Emmanuel Frémiet
Emmanuel Frémiet[note 1] est un sculpteur, peintre, dessinateur, graveur, lithographe, médailleur et professeur français né à Montrouge le [1] et mort à Paris le .
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Marie Fauré (d) |
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Sophie Rude (tante) François Rude (oncle) Gabriel Fauré (gendre) Louis-Gabriel Monnier (arrière-grand-père) Emmanuel Fauré-Frémiet |
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François Rude, École nationale supérieure des arts décoratifs, Sophie Rude, Jacques Christophe Werner (d) |
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Emmanuel Fremiet est un artiste qualifié de rationaliste. Dans un style néoclassique, il réalise des oeuvres monumentales patriotiques commandées par l'État, et excelle comme Sculpteur animalier réaliste.Dans un style naturaliste, Emmanuel Fremiet réalise des groupes mettant en scène l'homme et l'animal comme Gorille femelle emportant une négresse (exposé au salon de 1859) ou Pan et Oursons (1867), ainsi que des scènes préhistoriques et de nombreuses statues équestres.Emmanuel Fremiet est le statuaire officiel de la Troisième République. Une de ses oeuvres les plus connues est sa statue équestre de Jeanne d'Arc, place des Pyramides à Paris. Il reçoit une médaille d'honneur au Salon de 1887 en Gorille enlevant une femme qui fait scandale[2].
Emmanuel Frémiet est l’arrière-petit-fils du buriniste Louis-Gabriel Monnier, le neveu de la peintre Sophie Rude et du sculpteur François Rude, le cousin germain du sculpteur Paul Cabet, le beau-père du compositeur Gabriel Fauré et le grand-père du Zoologue Emmanuel Fauré-Frémiet.
Ses plus fameuses œuvres sont le Gorille enlevant une femme (1887) aujourd'hui à Nantes, le Saint Michel terrassant le Dragon (1897) du Mont-St-Michel, la Jeanne d'Arc (1874) de Paris, l’ Orang-outang étranglant un sauvage de Bornéo (1895), galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée du Muséum national d'histoire naturelle , le Pan et oursons (1867), musée d'Orsay, Le Chevalier errant (1878) au Palais des Beaux-Arts de Lille, le Monument à Ferdinand de Lesseps (1899) de Port-Saïd aujourd'hui à Port-Fouad, le Monument à Bertrand du Guesclin (1902) de Dinan, l'Éléphant pris au piège (1878) aujourd'hui devant le musée d'Orsay, Le Lézard (1878) au Château de Pierrefonds, Le Dénicheur d'oursons (1884), jardin des plantes de Paris, la Statue de Neptune a Mortagne-au-Perche,la Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde a Paris, la Statue équestre de Simón Bolívar à Paris,La Renommée des Sciences (1899-1900) à Paris , et ses nombreux sujets animaliers.
Biographie
modifierFamille et formation
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Son bisaïeul Louis-Gabriel Monnier, buriniste, médailleur et premier conservateur du Musée des Beaux-Arts de Dijon ainsi que son aïeul Louis Frémiet, issu d’une vieille famille bourguignonne, directeur des contributions de la côte d’or, furent les soutiens indéfectible de François Rude lors de ses études[3]. Louis Frémiet accordera la main d’une de ses filles, l’artiste peintre Sophie Rude à François Rude[3],[4],[5]. Fils de Théophile-Auguste Frémiet graveur (1800-1853) et de Joséphine Frochot (1803-1868), surveillante générale à l'hôpital de la Pitié, nièce du préfet de Paris Nicolas Frochot[4]. Le père est partagé entre des rêves de grandeur pour lui et ses deux fils et une paresse, une arrogance confondantes[3]. Le sculpteur voue une admiration sans borne à sa mère. Il considère qu’elle l’a « créé deux fois : physiquement et spirituellement »[4]. la famille est logé à l’hôpital. il est inscrit au Lycée Henri-IV et suit également les cours d’une pension renommée où il apprend notamment le maniement des armes[3], [6]. Les révolutions du XIXème Siècle marquent également les jeunes années de Frémiet. En juillet 1830, à 6 ans, descendant chercher comme chaque matin un peu de bouillon à l’épicerie, il entendit siffler les balles dans la rue et vit un cadavre. Son père vint le chercher mais sa mère, plus tard, ne craignit pas de l’emmener dans les rues les plus dangereuses, près des barricades : « cette jeune femme avait l’âme emplie par l’ardeur du siècle, misère et danger lui semblaient une fameuse école, à ne pas rechercher mais à ne pas craindre » [4]. Son père écrit des pamphlets contre le directeur de l’hôpital. La famille est priée de quitter les lieux. Le couple se sépare, le père s’en va avec Charles, le fils cadet du couple[3]. Il revient rarement rencontrer son fils Emmanuel[4].Son enfance et très dure, au bord de la misère. A cause de la séparation des ses parents en 1834, il contribue aux besoins de la famille en exerçant différents métiers notamment maçon à 10 ans puis, a 12 ans, il rentre comme apprenti chez un peintre en bâtiment, où il est l’esclave des ouvriers, devant porter des pots de plus de 20 kg. A tel point qu’un jour, malmené par un ouvrier, il sort de sa poche un couteau, l’ouvre et menace de tuer le peintre (il a 13 ans !)[4],[3].

Sa tante Sophie Rude l'initia au dessin à ses 8 ans[3],[6]. Frémiet dessine sans cesse, chez lui ou chez Mme Rude[3]. En 1837, il obtient le premier prix d’entrée contre 200 candidats de l'école de dessin de la rue de l'École de médecine à Paris, devenue peu après l'École spéciale de dessin et de mathématique appliqués aux arts industriels (actuel École nationale supérieure des arts décoratifs)[4]. Cet école accueille des élèves d'origine modeste (Jean-Baptiste Carpeaux, Henri Fantin-Latour, Jules Dalou, Auguste Rodin, François Pompon...) ou l'enseignement est gratuit, avec comme professeur Georges Jacquot, Louis Alexandre Péron, Eugène Viollet-le-Duc entre autres[3]. À 15 ans, en 1840, il remporte au Concours annuel le troisième prix dans la catégorie Géométrie, le deuxième prix dans la catégorie Architecture et, le 1er prix dans les catégories, Figure, Ornements, Animaux, et Fleurs[4],[3]. Pendant ses études , pour subvenir aux besoins du foyer maternel, il peint des évantails et des images pieuses pour les éditeurs de la Rue Saint-Jacques [4],[3]. Virtuose, il ne suivit pourtant pas l'enseignement dispensé à l'École des Beaux-Arts et ne se présenta jamais au prix de Rome. Tout cela sous les railleries de son père, qui se moque des rêves de grandeur que forme Mme Frémiet pour son fils[4],[3].
Carrière
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Grâce à ses aptitudes prometteuses, et par l’introduction de François Rude[7],[8],[4], en 1840, il commença un apprentissage comme lithographe scientifique (ostéologie) dans l’atelier du peintre Jacques Christophe Werner (de), peintre officiel du Muséum[9], dont il était un parent éloigné[10]. Frémiet travaille dans un atelier qui ressemble à un laboratoire d’anatomie. Ses lithographies de cette période représentaient principalement l'anatomie comparée. Werner le traitait comme un membre de sa famille et le payait cinq francs par mois[10]. Werner le nomme lithographe en chef il était chargé de préparer tous les dessins d’animaux et d’hommes[9],[11].Il réalise alors les dessins préparatoires des tableaux de Werner, qui sont utilisés comme planches pour des ouvrages notamment de Pierre Flourens, Georges Cuvier, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Frédéric Cuvier, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Jules Dumont d'Urville[9],[12]. Il passa beaucoup de temps au Jardin botanique et au zoo de Paris, étudiant les animaux[4],[9]. On apprit bientôt dans le milieu des préparateurs anatomiques qu'un jeune homme, chez Werner, possédait des connaissances spécialisées précieuses. C'est ainsi que, dans l'ombre d'un maître, Frémiet entama une carrière remarquable[10]. Il travaille dans l'atelier des peintres de la morgue, effectuant des moulages d'anatomie comparée à la demande de naturalistes et de médecins[11].Le soir, Frémiet travaille pour Mathieu Orfila qui vient de créer le Musée d'anatomie Delmas-Orfila-Rouvière où il peint des pièces d’anatomie comparée moulées sur nature. Il reçoit une salaire de quinze francs par mois qui aide pour subvenir au besoin du foyer maternel[3]. A la demande de Charles-Pierre Denonvilliers, il réalise des planches pour le premier catalogue du Musée Dupuytren[9]. Sa réputation commence à s’étendre et il est recruté par le Docteur Suquet qui exposait des cadavres restaurés, peints, aux yeux de verre, que l’on eut dit vivants[9].Ce travail particulier le dispense de passer cinq ans sous le drapeau[4].

Très attiré par la sculpture, le jeune Emmanuel se met à modeler[9]. Détectant chez lui d’incontestables capacités artistiques, François Rude, le mari de Sophie Frémiet, sculpteur, les lui ouvre les portes de son atelier[9].Tous les jours, à peine sorti de chez Jacques-Christophe Werner, le jeune Emmanuel court jusqu’à l’atelier de la rue d’Enfer, où il travaille la glaise avec courage, acharnement et passion, jusqu’à très tard dans la soirée[8],[5],[6]. il voue une admiration quasi filiale, admiration qui se prolongea jusqu’à sa propre mort. Pas un de ses succès qu’il n’attribuait à son Maître :« Ah, Rude ! s’exclamait-il avec des trémolos dans la voix, lorsqu’il était interrogé sur son maître, avec quelle admirable générosité il se dépensait pour ses élèves ! Il payait de sa personne, ne ménageait point ses conseils et ses méthodes. Et lui-même, quel frissonnement d’enthousiasme ! ce bas-relief de l’Arc de Triomphe, c’est irréprochable et c’est accablant ! », « C’est à lui que je dois tout » ajoutait-il ensuite avec émotion [4], [3],[9],[5],[6],[8].

A 18 ans, grâce à son talent, son travail acharné et aux conseils de Rude, il devient ouvrier chez un sculpteur reconnu[9],[8],[5],[6]. Frémiet ne dit jamais son nom pour des questions de discrétion fort louable : le fils du patron avait renoncé aux sujets pieux de son père pour se consacrer à la sculpture animalière et détacha Frémiet à son service[11]. Lorsque ce dernier avait terminé un sujet, le maître le prenait et sans y faire aucune retouche le signait de son nom ![4].En 1843, il envoya au Salon une étude de gazelle, prélude à une production prolifique d'animaux d'un réalisme minutieux, dans des attitudes simples mais remarquables. Il obtient sa première récompense:une médaille de troisième classe[13], au Salon de 1849, pour Matador et Une Famille de Chats que l’Empereur achète. Son Ours blessé et son Chien blessé furent acquis par l'État pour le musée du Luxembourg à Paris en 1850[9].

À l'accession au pouvoir du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, Frémiet s'attela à des œuvres révérencieuses, à commencer par les bassets du prince, Ravageot et Ravageole (1848) qu'il exposa au Salon de 1853, ce qui lui ouvrit la porte des commandes officielles[9].Il obtient la Médaille de deuxième classe avec Ours blessé au salon de 1851[13].Napoléon III le charge de l'exécution de plusieurs sculptures de 1854 à 1860, lors des travaux de construction du nouveau musée du Louvre, notamment lors de la réalisation de la salle du manège, ainsi que le décor de la cour des écuries, (actuelle cour Lefuel), notamment les groupes en bronze de combats d'animaux, sous la direction de Félix Duban, puis de Hector-Martin Lefuel[9],[11].Il obtient la Médaille de 3e classe à l’Exposition universelle de 1855[13]. Cette année là, il reçut la commande d'une série de statuettes à sujet militaire pour l'empereur Napoléon III, exécutées avec minutie de 1855 à 1859[9],[11].En 1861, il sculpte Centaure et ourson pour le Château de Meudon. En 1866, il reçoit les commandes d’une Statue équestre de Napoléon Ier pour Grenoble et de la Statue de Neptune pour Mortagne-au-Perche [9],[11]. Il obtient la Médaille de 2e classe à l’Exposition universelle de 1867[13]. À la demande du Baron Haussmann, en 1867, il sculpte les animaux (dauphins, chevaux et tortues) de la Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, tandis que Jean-Baptiste Carpeaux, sculpte le reste de ce monument[14]. Il réalisa la Statue équestre de Louis d'Orléans en 1869 pour décorer le château impérial de Pierrefonds[9].

En 1872 il sculpte Le Cerf et l’ours, Le Cheval et la lionne, L'Autruche et le serpent, Le Pélican et le poisson, des groupes de bronze réalisés à la fonderie d'Antoine Durenne,pour le parc de l'ancien château de Neudeck, en Silésie (royaume de Prusse), (actuellement Świerklaniec, en Pologne), propriété de Guido Henckel von Donnersmarck et de La Païva[9],[11]. L'établissement de la Troisième République l'amena à concevoir en 1874 son premier Monument de Jeanne d'Arc, érigé place des Pyramides à Paris.Frémiet explique : « Jeanne d’Arc fut une de mes premières commandes importantes d’après la guerre. Le sujet me passionnait, pour l’émotion de rendre d’abord, puis pour la vérité historique à dire. Jusqu’à là, on ne connaissait que l’archifausse Jeanne d’Arc à pourpoint et à toque à créneaux. Le document qui me servit le plus, le seul presque, fut la tapisserie du musée d’Orléans. Au point de vue de la monture, tous les documents graphiques sur les guerres d’alors me furent d’une grande aide. On a critiqué -oh ! ce fut un déchainement en 1874 ! – la robustesse du cheval. Mais tous les gens d’armes, le roi tout le premier, montaient d’énormes bêtes, des chevaux d’omnibus, oui, de ces gros chevaux d’omnibus à museau rose. Rien d’étonnant à ce que la guerrière, rendue svelte encore par les lignes élancées de l’armure, paraît petite et frêle. J’avais été trouver Carpeaux, lui disant ce qu’était la vérité, et lui demandant s’il fallait la faire. Il fut très embarrassé pour se prononcer. Et bien tant pis me dis-je, mon Maître m’aurait dit de m’attacher à la vérité avant tout. Oui, Rude m’aurait répondu cela. Je me déterminai donc. Et, depuis le public a compris et accepté. » [15],[16],[17],[18]. A la suite de nombreuses critiques, qui déclarent que rien ne manifestant visiblement la mission de la Pucelle d’Orléans, ni sa haute stature, ni son air de piété ou de « folie mystique », on en vint à déclarer que Frémiet avait bafoué l’héroïne nationale[16]. On lui dit que sa Jeanne a l’air d’un gamin, ou même d’un gavroche [19]. Tant et si bien que Frémiet en vient à douter : il se dit que la place où elle est installée manque de dégagement, que Jeanne d’Arc ne peut lui appartenir donc que son image doit être conforme à ce qu’en attendent les Parisiens, même s’ils ont tort[19]. Le sculpteur décide alors de refaire une nouvelle Jeanne d’Arc, dont le corps passe de 1m73 à 1m96 et qui monte un cheval moins massif [19]. On peut voir la maquette de la première version au musée d’Orsay : les différences sont assez subtiles ! Frémiet fait donc fondre la deuxième version et la donne à Nancy. Il voudrait remplacer la première version par celle-ci mais ni l’Etat ni la Ville de Paris ne pourraient financer ce nouvel exemplaire[19]. Une importante commande arrive alors des Etats-Unis : Frémiet la réalise et consacre l’argent ainsi gagné à faire fondre, à ses propres frais, un nouvel exemplaire de la deuxième version, ce qui dut représenter une somme colossale pour le pauvre artiste qui n’était pas riche[19]. Il devient alors obsédé par la nécessité d’installer cette nouvelle Jeanne d’Arc à la place de l’ancienne, mais l’Administration s’opposerait à ces frais[19]. Il la garde donc en réserve. Or, en 1900, lors du creusement du métro sous la rue de Rivoli, le sol s’effondre un peu et Jeanne d’Arc s’incline un peu. Il faut l’enlever d’urgence et consolider ses fondations. Huit jours plus tard, la statue est réinstallée, en patine dorée[19]. Certains trouvent que cette nouvelle patine la changent un peu. Et pour cause : c’est la deuxième version qui, en toute discrétion, a été installée. La précédente est détruite. Frémiet ne veut pas que cela se sache et veut garder le secret jusqu’à sa mort[19]. Mais en 1905, le pot aux roses sera découvert[20],[4]. Le modèle en serait une certaine Valérie Laneau[4],[19]. Un bas-relief évoquant cette œuvre de profil orne le piédestal de sa statue par Gréber (1924) au Jardin des plantes de Paris (reproduit supra)[12],[7].L’Éléphant pris au piège est une commande de l’État pour l’Exposition universelle de 1878, ou elle est installé autour de la fontaine devant le Palais du Trocadéro[21].Le Chevalier errant est présenté hors concours au salon de 1878[22].


Le Gorille enlevant une négresse fut d'abord refusé au Salon de 1859, puis présenté derrière un rideau[17]. Nadar écrivit dans le Petit journal pour rire : « Voici mesdames et messieurs, le fameux gorille de M. Frémiet. Il emporte dans les bois une petite dame pour la manger. M. Frémiet n'ayant pu dire à quelle sauce, le jury a choisi ce prétexte pour refuser cette œuvre intéressante. »[23]. A l’issue de cette exposition, le groupe en plâtre fut entreposé dans un des ateliers de Frémiet. Un matin, il trouva son oeuvre en miettes, brisée à coups de pioche[15]. La veille, il avait eu une vive altercation avec des ouvriers travaillant dans le chantier voisin. La vengeance était évidente, mais Frémiet refusa de porter plainte, il vit là comme un avertissement, comme un signe que l’oeuvre n’était pas encore ce qu’elle devait être et qu’il fallait faire mieux[4]. 28 ans plus tard, Frémiet en proposa une nouvelle version : Gorille enlevant une femme, qui reçut une médaille d'honneur au Salon de la Société des artistes français de 1887[note 2], dont il fut membre jusqu'en 1908[24], mais ne fut pas agréée par le Muséum national d'histoire naturelle de Paris[12]. Cette œuvre, célèbre à son époque[note 3], fit scandale[note 4] : un épouvantable gorille blessé (la flèche a disparu de son épaule) enlève une femme nue qui se débat, suggérant un prochain viol[note 5] — acte dont un vrai gorille, femelle de surcroît, n'aurait pas la moindre idée[note 6]. Cependant, cette scène n'en a pas moins, selon Baudelaire « excité la curiosité priapique » du public[25]. On trouve dans sa postérité l'affiche Destroy this mad brute (1917), puis le film King Kong (1933) [26].

De la même veine est L'Orang-outang étranglant un sauvage de Bornéo (1895), commande de remplacement du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, inspirée par les récits d'Alfred Russel Wallace, rapportés avec beaucoup d'exagérations par The Times[27]. Cette fois l'animal est un mâle, comme le signalent ses excroissances faciales, mais néanmoins accompagné d'un petit (ce qui est l'apanage des femelles en réalité) et, en étranglant le « sauvage », il accomplit un acte aussi impossible, physiquement et éthologiquement, que le viol d'une femme par un gorille [7],[12]. Mais l'art opère et des générations de visiteurs du Muséum ont été horrifiés par la force émanant de l'œuvre, d'autant que les trois protagonistes sont condamnés : le chasseur humain est déjà mourant ou mort, mais l'orang-outang adulte a une entaille à l'abdomen par où ses intestins sortent, et un orang aussi jeune que le petit représenté n'a aucune chance de survivre seul[25],[12]. Pendant cette période, il exécuta aussi Pan et oursons (Paris, musée d'Orsay)[28].


Au milieu du XIXe siècle, un thème à la mode inspire Frémiet et d'autres artistes : celui de l'affrontement entre l'Homme et la Bête. Un fait divers rapporté par le journal Le Temps relatait que dans un village gabonais, un gorille égaré et furieux aurait enlevé et molesté une femme, après avoir détruit des cabanes, en 1880 [12]. Par ailleurs, les récits d'explorateurs comme Alfred Russel Wallace emplissaient les journaux d'articles et de gravures illustrant l'attaque d'un pisteur malais par un orang-outan. Ce thème inspira à Frémiet plusieurs œuvres majeures dont l’Orang-outang étranglant un sauvage de Bornéo[12],[7].

Artiste parmi les plus sollicités par l'État pour des commandes officielles, Frémiet réalisa en 1893 le Monument à Velázquez pour le jardin de la Colonnade du palais du Louvre à Paris[note 7],[29],[30] en 1897, la statue sommitale de Saint Michel terrassant le Dragon, d'inspiration néo-gothique, pour la flèche de l'abbatiale du Mont Saint-Michel[31],[note 8], ou en 1899 le Ferdinand de Lesseps du canal de Suez à Port-Saïd[18].Pour le Pont Alexandre III, il sculpte La Renommée des Arts et La Renommée des Sciences en 1899-1900 [9],[19],[15],[16],[17],[18]. Il obtient le Grand prix à l’Exposition universelle de 1900[13].
Avec Paul Sormani, Jean-Pierre Tahan ou Charles-Guillaume Diehl, il réalise des meubles , des horloges de parquet, et des objets décoratifs à motifs animaliers, comme des nécessaires, coffrets, boîtes à usage d'écritoire ou cave à liqueurs, boîtes d'allumettes, boîtes à bijoux, des gobelets, des encriers, ou des bougeoirs[9],[4],[19],[11].Il dessine des modèles de cartons de tapisserie pour la Manufacture des Gobelins[4],[9],[11],[19]. Il dessine des objets décoratifs, vaisselle et arts de la table pour les Manufacture nationale de Sèvres, la Cristallerie Baccarat, la cristallerie Saint-Louis[11],[9],[19],[4], la Faïence de Creil-Montereau, la Faïencerie de Gien, Émile Muller, Théodore Deck, la Manufacture Henri Ardant[9],[19],[4],[11], Émile Froment-Meurice, et Christofle [9],[11],[19], dont certains modèles sont inspirés de ses sculptures[11],[9],[19],[4]. Il est peintre , aquarelliste, pastelliste [9],[11],[19], graveur, lithographe [9],[11],[19], dessinateur des vitraux [9],[11],[19], dessinateur d’affiches pour des spectacles et pour des publicités [9],[11],[19], des décors et des costumes de théâtre et d’opéra notamment de l’opéra Jeanne d’Arc d’Auguste Mermet dont la première représentation a lieu à l’opéra de Paris le 5 avril 1876[9],[19],[11], illustrateur d’ouvrages notamment La Légende des Siècles de Victor Hugo publié par les éditions Hugues en 1885[4],[9],[11],[19].

Il succède à Antoine-Louis Barye comme professeur de dessin animalier au Muséum national d'histoire naturelle à Paris, où il transmet sa passion pour l'observation du monde animal. Il demande à ses élèves de dessiner des squelettes d'animaux ou les emmène faire du modelage devant les bêtes vivantes[12].Il est membre du Conseil supérieur des beaux-arts en 1875, inspecteur général de l’enseignement du dessin en 1882 et membre du Conseil supérieur de l'instruction publique en 1885[9].Il est président du comité des constructions et des beaux-arts de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale[9].Il est secrétaire (1855-1862), vice-président (1862-1870) puis président de la Société libre des beaux-arts de 1870 a 1885[13],[32].Il est président d’honneur de la Société des artistes français de sa création en 1881 jusqu’à son décès en 1910, où il expose jusqu'en 1908[13]. Artiste fécond, travailleur infatigable qui dès l'aurore, se tenait dans son atelier, il a sculpté quelques 20 statues équestres, 40 statues en marbre et bronze, et quelques 230 autres sculptures, de tous les sujets à la médaille en passant par les fresques, les monuments, les figurines historiques et les cachets[2]. Ses doigts habiles font naître tout un monde d'animaux et de statuettes gracieuses, élégantes qui racontent chacune un peu de l’Histoire de France avec beaucoup de pittoresque mais surtout un réalisme et un sens du détail historique remarquables [2].


Emmanuel Frémiet ne travaille pas dans le vide. Avant de se saisir de son ébauchoir, il constitue ses sources et fréquente assidûment les bibliothèques[2],[9],[19], [3],[4],[15],[16],[17],[18]. Emmanuel Frémiet supervise la fonte de ses bronzes. Il utilise une technique encore assez peu répandue, la technique de la cire perdue[33],[17],[2],[15],[16],[18]. Cette technique offre des bronzes d’une grande qualité [15],[16],[17],[18]. Face au succès remporté par ses sculptures, Emmanuel Frémiet s’associe avec un petit bronzier, installé non loin de chez lui, Charles More, avec qui il travaille pendant plus de 30 ans[17],[15],[16],[18]. Il lui arrive également de travailler avec les fondeurs Victor Thiébaut, Antoine Durenne et Eugène Gonon[17],[15],[16],[18]. Il édite ainsi lui-même ses œuvres en bronze. Pour les écouler, il ouvre boutique, au 42 de la rue du Temple, à Paris, que tient sa femme, Marie-Adélaïde Ricourt (1837-1915)[17],[15],[16],[18].Ses statuettes d'édition, reproductions en bronze par la Maison Barbedienne de ses œuvres monumentales, ont connu un beau succès commercial et ont assuré à l'artiste un confortable revenu [3],[4],[15],[16],[17],[18]. Certaines sont toujours reproduites industriellement de nos jours : 'le Saint Michel terrassant le Dragon[17],[15],[16],[18].
Vie privée
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Frémiet souffre d'un complexe d'infériorité sociale.De haute taille, un peu maigre, un visage calme et peu mobile, toujours impeccablement vêtu, d’une réserve à la limite de l’austérité, Emmanuel Frémiet cultive la discrétion et la modestie ainsi qu’une grande discipline morale. Il est la simplicité même. L’œil pétillant derrière son monocle puis à mesure que passe le temps, derrière ses lunettes à la Chardin, il est plein d’esprit et de malicieuse bonté.Le contraire de cabotin, il ne se livre jamais au public autrement qu’au travers de ses œuvres. Pas de bavardages, juste un travail considérable produisant de magnifiques sculptures. Gustave Larroumet, historien d’art qui le fréquente à l’Institut dit de lui que, « le premier abord est plutôt froid, et sa parole ne va pas au-devant de la curiosité ; très poli, il risque de laisser, à qui le connaît peu, l’impression d’un timide et d’un silencieux. Cette réserve n’est que respect de soi-même : lorsqu’elle n’a pas lieu de s’exercer, dans l’intimité confraternelle par exemple, elle fait place à une courtoisie confiante. Alors il répond volontiers, si on l’interroge, et il raconte sa vie avec un tour savoureux d’ironie bienveillante et de modestie tranquille. »[3],[34].
Emmanuel Frémiet rencontre Marie-Adélaïde Ricourt (1837-1915), qui a 16 ans. Quinze jours après leur première rencontre, les jeunes gens se fiancent. Ils se marieront en avril 1854[3]. Emmanuel Frémiet trouva là une remarquable épouse, intelligente, sensible, qui lui fut d’une grande aide[4]. Son atelier et son domicile fut établi successivement à Louveciennes, dans la Rue Frochot, au 70 Rue de la Tour[9], avant de s’installer au 43, boulevard de Beauséjour (16e arrondissement de Paris)[35]. Marie et Emmanuel Frémiet ont deux filles, Marie (1856-1926) et Emma (1858-1940)[4]. Marie épouse, en 1883, le compositeur Gabriel Fauré[4],[35]. Elle est modèle pour son père[36] avant de devenir peintre et sculptrice[19]. Elle est la mère du zoologue Emmanuel Fauré-Frémiet.Sa fille cadette Emma, se marie avec l'un des ingénieurs du Canal de Suez, Paul Levasseur[4].Frémiet meurt à son domicile, dans le même arrondissement, le puis est enterré au cimetière de Passy (15e division)[37],[38]. Gabriel Fauré repose à ses côtés depuis 1924.
Œuvres
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Il existe deux catalogues:
- Jacques de Biez E. Frémiet, préface de Frédéric Masson, Paris, Jouve, 1910, prix Charles-Blanc de l’Académie française en 1912.Le catalogne complet est une annexe de la biographie.
- Catherine Chevillot, Emmanuel Fremiet, 1824-1910 : la main et le multiple (cat. expo., Dijon, musée des Beaux-arts, - ; Grenoble, musée de Grenoble, -), Dijon-Quetigny, musée des Beaux-Arts de Dijon ; musée de Grenoble, 1988, 215 p. (OCLC 462015174).c’est le catalogue le plus complet de l’œuvre d’Emmanuel Frémiet car il n’existe pas de catalogue raisonné.
Liste non exhaustive, par ordre de création:
- Gazelle d'Alger, 1843
- Chien, 1846
- Dromadaire, 1847
- Chatte et ses petits, 1848
- Chien blessé, 1848
- Deux bassets ou Chiens bassets 1848
- Renard d'Égypte, 1848
- Matador, 1849
- Chameau à deux bosses, 1849
- Héron, 1849
- Marabout tenant un caïman entre ses pattes, vers 1850, paire, musée des Beaux-Arts de Dijon[39].
- Famille de chats, 1849, marbre
- Chien blessé, 1849, bronze
- Poule cochinchinoise, 1850
- Marabouts, 1850
- Combat d'ourse et d'homme, 1850
- Six ou huit animaux grandeur naturelle : chiens, chats, poulets, 1850
- Au voleur ! 1852
- Cheval de Montfaucon ou Cheval à l'abattoir, 1852, bronze. Initialement commandée pour la décoration de la cour d'honneur de l'École nationale vétérinaire d'Alfort, orne la cour d'honneur de l'École nationale vétérinaire de Toulouse depuis avril 1889[40],[41].
- Plésiosaurus, 1852, bronze, commande pour le Jardin des Plantes
- Cheval blessé (à l'abattoir), 1853
- Chiens bassets (Ravageot et Ravageole), bronze pour le château de Compiègne
- portait de Napoléon III, 1853
- chapiteaux de la salle du manège, palais du Louvre, 1854
- Chevaux de halage, 1855
- Chatte et ses petits (au coussin), 1855
- bas-reliefs pour le nouveau Louvre, 1857
- chapiteaux pour le nouveau Louvre, 1858
- Mouton, 1858 ?, bronze, musée des Beaux-arts de Dijon
- Cheval de troupe, Cheval au piquet, Cheval arabe, Cheval au saltimbanque, Cheval de chasse, Cheval au corbeau, 1859
- Gorille enlevant une négresse, 1859, plâtre détruit en 1861 (première version)
- Centaure et ourson, 1861, pour le château de Meudon
- Chat de deux mois, 1861
- Chef gaulois ou Cavalier gaulois, 1862-63
- Pan et oursons, 1864 plâtre, 1867 marbre, Paris, muséum national d'histoire naturelle.
- Cavalier arabe, 1865
- Cavalier romain, 1865-67, commande, château de Saint-Germain-en-Laye
- Neptune métamorphosé en cheval, 1866-68, commande
- Napoléon Ier, 1866, statue équestre érigée le à Grenoble, puis transférée à la prairie de la Rencontre à Laffrey[42].
- buste de Napoléon III, 1867
- Triomphe de Mérovée, 1867
- Lions, 1868, Louvre
- Louis d'Orléans, 1868-70, statue équestre en bronze, château de Pierrefonds
- Deux Lions, pour le Carrousel
- Griffon fantastique ou Chimère (L'Aigle, Le Lézard, Le Bœuf et Le Marabout)., 1869, château de Pierrefonds
- Aigles, 1869, bas-reliefs pour les Tuileries
- Chevaux marins, 1869-70
- Homme de l'âge de pierre, 1871-72
- Buste colossal de la guerre, 1872
- Fauconnier, 1873
- Damoiselle, 1873
- Le Cerf et l’ours, Le Cheval et la lionne, L'Autruche et le serpent, Le Pélican et le poisson, 1872, groupes de bronze réalisés à la fonderie d'Antoine Durenne, parc de l'ancien château Neudeck, en Silésie (royaume de Prusse), (actuellement Świerklaniec, en Pologne).
- Jeanne d'Arc, 1874, statue équestre en bronze doré, Paris, place des Pyramides. D'autres exemplaires à Castres, Compiègne, Lille (1912), Mirecourt, Nancy (1889)[43], Saint-Étienne[note 9], Melbourne (Australie), La Nouvelle-Orléans (États-Unis)[note 10],[44], Philadelphie (États-Unis), Portland (États-Unis).
- Saint-Grégoire de Tours, 1874-1875, 1878 en marbre, cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d'Arras (originellement destinée à l'église Sainte-Geneviève de Paris)
- Jeanne d'Arc à genoux, 1875
- Ménestrel, 1875
- Cocher romain, 1875
- Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, Paris, jardin de l'Observatoire, place Camille-Jullian. Œuvre de Jean-Baptiste Carpeaux, qui réalisa le groupe des quatre personnages soutenant globe. Frémiet complète l'œuvre après la mort de Carpeaux, en 1875, en réalisant les huit chevaux, les dauphins et les tortues du bassin.
- Rétiaire et gorille, 1876, terre cuite
- Dame de la cour (buste), 1876
- Jaguar et gorille, 1876
- zouave pontifical, 1877
- Éléphant pris au piège, 1877-1878, fonte grandeur nature réalisée pour l'Exposition universelle de 1878, par la fonderie Durenne, 222 × 360 × 312 cm, Paris, Jardins du Trocadéro, puis musée d'Orsay[45].
- Le Chevalier errant, 1878, statue équestre en plâtre, 323 × 140 × 265 cm, palais des Beaux-Arts de Lille.
- Shéhérazade, 1878
- Saint Michel, 1879 statuette en bronze
- Nègre et jeune éléphant, 1879
- Muletier espagnol, 1879
- Duellistes Charles IX, 1879
- Buste de Charles V, 1879-82, marbre
- Hommage à Corneille, 1880
- Astronomie, 1880
- Étienne le Grand, 1880-82, Jassy (Roumanie)
- Porte-falot pour l'Hôtel de ville de Paris, 1880 -83
- Le Grand Condé, 1881
- Miss Jenny (tombeau pour un petit chien), 1881
- Cheval primé, 1881
- Étienne Marcel, 1882-83
- Nègre charmeur de serpent, 1883
- Marabout et loutre, pour l'hôtel de Cassin, 1883
- groupes en plâtre pour la cascade du Trocadéro, 1883
- Échevin, 1884
- Ours blanc, 1884, marbre
- Lion, 1884, marbre
- médaille de M. Rattier, 1884
- Ourse étouffant un homme ou Le Dénicheur d'ourson, 1884-85, bronze, jardin des plantes de Paris[46].
- Serpent, 1885
- Singe et papillon, 1885
- Ours massier pour l'hôtel Dieulafoy, 1885
- Chevaux de course, 1885
- Pur-sang, 1885
- Chiens assis, 1886
- Lévriers, 1886
- Gorille enlevant une négresse ou Gorille enlevant une femme, 1887, plâtre (deuxième version)
- Saint Louis, 1888
- Incroyable, 1888
- L'aïeul, 1888
- Chevalier "Credo", 1889
- Char romain, 1889
- Basset et chat, 1889
- Têtes de taureaux, 1889
- Velasquez, 1890
- Âne du Caire, 1890
- Pélican gastronome pour l'hôtel Dervillé, 1890
- Saint-Georges, 1891 statuette, 1900 grand modèle
- Alguazil, 1891
- Olivier de Clisson, 1892, haut-relief équestre en plâtre au château de Josselin. Une copie est conservée au château de Suscinio (Bretagne).
- Chasseur attaqué par les orang-outangs, ou Orang-outang et sauvage de Bornéo, 1893-95, bronze, jardin des plantes de Paris.
- La Saint-Hubert, 1892
- Isabeau de Bavière, 1892
- Jeanne d'Arc à Domrémy, 1893
- "Au secours !" (oisillon au nid menacé par un chat), 1893
- Meissonier, 1894 plâtre, 1896 bronze
- Loup pris au piège, 1894
- Monument de Raffet, 1896
- Chat voleur, 1896
- Chasseur d'oursons (bas-relief), 1897
- Poule aux œufs d'or, 1897
- Colimaçons et bêtes fantastiques, Le Singe et l'escargot, biscuit de la Manufacture du Sèvres, patiné ocre, 1896, 15 × 26 × 15 cm, Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin.
- Saint Michel terrassant le Dragon, 1897, statue sommitale en bronze doré sur la flèche de l'abbatiale du Mont Saint-Michel[47]. Une réplique de cette statue se trouve au sommet du clocher de l'église Saint-Michel des Batignolles à Paris[48]. L'exemplaire personnel qu'Emmanuel Fremiet conservait dans son atelier fait aujourd'hui partie des collections du musée d'Orsay à Paris.
- Maternité, 1898
- Serpent offrant une pomme à un masque, 1898
- Tombeau de Mme Dru, 1898
- Ferdinand de Lesseps, 1899, Port-Saïd. La statue en bronze est déplacée à Port-Fouad en 1956[49].
- Lynx (1898) et candélabres (vers 1900) de l'ancien pont de Suresnes. Pont détruit en 1950-1951[50].
- Chevaux ailés du pont Alexandre III, 1899-1900, bronze, Paris (La Renommée des Sciences et La renommée des Arts)
- Singe aux bulles de savon, 1899
- Louis XIII enfant, 1900 statuette équestre
- Lévrier de Diane, 1900
- Centaure, 1900
- L'amour fustigeant un paon ou L'amour fustigeant le paon de Junon, 1900
- Char de Minerve, 1900
- Char de Diane, 1900
- Buste de Gabriel Fauré, 1901
- Grenouille implorant la pluie pour l'hôtel Dervillé, 1901
- Du Guesclin, 1902, statue équestre en bronze érigée à Dinan[51], Bretagne
- Colonel Howard, 1903
- François Ier, 1904
- Ravachol et Chauchard (hôtel Dervillé), 1903
- Tombeau de M. Dru, 1905
- Le prince d'Aremberg, 1906
- François Rude, 1906 plâtre, 1907 bronze
- Napoléon Ier, (2 statuettes) 1908
- Deux gloires pour la place du Carrousel, 1908, refusées, dont une, La Victoire, fait finalement partie du monument aux morts de Calvi en 1922, à la suite de démarches entreprises par Adolphe Landry, ministre de la Marine et député-maire de Calvi[52].
- Simón Bolívar à Bogota (Colombie), 1910. Une copie fut érigée sur place de l'Amérique-Latine à Paris en 1936. En 1980, pour le cent cinquantième anniversaire de la mort de Bolívar son monument fut transféré dans un lieu plus prestigieux, à côté du pont Alexandre III, au bord de la Seine, sur la promenade du cours la Reine.
- Un faune charmeur d'oursons, 1910
- Une nymphe, 1910
- Coq en maraude, Périgueux, musée d'Art et d'Archéologie du Périgord.
- Œuvres d'Emmanuel Frémiet
- Gorille enlevant une négresse (Salon de 1859)[53].
- le Chasseur d’ours à l’âge de pierre, galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris[55].
- L'Ourse blessée, vers 1850, New-York, Metropolitan Museum of Art[57].
- Gorille terrassant un Gladiateur, Victoria and Albert Museum[58].
- Cheval de Montfaucon (1852), École nationale vétérinaire de Toulouse.
- Chevaux de halage, musée de la batellerie et des voies navigables, Conflans-Sainte-Honorine.
- les Chevaux marins avec la signature sur le sabot de la fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, Paris[63].
- Tortue dans la fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, Paris[63].
- Dauphins dans la Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, Paris[63].
- Statue d'un monstre fantastique, mélange entre pélican et crapaud, Chateau de Pierrefonds[64].
- Statue d'un monstre fantastique dite du bœuf ailé Chateau de Pierrefonds[65].
- Le Pélican gastronome, Paris, Petit Palais[67].
- Cheval, musée des beaux-arts de Carcassonne.
- L'Homme de l'âge de pierre (1875), Paris, musée de l'Homme.
- Credo, Paris, Musée d’Orsay[68].
- George Washington couronnée par le victoire musée franco-américain du château de Blérancourt.
- Sainte Jeanne d’Arc Cleveland Museum of Art, modèle de la Statue équestre de la Place des Pyramides de 1874
- Jeanne d’arc a genoux, avec sa signature en bas à droite, Paris, Petit Palais[69].Elle sera produite en biscuit par la Manufacture nationale de Sèvres, qui l’inscrit dans son catalogue entre 1898 et 1942[70].
- Portrait de jeune femme, Paris, musée Carnavalet[71].
- Zouave de la ligne assis au cours d'une halte Musée d'Art et d'Archéologie de Valence
- Zouave de la Garde, musée des Beaux-Arts de Carcassonne.
- Cosaque, musée des Beaux-Arts de Carcassonne.
- Statuette équestre de Napoléon en réduction de celle de Laffrey, musée de Grenoble.
- Chef gaulois, musée des beaux-arts de Lons-le-Saunier.
- Cavalier romain, château de Saint-Germain-en-Laye.
- Maternité, localisation inconnue.
- Monument d’Ernest Meissonier à Poissy en 1894, fondue par les Allemands pendant l’Occupation.
- Monument à Louis 1er d'Orléans (1869), château de Pierrefonds.
- Statue équestre du colonel John eager Howard (1904), Baltimore, États-Unis.
- Statue équestre de Diego Velázquez à la Casa de Velázquez (1890), Madrid.
- Statue équestre de Simón Bolívar, Paris.
- La statue équestre de Napoléon à Laffrey.
- Monument à Du Guesclin (1902), Dinan.
- Statue équestre d’Olivier de Clisson dans la salle à manger du château de Josselin.
- Statue de François Rude contemplant une esquisse de Le Départ des volontaires de 1792. Cour de l'École nationale supérieure d'art de Dijon (Côte d'Or, Bourgogne, France).
- Monument à Ferdinand de Lesseps (1899), Port Saïd, déboulonnée au moment de la Crise de Suez, le 24 décembre 1956, puis placée sur l'un des quais du chantier naval de Port-Fouad, au débouché du Canal dans la Méditerranée, en 1987.
- Monument aux morts de La Verpillière
- Monument aux morts de Calvi
- La Renommée des Arts, Pont Alexandre III, 1899-1900, Paris.
- Médaillier Le Triomphe de Mérovée de Charles-Guillaume Diehl, Jean Brandely et d’Emmanuel Frémiet. Matériaux : cèdre , noyer , ébène , ivoire , chêne , bronze , cuivre , ébénisterie , orfèvrerie , argenté , alliage , bois résineux , bois feuillu , bois , métal , bois exotique , marqueterie. Le bas-relief central représente Mérovée sur son char, vainqueur d'Attila, à Châlon-sur-Marne (1867), Paris, musée d’Orsay[76].
- Boîte à cigares de Charles-Guillaume Diehl, Jean Brandely et d’Emmanuel Frémiet, en noyer, cèdre et bronze argenté .Elle est trapézoïdale, ornée sur ses quatre faces de motifs en métal argenté représentant des dragons, des serpents et des salamandres. Le bord inférieur s'élargit et présente des cercles aux angles, ainsi qu'une monture argentée. Le couvercle est orné de détails argentés festonnés qui se prolongent sur le dessus. Au centre se trouve un bouton en forme de têtes d'animaux. (1867), Rijksmuseum, Amsterdam[77].
- Coffret aux profils de la famille impériale offert par Napoléon III à la Princesse Mathilde par Charles-Guillaume Diehl et Emmanuel Frémiet (1867), Château de Compiègne
- Animal fantastique dessiné par Emmanuel Fremiet réalisé en terre cuite émaillée par Émile Muller, château de Pierrefonds.
- Lézard dessiné par Emmanuel Frémiet réalisé en grès émaillée par Émile Muller (1887), New York, Metropolitan Museum of Art[78].
- Médaille Paul Rattier, Paris, Petit Palais[79].
- Médaille de la statue équestre de Jeanne d’arc, Paris, musée Carnavalet[80].
- Médaille de la statue équestre de Jeanne d’Arc, Paris, musée Carnavalet[81].
- Maquette du costume du roi Charles VII, pour l’Opéra Jeanne d’Arc créé le 5 avril 1876 à l’Opéra de Paris, Paris, Bibliothèque nationale de France[82],[83].
- Le Héron mort, aquarelle, Paris, Petit Palais[84].
- Illustration pour le poème L'Aigle du casque issu de La Légende des Siècles de Victor Hugo, gouache et fusain, Hauteville House[85].
- Relais des Messageries Caillard, 136 Rue Saint-Honoré , Paris, crayon graphite, Paris, Petit Palais[86].
- Jeanne d’Arc à cheval, Plume et encre noire, lavis et rehauts de blanc (1889), Cleveland, Cleveland Museum of Art[87].
- Étude de Lionne, pierre noire, Paris,Petit Palais[88].
- Études de chien dormant, crayon graphite , Paris, Petit Palais[89].
Le parc de l'ancien château Neudeck (Świerklaniec, Pologne)
modifierDes œuvres d'Emmanuel Fremiet sont conservées dans le parc de l'ancien château Neudeck, en Silésie, (actuellement Świerklaniec, en Pologne). Le château a été achevé en 1875, brûlé en 1945, détruit en 1961 puis rasé en 1962[90].
Outre le jardin, le bassin, la fontaine des Trois Grâces (Trzy Gracje), et un mât, seules subsistent les statues d'Emmanuel Fremiet dans le parc, ainsi que quelques sculptures de l’atelier du sculpteur allemand Theodor Kalide (en)[91].
Esther Lachmann (dite la Païva), épouse du comte allemand Guido Henckel von Donnersmarck, commanda à Frémiet par l’intermédiaire d'Hector Lefuel, l'architecte du château, quatre groupes de sculptures animalières de grande taille : Le Cerf et l’Ours, Le Cheval et la Lionne, L'Autruche et le Serpent, Le Pélican et le Poisson. Les bronzes furent réalisés en 1872 en France à la fonderie Antoine Durenne.
Fremiet ne fit pas le voyage en Silésie pour superviser l’installation ; les éléments de la fontaine ainsi que le mât ont été restaurés et redorés[92],[93].
- Œuvres d'Emmanuel Fremiet dans le parc à Świerklaniec, Pologne
- Le parc de l'ancien château Neudeck, à Świerklaniec (Pologne).
- Le Cerf et l'ours.
- Le Cheval et la lionne.
- Le Cheval et la lionne.
- L'Autruche et le serpent.
- Le Pélican et le poisson.
- La fontaine des Trois Grâces.
- Chimère, détail de la fontaine.
Élèves
modifier- Marthe Abran (1867-1908)
- Maurice Boudot-Lamotte (1878-1958)
- Louis Albert Carvin (1875-1951)
- Léon Gambey (1883-1914)
- Georges Gardet (1863-1939)
- Henri-Léon Gréber (1854-1941)
- Léonie Halévy (1820-1884)
- Prosper Lecourtier (1851-1924)
- Édouard Paul Mérite (1867-1941)
- Émile Perrault-Harry (1878-1938)
- Pierre-Nicolas Tourgueneff (1853-1912)
- Jeanne Roques dite Musidora (1889-1957)[94]
- Charles Valton (1851-1918)
- Alexandre Vibert (1847-1909)
Distinctions
modifierAcadémies
modifier- Élu membre de l'Académie des beaux-arts le , dans la section sculpture , au fauteuil de Jean-Marie Bonnassieux, dont il est président en 1898[13].
- Il est Membre de l’Académie royale des beaux-arts Saint-Ferdinand[13].
- Il est Membre de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique[13].
- Il est Membre de l’Académie royale des arts de Berlin[13].
- Il est Membre de l’Académie royale suédoise des Beaux-Arts[13].
- Il est Membre de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers[13].
- Il est Membre de l’Académie américaine des arts et des sciences[13].
- Il est Membre de la Royal Academy of Arts[13].
- Il est Membre honoraire de l'Académie des beaux-arts de Pennsylvanie[13].
- Il est Membre de la Société des artistes belges[13].
Décorations
modifierFrançaises
modifier
Grand officier de la Légion d'honneur (16 aout 1900), commandeur (1896), officier (1878), chevalier (1860)[1],[95].
Officier de l'Instruction publique[13].
Étrangères
modifier- Ordre royal de Victoria (Royaume-Uni)[13].
- Commandeur de l'ordre de Saint-Vladimir (Russie)[13].
- Commandeur de l'ordre de Sainte-Catherine (Russie)[13].
Commandeur de l'ordre de Saint Stanislas (Russie)[13].- Commandeur de Commandeur de l'ordre de François-Joseph d'Autriche[13].
Officier de l'ordre de Léopold (Belgique) ()[96].
Grand officier de l'ordre de la Couronne d'Italie[13].
Commandeur de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (Italie) (Italie)[13].- Grand-Croix de l’Ordre d'Alphonse XII (Espagne)[13].
Commandeur de l'ordre royal d'Isabelle la Catholique (Espagne) par Alphonse XII d'Espagne[13].- Officier de l'ordre de Saint Jacques de l'Épée (Portugal)[13].
- Ordre de l'Aigle rouge[13].
Pour le Mérite[13].- Officier de l’Ordre de la Couronne (Roumanie)[13].
Commandeur de l'ordre de Saint Michel (Bavière)[13].- croix du Mérite de Saxe-Cobourg-Gotha pour les Arts et les Sciences[13].
Hommages
modifier
Il existe des voies publiques et des établissements scolaires portant son nom, notamment[97] à Perpignan, Biscarrosse, Élancourt, Olivet, Barentin, Louveciennes et Paris (avenue Frémiet).
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ « Notice d'autorité de la Bibliothèque nationale de France », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
- ↑ « . Cette sculpture obtient la médaille d'honneur, la plus haute distinction, au Salon de 1887, sous le titre Gorille-groupe plâtre - Troglodytes Gorilla (sav.)- du Gabon », cité dans Visiter l'exposition avec une classe, p. 11.
- ↑ « En 1859, il fait scandale avec son Gorille emportant une négresse, exposé, grâce à l’appui de Nieuwerkerke, derrière un rideau, ce qui lui assura une célébrité immédiate. », cité in Jean-Charles Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours.
- ↑ « Soulevé dans une réprobation unanime, le Jury déclara sérieusement qu’une telle œuvre offensait les mœurs, et il l’exclut sans pitié du salon. », cité in Jean-Charles Hachet, op. cit.
- ↑ C'est l'avis de Charles Baudelaire « pour qui ce viol annoncé est indigne du talent de sculpteur », cité dans Albert Ducros, Jaqueline Ducros, Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, Volume 4, no 4-3-4, 1992, p. 270.
- ↑ « Ce gorille étouffant dans ses bras herculéens une négresse frêle et délicate donna très vite aux juges trop pressés l'idée d'une scène de luxure épouvantable. L'artiste avait cependant insisté, pour que nul n'en ignore, sur le caractère anthropophage de ces troglodytes du Gabon ; et les apparences étaient sauves, puisque le monstre était femelle », cité in L'Artiste, Revue de l'art contemporain, n°[?], 1893[réf. incomplète].
- ↑ Déposé à la Casa de Velázquez à Madrid au début des années 1930, détruit pendant la guerre civile espagnole, remplacé par une nouvelle fonte en 1959.
- ↑ À la demande de l’architecte en chef des monuments historiques Victor Petitgrand.
- ↑ Inaugurée le , la statue était accompagnée de deux petits pages en bronze qui ont été envoyés à la fonte sous le régime de Vichy.
- ↑ Copie exacte de la statue de la place des Pyramides à Paris, et a été envoyée en 1958, comme cadeau de la France à la ville. Celle-ci n'ayant pas les moyens financiers de l'ériger (35 000 $), la statue a été entreposée pendant huit ans. Dès 1960, Charles de Gaulle commença à chercher des financements privés, cependant, son installation n'a pu se réaliser qu'en 1972. La statue a été dorée en 1985, puis déplacée en 1999, place de la France, située près de la rue Decatur à côté du Marché français, où elle se trouve actuellement, et symbolise l'héritage français de la Nouvelle-Orléans
- ↑ Gorille enlevant une femme (1887). Analyse de l'œuvre par le musée des Beaux-Arts de Nantes : « Son Gorille enlevant une femme fit scandale au Salon de 1859. Refusé par le jury, le groupe est présenté derrière un rideau, accroissant l'intérêt du public. La parution de L'Origine des Espèces de Darwin en 1859, fit passer le sculpteur pour un adepte de l'évolutionnisme. Toutefois, l'œuvre fut détruite quelques années plus tard. En 1887, Frémiet exposa au Salon ce Gorille — groupe plâtre — Troglodytes Gorilla (sav.) du Gabon, qui fut un grand succès : il reçut la médaille d'honneur. En plaçant son œuvre dans un contexte scientifique, Frémiet créa une composition dynamique d'un grand vérisme et d'une forte connotation érotique qui inspira le film King Kong (1933) »
Références
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Voir aussi
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Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Académie des beaux-arts
- Art Institute of Chicago
- Art UK
- Artists of the World Online
- Bénézit
- Bridgeman Art Library
- British Museum
- Grove Art Online
- Kunstindeks Danmark
- Mapping Sculpture
- Musée d'Orsay
- Musée national du Victoria
- National Gallery of Art
- Nationalmuseum
- RKDartists
- Royal Academy of Arts
- Union List of Artist Names
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Emmanuel Frémiet », dans la base Joconde.
- (en) « Emmanuel Frémiet », dans Artcyclopedia.
- « Emmanuel Frémiet », sur anosgrandshommes.musee-Orsay.fr (consulté le )
- (en) « Emmanuel Frémiet », sur bronze-gallery.com (consulté le )