Elif Eralp
Elif Eralp, née le à Munich, est une femme politique et juriste allemande, députée à la Chambre de Berlin depuis 2021[1]. Cheffe adjointe du groupe Die Linke à la Chambre depuis 2024, elle est tête de liste du parti pour les élections régionales de 2026[2].
| Elif Eralp | |
Elif Eralp en 2025. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Députée à la Chambre de Berlin | |
| En fonction depuis le (4 ans, 10 mois et 26 jours) |
|
| Élection | 26 septembre 2021 |
| Réélection | 12 février 2023 20 septembre 2026 |
| Circonscription | Liste du parti |
| Législature | 19e et 20e |
| Groupe politique | Linke |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Munich (Bavière, Allemagne de l'Ouest) |
| Nationalité | Allemande |
| Parti politique | Die Linke (depuis 2017) |
| Diplômée de | Université de Hambourg |
| Profession | Juriste |
| modifier |
|
Enfance et éducation
modifierLes parents d'Elif Eralp, des syndicalistes turcs de gauche, ont fui la Turquie pour l'Allemagne en suite au coup d’État militaire et à la répression s'étant abattue sur les opposants politiques. Sa mère, Hülya Eralp (de), une activiste féministe emprisonnée à cette occasion, est enceinte de huit mois lorsque les autorités turques l'autorisent finalement à quitter le territoire[3]. Elif Eralp naît un mois plus tard à Munich (Bavière), où elle passe ses premières années avant que sa famille s'installe à Dortmund, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où son père exerce comme médecin. À l'âge de huit ans, la famille déménage à Hambourg, où elle termine sa scolarité[4],[5].
Après avoir obtenu son Abitur, Elif Eralp étudie le droit à l'université de Hambourg de 2001 à 2007, puis obtient sa licence d’État (en). Dans le cadre de son programme de stages obligatoires, elle travaille ensuite au tribunal fédéral de Hambourg, au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Berlin, à l’ambassade d’Allemagne à Ottawa et dans un cabinet d’avocats spécialisé en droit de l’immigration et de l’asile. Elle obtient son diplôme d’État en 2009[4].
Carrière politique
modifierPremiers engagements
modifierElif Eralp s'engage en politique dès sa jeunesse, encouragée par ses parents, qui l'emmènent dans des manifestations contre les incendies racistes de Solingen et Mölln (en)[6]. Elle défend ensuite la cause de l'environnement, et se mobilise notamment contre le transport de déchets nucléaires par un train Castor dans la région de Wendland en 2011[7],[8]. Elle s'installe à Berlin en 2010 et commence à travailler comme conseillère juridique pour le groupe parlementaire de Die Linke, sur la thématique « Droits civiques et démocratie ». À titre personnel, elle milite également avec l'association Allmende contre le racisme, la gentrification et les expulsions locatives, particulièrement dans le quartier de Kreuzberg à Berlin. Elle déclare également soutenir l'autonomie kurde et le parti turc HDP[4],[9],[8].
Adhésion à Die Linke, élection à la Chambre de Berlin
modifierElle adhère à Die Linke en 2017, et est élue au comité exécutif régional du parti en [4]. En 2019, avec trois autres membres de Die Linke (Hamze Bytyci, Ferat Koçak et Belma Bekos), elle fonde le groupe Links*Kanax, qui souhaite accueillir des membres du parti ayant des origines étrangères ou ayant subi du racisme. Ils veulent ainsi promouvoir les vues des personnes issues de l'immigration dans un parti jugé encore insuffisamment mobilisé sur ces questions, en réaction aussi aux positions anti-immigration de Sahra Wagenknecht, ancienne dirigeante de Die Linke partie fonder son propre parti, le BSW[8].
En 2021, Elif Eralp est investie dans l'arrondissement de Friedrichshain-Kreuzberg par Die Linke pour les élections régionales de Berlin[10]. Elle cite l'attentat raciste de Hanau en 2020 comme une des motivations pour se présenter[8]. Sa campagne électorale de porte-à-porte dans son arrondissement, comptant une important population immigrée, notamment turque, est mentionnée par plusieurs médias[11]. En septième place sur la liste régionale du parti, elle perd face à la candidate écologiste sortante Marianne Burkert-Eulitz, mais entre tout de même à la Chambre des représentants de Berlin grâce au mode de scrutin proportionnel[12]. Elle est ensuite réélue en 2023[13], puis élue vice-présidente régionale du parti en [14].
Candidate à la mairie de Berlin
modifierLe , Elif Eralp est nommée tête de liste de Die Linke pour les élections régionales de 2026 à Berlin, candidate de fait au poste de bourgmestre-gouverneur de Berlin[15]. Elle dévoile en mars un programme intitulé « Rendre Berlin abordable », centré sur le coût des loyers et la construction de logements sociaux, défendant notamment la municipalisation de 220 000 logements du parc privé et souhaitant ainsi faire de Berlin une « métropole rouge »[16]. De par ce programme et ses origines étrangères, elle est régulièrement comparée par la presse allemande et internationale à l'homme politique américain Zohran Mamdami, élu maire de New York en 2025[17],[18],[19],[20], une comparaison qu'elle revendique elle-même[21],[22].
A l'été 2026, les bons sondages de Die Linke à Berlin, au coude-à-coude avec la CDU, font envisager à certains commentateurs la possible victoire de sa liste[23],[24],[25]. L'attractivité de son programmé axé sur le logement et l'efficacité de sa campagne de porte-à-porte sont notamment évoquées, cette dernière étant inspirée par les méthodes du sénateur démocrate américain Bernie Sanders[26],[27]. Fin , Elif Eralp doit toutefois réagir à des accusations d'antisémitisme suite à un meeting de Die Linke à Neukölln : elle condamne alors les propos tenus par un participant ayant appelé à « la mort de Tsahal », et déclare qu'elle « souhaite clairement protéger la vie de tous les juifs »[28].
Le , Die Linke arrive en tête des élections régionale de Berlin avec 25,65 % des voix, et obtient 47 sièges de députés. Elif Eralp est de ce fait pressentie pour devenir bourgmestre-gouverneure de Berlin dans le cadre d'une coalition avec les Grünen et le SPD, même si certains médias anticipent des négociations difficiles avec le SPD sur la question du logement social[26],[29] ainsi que sur la question de l'antisémitisme, que différents opposants de Die Linke jugent problématique dans certains sections berlinoises du parti malgré les propos rassurants d'Elif Eralp[30],[31].
Vie personnelle
modifierSynthèse des résultats électoraux
modifierLes résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.
| Année | Parti | Circonscriptions | Listes | Total sièges | Gouvernement | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Sièges | Voix | % | Rang | Sièges | |||||
| 2026 | Die Linke | 435 898 | 24,05 | 1er | 468 060 | 25,65 | 1er | |||||
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ (de) « Elif Eralp », sur Parliament Watch (consulté le )
- ↑ (de) « Elif Eralp soll Berliner Linke in den Wahlkampf führen », Süddeutsche Zeitung, (consulté le )
- ↑ Kate Connolly, « Elif Eralp: ‘Germany’s Zohran Mamdani’ who vows to be a mayor for all Berliners », sur The Guardian,
- 1 2 3 4 (de) « Elif Eralp – Ein Berlin für Alle! », (consulté le )
- ↑ Murat TOSUN, « Elif, fille d'immigrés, brigue le poste de ministre-président du Land : Mamdani, d'origine turque, à Berlin », sur Hürriyet.com,
- ↑ Jean-Marc Gonin, « Les brasiers de la haine », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ « Le train Castor à l'arrêt près de la frontière allemande », sur Radio France,
- 1 2 3 4 5 (de) Claudia Krieg, « Eine diversere Berliner Linke », neues deutschland, (consulté le )
- ↑ (en) Phil Butland, « “Germany should be finally recognised as a country of migration” », sur theleftberlin.com,
- ↑ « C. Landeslisten: Liste Nr. 3: BÜNDNIS 90/DIE GRÜNEN (GRÜNE) » [PDF], sur berlin.de, (consulté le ), p. 3094
- ↑ (de) Luise Sammann, « Von Tür zu Tür in Berlin-Kreuzberg - Parteien entdecken Zuwanderer als Wähler », Länderreport, Deutschlandfunk Kultur, (consulté le ) (de) Valerie Dörner, « "Das Herz der Leute gewinnt man nur an der Tür" », n-tv.de, (consulté le )
- ↑ « Gewählte Wiederholungswahl zum 19. Abgeordnetenhaus von Berlin am Sonntag, dem 12. Februar 2023 (Hauptwahl vom 26.09.2021) in Berlin », sur wahlen-berlin.de, (consulté le )
- ↑ « Gewählte Wiederholungswahl zum 19. Abgeordnetenhaus von Berlin am Sonntag, dem 12. Februar 2023 (Hauptwahl vom 26.09.2021) in Berlin », wahlen-berlin.de, (consulté le )
- ↑ (de) « Landesparteitag der Linken : "Believe the hype !" », sur Die Tageszeitung,
- ↑ (de) « Linke startet mit Elif Eralp in den Wahlkampf - und hofft auf das Rote Rathaus », sur RBB24
- ↑ (de) « Elif Eralp will Berlin zur roten Metropole machen », sur Die Tageszeitung,
- ↑ (de) « Berlin trifft New York: Wie Elif Eralp von Mamdanis Wahlsieg lernen will », sur 07.11.25, radio eins
- ↑ (de) « Modell Mamdani: Kann New York Blaupause für Berlin sein? », sur Die Zeit,
- ↑ « Eralp of Turkish origin likened to NY’s Mamdani in Berlin race », sur hurriyetdailynews.com,
- ↑ « Qui est Elif Eralp, la « Zohran Mamdani de Berlin », candidate à la mairie de la capitale allemande ? », sur Les Dernières Nouvelles d'Alsace,
- ↑ « Linke im Umfragehoch: Regiert Elif Eralp bald Berlin? », sur Die Zeit,
- ↑ Dinah Riese, « The Woman Who Wants to Become Berlin's Zohran Mamdani », sur Haaretz,
- ↑ Maria Kurth, « Left Leads Poll One Month Before 2026 Berlin Election », sur Berliner Morgen Post,
- ↑ (de) Robert Kiesel, « Linke vor CDU und AfD: Neue Umfrage sagt Dreikampf um Wahlsieg in Berlin voraus », sur Die Tagesspiegel,
- ↑ (de) « Berlin-Wahl 2026: Mögliche Koalitionen – Welche Parteienbündnisse könnte es geben? », sur Berliner Morgenpost,
- 1 2 3 Cécile Boutelet, « Elif Eralp, le nouveau visage de la gauche radicale après sa victoire à Berlin », sur Le Monde,
- ↑ AFP, « Elections en Allemagne : Elif Eralp, la voix des mal-logés à la porte de la mairie de Berlin », sur La Croix,
- ↑ (de) « „Ich bin entsetzt“ – Linken-Kandidatin Eralp fordert Konsequenzen nach umstrittenem Rapper-Auftritt », sur Die Welt,
- ↑ Friedrich Steffes-lay, « Alle Ergebnisse und Grafiken zur Berlin-Wahl im Überblick », sur Die Welt,
- ↑ Christophe Bourdoiseau, « A Berlin, Elif Eralp éclaboussée par les liaisons dangereuses d’élus de son parti et des accusations d’antisémitisme », sur Libération,
- ↑ Pascal Thibaut, « Allemagne: les alliances du parti Die Linke à Berlin menacées par des suspicions d'antisémitisme », sur RFI,
- ↑ (de) Saskia Kabelitz, Robert Kiesel, Christian Latz, « Berliner Spitzenkandidatin Elif Eralp im Gespräch », sur Der Tagesspiegel,
Liens externes
modifier- Sites officiels : (de) Elif Eralp für Berlin et (de) Elif Eralp – Mitglied des Berliner Abgeordnetenhauses