Florentino Pérez Embid

écrivain, historien et homme politique espagnol

Florentino Pérez-Embid Tello, né le à Aracena et mort le à Madrid, est un historien, académicien, responsable de plateformes culturelles et homme politique espagnol. Il est directeur général de la propagande (1951-1952), de l'information (1952-1957) et des beaux-arts (1968-1974) sous le régime du général Francisco Franco, au cours duquel il milite pour la restauration de la monarchie.

Florentino Pérez-Embid
Buste à Aracena
Fonctions
Académicien de l'Académie royale des Beaux-Arts Saint-Ferdinand (d)
-
Francisco Javier Sánchez Cantón (en)
Luis Díez del Corral (en)
Directeur général des beaux-arts
-
Procurateur aux Cortes franquistes
8e législature des Cortes franquistes (d)
-
Procurateur aux Cortes franquistes
7e législature des Cortes franquistes (d)
-
Procurateur aux Cortes franquistes
6e législature de Cortes franquistes (d)
-
Directeur général de l'Information
-
Vicente Rodríguez Casado (d)
Directeur général de la Propagande
-
Pedro Rocamora (d)
Président de l'Athénée de Madrid
-
Pedro Rocamora (d)
Vicente Rodríguez Casado (d)
Professeur titulaire (en)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
MadridVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Florentino Pérez EmbidVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Idéologie
Membre de
Conflit
Distinctions
Liste détaillée
Grand-croix de l'ordre de Cisneros (d) ()
Grand-croix de l'ordre d'Alphonse X le Sage‎ ()
Grand-croix de l'ordre du Mérite civil d'Espagne ()
Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique‎ ()
Médaille d'or du mérite des beaux-arts ()
Grand-croix de l'ordre impérial du Joug et des Flèches (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Florentino Pérez Embid est né à Aracena (province de Huelva) le [1]. Malgré le décès prématuré de son père, Florentino Pérez Embid garde un souvenir ému de son enfance et de sa jeunesse à Aracena, grâce à l'influence et à l'éducation de sa mère. Il étudie dans plusieurs écoles et finalement termine ses études secondaires avant de s'inscrire à l'université[2].

Université : étudiant et professeur d'université

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Florentino Pérez Embid se distingue comme étudiant en philosophie et en lettres à l'université de Séville, où il se spécialise dans l'étude de l'art. Pendant ses années d'études, puis comme professeur, il redécouvre Séville qu'il qualifie de paradis terrestre. Sa carrière est marquée par un lien profond avec cette ville.

Dans les années 1930, marquées par de fortes turbulences, il est témoin des soulèvements asturiens et barcelonais en 1934. Pendant la guerre d'Espagne (1936-1939), il rejoint les unités phalangistes du camp rebelle et combat sur les fronts andalous et estrémadurien.

Après la guerre, il obtient son diplôme avec les félicitations du jury en 1940 et devient maître de conférences en histoire de l'art à l'université de Séville entre 1940 et 1942. Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'il rencontre le professeur Vicente Rodríguez Casado (es), qui influence ses projets et ses recherches. Florentino Pérez Embid quitte alors l'enseignement de l'histoire de l'art pour se consacrer à l'histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique. Il joue d'ailleurs un rôle prépondérant dans la création et l'enseignement de la Escuela de Estudios Hispano-Americanos de l'université de Séville. Il est professeur de découvertes géographiques, d'abord à l'université de Séville en 1949, puis à l'université complutense de Madrid en 1950[3].

En 1943, il rejoint l'Opus Dei[2].

Homme politique et gestion de plateformes culturelles

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Dans les années 1940, il collabore avec le jeune monarchiste et historien Rafael Calvo Serer (es) à la création du mouvement Arbor, du nom de la revue culturelle éponyme (es), propriété du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC), qu'ils guident intellectuellement. Tous deux aspirent à une restauration monarchique en la personne de Don Juan de Borbón, en remplacement du régime du général Francisco Franco[4].

Maison d'édition Rialp

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À l'automne 1946, il entreprend un projet commandé par Josemaría Escrivá de Balaguer : fonder une nouvelle maison d'édition, Rialp. Florentino Pérez Embid, premier directeur de la maison d'édition, participe à l'installation de son premier siège au centre de l'Opus Dei, situé au 24 rue Españoleto. Il envisage de publier des ouvrages sur des sujets variés, présentés de manière attrayante. Pour ce faire, il s'entoure de deux éditeurs : le philosophe, théologien et chimiste Raimon Panikkar, récemment ordonné prêtre, et du professeur de philosophie de l'histoire Rafael Calvo Serer. Il confie au premier la création et la direction d'une collection d'ouvrages sur la spiritualité intitulée Patmos, et au second celle d'une collection d'ouvrages d'actualité, la Biblioteca de Pensamiento Actual[5].

Positions politiques

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À partir des années 1950, il occupe les postes de directeur général de la propagande (1951-1952) et de directeur général de l'information (1952-1957)[6],[7],[8]. De plus, entre 1951 et 1956, il préside l'Athénée de Madrid[9].

Il est conseiller national auprès du Conseil de l'éducation (1953-1963) et membre des Cortes franquistes (1958-1967)[10],[11],[12]. Il siège au Conseil privé du comte de Barcelone. Parmi les monarchistes, il est un fervent promoteur du mouvement juaniste, qui collabore avec le régime franquiste. Il participe à des initiatives telles que l'Asociación de Amigos de Maeztu et la revue Reino[2].

Il fonde les revues Ateneo et Atlántida : revista de pensamiento actual en 1963[13]. Il préside le conseil d’administration du quotidien El Alcázar entre 1958 et 1962 et participe à la création de l’agence de presse Europa Press[5]. Il dirige la collection « Forjadores del mundo contemporáneo » pour la maison d'édition Editorial Planeta[14]. Il occupe des postes de direction dans certaines des publications déjà mentionnées, telles qu'Arbor et Atlántida, ainsi que dans la revue Cuadernos Hispanoamericanos (es) entre autres. Il est admis à l’Académie royale des beaux-arts Saint-Ferdinand le , avec une conférence sur Pedro Millán y los orígenes de la escultura en Sevilla[note 1][15].

Ses dernières fonctions politiques, toujours à la croisée du gouvernement et de la culture, sont la Dirección general de Bellas Artes entre 1968 et 1974, et le rectorat de l'université internationale Menéndez Pelayo de Santander de 1968 à 1974[2].

Après le limogeage de Pío Cabanillas Gallas en octobre 1974, Carlos Arias Navarro lui propose le Ministerio de Información y Turismo (es). Mais Florentino Pérez Embid refuse le poste car il a récemment subi une crise cardiaque après avoir été admis à l'Hospital Clínico San Carlos (es) et ne se sent pas assez fort pour assumer cette responsabilité. Il meurt d'ailleurs quinze jours plus tard aux premières heures du à son domicile à Madrid[5],[16].

Directeur général des Beaux-Arts

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Florentino Pérez Embid est directeur général des Beaux-Arts en Espagne de 1968 jusqu'en 1974, une période cruciale dans la vie culturelle du pays, marquée par des tensions politiques, des efforts pour moderniser les institutions artistiques et la recherche d'une reconnaissance et d'un prestige internationaux pour l'art espagnol[2].

L'une de ses premières initiatives en tant que directeurest une proposition de rénovation du Théâtre royal de Madrid afin de le transformer en opéra, un projet qui suscite l'intérêt du vice-président Luis Carrero Blanco et le soutien de personnalités du monde lyrique telles que Montserrat Caballé et Teresa Berganza. Cependant, le processus est ralenti, ce qui donne lieu à une campagne médiatique en faveur de sa transformation.

Un autre aspect important de son mandat est la tentative controversée de rapatrier la peinture Guernica, œuvre emblématique de Pablo Picasso. Florentino Pérez Embid entame des négociations en , mettant en avant la valeur historique et culturelle du tableau et minimisant les sympathies politiques supposées de l'artiste. Cependant, ses efforts se heurtent au refus de Pablo Picasso, qui s'oppose au retour de son œuvre en Espagne tant que Francisco Franco est au pouvoir.

Malgré ces obstacles, Florentino Pérez Embid réalise des avancées notables dans le domaine de l'art contemporain. En 1968, le musée national d'art moderne devient le musée espagnol d'art contemporain, où il est chargé de trouver un lieu approprié pour abriter les œuvres du XXe siècle, en séparant les collections plus anciennes, qui sont transférées au musée du Prado.

Pendant son mandat, Florentino Pérez Embid doit également faire face à des tensions croissantes avec les artistes contemporains, qui critiquent la nouvelle réglementation des expositions nationales et le manque de dialogue concernant leur intégration dans les politiques culturelles. Des figures de proue telles qu'Eduardo Chillida, Antonio Saura et Equipo Crónica expriment leur mécontentement et refusent de participer aux expositions nationales, illustrant ainsi le fossé entre l'administration et le milieu artistique.

Par ailleurs, il favorise la création de la revue Bellas Artes, qui devient un important vecteur de diffusion d'informations sur les activités culturelles, les expositions et l'art contemporain. Il facilite également l'organisation d'événements et d'expositions célébrant l'art classique et contemporain, notamment des expositions en hommage à des personnalités telles que Joaquín Mir et en commémoration des Rois Catholiques.

Cependant, malgré ses efforts, sa gestion est marquée par une pénurie de ressources, des carences dans l'infrastructure du musée et un manque de personnel adéquat.

Vers la fin de son mandat, Florentino Pérez Embid est victime d'un infarctus, ce qui contribue à la dégradation de son état de santé et à son départ définitif. Son passage à la tête des Beaux-Arts reste marqué par d'importants efforts de modernisation des institutions culturelles et de promotion de l'art contemporain.

Conservation de ses archives

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Les archives de Florentino Pérez Embid sont conservées aux archives générales de l'université de Navarre et sont librement accessibles. Elles se composent de 163 boîtes, dont la plupart contiennent de la correspondance.

Publications

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  • (es) El mudejarismo en la arquitectura portuguesa de la época manuelina Le mudéjarisme dans l'architecture portugaise de l'époque manuéline »], Séville, Instituto Diego Velázquez, .
  • (es) Forjadores del Mundo Contemporáneo Les bâtisseurs du monde contemporain »], Barcelone, Editorial Planeta, 1959-1970.
  • (es) Pedro Millán y los orígenes de la escultura en Sevilla Pedro Millán et les origines de la sculpture à Séville »], Madrid, Conseil supérieur de la recherche scientifique, (ISBN 84-00-03835-5).
  • (es) La frontera entre los reinos de Sevilla y Portugal La frontière entre les royaumes de Séville et du Portugal »], Séville, Ayuntamiento de Sevilla, (ISBN 84-50-06602-6).

Prix et reconnaissance

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Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en espagnol intitulée « Florentino Pérez Embid » (voir la liste des auteurs).

  1. Pedro Millán et les origines de la sculpture à Séville

Références

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  1. (es) Onésimo Díaz Hernández (es), « Los inicios de Arbor y las estancias de Calvo Serer en Suiza (I.1943-V.1946) », dans Rafael Calvo Serer y el grupo « Arbor », Valence, Publicacions de la Universitat de València, (ISBN 9788437072654), p. 33-67
  2. 1 2 3 4 5 Díaz Hernández 2023.
  3. (es) Onésimo Díaz Hernández (es), « Algunos miembros del Opus Dei en la Universidad española de la posguerra: oposiciones a cátedras durante el ministerio de José Ibáñez Martín (1939-1951) », Studia et Documenta: Rivista dell’Istituto Storico san Josemaría Escrivá, vol. XIV, , p. 287-326 (ISSN 1970-4879)
  4. Peiró Martín 2013, p. 71.
  5. 1 2 3 Díaz Hernández 2025.
  6. (es) Ministerio de Información y Turismo, « Decreto de 28 de julio de 1951 por el que se nombra Director general de Propaganda a don Florentino Pérez Embid », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  7. (es) Ministerio de Información y Turismo, « Decreto de 29 de febrero de 1952 por el que cesa como Director general de Propaganda don Florentino Pérez Embid y se le nombra Director general de Información », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  8. (es) Ministerio de Información y Turismo, « Decreto de 26 de abril de 1957 por el que se dispone el [cese] de don Florentino Pérez Embid en el cargo de Director general de Información », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  9. (es) « Presidentes - Ateneo de Madrid », sur ateneodemadrid.com (consulté le ).
  10. (es) « Pérez Embid, Florentino. 62. Elecciones 16.5.1958 », sur Archivo histórico de diputados (1810-1977) (consulté le )
  11. (es) « Pérez Embid, Florentino. 63. Elecciones 2.6.1961 », sur Archivo histórico de diputados (1810-1977) (consulté le )
  12. (es) « Pérez Embid, Florentino. 64. Elecciones 2.7.1964 », sur Archivo histórico de diputados (1810-1977) (consulté le )
  13. (es) Onésimo Díaz Hernández (es), « La revista « Atlántida » (1963- 1972) », Hispania Nova, no 20, , p. 466-492 (ISSN 1138-7319, lire en ligne, consulté le ).
  14. (es) Jesús A. Martínez, « La autarquía editorial. Los años cuarenta y cincuenta », dans Historia de la edición en España (1939-1975), (ISBN 84-15963-81-5, lire en ligne), p. 267.
  15. (es) « Don Florentino Pérez Embid ingresó en la Real Academia de San Fernando », sur ABC (Sevilla) (consulté le ).
  16. (es) « Ha fallecido Florentino Pérez Embid », sur ABC (Madrid) (consulté le )
  17. (es) Secretaría General del Movimiento, « Decretos de 29 de marzo de 1955 por los que se concede la Gran Cruz de la Orden de Cisneros a don José María Alcaraz y Alenda, don Florentino Pérez Embid y don Antonio Augusto Gonçalves Rodrigues », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le )
  18. (es) Ministerio de Asuntos Exteriores, « Decreto 754/1969, de 1 de abril, por el que se concede la Gran Cruz de la Orden del Mérito Civil a don Florentino Pérez Embid », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  19. (es) Ministerio de Educación y Ciencia, « Decreto 1545/1969, de 18 de julio, por el que se concede la Gran Cruz de la Orden Civil de Alfonso X el Sabio a don Florentino Pérez Embid », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  20. (es) Ministerio de Asuntos Exteriores, « Decreto 805/1970, de 1 de abril, por el que se concede la Gran Cruz de la Orden de Isabel la Católica a don Florentino Pérez Embid », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  21. (es) « Decreto 1920/1972, de 18 de julio, por el que se concede la «Medalla al Mérito en las Bellas Artes», en su categoría de Oro, a don Florentino Pérez Embid. », sur boe.es, Bulletin officiel de l'État, (consulté le ).
  22. (es) Jefatura del Estado, « Decreto 832/1974, de 30 de marzo, por el que se concede la Gran Cruz de la Orden Imperial del Yugo y las Flechas a don Florentino Pérez Embid », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le ).
  23. (es) Juanjo Sánchez, « El nombramiento de Jesús Usón eleva a 24 el número de hijos adoptivos de Cáceres », sur El Periódico Extremadura, (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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Liens externes

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