Bornes Vauthier
Les bornes Vauthier également appelées bornes du front (en anglais : Western Front demarcation stones ; en néerlandais : demarcatiepalen) sont un ensemble de bornes sculptées par l'artiste Paul Moreau-Vauthier érigées le long de routes dans les années 1920 pour matérialiser la ligne de front de la mer du Nord à la frontière suisse le , c'est-à-dire lors d'une des offensives alliées menant à la victoire finale. Elles se trouvent en Belgique et en France[1].
| Borne du Front | |
Stuivekenskerke (Belgique), borne no 11. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Borne Vauthier |
| Date de construction | Années 1920 |
| Architecte | Paul Moreau-Vauthier |
| Type | Ensemble de monolithes de granit |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Flandre, Hauts-de-France, Grand-Est |
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Description
modifierLes bornes forment une des routes commémoratives érigées au cours du XXe siècle pour matérialiser des itinéraires de mémoire matérialisant la ligne de front de la mer du Nord à la frontière suisse le lors de l'offensive victorieuse de la deuxième bataille de la Marne. Elles couvrent ainsi 700 km de la ligne de front et sont en moyenne distantes de 5 à 10 km l'une de l'autre[2].
Les bornes sont des monolithes en granit rose d'Andlau mais également dans d'autres matériaux, de plus d’un mètre de haut, surmontés d'un casque posé sur couronne de lauriers, généralement le casque français (casque Adrian 1915), belge (casque Adrian blasonné du royaume de Belgique) ou britannique (casque Brodie 1915)[2]. Les différentes faces sont ornées de bas-reliefs représentant une boîte à masque à gaz, un bidon et des grenades[3].
Chaque borne comprend, sur ses faces, des gravures (textes, équipement du soldat) qui peuvent varier d'une borne à l'autre. Le nom gravé sur le fronton est celui d'un lieu de combats importants : Vimy, Montdidier, Bois-Belleau, les monts de Champagne, Souain, les Éparges, Bois-le-Prêtre, etc.
Au cours du temps, les bornes du front connaissent différentes appellations : « bornes du front », « bornes de la Victoire », « bornes du Touring Club », etc.[2]. L'appellation « borne Vauthier » est relativement récente, étant désormais communément reprise dans les publications et sur l'internet depuis les années 2000.
D'autres types de bornes ont été installées le long d'itinéraires tels que la Voie sacrée, artère logistique desservant Verdun pendant la Première Guerre mondiale, pendant la bataille de Verdun (1916), la voie de la Liberté pour le parcours victorieux des Alliés en 1944, la voie de la 2e DB qui emprunte le chemin suivi par la 2e division blindée lors de la libération de la France et les stèles du front de la bataille des Ardennes qui rappellent les points extrêmes atteints par l'offensive allemande dans les Ardennes de à .
Histoire
modifierPaul Moreau-Vauthier (1871-1936), combattant de 1914-1918 et sculpteur, a l’idée d’ériger ces monuments afin de matérialiser la ligne de front (700 km) telle qu’elle était lors de l'offensive victorieuse de la seconde bataille de la Marne, le . Cette initiative s'inscrit dans le tourisme de mémoire qui s'est déjà développé précédemment lors de la guerre de Sécession et la guerre de Crimée et qui prend une toute autre ampleur avec la Première Guerre mondiale[4].
L’idée étant approuvée par les présidents du Touring club de France et du Touring club de Belgique (TCF, TCB), on demande au maréchal Pétain d’établir une liste des lieux dignes d’accueillir ces bornes souvenirs. Cette liste comporte 240 lieux. Aux bornes françaises, belges dans les secteurs belges et anglaises dans les secteurs anglais s'ajoutent les sept bornes portugaises. De même, la borne Vauthier de Flirey porte la mention « Georges Washington » pour honorer l'amitié entre la France et les États-Unis.
Pour que ce projet aboutisse, des souscriptions sont organisées par les deux Touring clubs, auxquelles viennent s'ajouter des dons d'organismes publics, d'associations ou de personnes privées. Les souscriptions ne permettent pas d'atteindre l'objectif initial, et seules 118 bornes sont érigées : 22 en Belgique et 96 en France. Elles sont inaugurées entre 1921 (Château-Thierry) et 1927 (Hartmannswillerkopf)[2].
À ce décompte, s'ajoutent la borne prototype, en région Île-de-France, à Confrécourt, hors projet, et les copies hors ligne de front installées au Mémorial de Verdun et à Tergnier, cité Quessy[2].
État actuel
modifierSi l'on ne tient pas compte du prototype qui se trouve dans le jardin de la maison du sculpteur à Boulogne-Billancourt[5], en 2009, il en reste 97, dont certaines sont endommagées : Hartmannswillerkopf, Ville-sur-Tourbe, etc.[2]. Celle de Vrigny (Marne) est cassée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale pour faire disparaître la mention : « Ici fut repoussé l'envahisseur allemand »[6]. Elle a été déplacée à l'entrée de la commune et inaugurée son nouvel emplacement.
- Centre ville de Château-Thierry (France).
- Inauguration de la première borne à Château-Thierry (France), le .
Situation
modifierDe la mer du Nord, à Nieuport en Belgique, jusqu'à quelques kilomètres de la frontière suisse, à Altkirch, elles sont en moyenne distantes de 5 à 10 km l'une de l'autre.
Certaines ont été décalées dès l'origine, d’autres plus tard, pour des raisons diverses. Elles ne sont donc pas toujours à l'endroit exact de la ligne de front.
Belgique
modifierSur un total de 22 bornes disposées en Belgique, 19 sont encore en place[7].
| Province | Localité | Borne n° | Image | Coordonnées |
|---|---|---|---|---|
| Flandre occidentale | Dixmude Minoterie | 1 | disparue | |
| Nieuport | 2 | 51° 08′ 18″ N, 2° 45′ 22″ E | ||
| Ramscapelle | 3 | 51° 06′ 33″ N, 2° 45′ 32″ E | ||
| Boezinge | 4 | 50° 54′ 56″ N, 2° 50′ 14″ E | ||
| Noordschote | 5 | 50° 57′ 30″ N, 2° 49′ 15″ E | ||
| Boezinge | 6 | 50° 53′ 37″ N, 2° 51′ 34″ E | ||
| Locre | 7 | 50° 46′ 34″ N, 2° 46′ 30″ E | ||
| 8 | 50° 47′ 01″ N, 2° 47′ 30″ E | |||
| Nieuwpoort Bad | 9 | 51° 09′ 03″ N, 2° 43′ 19″ E | ||
| Pervijze | 10 | détruite | ||
| Stuivekenskerke | 11 | 51° 03′ 32″ N, 2° 49′ 56″ E | ||
| Kaaskerke (Dixmude) |
12 | 51° 02′ 44″ N, 2° 50′ 36″ E | ||
| Nieuport | 13 | 51° 07′ 58″ N, 2° 45′ 39″ E | ||
| Kemmel | 14 | 50° 47′ 33″ N, 2° 48′ 43″ E | ||
| 15 | 50° 48′ 13″ N, 2° 50′ 46″ E | |||
| Voormezele | 16 | 50° 49′ 33″ N, 2° 51′ 40″ E | ||
| 17 | 50° 49′ 15″ N, 2° 53′ 25″ E | |||
| Zillebeke | 18 | 50° 49′ 51″ N, 2° 54′ 43″ E | ||
| Ypres | 19 | 50° 50′ 56″ N, 2° 54′ 59″ E | ||
| 20 | 50° 51′ 44″ N, 2° 55′ 18″ E | |||
| Zoonebeke | 21 | détruite | ||
| Saint-Jean Pilkem | 22 | 50° 53′ 01″ N, 2° 53′ 19″ E | ||
France
modifierHauts-de-France
modifierGrand Est
modifier| Département | Localité | Nombre à l'origine | Nombre en 2009 | Image | Coordonnées | Précisions |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Marne | 15 | 14 | Inclus : Four-de-Paris, situé en Meuse à la limite de la Marne. | |||
| Igny-Comblizy | 1 | 1 | 49° 02′ 07″ N, 3° 41′ 07″ E | En bordure de la D 18 | ||
| Meuse | 15 | 12 | ||||
| Meurthe-et-Moselle | 11 | 11 | ||||
| Domèvre-sur-Vezouze | 1 | 1 | 48° 33′ 38″ N, 6° 47′ 58″ E | En bordure de la D 400 | ||
| Badonviller | 1 | 1 | 48° 30′ 42″ N, 6° 54′ 01″ E | En bordure de la D 8 | ||
| Badonviller | 1 | 1 | 48° 29′ 01″ N, 6° 57′ 20″ E | Au col de la Chapelotte | ||
| Vosges | 3 | 3 | ||||
| Haut-Rhin | 6 | 4 | ||||
| Soultzeren | 1 | 1 | 48° 03′ 35″ N, 7° 06′ 06″ E | En bordure de la D 417 | ||
| Wattwiller | 1 | 1 | 47° 51′ 39″ N, 7° 09′ 39″ E | Au Hartmannswillerkopf | ||
| Burnhaupt-le-Haut | 1 | 1 | 47° 44′ 07″ N, 7° 08′ 10″ E | En bordure de la D 483 | ||
| Altkirch | 1 | 1 | 47° 37′ 27″ N, 7° 14′ 13″ E | Dans la rue de la vieille porte[8] | ||
| Totaux | 56 | 47 |
Voir sur l'ensemble des points sur Bing Maps.
Notes et références
modifier- ↑ « Les bornes Vauthier, témoins de l’histoire de 14-18 », L'Est Républicain, (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 « Les bornes Vauthier : Leur histoire », sur memorialdormans (consulté le ).
- ↑ « Borne Vauthier : Flirey », sur Tourisme Metz (consulté le ).
- ↑ « La borne Vauthier », sur Paysages en bataille (consulté le )
- ↑ « Prototype de la borne Moreau-Vauthier (1919-1920) », sur Ministère de la Culture, (consulté le )
- ↑ Borne Vauthier de Vrigny
- ↑ (nl) « Erfgoedobjecten », sur onroerenderfgoed.be (consulté le ).
- ↑ Il s'agit de la borne n° 43 de Moos déplacée, en remplacement de la n°44 détruite.
