Famille Mzali
La famille Mzali (arabe : أهل مزالي) est une famille tunisienne dont les membres ont servi dans la magistrature, l'armée et l'administration, et qui a joué un rôle dans l'histoire contemporaine de la Tunisie. Établie à Monastir depuis la fin du XVIIe siècle, elle s'est progressivement intégrée au makhzen — l'appareil de l'État beylical — par l'illustration militaire, les charges caïdales et une politique d'alliances matrimoniales avec les grandes familles du Sahel et de Tunis[1].
Étymologie
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D'après Mohamed Salah Mzali, dans son autobiographie Au fil de ma vie, la famille serait « de race berbère et d'origine marocaine » et viendrait de l'Oued Souss, « berceau des Aït Mzal », où elle aurait fait souche à Monastir « deux siècles avant que [son] père y naquît »[2]. Le terme aït (ⴰⵜ) désigne la filiation en amazigh ; quant à Mzal (ⵎⵣⴰⵍ), le Dictionnaire des noms de famille du Maroc, le glose « le forgeron » en chleuh[3], tandis qu'Elyès Jouini le rattache à la racine msl/mzl (« façonner, pétrir, lutter, combattre »), faisant du Mzali « le combattant » ou « le façonneur »[4]. Cette même racine se retrouve dans le patronyme Tamzali, que portent notamment Haydée Tamzali et Wassyla Tamzali[4].
Origines et histoire
modifierOrigine berbère et ascendance hafside
modifierSelon Elyès Jouini, le patronyme renverrait à la tribu berbère des Aït Mzal, originaire du Souss, et pourrait être apparenté au royaume antique des Mezala — associés aux Massyles et aux Massæsyles mentionnés par les auteurs romains. Cette origine serait également à rapprocher de formes onomastiques voisines telles que Massali, Messali, Tamzali ou Souli, toutes susceptibles de dériver de la racine msl/mzl, que l'on retrouverait notamment dans le nom des rois numides Hiempsal, considérés comme des descendants de Massinissa[4].
La première mention d'un Mzali dans l'histoire de la Tunisie serait liée à la dynastie hafside. Son fondateur, Abou Hafs Omar al-Hintati, portait initialement le nom berbère de Faska u-Mzal Inti, avant qu'Ibn Toumert ne lui attribue le nom arabe d'Omar. D'abord membre du Conseil des Dix almohade, Abou Hafs devint l'ancêtre de la dynastie qui gouverna l'Ifriqiya de 1207 à 1574. Ses descendants adoptèrent toutefois le nom de Hafsiyine, abandonnant progressivement la référence à Mzal[5].
Les chroniqueurs mentionnent également un imam Mzali établi à Kairouan vers le XIIIe siècle, auteur d'un ouvrage de piété. Cette présence ancienne témoigne des liens religieux et intellectuels qui reliaient alors Fès, Kairouan et Monastir. Certaines branches de ces lignées auraient par la suite regagné le Maroc, à l'image de Sidi Ali El Mzali, réputé pour ses soins contre la coqueluche et dont le mausolée se trouve à Fès[5]. Le site homonyme de Sidi Ali Mzali, dans la médina de Fès, s'étend sur le versant reliant la mosquée de Bab Guissa (en) aux Tombeaux mérinides (en) : un texte de 1936 de l'écrivain Charles Sallefranque (1896-1973), alors professeur au collège Moulay Idriss de Fès[6], en évoque le petit cimetière et la vue qu'il ménage sur la ville[7].
Implantation à Monastir
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Selon la tradition rapportée par Mohamed Mzali, l'ancêtre de la famille se serait arrêté à Monastir au retour du pèlerinage vers 1670 avant de s'y établir, tradition qu'il rattache au mausolée de Sidi Ali Mzali, à Fès, qu'il visita lors du premier sommet arabe de la ville[8]. La lignée monastirienne proprement dite est en revanche attestée et documentée depuis le milieu du XVIIe siècle : un arbre généalogique remontant à ce premier ancêtre a été établi par Mohamed Salah Mzali (homonyme de l'ancêtre) puis complété par son gendre Sadok Mzali, à partir de la transmission orale et des nombreux actes de notaires que compte la famille[9]. L'ancêtre en est le cheikh Mohamed « Chékir » Mzali, surnommé ainsi en raison de son teint clair et de ses cheveux blonds (achqar, أشقر). Né aux alentours de 1670 — un siècle après la fin de la dynastie hafside —, il voit le jour en pleine guerre civile, celle qui oppose les fils de Mourad II Bey et que marque l'intervention du dey d'Alger[9].
Arbre généalogique simplifié
modifierFiliation principale d'après les planches généalogiques d'Elyès Jouini ; les dates approximatives sont précédées de « v. » et le symbole ⚭ signale une alliance.[9],[10],[11]
| Cheikh Mohamed « Chékir » Mzali (v. 1670) | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Haj Mohamed Chékir Mzali († 1774) | Ahmed Badr Mzali († 1784) | Ali dit Meftah Mzali | |||||||||||||||||||||||||||||||
| Cheikh Mohamed Mzali mufti (v. 1735-1819) | Talha Mzali | Haj Hamouda Badr Mzali († 1841) | |||||||||||||||||||||||||||||||
| Mohamed Mzali (v. 1817) | Salah Mzali (v. 1823-1884) | ||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hamouda Mzali (1834-1887) ⚭ Hannouna Nouira | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Mohamed Mzali (1869-1952), caïd ⚭ Mannana Sakka | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Mohamed Salah Mzali (1896-1984) | Hamouda Mzali (1902-1978) grand-père d'Elyès Jouini | ||||||||||||||||||||||||||||||||
| Réchid Mzali ⚭ Lily Djellouli | Béchir Mzali ⚭ Melika Sakkat | Hassan Mzali ⚭ Jaouida Annabi | |||||||||||||||||||||||||||||||
Deux filles de Chaabane Mzali, Zeineb et Rekaya, avaient épousé les frères Mohamed et Salah figurant ci-dessus ; par ses autres enfants, cette branche est en outre apparentée à plusieurs figures tunisiennes : Aïchoucha (grand-mère d'Abdelaziz El Aroui), Khadouja (grand-mère d'Habib Bourguiba) et Mahmoud (grand-père du Premier ministre Mohamed Mzali)[1].
Du notariat aux charges caïdales
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La famille compte plusieurs générations de notaires et de lettrés. Parmi les petits-enfants du cheikh Chékir figure son homonyme, le cheikh mufti Abou Abdallah Mohamed Mzali El Monastiri (v. 1735-1819), notaire, mufti et imam de la Grande Mosquée de Monastir ; l'un de ses fils, également notaire, émigra à La Mecque où il fit souche et mourut en 1841, son surnom d'al-'âlim (« le savant ») devenant le nom de la branche saoudienne El Alem[9]. La notabilité de ces premières générations se lit aussi dans leurs sépultures, plusieurs membres étant inhumés dans les principales zaouïas de Monastir : Ahmed Badr à celle de Sidi Jendoubi, le cheikh mufti et son fils Hadj Hamouda au mausolée de Sidi El Mazeri, et Salah Mzali à la zaouïa de Sidi Abdessalem Lahmar[9].
La profession de notaire (adl) conférait alors, selon l'historien Hassan El Annabi, une autorité juridique et une notabilité qui pouvaient prédisposer aux fonctions de magistrature[12]. L'arrière-arrière-grand-père de Mohamed Salah Mzali, Hadj Hamouda Badr Mzali (mort en 1841), petit-fils du cheikh Chékir et cousin du cheikh mufti, est notaire à Monastir, comme ses deux fils Mohamed (né vers 1817) et Salah (né vers 1823). Ces deux frères épousent deux filles de Chaabane Mzali, Zeineb et Rekaya (voir plus haut) ; c'est en hommage à cette fratrie — son grand-père Mohamed et son grand-oncle Salah — que le père de l'auteur, Mohamed Mzali, prénommera plus tard son fils aîné Mohamed-Salah[1],[9].
C'est Salah Mzali (vers 1823-1884) qui marque le passage de la famille vers le pouvoir d'État. Après des études à la Zitouna, il est notaire à Monastir puis à Tunis avant d'être de nouveau affecté à Monastir par décret beylical du 27 janvier 1857. Entre 1843 et 1857, il sert dans l'armée — la régence de Tunis participant alors à la guerre de Crimée (1853-1856) aux côtés de l'Empire ottoman — et atteint le grade de miralay (« colonel »)[N 1]. Il devient ensuite khalifa (vice-caïd) de Monastir en 1865, fonction relevant du grand caïdat du Sahel ; révoqué en 1870, il y est rétabli en 1878 et la conserve jusqu'à sa mort[13]. En 1881, lors de l'escale de l'escadre française à Monastir après le traité du Bardo, il obtient qu'aucune garnison ne soit installée dans la ville : le ribat ne sera occupé par les nouvelles autorités militaires qu'après sa mort, survenue au dernier trimestre de 1884[13]. Cette accession fait entrer la famille dans le makhzen et illustre le passage type, décrit par l'historien Khalifa Chater, du domaine militaire aux charges administratives caïdales[14]. Organisés selon un système d'« entreprise générale » où l'administrateur centralisait les clientèles d'approvisionnement, ces hauts postes constituaient en outre d'importantes sources de rentes[15]. À la fin du XIXe siècle, les Mzali comptent, avec les Sakka, parmi les familles les plus en vue de Monastir[13].
Alliances matrimoniales
modifierL'ancrage dans le makhzen se consolide, sur plusieurs générations, par des alliances avec d'autres lignages caïdaux. Hamouda Mzali (1834-1887)[N 2], fils de Mohamed, épouse Hannouna Nouira, petite-fille du caïd Hadj Houssine Nouira et issue de la principale famille caïdale de Monastir — les Nouira ayant, selon l'historienne Dalenda Larguèche, dominé le caïdat local de 1759 à 1817, cumulant trente-sept ans de charge avec vingt-sept caïds[11]. Son fils Mohamed (1869-1952), caïd à Djerba puis dans plusieurs provinces, épouse Mannana Sakka, fille du caïd Mohamed Sakka (1829-1897) : engagé volontaire en 1844 et devenu bimbachi (commandant) en 1855, celui-ci avait accompagné le général Osman à Constantinople pour la guerre de Crimée avant d'être fait caïd de Monastir ; comme les Mzali, les Sakka devaient leur entrée dans le makhzen à une ascension militaire préalable[10]. Mohamed Mzali fait ses premières armes auprès de son beau-frère Hassen Sakka avant d'être nommé caïd le . Veuf en 1944, il se remarie l'année suivante avec Bakhta Jouini, d'une famille caïdale rattachée à la confédération des Drids et petite-nièce des bach-agha de Tunis Ali et Ahmed Jouini[11].
À la génération suivante, les enfants de Mohamed Salah Mzali s'allient à de grandes familles tunisoises : son fils aîné Réchid épouse Lily Djellouli, fille du caïd Hassine, petite-fille du grand vizir Mohamed-Taïeb Djellouli (1915-1922) et arrière-petite-nièce du grand vizir M'hamed Djellouli ; Béchir, entré dans le corps caïdal comme khalifa stagiaire en 1943 à la demande du grand vizir M'hamed Chenik, épouse Melika Sakkat, fille d'Ali Sakkat, cheikh el-médina puis ministre de la Justice, et nièce du grand vizir Slaheddine Baccouche ; le benjamin, Hassan, épouse Jaouida Annabi, d'une famille tunisoise d'origine algérienne comptant le premier polytechnicien tunisien, Mohamed-Ali Annabi, et cousine germaine de Hédi Annabi (1943-2010), futur sous-secrétaire général des Nations unies. Mohamed Salah Mzali avait lui-même épousé sa cousine Nejia Sakka, dont le frère Taïeb devint inspecteur général des caïdats, surnommé « caïd des caïds »[11].
La permanence de ces familles dans le corps caïdal ressort de l'analyse des vingt-trois caïds en poste en 1923-1924, dont trois monastiriens — Sakka, Haddad et Mzali : après Tunis, Monastir était alors la ville la mieux représentée[11]. Selon Jouini, l'appartenance au makhzen ne se transmet pas par la naissance : seul l'exercice continu d'une charge permet de s'y maintenir. Le caïd choisissait ses collaborateurs parmi ses proches, les associant comme secrétaires-interprètes puis khalifa avant qu'ils ne soient eux-mêmes nommés caïds ; ainsi Mohamed Mzali (1869-1952) débute-t-il comme khalifa sous le caïdat de ses beaux-frères Sakka avant d'accéder lui-même à la charge[1]. L'historien Mehdi Jerad note par ailleurs que les Nouira contractaient des alliances avec des familles monastiriennes comme les Mzali et les Snoussi[16].
Ces alliances éclairent les liens de la famille avec plusieurs figures tunisiennes. Khadouja, fille de Chaabane Mzali, est la grand-mère du futur président Habib Bourguiba et l'arrière-grand-mère de Hédi Khefacha, futur ministre de l'Intérieur ; sa sœur Aïchoucha est la grand-mère du journaliste Abdelaziz El Aroui ; et leur frère Mahmoud est le grand-père du futur Premier ministre Mohamed Mzali[1].
Une généalogie du savoir
modifierCette lignée de notaires et de lettrés compte au XXe siècle Mohamed Salah Mzali (1896-1984), docteur en droit et sciences économiques de l'université de Lyon en 1921, que Jouini présente comme le premier Tunisien à soutenir une thèse dans cette discipline ; celle-ci, consacrée à l'évolution économique de la Tunisie, lui vaut, à 25 ans, le second prix ex æquo de l'université. Reçu premier au concours d'entrée du collège Sadiki, il est, avec Tahar Sfar, l'un des deux seuls Tunisiens musulmans à obtenir le Grand prix d'honneur du lycée Carnot en cinquante ans. Selon Jouini, sa carrière, de l'interprétariat au caïdat puis au ministère et au grand vizirat, relèverait d'une logique méritocratique distincte de la cooptation makhzénienne par laquelle sa famille avait jusque-là accédé aux charges[1].
Cette trajectoire intellectuelle rejoint celle de la famille Sakka, alliée aux Mzali : les fils du caïd Mohamed Sakka, Ahmed et Ali, sont respectivement le premier Tunisien musulman docteur en droit (1917) et le second à soutenir une thèse à la faculté de médecine de Paris (1916) ; Ali Sakka, phtisiologue, dirige le service des tuberculeux de l'hôpital franco-musulman de Bobigny dès sa fondation en 1935. Ce sont ces cousins qui, selon Jouini, déterminent Mohamed Salah Mzali à choisir la voie universitaire[1],[13].

Comme plusieurs réformistes du monde arabe de son époque — à l'instar de l'Égyptien Saad Zaghloul — et en dépit d'un certain tabou, Mohamed Salah Mzali fut franc-maçon : initié au début des années 1920 et passé maître en 1923, il est affilié à la Grande Loge de France puis au Grand Orient de France, avant de démissionner le 7 décembre 1932[17]. Partagée par plusieurs hauts commis du makhzen sous le protectorat, cette affiliation lui est reprochée par les milieux nationalistes[17]. La franc-maçonnerie est interdite en Tunisie par Habib Bourguiba en 1959[18].
Déclin et confiscations de biens
modifierElyès Jouini compare la succession de revers subis par la famille au destin des Atrides de la mythologie grecque, frappés de génération en génération. Comme d'autres familles du makhzen, les Mzali ont en effet à plusieurs reprises subi des confiscations de biens — oliviers, terres, maisons, entrepôts — ordonnées par les beys. Dès la fin du XVIIIe siècle, plusieurs membres voient une partie de leurs biens confisqués : le cheikh mufti Mohamed Mzali, son frère Talha et le fils de ce dernier, Hadj Mohamed, ainsi que Badr Mzali, aïeul direct de l'auteur ; la saisie de leurs biens fonciers en 1777 a fait l'objet d'une étude de l'historien Ibrahim Saadaoui[19],[20]. Dans ses mémoires, Mohamed Mzali présente ces épisodes comme une « malédiction » frappant la lignée ; il rapporte notamment que Salah Mzali se vit confisquer en 1864, sur ordre du général Zarrouk, plusieurs centaines de pieds d'oliviers ainsi que des maisons et des entrepôts, dans le cadre de la répression de l'insurrection de 1864 au Sahel qui déclassa aussi la famille de Habib Bourguiba[21],[20].
Le cas le plus documenté est celui de Mohamed Salah Mzali, dernier président du Conseil nommé avant l'indépendance. À ce titre, il avait signé en mars 1954 les accords dits Mzali-Voizard, diversement appréciés comme une étape vers l'autonomie interne ou comme une compromission avec le protectorat[22]. Après l'indépendance, les lois sur les biens mal acquis (août 1957) et sur l'indignité nationale (décembre 1957) visent explicitement les membres des ministères Baccouche et Mzali. Une première enquête aboutit à un non-lieu le 31 mars 1958, mais l'ensemble des ministres de ces deux gouvernements est arrêté le 24 juin 1958[23]. Déféré devant la Haute Cour après plusieurs mois de détention au secret, Mohamed Salah Mzali est condamné le à dix ans de prison, à l'indignité nationale à vie et à la confiscation de ses biens, la Cour estimant que les accords Mzali-Voizard avaient ralenti l'action du mouvement national[24]. Il bénéficie d'une libération conditionnelle dès le 12 novembre 1959, peu après l'élection de Habib Bourguiba à la présidence, puis d'une grâce amnistiante en 1966, sans toutefois jamais recouvrer ses biens[24]. Son cousin Mohamed El Abed Mzali, nommé en 1959 ambassadeur de Tunisie en Espagne, voit dans le même temps sa nomination annulée pour avoir rendu visite à Mohamed Salah Mzali alors emprisonné, et s'exile à Neuchâtel jusqu'à la chute de Bourguiba[20].
Son parent Mohamed Mzali, Premier ministre de 1980 à 1986, connaît un sort judiciaire comparable. Limogé en 1986, il quitte clandestinement la Tunisie et est condamné par contumace, le , à quinze ans de travaux forcés pour abus de biens sociaux et enrichissement illégal[25]. Il vit une quinzaine d'années en exil avant que sa condamnation ne soit cassée et annulée par un arrêt du 5 août 2002, ce qui lui permet de rentrer en Tunisie le lendemain[26].
Personnalités
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Riches propriétaires terriens, les Mzali comptent plusieurs personnalités notables :
- Cheikh Mohamed « Chékir » Mzali (v. 1670), ancêtre fondateur de la lignée monastirienne[9] ;
- Cheikh Mohamed Mzali (v. 1735-1819), cheikh mufti, professeur et imam de la Grande Mosquée de Monastir[27] ;
- Salah Mzali (vers 1823-1884), notaire, officier puis khalifa de Monastir, miralay et caïd-gouverneur[1],[13] ;
- Mohamed Mzali (1869-1952), notaire puis caïd de plusieurs provinces, père du suivant[11] ;
- Mohamed Salah Mzali (1896-1984), enseignant, historien et homme politique, ministre puis grand vizir-président du Conseil ;
- Mohamed Mzali (1925-2010), homme politique, Premier ministre de 1980 à 1986 ;
- Fethia Mzali (1927-2018), née Fethia Mokhtar, femme politique, l'une des deux premières femmes ministres de Tunisie, épouse du précédent ;
- Faïza Mzali (1928-2020), militante féministe née à Monastir, secrétaire générale de l'Union nationale de la femme tunisienne de 1976 à 1986 ;
- Amor Mzali (né vers 1947), chirurgien-dentiste, petit-fils de Mohamed Salah Mzali par son père Béchir, vainqueur en 2009 de la compétition « Langue française » de l'émission Questions pour un champion sur France 3[28],[29] ;
- Salah Mzali (1983-), footballeur.
Plusieurs personnalités sont apparentées aux Mzali par filiation féminine :
- Abdelaziz El Aroui (1898-1971), dramaturge, chroniqueur et journaliste, descendant des Mzali par sa grand-mère ;
- Habib Bourguiba (1903-2000), homme d'État et premier président de la Tunisie, petit-fils d'une Mzali, Khadouja ;
- Elyès Jouini (1965-), universitaire et économiste, petit-fils de Hamouda Mzali, petit-neveu de Mohamed Salah Mzali et auteur de travaux sur la famille.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ D'après le chapitre publié par Elyès Jouini en 2025, la chronologie militaire de Salah Mzali s'ordonne différemment : nommé youzbachi (capitaine) en 1855, il n'accède au grade de miralay (colonel-major) qu'en janvier 1883, soit après — et non avant — sa nomination comme khalifa de Monastir en 1865 ; son décès y est daté du 18 novembre 1884.
- ↑ Les dates retenues ici suivent les planches généalogiques de l'ouvrage de 2023. Le chapitre d'Elyès Jouini paru en 2025 donne, pour cette génération, 1848-1895 pour Hamouda et 1870-1952 pour son fils Mohamed. La position généalogique et les alliances étant identiques (Hamouda époux de Hannouna Nouira, Mohamed époux de Mannana Sakka), ces mentions désignent les mêmes personnes et non des homonymes distincts.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Elyès Jouini, « M.-S. Mzali, à la confluence des familles Mzali, Nouira et Sakka. Itinéraire d'un intellectuel du makhzen », dans La Tunisie du makhzen à l'État national. À la lumière de l'itinéraire de Mohamed-Salah Mzali, Tunis, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, (lire en ligne), p. 53-72.
- ↑ Mzali 1972, cité dans Jouini 2023, p. 579.
- ↑ Mouna Hachim, Dictionnaire des noms de famille du Maroc, Casablanca, Le Fennec, [détail de l’édition], p. 35.
- 1 2 3 Elyès Jouini, « La famille », dans Au fil de ma vie, suivi de Mohamed-Salah Mzali. L'intellectuel et l'homme d'État, Tunis, Cérès Éditions-Beït al-Hikma-IRMC, , p. 580-583.
- 1 2 Jouini 2023, p. 581-583.
- ↑ « Sallefranque, Charles », sur Humazur, Université Côte d'Azur (consulté le ) (notice d'autorité).
- ↑ Charles Sallefranque, « Première apparition de Fès », sur À l'ombre du Zalagh, Madinat Fas, (consulté le ), texte de 1936 reproduit en ligne.
- ↑ Mzali 2004, p. 86-87.
- 1 2 3 4 5 6 7 Jouini 2023, p. 583, 588-590.
- 1 2 Jouini 2023, p. 593-594.
- 1 2 3 4 5 6 Jouini 2023, p. 596-597.
- ↑ Hassan El Annabi, « Les notaires musulmans de Tunisie. De l'association au syndicat, une solidarité en construction (1933-1946) », Cahiers de la Méditerranée, no 63, , p. 41-51 (DOI 10.4000/cdlm.997).
- 1 2 3 4 5 Jouini 2023, p. 591-592.
- ↑ Khalifa Chater, « Les élites du pouvoir et de l'argent : le cas de la Tunisie aux XIXe et XXe siècles », Cahiers de la Méditerranée, nos 46-47, , p. 155-172.
- ↑ Mustapha Kraïem, La Tunisie précoloniale, Tunis, Société tunisienne de diffusion, .
- ↑ Mehdi Jerad, « Les alliances matrimoniales chez les « familles du Makhzen » dans la régence de Tunis à l'époque moderne », dans L'enseignement supérieur dans la mondialisation libérale, Tunis, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, (lire en ligne), p. 251-261.
- 1 2 Mohamed-Lotfi Chaïbi, « À propos de l'affiliation maçonnique de M.-S. Mzali et ses sources », dans Elyès Jouini (dir.), La Tunisie du makhzen à l'État national, Tunis, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, (lire en ligne), p. 191-205.
- ↑ Frida Dahmani, « Au Maghreb, la franc-maçonnerie sort de son sommeil », Jeune Afrique, (lire en ligne).
- ↑ (ar) Ibrahim Saadaoui, « Al-throua al-aqaria wa al-muçadara bi-eyalet tunus fi al-Ahd Al-Hadith : mithal a'eylet Mzali fi 1191h/1777g », Revue d'histoire maghrébine, Zaghouan, nos 107-108, , p. 73-118.
- 1 2 3 Jouini 2023, p. 597-598.
- ↑ Mzali 2004.
- ↑ « « Mohamed-Salah Mzali, l'intellectuel et l'homme d'État » : un éclairage inédit sur une figure majeure de l'histoire tunisienne », sur WebManagerCenter, .
- ↑ « Un ancien président du Conseil arrêté à Tunis », Le Monde, (lire en ligne).
- 1 2 « Qui est Mohamed Salah Mzali ? » [PDF], sur Leaders.
- ↑ « Tunisie : le sort de l'ancien Premier ministre exilé en Suisse, M. Mohamed Mzali, est condamné à quinze ans de travaux forcés », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Un ancien Premier ministre tunisien rentre de quinze ans d'exil », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Ibn Abi Dhiaf, Présent des hommes de notre temps : chroniques des rois de Tunis et du pacte fondamental, vol. VII, Tunis, Maison tunisienne de l'édition, , p. 114.
- ↑ « Le Dr Amor Mzali, Champion pour 1 Question, au nom de la Tunisie, sur FR3 », sur Leaders, .
- ↑ « Amor Mzali : On est fier de notre champion ! », sur Tuniscope.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Mohamed Salah Mzali, Au fil de ma vie, Tunis, Hassan Mzali, .
- Mohamed Mzali, Un Premier Ministre de Bourguiba Témoigne, Tunis, Sud Editions, , 443 p. (lire en ligne).
- Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des origines à 1830, Paris, Payot & Rivages (réimpr. 1969) (1re éd. 1951), 866 p. (ISBN 978-2-228-88789-2, présentation en ligne).
- Elyès Jouini (dir.), La Tunisie du makhzen à l'État national : À la lumière de l'itinéraire de Mohamed-Salah Mzali, Tunis, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, (lire en ligne).
- Mohamed Salah Mzali et Elyès Jouini, Au fil de ma vie, suivi de Mohamed-Salah Mzali. L'intellectuel et l'homme d'État, Tunis, Cérès Éditions-Beït al-Hikma-IRMC, .
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Faïza Mzali-Slama, une vie de courage, de militantisme et de réalisations, Halé Chadli, Leaders, 2020.