Château de Hautefort

château français situé à Hautefort
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Le château de Hautefort[2] est un château, situé sur la commune de Hautefort, en Périgord noir, dans le département français de la Dordogne en région Nouvelle-Aquitaine.

Château de Hautefort
Image illustrative de l’article Château de Hautefort
Le château dominant le village.
Période ou style Classique
Architecte Nicolas Rambourg / Jacques Maigret
Début construction XVIe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Familles de Born puis de Gontaut-Hautefort
Destination initiale Forteresse
Propriétaire actuel Fondation du château de Hautefort
Protection Logo monument historique Classé MH (1958, 1967)
Coordonnées 45° 15′ 34″ nord, 1° 08′ 42″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Région française Périgord
Région administrative Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Commune Hautefort
Géolocalisation sur la carte : Dordogne
(Voir situation sur carte : Dordogne)
Château de Hautefort
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Hautefort
Site web https://chateau-hautefort.com/

Propriété historique de la famille de Born-Hautefort éteinte dans la famille de Gontaut-Hautefort, le château est classé au titre des monuments historiques.

Localisation

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Dans le quart nord-est du département de la Dordogne, en Périgord noir, le château de Hautefort est situé sur un éperon rocheux qui domine le bourg et la commune de Hautefort.

Histoire

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Créé sur une période allant de la fin du XVIe siècle à la fin du XVIIe siècle sur les bases d'un ancien château-fort, son architecture évoque nettement les châteaux de la Loire. C'est l'un des rares édifices classiques de la Dordogne.

Il est construit à partir du XVIe siècle sous la direction des architectes Nicolas Rambourg puis Jacques Maigret[note 1], pour une branche de la famille de Gontaut, les marquis de Hautefort, proches du roi et ayant des charges importantes à la Cour. La famille de Gontaut-Hautefort est très appréciée des populations locales pour sa générosité envers les pauvres. Le marquis Jacques-François de Hautefort fait édifier dans le village un hospice en forme de croix grecque, du même style architectural que le château avec sa grande coupole centrale. À la Révolution française, le château et la famille sont défendus par les habitants de Hautefort. Une troupe conventionnelle venue d'Excideuil projetant de le détruire en tant que symbole de la féodalité d'Ancien Régime, les habitants du village font fondre leurs cuivres pour en faire des armes et sauvent le château de la destruction.

Au début du XXe siècle, le château était tombé en piteux état, il avait perdu son mobilier, toutes ses boiseries et jusqu'à ses parquets. Après avoir été racheté en 1929 par le baron et la baronne de Bastard, il est entièrement restauré et remeublé par les nouveaux propriétaires. La baronne poursuit seule les travaux après la mort du baron en 1957, et ne peut s'installer au château qu'en 1966, pour deux ans. Le , le corps de logis central du château est détruit par un incendie. Il n'en reste plus que les murs extérieurs profondément calcinés. Un élan de générosité national et, surtout, celui de la population des environs, très attachée au château, ainsi que le soutien de personnalités, poussent la baronne à entreprendre la reconstruction. Il est alors restauré une deuxième fois par madame de Bastard qui, jusqu'à son décès en 1999, aura voué sa vie entière à la sauvegarde du château, engageant sa fortune personnelle et vendant ses œuvres d'art pour réunir les fonds nécessaires à la reconstruction.

Les façades et les charpentes sont reconstruites, ainsi que les plafonds, les décors et les pièces qui sont restaurés et restitués à l'identique à partir de photos. Le château est entièrement remeublé. Les boiseries du château de Kerlaudy, demeure léonaise du gouverneur des Mascareignes laissée à l'abandon, sont récupérées. La baronne de Bastard s'installe à nouveau dans le château en 1977 et l'ouvre à la visite.

En 1984, elle crée la Fondation du château de Hautefort à laquelle elle fait donation du bâtiment et de son immense domaine, ainsi que de son mobilier et tout son contenu. Aujourd'hui, la partie des intérieurs qui n'est pas ouverte à la visite est toujours en cours de restauration.

Des jardins à la française, reconstitués par le baron et la baronne de Bastard, s'étendent en terrasse tout autour du château, répartis en parterres de broderies de buis fleuris. Ils sont classés monuments historiques. Un parc à l'anglaise s'étend sur trente hectares, sur la colline à l'ouest du château.

Description

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Extérieur

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Image externe
Icône décorative. Plan du rez-de-chaussée.

Hautefort est un château à trois ailes entourant une cour rectangulaire ceinte d'une balustrade en pierre. Le bâtiment central est le logis, un édifice de trois étages qui occupe toute l'aile nord-est. Deux ailes latérales plus basses y sont accolées à angle droit, chacune surmontée d'une grande tour ronde. L'architecture présente un mélange de styles Renaissance et néo-classique baroque, car les bâtiments ont été construits d'après les plans de deux architectes différents. La toiture en ardoise est un élément unificateur du château. Bien que construit à l'époque baroque, le château a dans son ensemble une apparence beaucoup plus austère que celle des châteaux typiques du XVIIe siècle[3].

Il ne reste rien de la structure médiévale du XIIe siècle. Les parties les plus anciennes se trouvent dans la tour sud-ouest, également appelée tour de Bretagne. Les fondations remontent au XVe siècle[4]. La charpente en châtaignier soutient une coupole surmontée d'une lanterne. Le chemin de ronde, partiellement conservé, était accessible depuis cette tour[5]. Son homologue, à l'extrémité de l'aile nord-est, est identique, mais date entièrement du XVIIe siècle.

Vue du nord-ouest, entrée.

L'entrée du château se situe au nord-ouest, principal point d'attaque, le plateau étant par ailleurs protégé par des falaises abruptes : aussi l'aile nord-ouest est-elle plus fortement fortifiée que les autres parties. Devant elle s'étend un large fossé sec, franchi par un pont de pierre qui, cependant, ne couvre pas la totalité du fossé, sa dernière section étant un pont-levis. Une vaste esplanade, qui s'étend devant le fossé, permet de repérer rapidement les assaillants potentiels et de ne leur livrer aucun abri. La porte principale à bossages, qui conserve des éléments défensifs médiévaux, est flanquée de deux tourelles reposant sur des corbeaux.

Façade sur cour.

Après avoir franchi le portail en arc brisé orné des armoiries de la famille de Bastard, les visiteurs accèdent à la cour intérieure du château. Toutes les ailes du bâtiment présentent, au rez-de-chaussée, des arcades donnant sur la cour, ponctuées d'ouvertures rectangulaires. L'arcade du logis est conçue comme une galerie ouverte. Les étages supérieurs sont séparés de la galerie par une corniche. Les fenêtres à meneaux de la façade sur cour, surmontées de frontons triangulaires, étaient déjà démodées à l'époque de la construction et proviennent probablement des plans du premier architecte, Nicolas Rambourg. Le grenier est doté de lucarnes à pignons en plein cintre. Le fronton de la lucarne centrale arbore les armoiries de la famille de Hautefort. Aux angles extérieurs du logis se dressent deux imposants pavillons, dépourvus de fenêtres à meneaux et vraisemblablement construits d'après les plans du second architecte, Jean Maigret. Un bandeau souligne les différents étages de la façade. La partie située entre le troisième étage et le grenier présente une série de corbeaux, évoquant l'architecture défensive médiévale ; toutefois, ceux-ci ne supportent pas de chemin de ronde et ne sont reliés par des mâchicoulis. La façade extérieure nord du château, pavillons d'angle compris, mesure plus de 80 mètres[6].

Intérieur

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À l'extrémité nord de la galerie, au rez-de-chaussée du logis, se trouvent la salle à manger et la salle des tapisseries attenante. Quatre tapisseries des XVIe et XVIIe siècles, provenant d'Enghien et de Bruxelles, sont accrochées à ses murs, sauvées du terrible incendie de 1968.

À l'autre extrémité de la galerie, le grand escalier mène aux grands appartements, situés au premier étage. Des pots à feu ornent les rampes de l'escalier. La pièce maîtresse des appartements est la salle des cheminées, une salle de réception et de banquets de 21 × 14 mètres qui, avec sa hauteur de sept mètres, occupe également les combles au-dessus du premier étage. Elle doit son nom à ses deux grandes cheminées, dont les encadrements en noyer sculpté sont ornés de boiseries. Il s'agit de reconstitutions exactes des cheminées du XVIIe siècle détruites lors de l’incendie de 1968[7],[8].

La chapelle du château, construite en 1670, est située dans la tour ronde sud-est, qui a survécu indemne à l'incendie de 1968. Son mobilier, resté d'origine, date de la période de la Restauration, tandis que l'argenterie comprend des pièces du XVIe au XVIIIe siècle. Le sol du chœur de la chapelle est orné d'un motif de fleurs de lys. La coupole présente une peinture en trompe-l'œil imitant un plafond à caissons. Le retable à colonnes corinthiennes, qui soutient un fronton semi-circulaire, est attribué à Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine[7].

Parc et jardins du château

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Le jardin baroque.

Une dizaine de jardiniers entretiennent à l'année les jardins et le parc du château[9]. Les jardins à la française situés sur les terrasses au sud et à l'est du château demandent un travail important. Le jardin baroque faisait déjà partie du domaine Modèle:Au s-, mais les parterres actuels, qui datent du XIXe siècle, ont été replantés au XXe siècle. Ils comprennent des parterres d'ifs et de buis, agrémentés d'arbres taillés en topiaire. Des allées de gravier blanc serpentent entre les massifs aux plantations géométriques. Les compositions florales sont renouvelées chaque année.

Au nord-est du château et de son esplanade se trouve un jardin paysager anglais de trente hectares, avec un lac artificiel. L'arbre le plus ancien est un cèdre du Liban en bordure du parc. Parmi les autres plantes remarquables, on trouve un magnolia à feuilles persistantes[10],[11].

Chronologie

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  • IXe siècle, une forteresse des vicomtes de Limoges est mentionnée sur le site. Ces vicomtes résident au château d'Excideuil.
  • Vers 1010, Guy de Lastours bat le seigneur de Hautefort aux champs d'Arnac au cours de la lutte opposant le comte de Périgord et le vicomte de Limoges.
  • En 1026, Guy de Lastours construit le château de Pompadour.
  • En 1028, dédicace par l'évêque de Limoges de la chapelle d'Arnac dédiée à saint Martial construite par Guy de Lastours.
  • En 1030, la forteresse devient la propriété de Guy de Lastours, dit Tête-Noire, à la suite de sa victoire sur le seigneur de Hautefort et d'une alliance entre les deux familles.
  • En 1046, mort de Guy de Lastours. Sa fille unique Aloarz ayant épousé Aymar de Léron, ou de Laron, celui-ci hérite des terres de son beau-père et reprend le nom de Lastours.
  • En 1096, Gouffier II de Lastours (ou Gulphérius), arrière-petit-fils de Guy de Lastours, conduit avec Raymond de Turenne la noblesse du Limousin à la première croisade lors de laquelle il devient célèbre par son courage.
  • En 1160, Agnès de Lastours, arrière-petite-fille de Golfier II de Lastours, descendante de Guy de Lastours, épouse Constantin de Born, frère du troubadour Bertran de Born. Le troubadour va alors épouser Hermangarde, tante d'Agnès de Lastours. Les deux frères vont se disputer le château. Pour ce faire, ils vont chercher des alliances et vont trouver des appuis dans la famille des Plantagenêt. En effet Henri le Jeune, fils aîné du roi d'Angleterre Henri II, reproche à son père d'avoir transmis à son frère cadet Richard Cœur de Lion le duché d'Aquitaine : Constantin de Born s'allie avec Henri II, et son fils cadet Richard Cœur de Lion, Bertran de Born s'allie avec le fils aîné d'Henri II, Henri le Jeune. Bertran de Born est un homme passionné et belliqueux comme le montrent ses vers :

    « Et j'ai grande allégresse
    Quand je vois en campagne rangés
    Chevaliers et chevaux armés. »

  • En 1182, Constantin de Born, premier occupant du château, en est chassé par son frère.
  • En 1183, mort d'Henri le Jeune, qui venait de piller l'abbaye de Rocamadour, à Martel. Richard Cœur de Lion assiège le château, le prend en faisant prisonnier Bertran de Born et le détruit. Bertran de Born obtient sa liberté et la restitution du château par Henri II en pleurant la mort de son fils Henri le Jeune. Il se reconnaît alors le vassal du roi d'Angleterre.
  • À partir de 1184, Bertran de Born relève le château. Son frère Constantin chassé de son héritage, abandonne le nom de Born pour prendre celui de Lastours. Il saccage le château familial de Born (à Salagnac), propriété de son frère.
  • En 1194, Bertran se retire à l'abbaye cistercienne de Dalon. Il y retrouve le troubadour Bernard de Ventadour en 1197.
  • Vers 1215, mort de Bertran de Born. Dante le placera dans l'Enfer de sa Divine Comédie.
  • En 1355, le château est occupé par les Anglais.
  • En 1388, le château est la propriété de Mathe de Born-Hautefort et de son mari Hélie de Gontaut. Leurs fils Jean, puis Antoine († 1470), prennent le nom d'Hautefort. Ce dernier fonde la famille de ce nom : Jean I, puis Jean II gouverneur du Périgord et du Limousin, enfin Edme qui prend le parti de la Sainte Ligue contre les armées du futur roi Henri IV pendant les guerres de Religion (il mourra au siège de Pontoise en 1589) et Gilbert.
  • En 1406, le château redevient français.
  • Le , Gabrielle de Hautefort, fille d'Antoine de Hautefort et de Marguerite d'Abzac, épouse Jean de Saint-Astier, seigneur du Lieu-Dieu et maître d'hôtel de Jeanne de Bretagne-Penthièvre[12].
  • En 1588, pendant les guerres de Religion, le château est une place forte catholique. Aménagement d'un châtelet d'entrée avec deux échauguettes crénelées précédé d'un pont-levis. Il semble que ce travail ait été effectué par Nicolas Rambourg. À la même période, cet architecte travaille au châtelet du château d'Excideuil.
  • Vers 1600, les guerres de Religion étant terminées, François de Hautefort décide de reconstruire son château pour le mettre au goût du jour.
  • En 1614, Marie de Médicis, régente du royaume pour son fils Louis XIII, érige le domaine en marquisat au profit de François de Hautefort, fils de Gilbert. Il avait épousé Louise des Cars dont le père possédait le château d'Excideuil.
  • En 1633, Nicolas Rambourg est appelé à 75 ans par Jacques-François d'Hautefort pour transformer le château. La tour sud-ouest du château est conservée.
  • En 1640, mort de François de Hautefort 1er marquis, à l'âge de 92 ans (1547-1640). Il avait servi sous cinq rois. Son fils Charles-François étant mort en 1616, c'est son petit-fils Jacques-François de Hautefort, déjà marquis, ayant été émancipé par son grand-père, qui lui succède et les travaux reprennent au château. Sa sœur, Marie de Hautefort fut une favorite du Roi Louis XIII.
  • En 1649, mort de l'architecte Nicolas Rambourg à Hautefort.
Jacques François de Hautefort, 2e marquis de Hautefort (1609-1680).
  • En 1651, la nouvelle chapelle du château est consacrée. Les travaux s'arrêtent et le château subit une période d'abandon.
  • En 1669, Jacques-François de Hautefort fait reprendre les travaux du château sous la direction de l'architecte parisien Jacques Maigret. Jacques Maigret est aussi l'architecte de l'ancien hospice, dit aussi hôtel-Dieu ou hôpital d'Hautefort, fondé par le même marquis pour le soin des pauvres.
  • En 1670, construction de la seconde tour de l'aile orientale du château en symétrie de celle déjà existante. La chapelle est déplacée dans cette tour.
Gilles de Hautefort, comte de Montignac, 3e marquis de Hautefort (1612-1693)
  • En 1680, mort de Jacques-François, 2e marquis de Hautefort (1610-1680), qui a transformé le château et construit l'hospice-hôpital pour les pauvres, fondé une communauté de prêtres, installé des religieuses sur ses terres de Montignac. Généreux pour le château qu'il devrait transmettre, bienfaiteur des pauvres et de l'Église, il était très économe pour lui-même, ce qui l'a injustement fait traiter d'avare à la cour. Ne s'étant jamais marié, c'est son frère Gilles de Hautefort (1612-1693), époux de Marthe d'Estourmel de Surville, qui continue la lignée et devient le 3e marquis de Hautefort. Tous deux ont au moins quinze enfants, dont le 4e marquis François-Marie de Hautefort (1654-1727) , époux de Marie-Françoise-Hélie († 1726), marquise de Pompadour, fille du marquis Jean-Hélie de Pompadour et de Marie, vicomtesse de Rochechouart-Pontville.
  • En 1695, fin de l'aménagement du château par Jacques Maigret qui a fait construire l'escalier d'honneur en s'inspirant de l'escalier des Ambassadeurs de Versailles.
François Marie de Hautefort, 4e marquis de Hautefort (1654-1727)
  • En 1727, Emmanuel Dieudonné de Hautefort devient le 5e marquis de Hautefort. Neveu de François Marie de Hautefort, il est le fils de Louis-Charles de Hautefort, et d'Anne-Louise de Crevant d'Humières. En 1749, il est nommé ambassadeur du Roi Louis XV à Vienne, où il reste quatre ans. Sa seconde épouse Françoise-Claire d'Harcourt y meurt en 1751, année où il est fait chevalier des ordres du Roi. Leur fils Armand Charles Emmanuel n'avait que dix ans et le frère de celui-ci Abraham-Frédéric, trois. Emmanuel Dieudonné meurt à Paris en 1777[13].
  • En 1792, le château est protégé par les habitants de Hautefort qui s'opposent aux sans-culottes d'Excideuil qui veulent le détruire. Le château servira un temps de prison.
  • En 1793, Armand Charles Emmanuel, 6e marquis de Hautefort, vend le château et les terres à son jeune frère Abraham-Frédéric, comte d'Hautefort. Le château sort de la branche aînée pour entrer dans la branche cadette durant presque un siècle, jusqu'en 1890.
  • En 1794, les nouveaux châtelains, le comte Abraham-Frédéric et son épouse, née Jeanne-Marie Bertrande d'Hautefort de Vaudre, sont arrêtés à Paris et condamnés à mort, tout comme le marquis, arrêté lui aussi. Grâce à l'aide de la femme du médecin de la prison, ce dernier est transféré aux Écossais la veille de l'exécution. Le lendemain, on appelle trois Hautefort pour la guillotine. La comtesse a la présence d'esprit, pour sauver la vie de son beau-frère, de dire : on appelle trois personnes mais nous ne sommes que deux : on m'a comptée deux fois, mon nom de jeune fille étant aussi d'Hautefort. Cela passe. Les châtelains sont guillotinés le alors que le marquis a la vie sauve. Il aura descendance jusqu'à ce jour mais le château appartient désormais à un orphelin : Amédée d'Hautefort, âgé de 18 ans. Celui-ci part un temps en émigration .
  • En 1797 Amédée Louis Frédéric Emmanuel, comte de Hautefort, épouse Julie-Alix de Choiseul Praslin. Celle-ci meurt deux ans plus tard après avoir donné naissance à leur fille unique Sigismonde Charlotte d'Hautefort. Lui-même meurt dix ans plus tard le à l'âge de trente-trois ans.
  • Dès son arrivée en France en 1816, la duchesse de Berry a comme dame de compagnie Adèle de Maillé La Tour Landry (1787-1850), comtesse d'Hautefort qui, à la suite de son arrestation à Nantes le , partage sa captivité à la citadelle de Blaye, pour la quitter en 1833 lors de son expulsion vers Palerme.
Charlotte de Hautefort (1799-1847), baronne de Damas.
  • En 1818, Sigismonde-Charlotte-Louise de Hautefort (1799-1847) épouse le baron Ange Hyacinthe Maxence de Damas, lieutenant général, pair de France, qui est ministre de la Guerre de 1823 à 1824, puis ministre des Affaires étrangères de 1824 à 1828.
  • En 1830, lorsque le baron de Damas suit le Roi Charles X en exil, son épouse s'installe à Hautefort avec leurs enfants, les élève et dirige leurs affaires jusqu'au retour du baron, en 1833. Tous deux ont dix enfants.
  • En 1847, mort de Sigismonde Charlotte d'Hautefort, baronne de Damas[14].
  • En 1850, un de leurs fils, nommé Maxence, épouse mademoiselle de La Panouse. Celle-ci meurt à Hautefort en 1851 avec l'enfant qu'elle porte.
  • En 1856, Ange Hyacinthe Maxence, baron de Damas, cède Hautefort à son fils Maxence qui est appelé désormais comte de Damas d'Hautefort.
  • En 1863, le comte se remarie avec Isabelle Deborah Young de Kletches.
  • En 1874, vente du château à la criée, à Périgueux, moyennant 429 000 francs dont 60 000 pour le château. Mais la vente est annulée.
  • En 1887, Maxence de Damas d'Hautefort teste et meurt sans descendance. Il est le dernier propriétaire du château descendant de la famille de Hautefort. Le château, transmis parfois par les femmes, est resté dans la famille pendant plus de 800 ans.
  • En 1890, le château est vendu à Bertrand Artigue, ingénieur qui a travaillé sur le chantier du canal de Panama. Il entreprend des travaux de restauration au château mais vend du mobilier et veut raser l'hospice pour en construire un autre.
  • En 1891, à la suite de la vente du château, le les restes mortuaires des membres de la famille d'Hautefort sont transférés de la chapelle-église du château à la chapelle de l'hospice d'Hautefort. Le , le monument de Sigismonde Charlotte l'est à son tour. Le , alors qu'on a découvert au château un tombeau ignoré contenant des ossements très anciens des seigneurs du lieu, ils sont envoyés à la décharge. Quelques pieuses personnes, outrées, les ramènent et ils sont enterrés à leur tour à chapelle de l'hospice.
  • En 1908, mort subite de Bertrand Artigue.
  • En 1913, son frère et l'Académie des Jeux floraux de Toulouse, héritiers du château, le revendent à des marchands de biens, dépècent le château et vendent tout ce qu'il contient.
  • En 1925, les marchands de biens dispersent les terres et dépècent le château.
  • En 1929, le baron et la baronne de Bastard rachètent le château. Ils entreprennent sa restauration. Les travaux sont d'abord placés sous la surveillance de Charles-Henri Besnard, architecte en chef des monuments historiques, puis de Yves-Marie Froidevaux.
  • Entre 1939 et 1947, le château est occupé par le service des Beaux-Arts qui y entrepose les collections venant d'Alsace.
  • En 1957, à la mort du baron Henry de Bastard, c'est la baronne de Bastard qui continue l'œuvre de restauration du château.
  • En 1958, ouverture à la visite du château et des jardins.
  • En 1965, les toitures sont refaites. Fin des travaux de restauration. Le château est remeublé.
  • Dans la nuit du 30 au 31 août 1968, incendie du corps central du château, qui détruit en partie l'œuvre de restauration.
  • En 1969, la baronne de Bastard, qui a épousé en secondes noces le général Durosoy, reprend le travail de restauration du château. Elle est aidée par des fonds levés par le soutien de la population du village, une souscription nationale et par le Service des monuments historiques. La charpente du château est refaite en béton.
  • 1984 : création de la Fondation du château de Hautefort à laquelle la baronne de Bastard fait don du château et des terres. La baronne de Bastard en assure la présidence. Elle décède en 1999. La donation initiale est complétée par celle de son neveu, Michel David-Weill, et son épouse.
  •  : la Fondation du château de Hautefort est reconnue d'utilité publique. Le transfert de la propriété du château est réalisé. Il est habité par la famille de Michel David-Weill, neveu de la baronne de Bastard, qui préside la fondation avec son épouse, Hélène David-Weill.
  • Dans la nuit du 2 au 3 août 2013, un violent orage de grêle s'abat sur la région, causant de très importants dégâts aux bâtiments et aux cultures. Les toitures du château sont dégradées. Le chantier de restauration débute en et va s'étaler sur deux ans et demi, nécessitant le remplacement d'environ 60 000 ardoises (soit 40 à 50 % de la toiture originale) en provenance de Travassac par quatre à six artisans spécialisés[15].

Principaux propriétaires

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De 1160 à 1398, le château est resté dans la famille de Born-Hautefort (dont le troubadour Bertran). Puis à partir de 1398, et jusqu'en 1887, la famille de Gontaut-Hautefort en fut propriétaire.

Héraldique

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Pierre II de Gontaut-Badefols épouse Marguerite de Born en 1303 (fille de Géraud de Born-(la) Faye et N de Gourdon). Ils portent les armes Gontaut. Leurs enfants font de même. Leur petit-fils Hélie de Gontaut, seigneur de Hautefort (mort en 1420) épouse sa cousine issue de germain Mathe [et non Marthe] de Born, dame de Hautefort, en 1383[16]. Ils écartèlent les armes des Gontaut (écartelé d'or et de gueules ; écu en bannière) avec celles des Hautefort[17] : d'or à 3 forces de sable (écu en bannière). Leur postérité substitua par la suite ses noms et armes à ceux de Hautefort (écu en bannière également).

Classement

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Vue de la façade Ouest du Château : pont levis et entrée.

Les façades et toitures, les douves et terrasses avec leurs murs de soubassement, le grand escalier, la galerie du rez-de-chaussée, le salon du premier étage et le petit salon contigu, ainsi que la chapelle sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du [18].

Les terrasses et jardins entourant le château sont classés par arrêté du [18].

Tourisme

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En 2022, le château a attiré 60 000 visiteurs[19].

Le château et les arts

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Cinéma

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Le château de Hautefort est un lieu fréquenté par les réalisateurs pour leurs films ou leurs fictions. Depuis les années 1960, plusieurs productions y ont été tournées, partiellement ou en totalité (les dates suivantes sont celles des sorties au cinéma ou à la télévision) :

Philatélie

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Image externe
Icône décorative. Timbre-poste « Château de Hautefort » sur le site de La Poste

En 1969, les Postes et Télécommunications ont émis un timbre de 0,70 franc, gravé par Claude Durrens, représentant le château de Hautefort.

Notes et références

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  1. ↑ Peu d'informations sont connues sur Jacques Maigret. Recruté à Paris par le marquis d'Hautefort, il apparaît pour la première fois sur les mémoires de sculpture du château de 1670. Il doit intervenir en même temps sur l'hôpital d'Hautefort.

Références

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  1. ↑ Coordonnées sur Géoportail
  2. ↑ Jean-Pierre Babelon, Hautefort : les étapes de la construction du château neuf, p. 225-240, dans Congrès archéologique de France. 156e session. Monuments en Périgord. 1999 - Société française d'archéologie - Paris - 1999.
  3. ↑ C. Frégnac, Merveilles des châteaux de Languedoc et de Guyenne, 1967, p. 53.
  4. ↑ Frégnac, p. 55.
  5. ↑ C. Rummel, Les plus beaux châteaux et forteresses de France, 2012, p. 300.
  6. ↑ Informations issues du plan cadastral en ligne de Hautefort disponible sur geoportail.gouv.fr.
  7. 1 2 Bertrand du Vignaud, Monuments de France, Chêne, Paris 1991, (ISBN 2-85108-694-4), p. 186.
  8. ↑ C. Rummel, Frankreichs schönste Schlösser und Burgen, 2012, p. 301.
  9. ↑ T. Droste, Périgord: Dordognetal und Query. Die Landschaften im Herzen Südwestfrankreichs, 1997, p. 244.
  10. ↑ Parc et jardin du château de Hautefort (30 ha), Comité des Parcs et Jardins de France.
  11. ↑ R. Nourry, C. Delbos, Châteaux dʼAquitaine, 2012, p. 32.
  12. ↑ « Jeanne, fille de Guillaume, comte de Penthièvre et de Périgord, p. 111 », sur Nobiliaire universel de France, t. XVII, par le chevallier Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles (successeur de Nicolas Viton de Saint-Allais), à Paris, 1873-1874.
  13. ↑ Marie de Cumont, Généalogie de la Maison de Hautefort, Niort, L. Clouzot, , 246 p. (lire en ligne), p. 168-174.
  14. ↑ Georges Martin, Histoire et généalogie des Maisons de Gontaut Biron et d'Hautefort, Lyon, l'auteur, , 251 p., p. 145-147.
  15. ↑ Eurydice Baillet, Hautefort coiffé à neuf, Le Mag no 131, supplément à Sud Ouest, , p. 29-31.
  16. ↑ « La Famille de Born, p. 343-358, notamment p. 352, par R. de Boysson », sur Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, t. 22, chez Marcel Roche à Brive, 1900
  17. ↑ Simon Arbellot, Hautefort: notice historique et descriptive Monographies des châteaux de France, A. Barry, 1962.
  18. 1 2 « Château », notice no PA00082575, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le .
  19. ↑ « Le top des sites touristiques de Dordogne », Sud Ouest édition Dordogne, , p. 11.
  20. ↑ Fiche technique de Le Capitan (archive Wikiwix), Dordogne Cinéma, consulté le .
  21. ↑ Fiche technique de Le Chevalier de Pardaillan (archive Wikiwix), Dordogne Cinéma, consulté le .
  22. 1 2 3 Ludivine Loncle, « Hautefort dans l'œil des cinéastes », Le Mag no 234, supplément à Sud Ouest, , p. 18-21.
  23. 1 2 3 4 5 6 7 Liste des films tournés sur le site Dordogne Cinéma, consultée le .
  24. ↑ Fiche technique de Elle voit des nains partout (archive Wikiwix), Dordogne Cinéma, consulté le .
  25. ↑ Jérôme Glaize, « Cartouche était là… », Sud Ouest, édition Périgueux, .

Annexes

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Bibliographie

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Par ordre chronologique de publication :

  • Père Anselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume, La Compagnie des libraires, Paris, tome 7, p. 325-339 (lire en ligne)
  • Marie de Cumont, Généalogie de la Maison d'Hautefort, en Périgord, Limousin, Picardie et Vivarais, Niort, L. Clouzot, libraire éditeur, , 246 p., un volume in 4° (lire en ligne)
  • Paul Vitry, Le château de Hautefort, dans Congrès archéologique de France 90e session. Périgueux. 1927, p. 226-239, Société française d'archéologie, Paris, 1928 (lire en ligne)
  • Émile Gavelle, Hautefort et ses seigneurs, Toulouse, 1922, réédition éditions Émile Raoust (collection Hommes et choses de l'ancienne France), Lille, 1934, réédition, Les éditions périgourdines, Périgueux, 1952 et 1963
  • Bernard de Soumagnat, Le château de Hautefort, Éditions Jesco, Hautefort, 1970 ;
  • Jean Goumet, Autour du château d'Hautefort, 1e édition (1972), 2e édition (1986), Périgueux, Editions du Périgord noir, 215 pages ;
  • Georges Martin, Histoire et généalogie des Maisons de Gontaut Biron et d'Hautefort, 1995, Lyon, l'auteur, 251 pages ;
  • Guy Penaud, Dictionnaire des châteaux du Périgord, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996, (ISBN 2-87901-221-X), p. 139
  • Jean-Pierre Babelon, « Hautefort : les étapes de la construction du château neuf », dans Congrès archéologique de France. 156e session. Périgord. 1998, Paris, Société française d'archéologie, (lire en ligne), p. 225-240
  • Jean-Pierre Babelon, Murielle Icard, Jacques Magne, Denis Picard et Marie-France Ludmann, Hautefort, numéro spécial hors série n° 155 de la revue Connaissance des Arts, 2000, 68 pages ;
  • Jacques Lagrange, Le Périgord des Mille et Un Châteaux, Pilote 24 édition, Périgueux, 2005, (ISBN 2-912347-51-3)
  • Thomas McDonald, « Un miracle en Périgord : Mme de Bastard et la reconstruction du château de Hautefort », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 135, no 4,‎ , p. 795-808 (lire en ligne)
  • Thomas McDonald, « Reliques et restaurations : la chapelle du château de Hautefort », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 150, no 2,‎ , p. 147-160

Articles connexes

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Liens externes

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