Charles-Joseph Pletinckx
Charles Pletinckx, né à Bruxelles le et décédé à Middelkerke le , est un militaire belge. Il est notamment connu pour avoir été le commandant en second de la garde bourgeoise de Bruxelles durant la révolution belge et s'est notamment illustré lors des Quatre Jours de Bruxelles.
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Biographie
modifierCharles Joseph Pierre Pletinckx, né à Bruxelles, , est le fils de Louis Pletinckx et de Marie Evers. Il est le neveu et fils adoptif du général d'empire et baron Charles-Joseph Evers.
Après avoir servi dans l'armée brabançonne, Louis Pletinckx ouvre un café avec Marie Evers chaussée d'Anderlecht à Bruxelles. Leurs fils Pierre et Charles sont captivés par les histoires de leur oncle Charles Joseph Evers, devenu lieutenant-général et baron de l'Empire sous Napoléon Bonaparte. Deux autres oncles de Charles-Joseph meurent pendant les guerres napoléoniennes : Pierre Evers, le frère aîné, meurt à Hambourg et Napoléon Evers à Samarang.
Royaume uni des Pays-Bas
modifierEn , Pletinckx s'engage dans l'armée néerlandaise, à l'âge de dix-sept ans. Il est cadet au 8e régiment de hussards et participe comme maréchal des logis à la bataille de Waterloo, au cours de laquelle il se distingue en capturant une pièce d'artillerie. Il est décoré de la croix militaire de Guillaume Ier.
En 1819, il est promu sous-lieutenant chez les cuirassiers d'Utrecht, dans ce qui est devenu les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas. Là, il devient aide de camp du général Josephus Jacobus van Geen (nl), originaire de Gand. Il suit Van Geen dans l'armée royale des Indes néerlandaises dans le contexte des révoltes et en devint l'officier d'ordonnance auprès des hussards à Java en 1820. En 1824, il retourne dans le Royaume uni des Pays-Bas pour rejoindre le 6e régiment de hussards. Froidement accueilli par son colonel[réf. nécessaire], il obtient une audience de du roi Guillaume Ier auprès de qui il se plaint des discriminations à l'encontre des officiers d'origine belge, sans succès. Frustré et souffrant[réf. nécessaire], il demande et obtient sa retraite en . Il épousa Marie Janssens de Tirlemont, avec laquelle il a un fils et une fille. Ils exploitent l'Hôtel de la Paix dans la rue de Bavière (aujourd'hui la rue de Dinant), à Bruxelles. Cet hôtel deviendra le point de ralliement des délégués radicaux et liégeois pendant la Révolution belge[1].
Révolution belge
modifierCharles Pletinckx participe activement à la Révolution belge lorsque celle-ci se déclenche avec l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux. Après la première nuit des émeutes d'août 1830 à Bruxelles, le , il est parmi les premiers bourgeois de la ville à exhorter le gouverneur de la province de Brabant-Méridional, Van der Fosse de créer une milice bourgeoise afi nde maintenir l'ordre public : la garde bourgeoise de Bruxelles. Il est rapidement nommé commandant en second, sous Emmanuel van der Linden d'Hooghvorst. Avec son ami Joseph Fleury-Duray et beaucoup de tambours, Pletinckx recrute des hommes sur l'uniforme desquels figure le futur drapeau de la Belgique.
Le , un banquet patriotique réunissant 150 personnes a lieu à l'Hôtel de la Paix, présidé par Charles Rogier. Rogier y appelle au combat « les armes à la main ». Deux jours plus tard, Rogier et Ducpétiaux fondent le la Réunion centrale, club destiné à soutenir et à précipiter le mouvement révolutionnaire à Bruxelles, que Pletinckx rejoint aussitôt. Ce club contrôlera les événements révolutionnaires à Bruxelles, à la suite de l'abolition de la Commission de surêté. Les débats et rencontres ont lieu dans la Salle des Beaux-arts de l'Hôtel de la Paix.
Plétinckx est l'un des rares meneurs révolutionnaire belge à ne pas fuir Bruxelles avant l'attaque de l'armée mobile dirigée par le second fils du roi, le prince Frédéric d'Orange-Nassau. Fort de son expérience militaire et de son ambition, Pletinckx se fait remarquer dès le avec le Français Ernest Grégoire, il dresse davantage de barricades, sélectionne des positions, installe l'artillerie et aménage des postes de soins.
À partir du 22 et , Pletinckx est quasiment continuellement au combat et joue alors un rôle déterminant dans la défense de Bruxelles lorsque l'armée attaque la ville et se lance dans les Quatre Jours de Bruxelles[2] : il fait brûler ou couper les ponts sur la Senne, arme et place des hommes autour de la ville. Le , Pletinckx devient le chef d'état-major du nouveau commandant, Juan Van Halen. Le même jour, il dirige la troisième colonne qui attaque les troupes royales retranchées dans le parc de Bruxelles le long de la rue de Louvain. Le soir, il va donner une réponse à une proposition de l'ennemi, qui le fait aussitôt emprisonner. Il est initialement détenu en face de la porte de Louvain puis transféré via Schaerbeek et Vilvorde dans une cellule à Anvers, où il rejoint par Édouard Ducpétiaux et François-Joseph Éverard, également arrêtés quelques jours auaravant. En conséquence, il ne peut pas faire partie du Gouvernement provisoire de Belgique, formé au cours de cette période. Le , il est libéré lors d'un échange de prisonniers ordonné par le prince Guillaume, qui aspire au trône de Belgique.
Campagne des Dix-Jours
modifierAprès l'indépendance de la Belgique, le , Pletinckx s'engage dans les toutes nouvelles forces armées belges. Colonel du 1er régiment de lanciers, il sert l'année suivante dans l'armée de l'Escaut sous les ordres du général Louis-Joseph De Marneffe. À sa demande, dix-sept officiers sont traduits devant la cour martiale d'Anvers pour avoir fomenté un complot orangiste, sous la conduite du général Jacques Van der Smissen. Bien que les événements entourant le général Van der Smissen aient montré que la menace d'un coup d'État était réelle, les prévenus sont acquittés, ce qui place Pletinckx dans une position délicate. Lors de la Campagne des Dix-Jours, il n'a pas reçu l'autorisation du général De Marneffe pour une manœuvre qui, selon lui, lui aurait apporté la gloire lors de la bataille de Louvain[réf. nécessaire].
Carrière ultérieure
modifierIl devient commandant de la citadelle de Namur (1831-1841) puis est en poste dans la province de Flandre-Occidentale, où il réprime les émeutes de la faim à Bruges en 1847. En 1857, Charles de Brouckère nomme Pletinckx pour succéder à Charles Petithan à la tête de la garde civile bruxelloise. Il est alors nommé lieutenant-général. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, Pletinckx, en tant que vice-président de la Croix-Rouge belge, fournit l'ambulance à Sedan. Cela lui a vaut la gratitude des deux camps[réf. nécessaire].
À la suite de la défaite des soldats de la Légion belge pendant l'expédition du Mexique, Pletinckx organise une souscription nationale pour leur rendre hommage et fait édifier le Monument de Tacámbaro, à Audernarde[3]. Il meurt le à Middelkerke. Peu après sa mort, ses mémoires sont publiés
Publications
modifier- Appel à l'opinion, 1831, 37 p.
- Souvenirs révolutionnaires, 1857
Hommages
modifierPletinckx a donné son nom à une des rues du centre-ville de Bruxelles, reliant les Halles Saint-Géry à la place du Jardin aux Fleurs, construite entre 1877 et la fin des années 1880[4].
Bibliographie
modifier- Rastout de Mougeot, Notice biographique sur le Lieutenant-Général Pletinckx, Bruxelles, Guyot, 1873, 208 p.
- Ernest Closson, « Pletinckx (Charles-Joseph-Pierre) », dans : Biographie Nationale, vol. XVII, 1903, col. 810-815
- Camille Buffin, Mémoires et documents inédits sur la Révolution belge et la campagne de Dix-Jours (1830-1831), vol. I, 1912 (biographie et mémoires)
Voir aussi
modifierLiens externes
modifierNotes et références
modifier- ↑ Robert Demoulin, « Chapitre III. La bourgeoisie et le peuple bruxellois », dans Les Journées de septembre 1830 à Bruxelles et en Province : Étude critique d’après les sources, Presses universitaires de Liège, coll. « Bibliothèque de la faculté de philosophie et lettres de l’université de Liège », , 82–99 p. (ISBN 978-2-8218-2866-7, lire en ligne)
- ↑ Robert Demoulin, « Chapitre IV. L’anarchie à Bruxelles », dans Les Journées de septembre 1830 à Bruxelles et en Province : Étude critique d’après les sources, Presses universitaires de Liège, coll. « Bibliothèque de la faculté de philosophie et lettres de l’université de Liège », , 100–120 p. (ISBN 978-2-8218-2866-7, lire en ligne)
- ↑ L'Écho du Parlement, « Inauguration du Monument d'Audenaerde », (consulté le )
- ↑ « Rue Pletinckx – Inventaire du patrimoine architectural » (consulté le )