Col de Portet-d'Aspet
Le col de Portet-d'Aspet est un col routier situé sur la commune du même nom dans les Pyrénées dans le département de la Haute-Garonne et la région Occitanie. Il est emprunté par la route des cols.
| Col de Portet-d'Aspet | ||||
| Altitude | 1 070 m[1] | |||
|---|---|---|---|---|
| Massif | Pyrénées | |||
| Coordonnées | 42° 56′ 41″ nord, 0° 51′ 14″ est[1] | |||
| Pays | ||||
| Vallée | Vallée du Ger (ouest) | Vallée de la Bouigane (est) | ||
| Ascension depuis | Pont de l'Oule | Saint-Lary | ||
| Déclivité moy. | 9,6 % | 6,8 % | ||
| Déclivité max. | 14.5 % | 10,8 % | ||
| Kilométrage | 4,4 km | 5,9 km | ||
| Accès | D 618 | D 618 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne
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Toponymie
modifierLe nom de ce col serait en fait un toponyme pléonastique de type « col du col », sans autre signification particulière[2].
Géographie
modifierAccès
modifierLe col est desservi par l'ancienne route nationale 618, emblématique du versant nord des Pyrénées et réunissant des stations thermales et des grands cols du Tour de France.
Topographie
modifierSitué sur la commune de Portet-d'Aspet, près d'Aspet, dans le massif du Pic de Paloumère (1 608 m). D'une altitude de 1 070 m, il relie la vallée du Ger à celle de la Bouigane en Couserans, environné de forêts domaniales.
Histoire
modifierLe col est le point de passage haut du GR78 appelé Chemin du piémont pyrénéen, lequel est un itinéraire secondaire pour le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Chutant dans la descente, Raymond Poulidor abandonne lors de la 13e étape du Tour de France 1973[3].
Fabio Casartelli (1970-1995) trouve la mort après une chute dans cette même descente lors de la 15e étape du Tour de France 1995. Le long de la route qui descend vers Aspet, l'on peut voir une stèle à l'endroit exact de sa chute ainsi qu'un monument dédié à sa mémoire élevé un peu plus loin. Une course cyclosportive[4] est organisée chaque année depuis Saint-Girons en son honneur.
Lors de la 16e étape du Tour de France 2018, Philippe Gilbert, toujours dans la descente, est victime d'une chute impressionnante en passant par-dessus un parapet[5] puis en tombant en contrebas ; il finira l'étape mais abandonnera à cause d'une fracture de la rotule gauche[6],[7].
Seconde Guerre mondiale
modifierPendant la Seconde Guerre mondiale, le secteur du col est emprunté par des filières d'évasion vers l'Espagne. Le 6 février 1944, un groupe pris en charge par le réseau Dutch-Paris, comprenant des aviateurs alliés et des Engelandvaarders, des Néerlandais cherchant à rejoindre la Grande-Bretagne pour poursuivre la lutte contre l'Allemagne, tombe dans une embuscade allemande à proximité du col. Accompagnés par les passeurs Pierre Treillet, dit « Palo », et Henri Marrot, dit « Mireille », les fugitifs viennent de passer plusieurs heures dans une cabane après une longue marche dans la neige. À leur départ, les soldats allemands ouvrent le feu. Une partie du groupe s'échappe sur une pente boisée ; d'autres hommes se réfugient dans la cabane, où ils sont encerclés et capturés[8].
Les aviateurs capturés sont ensuite envoyés dans des camps de prisonniers de guerre[9]. Huit Néerlandais sont arrêtés ; deux parviennent ensuite à s'évader. Les six autres sont déportés dans les camps de concentration nazis et aucun ne survit à la déportation[10][11].
Parmi les fugitifs qui échappent à l'embuscade figure Chris van Oosterzee. Avec plusieurs compagnons, il est ramené par Treillet vers Saint-Girons, puis Cazères. Après une nouvelle tentative, il atteint l'Espagne le 19 mars 1944. La surveillance allemande conduit les passeurs à abandonner l'itinéraire du col de Portet-d'Aspet[8].
Une stèle au col rend hommage aux passeurs français et aux fugitifs de toutes nationalités, ainsi qu'aux personnes arrêtées le 6 février 1944 et déportées qui ne sont pas revenues.
- La cabane des évadés, près du col de Portet-d'Aspet.
- Stèle rendant hommage aux passeurs et aux évadés, notamment à ceux qui ne sont pas revenus de déportation.
Activités
modifierRandonnée
modifierLe col est franchi par le Chemin du piémont pyrénéen qui constitue une variante de 500 km rejoignant les chemins vers Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice.
Du col de Portet d'Aspet, une randonnée classique consiste à monter au Pic de la Paloumère en partant vers le Nord, dans la forêt de hêtres puis l'alpage. Le pic est sur la gauche (1h30-2h de montée). On peut aussi traverser les crêtes de Cornudère, à droite.

Tour de France
modifierCe col est souvent emprunté par le Tour de France.
| Année | Étape | Catégorie | 1er au sommet |
|---|---|---|---|
| 2024 | 15 | 1 | Tobias Johannessen |
| 2021 | 16 | 2 | Patrick Konrad |
| 2018 | 16 | 2 | Philippe Gilbert |
| 2015 | 12 | 2 | Georg Preidler |
| 2014 | 16 | 2 | Thomas Voeckler |
| 2013 | 9 | 2 | Arnold Jeannesson |
| 2011 | 14 | 2 | Mickaël Delage |
| 2010 | 15 | 2 | Thomas Voeckler |
| 2007 | 15 | 2 | Laurent Lefèvre |
| 2005 | 15 | 2 | Erik Dekker |
| 2004 | 13 | 2 | Sylvain Chavanel |
| 2003 | 14 | 2 | Richard Virenque |
| 2002 | 12 | 2 | Laurent Jalabert |
| 2001 | 13 | 2 | Laurent Roux |
| 1998 | 11 | 2 | Alberto Elli |
| 1997 | 10 | 2 | Laurent Brochard |
| 1995 | 15 | 2 | Richard Virenque |
| 1988 | 15 | 2 | Steven Rooks |
| 1984 | 11 | 1 | Theo de Rooij |
| 1973 | 13 | 3 | Raymond Martin |
| 1972 | 9 | 2 | Christian Raymond |
| 1971 | 14 | 3 | José Manuel Fuente |
| 1969 | 16 | 3 | Raymond Delisle |
| 1967 | 16 | 3 | Fernando Manzaneque |
| 1966 | 12 | 2 | Julio Jiménez |
| 1965 | 10 | 2 | Julio Jiménez |
| 1964 | 15 | 3 | Julio Jiménez |
| 1963 | 12 | 2 | Federico Bahamontes |
| 1962 | 14 | 2 | Federico Bahamontes |
| 1960 | 12 | 2 | Joseph Planckaert |
| 1958 | 15 | 2 | Federico Bahamontes |
| 1957 | 17 | 3 | Michel Stolker |
| 1956 | 13 | 2 | Charly Gaul |
| 1951 | 15 | 3 | Gino Bartali |
| 1947 | 14 | 2 | Albert Bourlon |
Notes et références
modifier- 1 2 « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- ↑ Toponymes pyrénéens tautologiques
- ↑ « Bourg-Madame - Luchon, 235 km », sur memoire-du-cyclisme.eu (consulté le )
- ↑ « Cyclosportive La Casartelli »
- ↑ « Tour de France : le terrible vol plané au-dessus d'un parapet de Philippe Gilbert », sur Le Figaro / Sport (consulté le )
- ↑ (en) « Tour de France - L'effrayante chute de Philippe Gilbert qui passe par-dessus le parapet en direct sur France 2 » [vidéo], sur Dailymotion (consulté le ).
- ↑ Rédaction, « Philippe Gilbert souffre d'une fracture de la rotule gauche », L'ÉQUIPE, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Jean-Luc Cartron, Aussi hautes soient les montagnes : Filières d'évasion contre Gestapo, Metvox Publications, (ISBN 9791094787601, lire en ligne), p. 29–33.
- ↑ (en) Megan Koreman, « Ambush in the Pyrenees », sur How to Flee the Gestapo (consulté le ).
- ↑ (nl) A. M. F. Dessing, Tulpen voor Wilhelmina : De geschiedenis van de Engelandvaarders, Amsterdam, Bert Bakker, (lire en ligne), p. 192–196. Voir également les notes 49, 55 et 56, p. 392. Le sort de David Blanes, désigné comme « A. Blanez », était encore indiqué comme inconnu dans cet ouvrage.
- ↑ (nl) « David Blanes », sur Joods Monument (consulté le ).