Daniel Markić

officier de renseignement franco-croate

Daniel Markić, né le à Paris (France), est un militaire et officier de renseignement croate possédant également la nationalité française. Après avoir dirigé l'Agence de renseignement et de sécurité (SOA) de Croatie de 2016 à 2024, il devient le directeur du Centre de situation et du renseignement de l'Union européenne (INTCEN).

Daniel Markić
Fonctions
Directeur du Centre de situation et du renseignement de l'Union européenne (INTCEN)
En fonction depuis le
(2 ans et 27 jours)
Prédécesseur José Casimiro Morgado
Directeur de l'Agence de renseignement et de sécurité (SOA)
–
(8 ans, 3 mois et 27 jours)
Premier ministre Tihomir Orešković
Andrej Plenković
Gouvernement Orešković
Plenković I
Plenković II
Plenković III
Prédécesseur Dragan Lozančić
Successeur Hrvoje Omrčanin
Biographie
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Croate
Française

Biographie

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Jeunesse et études

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Daniel Markić naît le à Paris. Ses deux parents sont croates, son père, arrivé en France en 1966 alors qu'il souhaitait émigrer aux États-Unis, est originaire de Veljaci, en république socialiste de Bosnie-Herzégovine. Sa mère vient d'Imotski en république socialiste de Croatie[1]. Daniel Markić passe toute son enfance en France dont il obtient la nationalité. Passionné de sport, il joue au rugby et pratique la natation à un niveau de compétition[2],[1]. Après la fin de ses études secondaires en France, il entame un cursus universitaire à La Sorbonne, en langue anglaise et en sciences techniques, dont il sort diplômé[1].

Engagement militaire

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Cependant, en 1991, au début de la guerre de Croatie, par patriotisme, Daniel Markić quitte la France et met en pause sa poursuite d'études pour aller combattre, alors qu'il n'a que 19 ans[2]. Il rejoint l'armée croate et sert en particulier dans les « bérets verts », les forces spéciales rattachées à l'état-major général croate. Il est affecté à cette unité en raison du nombre importants de membres issus de la diaspora croate et de son parcours en France, qui attire l'attention des généraux Ante Gotovina et Ante Roso, commandants de l'unité, eux-mêmes proches de la France en tant qu'anciens de la Légion étrangère. En 1992, il signe son premier contrat professionnel dans l'armée[1].

Après un rapide entraînement, Daniel Markić est déployé sur le champ de bataille. En avril 1992, il est blessé au combat à Čelebić près de Livno. Après son rétablissement, il retourne au front et participe à l'opération Maslenica (en) qui vise à repousser les forces de la république serbe de Krajina. Dans le même temps, en France, son frère est grièvement blessé dans un accident de voiture qui le laisse paralysé à vie. Daniel Markić fait partie des forces du Conseil de défense croate (HVO) avec le rang de major. En décembre 1993, ces forces parviennent à briser le blocus de la vallée de Lašva[1].

Après cette bataille gagnée au prix de pertes importantes, Ante Gotovina convainc les dirigeants croates de l'importance d'un centre de formation de sous-officiers efficaces. Daniel Markić, sous les ordres de Gotovina, participe à sa mise en place. Des instructeurs des Forces armées françaises, dont certains issus de la Légion étrangère, viennent en Croatie[1]. Markić rencontre à plusieurs reprises le général Philippe Rondot, connu pour sa carrière dans les renseignements français[2].

Débuts dans les renseignements

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À la fin de la guerre, en 1995, Daniel Markić quitte l'armée et rejoint les renseignements croates (Service de renseignement croate ou Hrvatska izvještajna služba, HIS). Le directeur, Miroslav Tuđman, cherche une personne fiable parlantt plusieurs langues étrangères pour servir comme officier de liaison. Daniel Markić, engagé volontairement depuis 1991 et francophone, lui est recommandé par Ante Gotovina. Il est engagé et passe 5 ans dans les services, jusqu'à arrive à la tête de l'un des départements opérationnels[1].

En 2001, il quitte le HIS et devient diplomate. Pendant 4 ans jusqu'en 2005, Daniel Markić travaille à la mission croate auprès de l'Union européenne à Bruxelles, spécialisé dans les questions de défense, dans l'optique d'une adhésion de la Croatie à l'UE. Il y côtoie de futurs diplomates et personnalités politiques de haut rang, tels qu'Andrej Plenković et Miro Kovač[1].

En 2005, sur la proposition de son directeur Veselko Grubišić, Markić revient dans la sphère du renseignement. Il intègre l'Agence de renseignement (en croate : Obavještajana agencija, OA) et y est chargé de la coopération ionternationale avec les services de renseignements étrangers. En 2006, l'OA fusionne avec le POA (en croate : Protuobavještajna agencija, Agence de contre-espionnage) pour former l'Agence de renseignement et de sécurité (en croate : Sigurnosno-obavještajna agencija, SOA). Daniel Markić prend la tête de son service opérationnel ainsi que de son service de formation. En quelques années, la direction de l'agence change plusieurs fois de mains, entre Tomislav Karamarko, Josip Buljević puis Dragan Lozančić[1] jusqu'en 2016[3].

En 2015, il est le principal acteur, côté croate, de la tentative de libération de Tomislav Salopek, un travailleur croate expatrié en Égypte enlevé par l'organisation Province du Sinaï, groupe djihadiste affilié à l'État islamique. Malgré les efforts conjoints des services de renseignement croate et français et de l'entreprise qui l'employait, Tomislav Salopek est exécuté par le groupe avant d'avoir pu être libéré[1].

En parallèle, Daniel Markić reprend ses études en France, arrêtées en 1991. Il obtient un master en droit international et européen à Grenoble, avec une spécialisation en sécurité et défense, puis suit des cours de criminologie dans une université parisienne. En 2012, il devient chargé de cours au Collège européen de sécurité et de défense à Bruxelles[1].

Directeur du renseignement croate

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Lors de la crise qui précède la démission de Dragan Lozančić en mai 2016[3], Daniel Markić fait partie des candidats à sa succession à la tête de l'Agence de renseignement et de sécurité. Deux des principaux opposants à sa nomination sont l'ancien directeur Tomislav Karamarko, selon Večernji list, ainsi que la présidente Kolinda Grabar-Kitarović[4], mais Markić est finalement nommé à la tête de la SOA le [1].

Il entretient une très bonne relation avec la France, soutenant dès 2017 le projet de Collège du renseignement en Europe porté par Emmanuel Macron[5],[4]. Il a des liens forts avec Nicolas Lerner, directeur de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) de 2018 à 2024, qu'il rencontre notamment à l'occasion des réunions du Club de Berne, forum de partage d'informations en matière d'antiterrorisme. Il est également proche de l'ex-directeur de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) entre 2017 et 2024, Bernard Émié[2]. En parallèle, sous sa direction, la SOA se rapproche également de Washington, notamment via l'organisation conjointe avec l'US Cyber Command en 2022 d'une hunting forward operation spécifiquement dirigée contre la menace russe, visant à repérer les failles de la cyberdéfense du pays[4].

Daniel Markić promeut au niveau européen l'importance du renseignement d'origine sources ouvertes (OSINT) en temps que source d'informations pour les services de renseignement. Sous sa direction, le renseignement croate mène à bien le projet d'un OSINT Center of Excellence, qui réunit plusieurs autres pays partenaires dont la France[2]. Son objectif est de mettre en commun les techniques en matière d'OSINT pour faciliter la collecte te l'analyse des données au niveau européen[5].

Il reste à la tête du service pendant 8 ans, jusqu'en septembre 2024[2].

Directeur du renseignement européen

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Le , Daniel Markić prend la tête du Centre de situation et du renseignement de l'Union européenne (INTCEN), placé sous l'autorité du Service européen pour l'action extérieure et du Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (HRPAES). Il succède au Portugais José Casimiro Morgado dont le mandat n'a pas marqué le service[2],.

Alors que des voix poussent pour la nomination d'un diplomate de carrière au lieu d'un officier de renseignement à la tête du centre, il tente de renforcer l'importance et l'influence de l'INTCEN[6] face à l'appétit de la Commission européenne. Au sein des institutions européennes, il lui est attribué l'échec à l'automne 2025 de la tentative de création par Ursula von der Leyen d'une « cellule de renseignement » rattachée à la Commission[2]. Il favorise la HRPAES Kaja Kallas à qui il délivre régulièrement des briefings sur la situation sécuritaire[7].

Fin 2025, Daniel Markić nomme pour le seconder, en tant que numéro deux de l'INTCEN, Florine Asselbergs, une historienne néerlandaise ayant travaillé pour l'Algemene Inlichtingen- en Veiligheidsdienst (AIVD)[6]. Selon Intelligence Online, ce choix reflète la réorientation en opposition à la Russie de l'INTCEN, les services néerlandais étant connus pour leur efficacité sur le dossier russe, en particulier depuis la destruction du MH-17[2]. Daniel Markić maintient également la division consacrée à l'OSINT au sein du centre, dirigée par un officier croate[2].

Récompenses et distinctions

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Daniel Markić est fait en 2024 chevalier de la Légion d'honneur en France, sur proposition du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères[5].

Le , le président croate Zoran Milanović lui remet la médaille de l'ordre du Prince Branimir « pour ses mérites exceptionnels dans la promotion de la position et de la réputation internationales de la Croatie dans le domaine de la sécurité et du renseignement »[8].

Vie privée

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Daniel Markić est marié et a quatre enfants. Il est très sportif, amateur de natation et de triathlon, mais aussi un grand lecteur. Francophone et croatophone, il parle aussi anglais, allemand et espagnol[1].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (hr) « S 19 godina napustio je Pariz i studij na Sorboni te ušao u Gotovinine Zelene beretke », sur www.vecernji.hr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Antoine Izambard, « Croatie/Union européenne • Daniel Markic, l'espion en chef de l'Union européenne », sur Intelligence Online, (consulté le )
  3. 1 2 (en) « Security Intelligence Agency Director Lozančić Reportedly Resigns », sur Total Croatia, (consulté le )
  4. 1 2 3 « CROATIE • Daniel Markic, lobbyiste actif de la coopération européenne et américaine pour le renseignement », sur Intelligence Online, (consulté le )
  5. 1 2 3 « Croatie/France • Une Légion d'honneur accrochée à la coopération de renseignement franco-croate », sur Intelligence Online, (consulté le )
  6. 1 2 « Belgique • Du mouvement au sein du Centre de situation et de renseignement de l'UE », sur Intelligence Online, (consulté le )
  7. ↑ « Belgique/États-Unis/France • Markic imprime sa marque à Intcen, un sinologue à la FRS, diplomatie américaine et cyber, Pékin ou rien », sur Intelligence Online, (consulté le )
  8. ↑ (hr) « Milanović odlikovao v.d. ravnatelja SOA-e Daniela Markića », sur Hrvatska radiotelevizija, (consulté le )

Liens externes

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