Edmund Kanoldt
Edmund Friedrich Kanoldt (né le 13 mars 1845 à Großrudestedt près de Weimar en grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, mort le 27 juin 1904 à Bad Nauheim) est un peintre allemand.
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Johanna Grossmann-Kanoldt (d) Alexander Kanoldt |
Biographie
modifierEdmund Friedrich Kanoldt naît le 13 mars 1845 à Großrudestedt, près de Weimar. Il est le fils de l'apothicaire Christian Friedrich Kanoldt et de son épouse Friederike, née Gams. Il passe son enfance et son adolescence à Jena. Il entame d'abord une formation de libraire à la demande de son père, mais devient l'élève du peintre Friedrich Preller l'Ancien, alors connu à l'époque pour sa série de tableaux sur l'Odyssée, et dont la vision de l'art a été largement façonnée par les conceptions de peintres néo-classiques comme Joseph Anton Koch. Il suit l'enseignement de Preller l'Ancien pendant cinq ans, au cours desquels le maître et l'élève deviennent proches[1]. Kanoldt part à Rome en 1869, où il se consacre au genre du "paysage héroïque", sous l'influence de Heinrich Dreber, un élève de Ludwig Richter. Sur les traces de son maître, il visite Olevano Romano, où il dessine notamment La Serpentara di Olevano. Il rentre de ce premier voyage en 1872.
Au cours des deux ans qui suivent, Kanoldt entreprend plusieurs voyages d'étude en Allemagne. Il fait alors la connaissance du peintre Adolf Heinrich Lier, qui peint des "paysages intimes" (expression utilisée en français en Allemagne), influencés par les peintres français de l'école de Barbizon, mais dans un style proche de celui de Preller l'Ancien. Ils avaient des vues artistiques en désaccord avec celles de Kanoldt. En 1873 ou 1874, il retourne en Italie afin d'y concevoir des illustrations pour l'éditeur Engelhorn Verlag (de). Kanoldt apprend que la Serpentara d'Olevano Romano, une chênaie, va être abattue : il organise alors une collecte de fonds afin de la racheter au profit de l'empire allemand et de l'empereur Whilhelm[2]. Durant ses voyages d'études à Rome, il entre en relation avec plusieurs peintres allemands qui s'y trouvent alors, dont Heinrich Dreber, Carl Schuch et Anton von Werner. Il y rencontre aussi Sophie Hellwig (1853–1919), native de New York, qui vivait alors à Moscou avec sa famille, et qui devient par la suite son épouse. Ils se marient en 1875 à Moscou, où ils habitent pendant un an.
En 1876, Kanoldt s'établit durablement à Karlsruhe. Il poursuit sa formation à l'Académie des beaux-arts de Karlsruhe, notamment auprès du peintre Ferdinand Keller, portraitiste et auteur de peintures historiques. En 1885, Kanoldt fait partie des fondateurs de l'école de peinture pour femmes de Karlsruhe, école privée financée par la ville et l'État, et qui est alors l'une des rares institutions à permettre à des artistes femmes d'obtenir un diplôme d'art. Il y enseigne la peinture de paysages jusqu'en 1888. Outre son métier de peintre, Kanoldt promeut activement les intérêts de l'art et des artistes. Il fait ainsi partie de la Kunstgenossenschaft Karlsruhe, association qui forme une branche locale de la Société générale d'art allemande de Baden, association professionnelle représentant les intérêts des artistes ; elle organise notamment des expositions. Il s'inquiète également de la sécurité sociale des artistes et de leurs familles : il fait partie des fondateurs de la the Pensions and Pensionsanstalt für bildende Künstler, où il s'engage aussi financièrement. Il est à l'initiative d'un important festival d'art, les Drei Tage in the Morgenlande, qui a lieu à Karlsruhe en mars 1901, et dont les recettes servent à financer les pensions des artistes[3].
En 1885, il se voit décerner le titre de Professeur par le grand-duc Charles-Alexandre de Saxe-Weimar-Eisenach.
Parmi les artistes avec lesquels Kanoldt est en contact figurent notamment Friedrich Preller fils (fils de Friedrich Preller l'Ancien), professeur à l'académie de Dresde, et Julius Preller, un neveu, peintre de portraits à Frise aux Pays-Bas.
Kanoldt meurt le 27 juin 1904 à Bad Nauheim. Son oraison funèbre est prononcée par le peintre Hans Thoma, alors directeur du musée d'art Staatliche Kunsthalle Karlsruhe.
Edmund Friedrich Kanoldt et Sophie Hellwig ont deux enfants[4] : Johanna Kanoldt (1880–1940), peintre et écrivaine, et Alexander Kanoldt (1881-1939), peintre.
Œuvres principales
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- 1874 : Vue du camp d'Annibal près de Cannes ( (Blick auf den Campo d'Annibale bei Cannae), huile sur toile, 32 × 43 cm, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe[5]
- 1883 : Paysage avec Héro attendant Léandre (Landschaft mit Hero Leander erwartend), huile sur toile, 185 × 130 cm, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe[6]
- Canossa
- Kyffhäuser
- Tombe de Hünen sur le Rügen (Hünengrab auf Rügen)
- Ulysse chassant les chèvres (Odysseus auf der Ziegenjagd)
- Iphigénie en Tauride (Iphigenie in Tauris)
- Sappho
- Thétis et Achille
- Didon et Énée à la chasse (Dido und Aeneas auf der Jagd)
- Antigone auprès du cadavre d'Étéocle (Antigone an der Leiche des Eteokles)
- Cupidon et Psyché, série de huit fresques pour une résidence privée à Leipzig
Edmund Kanoldt a également travaillé comme illustrateur. Entre autres, il illustre en 1886 la novella Scènes de la vie d'un propre à rien de Joseph von Eichendorff ; en 1887, le récit de Theodor Storm Immensee[7] ; et en 1892, la comédie Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare.
Notes et références
modifier- ↑ Vgl. Julius Gensel: Friedrich Preller d. Ä. Bielefeld und Leipzig 1904, S. 74f.
- ↑ « Katalog Zeichnungen: Edmund F. Kanoldt » [archive du ], sur kunsthandel-striehl.de (consulté le ).
- ↑ Albert Herzog : Her happy eyes. A Karlsruhe journalist tells of his life, ed. by Hansgeorg Schmidt-Bergmann et al., Karlsruhe 2008.
- ↑ (de) « Edmund Friedrich Kanoldt – Stadtlexikon » [archive du ], sur stadtlexikon.karlsruhe.de (consulté le ).
- ↑ (de) « Kunstwerke - Staatliche Kunsthalle Karlsruhe », sur https://www.kunsthalle-karlsruhe.de/ (consulté le ).
- ↑ (de) « Kunstwerke - Staatliche Kunsthalle Karlsruhe », sur https://www.kunsthalle-karlsruhe.de/ (consulté le ).
- ↑ « 'immensee' - Digitalisat | MDZ », sur www.digitale-sammlungen.de (consulté le ).
Bibliographie
modifierCet article se fonde sur une version du Meyers Konversations-Lexikon dans le domaine public (édition de 1888-1890).
- Leopold von Pezold (de) (Karlsruhe), Edmund Kanoldt in Wandern und Reisen 1 (1903), S. 121 (avec 1 planche).
- Reinhold von Lichtenberg (de), Edmund Kanoldt, gestorben am 27. Juni 1904 in Badische Landeszeitung du 2 juillet 1904 (nécrologie détaillée) Lire en ligne
- Reinhold von Lichtenberg (Hrsg.), Nachlass des verstorbenen Herrn Professor Edmund Kanoldt. Eigene Gemälde und Handzeichnungen sowie einige Ölgemälde anderer Meister, Münich, 1907 (avec de nombreuses illustrations) online
- (de) Wolfgang Freiherr von Löhneysen, « Kanoldt, Edmund », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 11, Berlin, Duncker & Humblot, , p. 110 (original numérisé)
- A. Müller-Scherf, Edmund Kanoldt: Leben und Werk Reihe Kunstgeschichte, Band 1, Pfaffenweiler 1992.
- Ursula Merkel (éd.), Landschaft als Abbild der Sehnsucht ("Le Paysage comme image de la langueur"), Karlsruhe, Ville de Karlsruhe, galerie municipale (de), (ISBN 3-923344-30-9)
- Detlef Tonn, Kanoldt, Edmund – Landschaftsmaler, Zeichner, Illustrator / Zum 175. Geburtstag (13 mars 2020), Erfurt 2020 (lire en ligne).
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Archives d'art allemand du Musée national germanique (Kanoldt, Edmund, DE-611-BF-118230)
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (de) Fiche d'Edmund Kanoldt sur le site des archives municipales et des musées historiques de Karlsruhe