des troupes d'Alger, incitant Hassan Pacha à les poursuivre en territoire marocain, ce qui mène au basculement du conflit et à l'affrontement de l'Oued-el-Leben[1],[2].

Déroulement

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Une expédition ottomane est alors lancée contre le Maroc saadien pendant l', dirigée par Hassan Pacha, beylerbey d'Alger[1]. Les deux armées se confrontent au nord de Fès, sur les bords de l'oued el-Leben (litt. « la rivière du lait »), un affluent du Sebou[1].

Dans une lettre, Abdallah el-Ghalib revendique la fuite des Ottomans vers les montagnes avoisinantes, où les Marocains les ont poursuivis le lendemain jusqu'à l'oued Luyma, et rapporte la mort de trois de leurs capitaines. Selon lui, les forces ottomanes se sont ensuite réfugiées dans une autre montagne où elles ont établi leur campement, et le , les Marocains les ont harcelées jusqu'à la nuit. Abdallah el-Ghalib affirme également que le , les Marocains ont continué à poursuivre les Ottomans dans les montagnes de l'Ouargha, en ont massacré une partie et se sont emparés de leurs bêtes de somme et de leurs chevaux, ne laissant que très peu de turcs à avoir pu traverser l'oued Ouargha. Il ajoute que le pacha d'Alger s'enfuit précipitamment avec une escorte de 2000 renégats[4]. Selon l'historien marocain et chercheur au CNRS Nabil Mouline, le contingent ottoman a été décimé, et Hassan Pacha n'a survécu que grâce à la rapidité de son cheval, même si la première confrontation fut défavorable aux troupes saadiennes[5].

Selon d'autres sources, la victoire fut algérienne[6].

Issue et conséquences

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Au terme de la bataille Hassan Pacha établit son camp sur les hauteurs des collines environnantes. Les forces turco-algériennes sont cependant rapidement contraintes de se retirer, à l'annonce d'une probable attaque espagnole contre la Régence depuis Oran[1] ainsi qu'à la suite de la défection du prince de Debdou, qui rallie le camp saadien lors du deuxième jour de la bataille[7],[8]. Hassan Pacha divise alors son armée en deux groupes ; certains goums battent en retraite par voie terrestre vers Tlemcen tandis que lui-même et les arquebusiers embarquent vers Alger depuis le port de Qassassa, près de Melilla, afin de se préparer à contrer les Espagnols qui ne tarderont pas à lancer une offensive contre Mostaganem en août-septembre de la même année[1].

La bataille de l'Oued-el-Leben revêt une grande importance pour le Maroc et la dynastie Saâdienne : la tentative d'invasion ottomane va créer une union sacrée autour du sultan, qui lui concèdera seize ans de répit[9].

Référencement

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Bibliographie

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  • Henri-Delmas de Grammont, Histoire d'Alger sous la domination turque : 1515-1830, Saint-Denis, Éditions Bouchène, , 328 p. (ISBN 978-2-912946-53-9 et 2-912946-53-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chantal de la Véronne, Histoire sommaire des Sa'diens au Maroc, FeniXX réédition numérique, (ISBN 9782307061076, lire en ligne), PT23

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Jamil M. Abun-Nasr, « A history of the Maghrib in the Islamic period, p.157 », Cambridge University Press, .
  2. 1 2 3 4 حديدي, ع. (2015). مسالة الحدود بين الجزائر العثمانية و المغرب من اوئل القرن 16م الى منتصف Thèse, Université Mohamed Boudiaf - M'sila. p.39
  3. ↑ « In 965/1558, the new sovereign succeeded in defeating the Turko-Ottomans of Algiers near Wadi 'l-Laban and invading the Regency » dans: The Encyclopaedia of Islam Vol.8 Sir Hamilton Alexander Rosskeen Gibb, Johannes Hendrik Kramers, Bernard Lewis - 1954.
  4. ↑ Sources Inédites de l'Histoire Du Maroc - France - Pays-Bas - Angleterre - Espagne - Henry de Castries (lire en ligne)
  5. ↑ Nabil Mouline, Le califat imaginaire d'Ahmad al-Mansûr: Pouvoir et diplomatie au Maroc au XVIe siècle, Presses Universitaires de France, (ISBN 978-2-13-074021-6, lire en ligne)
  6. ↑ (ar) ‏هلايلي، حنيفي, ‏أوراق في تاريخ الجزائر في العهد العثماني /, ‏دار الهدى للطباعة والنشر والتوزيع،‏,‎ (ISBN 978-9947-26-198-9, lire en ligne), p. 59
  7. ↑ P. Boyer, « Contribution à l'étude de la politique religieuse des Turcs dans la régence d'Alger (XVIe et XIXe siècles » (lien), dans : Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, vol.1 (1966), p. 23
  8. ↑ Robert Ricard et Cantal de La Véronne, « Les Sources Inédites de l'Histoire du Maroc Tome II ».
  9. ↑ Nabil Mouline, Le califat imaginaire d'Ahmad al-Mansûr: Pouvoir et diplomatie au Maroc au XVIe siècle, Presses Universitaires de France, (ISBN 978-2-13-074021-6, lire en ligne)

Annexes

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