Coteaux-de-peyriac
Un coteaux-de-peyriac[note 2], anciennement vin de pays des coteaux de Peyriac de 1974 jusqu'en 2009, est un vin français d'IGP (indication géographique protégée) du vignoble du Languedoc-Roussillon. Il est produit en blanc, rosé ou rouge, sur une partie du Minervois, dans l’Aude et l'Hérault.
| Coteaux-de-peyriac | |
Vignoble produisant du coteaux-de-peyriac. | |
| Type d'appellation(s) | IGP de zone |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1974 (VDP) et 2009 (IGP) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | coteaux de l'Aude (Minervois) |
| Localisation | Aude et Hérault |
| Climat | méditerranéen sous influence océanique |
| Cépages dominants | cabernet N[note 1], syrah N, carignan N, grenache N, etc. |
| Vins produits | rouges, rosés et blancs |
| Rendement moyen à l'hectare | maximum 80 hl/ha[1] |
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Histoire
modifierLa viticulture est présente dans le Minervois, entre la Montagne Noire au nord et le fleuve Aude au sud, depuis la période romaine[1]. Le canal du Midi, inauguré en 1681, permet une augmentation de la production du vin en Languedoc, qui pouvait être exporté vers Toulouse, Bordeaux et Marseille. Le canal, qui traverse ce vignoble sur 40 kilomètres, eut pour effet d'élargir la zone de vente des producteurs locaux et dans les années 1730-1740, ce commerce permit aux exploitations agricoles d'augmenter leur production[2]. À partir de 1855, le vignoble connut une forte progression, grâce à l'arrivée du chemin de fer : le Languedoc se spécialise dans la monoculture de la vigne, produisant en masse du vin ordinaire. Mais la crise de l'oïdium, suivie du phylloxéra, puis la surproduction des vins de qualité inférieure engendrèrent la révolte de 1907[3]. Le mouvement coopératif qui s'ensuivit au cours des années 1930 redonna un essor de la viticulture.
Au milieu du XXe siècle, face à la mévente des « vin de table » (VDT, les actuels VSIG), les pouvoirs publics créent le label « vin de pays » (VDP, en 1968)[4] pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité. C'est surtout le Languedoc qui est concerné, avec notamment pour le Minervois le « vin de pays des coteaux de Peyriac » (du nom de la commune de Peyriac-Minervois) à partir de , concernant à l'origine 16 communes de l'Aude et deux de l'Hérault[5]. En 1976, une commune audoise est rajoutée (Villalier)[6]. En 1982, les conditions de production sont précisées[7], alors que le minervois passe en 1985 du statut de VDQS à celui d'AOC.
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[8] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[9] ; le vin de pays des coteaux de Peyriac devient donc le l'IGP « Coteaux de Peyriac »[10]. Le cahier des charges a été publié en , intégrant au sein de cet IGP l'ex vin de pays des hauts de Badens[1].
Vignoble
modifierAire de production
modifier| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |

L'aire de production est situé entre Narbonne et Carcassonne dans les départements de l'Aude et de l'Hérault en région Languedoc-Roussillon. Sa limite nord est constituée par la Montagne Noire et sa limite sud se situe le long des rives de l'Aude. Pour avoir droit à la dénomination IGP des coteaux de Peyriac (anciennement vin de pays des coteaux de Peyriac), les vins doivent être issus de vendanges récoltées sur le territoire des communes suivantes :
- Dans le département de l’Aude : Azille, Caunes-Minervois, Homps, Laure-Minervois, Pépieux, Peyriac-Minervois, Puichéric, La Redorte, Rieux-Minervois, Trausse, Villeneuve-Minervois, Malves-en-Minervois, Villalier, Villegly, Bagnoles, Villarzel, Aigues-Vives, Saint-Frichoux, Blomac et Castelnau-d'Aude.
- Azille
- Obélisque à Puicheric
- La Livinière
- Dans le département de l’Hérault : Félines-Minervois et La Livinière[1].
Hauts de Badens
modifierOrographie et géologie
modifierLe vignoble se situe sur des terrasses relativement planes à une altitude moyenne de 100 mètres. Les pentes ont une exposition sud et sud/ouest et leur altitude moyenne varie autour de 150 mètres[1].
Les rivières Clamoux et Argent Double, affluents de l'Aude, qui descendent de la montagne Noire ont déposé sur leurs rives des terrasses composées d'alluvions quaternaires caillouteuses (au nord et à l’ouest), des grès et marnes gréseuses érodées (zone centrale) et des grès calcaires (à l’ouest)[1].
Climat
modifierLe climat est à dominante méditerranéenne. L’automne est caractérisé par des orages violents et rapides. L’été est souvent chaud et sec ce qui est favorable à la culture de la vigne. La pluviométrie annuelle moyenne varie autour de 600 millimètres et la température moyenne annuelle est supérieure à 14 °C, avec un ensoleillement annuel qui dépasse à 2 400 heures[1].
Les vents sont souvent présents. Cette région est l'une des plus venteuses avec 300 à 350 jours de vent par an[11]. Ce phénomène est essentiellement dû aux reliefs nord et sud qui forment un couloir. Du nord-ouest souffle le cers. C’est un vent de terre, sec, violent et froid en hiver. De l'est souffle le marin. Il est chaud et humide et provient de la mer.
Encépagement
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Le coteaux-de-peyriac peut être élaboré avec un total de 41 cépages différents :
- cépages noirs : carignan N[note 1], chenanson N, cabernet franc N, cabernet Sauvignon N, caladoc N, cinsaut N, côt N, grenache N, lledoner pelut N, marselan N, merlot N, mourvèdre N, petit verdot N, pinot noir N, piquepoul noir N, portan N, syrah N et terret noir N ;
- cépages rosés et gris : grenache gris G et terret gris G ;
- cépages blancs : bourboulenc B, carignan blanc B, clairette B, chardonnay B, chasan B, chenin B, colombard B, grenache blanc B, macabeu B, marsanne B, mauzac B, muscat à petits grains blancs B, muscat d'Alexandrie B, piquepoul blanc B, roussanne B, sauvignon B, sémillon B, terret blanc B, ugni blanc B, vermentino B et viognier B[1].
Le cahier des charges actuel n'impose pas de pourcentage minimum ou maximum sur ces cépages, qui peuvent être assemblés ou en mono-cépage, mais autorise l'ajout d'une mention de cépage après l'IGP (comme « coteaux-de-peyriac syrah » ou « coteaux-de-peyriac carignan-grenache »)[1].
Méthodes culturales et réglementaires
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Pour bénéficier de l'IGP, ces vins doivent avoir un rendement maximum à l'hectare de 80 hectolitres. Les rouges doivent avoir fait leur fermentation malolactique avant d'être commercialisés. Par contre, les vins primeur ou nouveau peuvent avoir leur malo bloquée[1].
Vins
modifierLe cahier des charges de l'IGP autorise la production de coteaux-de-peyriac rouges, rosés et blancs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que par l'unité géographique plus petite « Hauts de Badens »[1].
Vinification et élevage
modifierL'objectif des producteurs est de fournir à leur clientèle des vins aux arômes fruités dans leur jeunesse titrant au minimum de 11 % vol. L'équipement moderne des caves favorise l'extraction douce des tanins pour les rouges qui se présentent avec une structure tannique très arrondie. Les blancs et les rosés, grâce à la maîtrise des températures en œnologie, sont vinifiés pour être consommés dans l'année[1].
Structure des exploitations
modifierLa production actuelle[Quand ?] des coteaux-de-peyriac est de 80 000 hectolitres. Elle est assurée par 25 caves indépendantes et neuf caves coopératives[1].
Notes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « Coteaux de Peyriac » » [PDF], homologué par l’arrêté du publié au JORF du .
- ↑ Michel Cotte, Canal du Midi, merveille de l'Europe, p. 80-81.
- ↑ Corbières, Minervois, terres de liens
- ↑ « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
- ↑ « arrêté du 16 septembre 1974 délimitant la zone de production du « vin de pays des coteaux de Peyriac » », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 9 avril 1976 portant modification de l'aire de production des vins de pays des coteaux de Peyriac », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 25 janvier 1982 définissant les conditions de production des vins de pays des coteaux de Peyriac », publié au JORF du .
- ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
- ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
- ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
- ↑ Les Couleurs de l’Aude de André Authier et Jean-Philippe Vidal, édition les créations du Pélican, page 4 (ISBN 978-2-7191-0630-3)
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (fr) Coteaux-de-peyriac IGP sur le site de l'Institut National des Appellations d'Origine