Bruno Gaccio

scénariste, auteur et producteur de télévision

Bruno Gaccio, né le à Saint-Étienne, est un auteur, romancier, scénariste, et producteur de télévision français, connu principalement pour sa participation à l'écriture de l'émission Les Guignols de l'info de Canal+, de 1992 à 2007.

Bruno Gaccio
Bruno Gaccio à la cérémonie des Molières 2014.
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Biographie

Origine et jeunesse

Fils unique d'un maçon italien et d'une papetière, il est engagé comme apprenti typographe dans une imprimerie en 1973.

Arrivé à Paris, il devient auteur et interprète au café-théâtre pendant quatre ans. Il se fait remarquer dans Le Petit Théâtre de Bouvard où il rencontre Michèle Bernier, puis apparaît au cinéma en 1983 comme acteur dans Vive les femmes !, et en 1992 comme scénariste d'Une journée chez ma mère[1].

Canal+

En , il entre à Canal+, et devient coauteur des Guignols de l'info, puis un peu plus tard le chef de file. Avec Jean-François Halin et Benoît Delépine, il forme le trio emblématique de la grande époque de l'émission. À la rentrée 1992, Alain De Greef lance La semaine des Guignols, best-of en version dominicale.

En 1993, ils reçoivent deux 7 d'or, récompensant la meilleure émission de variétés et la meilleure émission de divertissement, puis en 1995, le Grand prix de l'humour de la SACEM.

Plusieurs de leurs sketches sont diffusés dans l'émission Demain les jeunes, consacrée le par Michel Field aux manifestants contre le Smic jeunes[2], qui ont repris les expressions des Guignols[2]. L'émission décide le Premier ministre Édouard Balladur à renoncer dès le lendemain au Smic jeunes.

À partir de 1995, il succède à Antoine de Caunes dans Nulle part ailleurs, présenté par Philippe Gildas, où il fait un monologue au début de chaque émission, comme son prédécesseur.

En , le groupe Vivendi Universal (propriétaire de Canal+) est au bord de la banqueroute. Porte-parole des salariés de Canal+ lors de la « révolte » d’ qui fait suite à l’éviction de Pierre Lescure, il tient des propos très durs envers Jean-Marie Messier :

« Il achète une télé, il ne sait pas en faire, il achète une équipe de foot, il ne sait pas faire trois jongles, il achète le cinéma français, il ne sait ni écrire ni réaliser ni jouer la comédie. On le croyait bon en finance et on se rend compte aujourd'hui qu'il est nul dans ce domaine aussi... Il est temps qu'il parte. »

Il devient alors la bête noire des dirigeants qui se succèdent dans ce Canal+ en pleine crise. Sa vie privée est alors espionnée et la chaîne est mise en examen pour complicité d'atteinte à la vie privée en 2010[3]. Cependant, Gaccio continue et il co-dirige l’écriture des fictions françaises produites par la chaîne. On lui doit aussi la mise en place des mini-fictions sur Canal+ aux côtés du producteur Gilles Galud.

Bruno Gaccio (à gauche) et José Garcia sur le plateau de Nulle part ailleurs installé sur la plage privée de l'hôtel Martinez lors du festival de Cannes 1997.

À la mi-, Bruno Gaccio annonce qu'il quittera les marionnettes de Canal+ en juin, après la présidentielle, au terme de quinze années d’écriture[4]. Il garde ses responsabilités au département fiction de la chaîne et devient directeur de La Fabrique Canal+. En , Bruno Gaccio quitte Canal+.

Blast

Il participe en 2023 sur la chaine Blast à l'écriture d'une émission de satire politique inspirée des Guignols : Les Marioles[5].

Écriture

Il est également l'auteur de plusieurs spectacles interprétés sur scène par Charlotte de Turckheim et Patrick Timsit.

En 2005, il coécrit un livre avec le magistrat Philippe Bilger et Gilles Verlant : Le Guignol et le Magistrat, sur le thème d'un dialogue sur la liberté d'expression où il expose sa révolte contre l'omnipotence de l'argent.

En 2006, il écrit les commentaires de la BD sur Jacques Chirac La success story du président, et devient directeur adjoint de la fiction française chez Canal+.

En 2010, il publie un livre d'entretien avec l'humoriste Dieudonné, Peut-on tout dire ?, en référence au livre de Raoul Vaneigem, Rien n'est sacré, tout peut se dire, préfacé lui-même par Robert Ménard, critiquant la loi Gayssot et défendant la liberté d'expression.

Music-hall

En 2011, il signe l'adaptation française d'Avenue Q, comédie musicale importée de Broadway qui se joue à partir du à Bobino. Avec Grégory Antoine, il est auteur du livret de la comédie musicale Hit Parade dont la première a lieu à Paris en .

Politique

En , il est cofondateur du Collectif Roosevelt qui réunit l'économiste Pierre Larrouturou ainsi que des personnalités telles que Stéphane Hessel, Edgar Morin ou encore Lilian Thuram[6],[7], mouvement civique visant à l'insurrection des consciences et à peser sur les décisions des dirigeants français en proposant 15 réformes d'ordre financier, économique, social et environnemental pour éviter de s'enfoncer davantage dans la crise.

En , il lance le parti Nouvelle Donne, au côté de Pierre Larrouturou[6],[8].

En 2014, il est membre du jury du Festival international du film grolandais de Toulouse. Cette même année, il devient parrain de l'émission radiophonique Si tu écoutes, j'annule tout (qui deviendra Par Jupiter !)[9].

En , il apparaît lors de la soirée de lancement du Média. Il intervient lors du premier journal de lancement[10].

En , il rejoint le Parlement de l'Union populaire[11], organisation qui soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle française de 2022.

Il est candidat tête de liste dans le 7e arrondissement de Paris aux élections municipales de 2026 sous l'étiquette La France insoumise[12].

Engagement

Bruno Gaccio est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité[13].

Vie privée

Il est en couple quinze ans avec la comédienne humoriste Michèle Bernier[14]. Le couple a eu deux enfants, Charlotte Gaccio née le , actrice, ainsi qu'un fils né en . Il vit ensuite deux ans avec Agnès Michaux, l'ex-présentatrice de C'est pas le 20 heures sur Canal+, avec qui il a un fils en [15].

Prises de position

Il co-signe le , parmi 1 400 personnalités du monde de la culture, la tribune « Nous ne sommes pas dupes ! », publiée dans le journal Libération, pour soutenir le mouvement des Gilets jaunes et déclarant que « Les gilets jaunes, c’est nous »[16].

Lors de la pandémie de Covid-19, il s'oppose à la gestion de la pandémie par le gouvernement français, notamment au passe sanitaire. Il crée le site plaintecovid.fr pour faciliter les démarches de plainte contre le gouvernement. Il relaie également une pétition contre le passe sanitaire[17].

Polémiques et justice

En , il est accusé de harcèlement sexuel par la journaliste Sylvie Kerviel lors d'une interview pour le journal Le Monde[18]. Sa version des faits, où il parle de plaisanteries sur un ton d'« énormité rabelaisienne », est publiée par Le Monde peu après[19]. Diverses réactions ont lieu entre-temps ; Alain De Greef prenant sa défense suscitant une réponse des Chiennes de garde accusant Canal+ de sexisme[20], tandis que le journaliste Pierre Georges parle de « Beauf de garde »[21] ironisant sur la défense de De Greef et jugeant que « Bruno Gaccio a dérapé […] un simple mot d'excuses parfois vaut mieux que filandreuse plaidoirie. »[22].

En , il est attaqué pour injure publique par Jacques Blanc, président (DL) du conseil régional du Languedoc-Roussillon, pour l'avoir traité de « crétin ». Il est relaxé[23],[24].

En , Pierre Martinet publie Un agent sort de l'ombre où cet ancien agent de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) affirme avoir filé et photographié Bruno Gaccio à la demande de Gilles Kaehlin, à l'époque responsable de la sécurité de Canal+, et de son adjoint, Gilbert Borelli[25]. Bruno Gaccio porte plainte contre X pour atteinte à la vie privée. Les protagonistes sont condamnés à des peines de prison avec sursis et la chaîne est relaxée[26]. Outre la filature, un dossier est rédigé pour décrire une opération d'assassinat, et d'autres pièges comme la dissimulation de drogue dans son scooter sont envisagés[27] pour le discréditer.

En , il est prévenu devant le tribunal correctionnel de Paris de violences avec arme par destination (en l'espèce, un antivol). Il aurait porté un coup à un journaliste qui accompagnait un photographe qui avait, peu avant, pris un cliché de Bruno Gaccio en train d'embrasser une jeune femme à la sortie d'une soirée[28],[29]. Le , Bruno Gaccio est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 2 000  d'amende pour ces faits. Il est également condamné à verser 1 000  de dommages et intérêts à la victime et 800  d'amende pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d'ADN en garde à vue[28],[30].

En 2026, Conspiracy Watch lui consacre un article, relevant son soutien régulier à Dieudonné depuis 2009 jusqu'à 2025, ses prises de position antivax, et ses reposts de tweet de personnalités telles François Asselineau, Silvano Trotta, Alexis Poulin, Didier Maïsto, Alexis Haupt, Idriss Aberkane ou Candace Owens[31].

Émissions

Filmographie en tant qu'acteur

Publications

Polars

  • 2022 : C'est quoi ce bordel (Bertrand Morillo T1) - Massot Editions, Polar.
  • 2023 : Tour de vice (Bertrand Morillo T2) Massot Editions, Polar.
  • 2024 : Le Virus c'est l'Homme (Bertrand Morillo T3) Massot Editions, Polar

Notes et références

  1. « Bruno Gaccio », sur Evene.fr, (consulté le )
  2. 1 2 Yves Derai et Laurent Guez, Le pouvoir des Guignols, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-402-12534-5, lire en ligne)
  3. « AFP: Canal+ en procès pour l'espionnage présumé de Bruno Gaccio » [archive du ], sur www.google.com (consulté le )
  4. « Bruno Gaccio quitte les Guignols de l'info », Le Monde 12 janvier 2007
  5. « Blast crée "Les Marioles" pour succéder aux "Guignols" : "On manque d’impertinence dans le paysage médiatique, selon le fondateur du site Denis Robert », sur Franceinfo, (consulté le )
  6. 1 2 J. F. dit, « Bruno Gaccio : "Le PS est devenu la droite complexée" », sur Le nouvel Economiste, (consulté le )
  7. Laurent Joffrin, « De l'audace ! Et si Hollande faisait comme Roosevelt... », sur L'Obs, (consulté le )
  8. « Larrouturou, la girouette du PS », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  9. « Si tu écoutes j'annule tout du 25 août 2014 », sur franceinter.fr, (consulté le )
  10. Charlotte Belaich, « Le Média lance son JT, « échappé de la télé » », Libération, (lire en ligne).
  11. « Présidentielle : Mélenchon en quête d'un tournant dans sa campagne », sur LExpress.fr, (consulté le )
  12. Par Lino Prestimonaco Le 2 décembre 2025 à 18h08, « Municipales à Paris : ex-auteur des « Guignols de l’info », Bruno Gaccio est candidat pour LFI dans le VIIe arrondissement », sur leparisien.fr, (consulté le )
  13. « "Les Pâtes à l'ail": l'amitié à la vie à la mort, selon Bruno Gaccio », sur France 24, (consulté le )
  14. Purepeople, « Trompée alors qu'elle était enceinte, Michèle Bernier évoque avec douleur sa rupture d'avec Bruno Gaccio », sur www.purepeople.com, (consulté le )
  15. Actustar, Bruno Gaccio a un bébé et des ennuis de justice, 22-11-2000
  16. Des personnalités du monde de la culture, « Gilets jaunes : nous ne sommes pas dupes  ! », Libération, (consulté le )
  17. Pierre Lann, « Passe vaccinal : de Bruno Gaccio à Véronique Genest, ils mènent la fronde sur les réseaux sociaux » Accès libre, sur www.marianne.net, (consulté le )
  18. Sylvie Kerviel, « Mon interview avec Bruno Gaccio », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  19. Bruno Gaccio, « Les Guignols : Bruno Gaccio écrit au « Monde » », Le Monde, (lire en ligne)
  20. Le Monde, « Les Chiennes de garde accusent Canal+ de « sexisme à tous les degrés » », Le Monde, (lire en ligne)
  21. Pierre Georges, « Beauf de garde », Le Monde, (lire en ligne)
  22. Pierre Georges, « Harcèlement », Le Monde, (lire en ligne)
  23. « Injures à Jacques Blanc : le tribunal relaxe Bruno Gaccio », La Dépêche du Midi, (lire en ligne)
  24. Catherine Bernard, « Il n'est pas injurieux de traiter Jacques Blanc de crétin », Libération, (lire en ligne)
  25. Pierre Martinet, Un agent sort de l'ombre, Privé, , 385 p. (ISBN 978-2-35076-020-9)
  26. « Des employés de Canal+ condamnés pour l'espionnage de Bruno Gaccio », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  27. « Mais qui a voulu assassiner Bruno Gaccio ? », sur TF1 INFO, (consulté le )
  28. 1 2 « Bruno Gaccio condamné pour violences sur un journaliste », La Dépêche du Midi, (lire en ligne)
  29. « Bruno Gaccio poursuivipour agression » Accès libre, sur Le Nouvel Observateur, (consulté le )
  30. « L'auteur des « Guignols » condamné », Le Parisien, (lire en ligne)
  31. « Bruno Gaccio : un « complotissse » au Conseil de Paris ? », sur Conspiracy Watch,
  32. LA NOUVELLE TRILOGIE 6 : appel à projets ! 24 septembre 2009
  33. « Bruno Gaccio. « Ce sont les banquiers et les instituts de crédit qui dirigent le monde » », L'Humanité, (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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