Péthidine

médicament
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La péthidine (dolantine, demerol, anciennement dolosal) est un antalgique opioïde de synthèse, dérivé de la pipéridine, morphinomimétique agoniste pur, classe 3 de l'OMS. En thérapeutique, il est utilisé en intramusculaire sous la forme de chlorhydrate de péthidine. Cet antalgique possède un pouvoir histaminolibérateur.

Péthidine
Image illustrative de l’article Péthidine
Identification
Synonymes

Mépéridine

No CAS 57-42-1
No ECHA 100.000.299
No CE 200-329-1
Code ATC N02AB02
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule C15H21NO2  [Isomères]
Masse molaire[1] 247,332 7 ± 0,014 3 g/mol
C 72,84 %, H 8,56 %, N 5,66 %, O 12,94 %,
Propriétés physiques
fusion 270 °C

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
La péthidine est un analgésique opioïde dont l'effet est 5 à 10 fois plus faible que celui de la morphine[2].

L'une de ses particularités est qu'il ne provoque pas de spasme du sphincter d'Oddi comme les autres opiacés et peut donc être utilisé en cas de pancréatite ou d'angiocholite. Il possède des propriétés spasmolytiques, intéressantes pour certaines douleurs viscérales, mais ses effets secondaires ont très fortement réduit son usage.

Hautement liposoluble, la péthidine procure un effet euphorisant fort et immédiat. Son action courte entraîne à multiplier les prises. Ces facteurs favorisent une toxicomanie chez les patients auxquels elle est administrée. Son accumulation dans le système provoque de graves effets neurotoxiques (hallucinations, convulsions)[3]. En raison des nombreux risques qu'elle présente, sa prescription est limitée à un maximum de 7 jours sur ordonnance sécurisée et son administration est exclusivement réservée au milieu hospitalier.

Histoire

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La péthidine est le premier opioïde synthétique de l'histoire à avoir été massivement utilisé en médecine sous le nom de Dolosal en France et Demerol aux États-Unis. Elle est découverte accidentellement entre 1937 et 1939, par les chimistes allemands Otto Eisleb et Otto Schaumann, qui travaillent alors pour IG Farben[4]. A partir des années 1940, elle est couramment utilisée comme substitut à la morphine pour ses propriétés antidouleurs et sédatives, et son action antispasmodique[4]. Elle présente cependant les mêmes effets indésirables que les autres opioïdes synthétiques auxquels elle ouvrira la voie: elle est addictive, elle s'accompagne d'une accoutumance et son arrêt entraine un syndrome de sevrage[2]. Son utilisation chute à partir des années 1990 du fait de la toxicité de son métabolite actif, la norpéthidine[3].

Contre-indications

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Contre-indications absolues

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  • Tous les IMAO, qu'ils soient non sélectifs, A-sélectifs ou B-sélectifs. Cette association expose à un risque majeur de syndrome sérotoninergique, et d'encéphalopathie sévère, parfois mortelle.
  • L'allaitement (des cas de pauses respiratoires et d'hypotonie ont été décrits chez des nourrissons allaités par des mères sous traitement).
  • Les états convulsifs.
  • Les insuffisances hépato-cellulaires graves.
  • Les intoxications éthyliques aiguës, le délirium tremens.
  • Les traumatismes crâniens, les hypertensions intra-crâniennes.
  • Les nourrissons de moins de 6 mois.
  • L'hypersensibilité à la molécule.

Contre-indications relatives

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  • Toute prise concomitante d'un composé potentiellement sédatif (alcool, analgésiques, anxiolytiques, antidépresseurs...)
  • La grossesse : les études animales n'ont pas permis d'exclure le risque de tératogenèse ; la péthidine n'est donc habituellement pas utilisée par principe de précaution. Sur une grossesse plus évoluée, elle peut être responsable de troubles neuro-comportementaux et de dépression respiratoire.
  • La péthidine doit s'utiliser avec prudence devant toute douleur abdominale aiguë ; comme tout antalgique majeur de classe 3, elle risque de masquer un « ventre chirurgical » et retarder d'autant une décision opératoire.
  • Patients cardiaques ou à état hémodynamique précaire, en raison des propriétés inotropes négatives.

Effets indésirables

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Les plus fréquents sont la constipation, les nausées, les vomissements ; on note également comme avec tous les antalgiques majeurs, de la somnolence, des impressions vertigineuses, une hypotension orthostatique.

Il existe un risque de rétention urinaire chez les sujets porteurs d'un adénome prostatique.

On décrit des cas d'augmentation de la tension intracrânienne, des états d'excitation, de sédation, des cauchemars, des hallucinations voire des délires. À noter la présence fréquente de convulsions lors de traitements à long terme.

L'effet indésirable le plus redouté dès la première prise est la dépression respiratoire ; elle existe sous forme modérée aux doses thérapeutiques, mais elle peut être sévère, voire mortelle en cas de surdosage (doses supérieures à 600 mg par jour chez l'adulte). La naloxone est l'antidote d'urgence de tous les opioïdes, accompagné des gestes de premiers secours et d'un appel aux services d'urgence.

Préparation de naloxone. Seringue préremplie à dose unique pour administration intraveineuse, présentée avec un dispositif de pulvérisation intranasale.

Lors d'utilisation répétée, on peut noter une accoutumance, dépendance tant physique que psychique ; des cas ont été décrits dès le deuxième ou troisième jour de traitement. Habituellement, cette dépendance s'installe lors de traitements à doses thérapeutiques au bout de une à deux semaines. À l'arrêt de la prise médicamenteuse, on peut voir apparaître un syndrome de sevrage: douleurs musculaires, terreurs nocturnes, sueurs, frissons, problèmes gastriques etc.

La prise en charge de ces effets secondaires sera faite selon le tableau clinique avec :

  • des anticonvulsivants ;
  • de la naloxone ;
  • une assistance respiratoire.

Législation

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Considérée comme un stupéfiant particulièrement dangereux, la péthidine ne peut être prescrite en France que par période de sept jours (au lieu de 28 jours pour les autres morphiniques)[3]. La péthidine n'est pas commercialisée en France en 2024.

Liens externes

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Sur les autres projets Wikimedia :

  • Compendium suisse des médicaments : spécialités contenant Péthidine

Notes et références

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  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. 1 2 https://www.vidal.fr/medicaments/substances/pethidine-6332.html
  3. 1 2 3 « Résumé des Caractéristiques du Produit », sur agence-prd.ansm.sante.fr (consulté le )
  4. 1 2 (en) Laurence E Mather et Geoffrey T Tucker, « On pethidine: The ‘accidental’ opioid that became a ‘model’ analgesic agent », Anaesthesia and Intensive Care, SAGE Publications Ltd, , p. 0310057X261442548 (ISSN 0310-057X, DOI 10.1177/0310057X261442548, lire en ligne, consulté le )