Dinu Lipatti

compositeur et pianiste roumain, professeur au Conservatoire de Genève

Dinu Lipatti [ˈdinu liˈpati] Écouter, né le à Bucarest et mort le à Genève, est un pianiste roumain.

Dinu Lipatti
Dinu Lipatti
Biographie
Naissance
Décès
(à 33 ans)
Genève, Suisse
Sépulture
Cimetière de Chêne-Bourg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Constantin Lipatti
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Valentin Lipatti (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Madeleine Lipatti (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Instrument
Label
Maître
Genre artistique
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.

Il est particulièrement connu pour son sens du rythme, du tempo et la pureté de son jeu, qui s'accorde particulièrement bien à la musique de Chopin, Bach, Mozart ou Schubert. Son interprétation des Valses de Chopin, enregistrée quelques mois avant sa mort, est toujours considérée comme une référence.

Biographie

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Constantin Lipatti (appelé depuis l'enfance par le diminutif « Dinu ») est né dans une famille de musiciens : son père est violoniste et a étudié avec Pablo de Sarasate, sa mère pianiste, et son parrain, Georges Enesco, est un compositeur majeur du XXe siècle. Il est destiné à une carrière musicale et devient l'élève de Florica Musicescu[1]. À seize ans, en 1933, il joue le Concerto pour piano no 1 de Liszt avec l'orchestre philharmonique de Budapest[1].

Il finit deuxième au concours international de Vienne de 1934, ce qui conduit Alfred Cortot, qui pense que Lipatti méritait la première place, à démissionner du jury en signe de protestation, et l'invite à étudier avec lui. Lipatti part donc étudier à Paris sous la direction de Cortot, Nadia Boulanger, Paul Dukas (pour la composition), Yvonne Lefébure pour l'interprétation[1] et Charles Munch (pour la direction d'orchestre)[réf. souhaitée].

Dès 1936, il fait des tournées de concerts et enregistre des disques avec le producteur Walter Legge. De 1939 à 1943, il donne des concerts en Roumanie avec Georges Enesco et Willem Mengelberg.

Sa carrière est interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Fuyant la Roumanie en 1943, il s'installe à Genève avec sa future femme, Madeleine Cantacuzino (Cantacuzène) née Dannhauer (1908-1983), elle-même professeur de piano réputée. Là-bas, il accepte une classe de virtuosité au conservatoire, que lui propose son directeur, Henri Gagnebin[2].

C'est à ce moment-là qu'apparaissent les premiers signes de la maladie de Hodgkin, ce qui diminue la fréquence de ses concerts après la guerre. En 1949, il démissionne du conservatoire de Genève, et en il enregistre ses derniers albums, parmi les plus importants[1]. Il meurt en , à l'âge de trente-trois ans, à Genève. Il repose dans le cimetière de Chêne-Bourg, non loin de la frontière française, aux côtés de sa mère et de sa femme.

Caractéristique et répertoire

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Son jeu est caractérisé par une volonté de fidélité au texte et par une technique pianistique de haut niveau entièrement employée au service de l'expression musicale[1]. Malgré une carrière assez brève et un legs discographique plutôt limité, Lipatti est considéré comme l'un des plus grands pianistes du XXe siècle.

Il est particulièrement renommé pour ses interprétations de Mozart et de Chopin, mais il a aussi enregistré avec succès des œuvres de Liszt et de Ravel (Alborada del gracioso), les concertos pour piano de Schumann et de Grieg, trois Chorals et la première Partita de Bach, ainsi que des sonates d'Enesco, aux côtés de leur auteur.

Il jouait en concert, mais sans témoignage discographique, des œuvres de William Byrd, le Capriccio pour piano et orchestre de Igor Stravinsky, du Poulenc et Debussy[1]. Parmi ses pièces favorites de concert non enregistrées, Le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel, les Études symphoniques de Robert Schumann ou la Sonate Waldstein de Beethoven[1].

Lipatti a laissé par ailleurs de nombreuses compositions. D'inspiration néoclassique, elles s'inscrivent dans les traditions esthétiques française et roumaine. On peut citer une dizaine de mélodies sur des poèmes français, les bohémiens une suite « tzigane » pour orchestre, un concertino pour piano et orchestre, une symphonie concertante pour deux pianos et orchestre, trois danses roumaines pour deux pianos, une sonatine pour violon et piano, un concerto pour orgue et piano, un quatuor pour instruments à vent, une sonatine pour la main gauche ou encore deux nocturnes pour piano.

Distinction

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Il est élu en 1997, à titre posthume, membre de l'Académie roumaine.

Principaux enregistrements

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La plupart des enregistrements de Dinu Lipatti ont été réalisés sous la direction du producteur Walter Legge. Ils ont régulièrement été réédités sur disque vinyle puis sur disque compact (notamment dans la collection EMI « Références »). Il a en outre enregistré plusieurs des œuvres qu'il avait lui-même composées.

Dinu Lipatti au festival de Besançon, le 16 septembre 1950.

Références culturelles

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Bibliographie

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Sur les autres projets Wikimedia :

  • Grigore Bargauanu et Dragos Tanasescu, Dinu Lipatti, Lausanne, Payot, 1991
  • Benoît Maillet Le Penven, Dinu Lipatti ou L'amitié de la grâce, Paris, Balland, 2001
  • André Tubeuf, La Quatorzième Valse, Arles, Actes Sud, 2008
  • Anna Lipatti, La Vie du pianiste Dinu Lipatti écrite par sa mère, Paris, La Colombe, éditions du Vieux Colombier, 1954
  • Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes, 1995
  • (en) « Oxford Music Online », sur grovemusic.com via Internet Archive (consulté le )

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Diapason n° 741, Février 2025, p.40-41
  2. Corinne Walker, « Dinu Lipatti », in: Genève, Cinq siècles d'accueil, Genève, éd. Notari, 2020, p. 366.
  3. « Dinu Lipatti: His Definitive Programme [Mozart, Schubert, Schumann, Liszt, Ravel], by Dinu Lipatti, Herbert von Karajan, Lucerne Festival Orchestra, The Philharmonia », sur Praga Digitals (consulté le )

Liens externes

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