Immigration algérienne en France

personne d'origine ou de nationalité algérienne vivant en France
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L'immigration algérienne en France est un phénomène qui débute dès la fin du XIXe siècle.

Algériens en France
Description de cette image, également commentée ci-après
Supporters de l'équipe d'Algérie de football en 2009 à Paris.
Populations importantes par région
Population 887 000 immigrés
1 118 000 descendants d'immigrés[1]
Autres
Régions d’origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Drapeau de la France France
Langues Français
Arabe algérien
Tamazight
Religions
Ethnies liées Berbères et berbères arabisés
Arabes

Tout d'abord désirée et encouragée par la France[3], l'immigration algérienne est dans un premier temps une immigration de travail, plutôt masculine et ouvrière, souvent originaire des Aurès ou de Kabylie, qui s'articule autour des grandes villes, principalement Paris, mais aussi Marseille, le Nord de la France, Lyon et Saint-Étienne. L'immigration algérienne en France connaît des reflux durant la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale. Elle s'accélère toutefois dès 1945 et durant les Trente Glorieuses. Par la suite, la nature de l'immigration algérienne en France - jusque-là plutôt temporaire - évolue, notamment avec les regroupements familiaux[4].

En 2019, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) comptait 846 400 immigrés algériens résidant sur le territoire français[5]. La même année, l'Institut national d'études démographiques (INED) estimait à 1 207 000 le nombre d'enfants d'immigrés algériens résidant en France, soit 2,1 millions de personnes sur deux générations[N 1],[6].

Histoire

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Du début du XXe siècle jusqu'à l'indépendance en 1962 : une immigration de travail

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Contexte

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Il existe en Algérie française une distinction essentielle entre la citoyenneté française et la nationalité française. Ainsi, jusqu'en 1947, les « musulmans » sont sujets français, statut qui dissocie nationalité et citoyenneté[7]. Celle-ci est, en effet, déterminée par l’abandon du statut personnel musulman avec la soumission aux lois françaises et non plus aux lois islamiques. Influencé par les saint-simoniens, le Second Empire adopte la loi de sénatus-consulte du 14 juillet 1865 permettant aux « indigènes musulmans » d'Algérie de devenir des « citoyens français »[8]. En 1947, à la suite de l'entrée en vigueur de la loi Lamine Guèye et de la loi du 20 septembre 1947 portant Statut organique de l'Algérie, les Algériens musulmans deviennent des citoyens, appelés par l'administration des Français musulmans d'Algérie (FMA). Toutefois, il subsiste en Algérie française une différence fondamentale entre le statut « musulman » et le statut « européen ». En effet, si tous les habitants sont désormais citoyens, ils votent, jusqu'à la constitution française de 1958, dans deux collèges différents[9]. En métropole, en revanche, il n'existe pas de différence entre les deux statuts et les Algériens bénéficient des mêmes droits que les métropolitains sans avoir à renoncer à leur statut personnel. Ils sont donc des migrants régionaux comme les Bretons et les Corses avec le droit de vote, les mêmes droits et devoirs que les autres citoyens français[10]. L'article 3 de la loi du 20 septembre 1947 précisait « Quand les Français musulmans résident en France métropolitaine, ils y jouissent de tous les droits attachés à la qualité de citoyens français et sont donc soumis aux mêmes obligations »[11],[12].

Les débuts (1905-1914) : un flux de travailleurs majoritairement Kabyles

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La Kabylie est la région d'origine de la grande majorité des premiers travailleurs algériens à émigrer vers la France métropolitaine.

Le phénomène de l'immigration algérienne en France métropolitaine commence au tournant des XIXe et XXe siècles. Il s'agit d'une immigration de travail . Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs socio-économiques. Tout d'abord, la pauvreté causée par l'occupation coloniale[13] de la population pousse de nombreux Algériens à émigrer vers la France métropolitaine[14]. En raison de l'élévation du niveau de vie et de l'industrialisation, de l'exode rurale (qui éloigne les français du travail manuel) de nombreux citoyens refusent d'occuper des métiers difficiles, encourageant le recours aux travailleurs algériens pour réaliser certains emplois[15]. Le plus souvent, les travailleurs restaient entre un an et demi à deux ans en France métropolitaine, avant de rentrer dans leur région d'origine tandis que d'autres membres de leur famille venaient les remplacer dans les usines de la métropole[15].

Au début du XXe siècle, en région parisienne, de nombreux travailleurs occupent des emplois techniques dans le métro parisien.

Dès 1905, la main d’œuvre algérienne est sollicitée en France métropolitaine, notamment dans la ville de Marseille[14]. Les Algériens y travaillent dans les raffineries ou comme dockers ou chauffeurs sur des navires. Puis des centaines de travailleurs algériens sont embauchés dans les mines et les usines du Nord et du Pas-de-Calais, les industries de Clermont-Ferrand et Paris. En région parisienne, ils travaillent dans le bâtiment et les travaux publics, les industries chimiques, les raffineries de sucre Say, la compagnie des omnibus, les chemins de fer et le métro. Ils s'installent dans les villes et se regroupent parfois dans certains quartiers comme Montmartre. En 1912, la France recense de 4 000 à 5 000 Algériens en métropole, dont un millier dans la seule région parisienne[14]. Dans le Nord de la France, ce sont environ 1 500 Algériens de Kabylie qui travaillent dans les mines, pour un salaire normal et bénéficiant de l'application des lois sociales de l'époque pour les mineurs.

Les travailleurs algériens de Kabylie sont généralement bien accueillis par la population ouvrière avec souvent de l’admiration pour leur savoir-faire et leur abnégation au travail ; ils s’intégraient assez facilement dans la communauté en adoptant le mode de vie des Français quand bien même ils restaient attachés à leurs traditions et à leur culture kabyle[16]. Les patrons appréciaient particulièrement les travailleurs kabyles, notamment en raison de leur bonne maîtrise du français, à la différence des Polonais par exemple, de leur discipline mais aussi dans le cadre d'un imaginaire faisant du Kabyle un travailleur digne d'assimilation, sur fond de « l’idéologie racialiste coloniale française » qui tendait parfois à rapprocher les Amazighs berbérophones des Français[4]et de les éloigner des Algériens arabophones.

Le mouvement migratoire s'accélère dès 1913 grâce à la suppression du permis de voyage qui était alors requis pour les Algériens et l'on estime à environ 13 000 le nombre d'Algériens en France métropolitaine en 1914[4].

Durant la Première Guerre mondiale (1914-1918)

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Lors de la Première Guerre mondiale, la France fait très largement appel aux travailleurs et aux soldats de l'Empire colonial[17]. Ils seront alors près de 80 000 travailleurs et 175 000 soldats à venir d'Algérie. Pour les Algériens, le service militaire obligatoire est alors deux fois plus long que pour les Français[4].

Sur ces 175 000, 35 000 seront tués ou portés disparus et 72 000 blessés[18]. Ceux qui ne sont pas sur le front sont employés dans les secteurs vitaux à l'effort de guerre, production d'armement, génie, aéronautique, transports, mines, etc. La participation des travailleurs coloniaux à l'effort de guerre est reconnue et ils jouissent de la sympathie des Français. À cette époque, les fêtes musulmanes sont célébrées en France avec un certain faste et l'on assiste à de nombreux mariages mixtes.

Toutefois, au terme de la Grande guerre en 1918, la France renvoie la très grande majorité des soldats algériens dans leur région d'origine[14].

Durant l'entre-deux-guerres (1918-1939)

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Après guerre, la France rapatrie 250 000 travailleurs et soldats des colonies. Dès 1920, l'immigration reprend, la France, du côté des vainqueurs mais ruinée par la guerre, est en partie détruite. Elle fait à nouveau appel aux travailleurs des colonies. Entre 1919 et 1931, on assiste à une immigration importante. Ainsi en 1924, on dénombre environ 100 000 Algériens (nombre similaire à celui de 1940), qui constituent 3 % de la population immigrée dominée surtout par les Italiens et les Polonais. Compte tenu des allers et retours, c'est 500 000 Algériens qui auraient effectué au moins un séjour en métropole durant cette période. Emmanuel Blanchard situe un « premier âge de l’immigration » algérienne dans cette période d’entre-guerre[19]. Au fil des années, au fur et à mesure d’arrivées importantes de nouveaux ressortissants originaires d’Algérie, les Kabyles se sont déployés dans tous les secteurs d’activité, on les retrouve dans la restauration, les services, la communication, le spectacle, les transports et l'administration[16]. Si la composante kabyle reste importante parmi les immigrés algériens, d'autres, comme celle des habitants du nord-ouest oranais gagne du terrain. C'est aussi durant cette période que naissent les premiers mouvements anti-impérialistes au sein de la communauté algérienne immigrée.

Dans l'après-guerre (1946-1954)

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Après 1945, le flux migratoire reprend, les Algériens occupent des emplois dans les domaines qui permettent la reconstruction de la France et la relance économique, comme les mines et la sidérurgie, mais aussi l'industrie et la construction de nouvelles infrastructures. Selon Daniel Lefeuvre, professeur à l'université Paris-VIII, il apparaît que l'immigration algérienne en France dans les années 1950 a pour origine l'explosion démographique et la pauvreté. En effet, dans son ouvrage Chère Algérie publié en 2005, il affirme que cette immigration ne répond pas aux besoins de main d'œuvre de l'économie française au cours des années de reconstruction ou des Trente Glorieuses mais bien à la situation terrible dans laquelle vivent les populations musulmanes à cette époque. Les ressources sont insuffisantes pour nourrir une population qui croît très vite. La misère, notamment du fait de l'occupation coloniale, s'étend, et les Algériens sont contraints de s'expatrier pour nourrir leur famille. Les administrateurs de la colonie encouragent cette émigration pour alléger la pression sociale. Mais la métropole est peu disposée à accepter ces nouveaux travailleurs qui, n'ayant aucune formation professionnelle, ne répondent pas à la demande des entreprises. Inversement, Gérard Noiriel indique, dans son ouvrage Le Creuset français, en se basant notamment sur les travaux de Georges Mauco, que les immigrés, dont beaucoup d'Algériens, ont depuis la deuxième Guerre mondiale construit 90 % des autoroutes françaises, une machine sur sept, et un logement sur deux[20].

Dès 1947, les Algériens deviennent, officiellement du moins, des citoyens, appelés par l'administration des Français musulmans d'Algérie (FMA) et commencent à s'organiser politiquement aussi bien en métropole qu'en Algérie. Ils deviennent des migrants régionaux comme les Bretons et les Corses avec le droit de vote, les mêmes droits et devoirs que les autres citoyens français[10].

Fin 1948, on estime qu'entre 120 000 et 130 000 Algériens résidaient en France métropolitaine (dont 66 % de berbérophones)[21]. En 1952, ce chiffre s'élève à 149 000, avant de redescendre à 134 000 l'année suivante, en 1953[15].

Seconde Guerre mondiale

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Durant la guerre d'Algérie (1954-1962)

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Durant la guerre d'Algérie, les migrations de travailleurs algériens vers la métropole continuent. Il s'agit toujours de flux originaire majoritairement des populations Kabyles, bien que des foyers d'émigration émergent également aux environs de Tlemcen, d'Oran et dans la région montagneuse des Aurès[22]. Les migrations forcées d'Algériens sont nombreuses : l'armée coloniale française avait en Algérie pendant la guerre d'Indépendance les pleins pouvoirs : les exécutions sommaires, les viols, les agressions sexuelles et les meurtres de civils par l'armée coloniale française sont monnaie courante poussant à l'exil de nombreuses femmes et familles[23].

En plus de l'immigration de travailleurs algériens, la guerre provoque des flux migratoires d'une autre nature : le rapatriement de la grande majorité de la population de nationalité française présente en Algérie. La presque totalité des pieds-noirs et des milliers de harkis et leurs familles abandonnent l'Algérie devenue indépendante et sont rapatriés en métropole. Ces populations sont pour la plupart de nationalité française (depuis la loi de 1870 pour les Juifs, celle de 1889 pour les Européens et depuis 1947 pour les musulmans). Toutefois, les musulmans ont dû, lors de leur rapatriement en France, refaire le choix de la nationalité française, ce qui n’a jamais été demandé aux autres Français non-musulmans. Ils doivent souscrire en France, avant le , une déclaration de reconnaissance de la nationalité régulièrement enregistrée par le ministre chargé des naturalisations[24].

Le recensement de 1954 comptabilise 210 000 Algériens en France et le ministère de l’Intérieur estime ce nombre à 436 000 en 1962 soit un doublement de la population d'origine algérienne en France durant la durée de la guerre[25].

L'immigration algérienne en France depuis 1962 : d'une immigration de travail à familiale

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Entre 1962 et 1982, la population algérienne vivant en France passe de 350 000 (selon le recensement de 1962) ou de 436 000 (selon le ministère de l’Intérieur) à plus de 800 000 personnes[26].

Le , la France et l'Algérie signent un accord visant à répondre aux besoins de main-d'œuvre nécessaires à l'accélération de la croissance économique française[27]. Cet accord définit les conditions de circulation, de séjour et de travail des Algériens en France. Il est révisé en 1985, 1994 et 2001[28],[29].

En , les autorités françaises imposent le visa aux ressortissants algériens souhaitant entrer ou séjourner en France[30].

L'immigration algérienne au XXIe siècle

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Michèle Tribalat estimait la troisième génération (moins de 60 ans uniquement) à 563 000 personnes en 2011[31].

Selon Le Parisien, 800 Algériens sont expulsés par les autorités françaises vers leur pays d’origine en 2015, sur les 10 471 ressortissants étrangers qui ont été expulsés de France métropolitaine. La nationalité algérienne est la troisième en termes de personnes reconduites à la frontière (800) après la Roumanie (2 422) et l'Albanie (1 934), suivie par la Tunisie (772) et le Maroc (731)[32].

En 2019, l'INSEE recensait 846 400 immigrés algériens résidant sur le territoire français[5]. La même année, l'INED estime à 1 207 000 le nombre d'enfants d'immigrés algériens résidant en France[6].

En 2024, selon le Service statistique Immigration-Integration, relevant du ministère de l'Intérieur français, les ressortissants algériens demeurent, après les Marocains, les plus nombreux parmi les nouveaux titulaires de titres de séjour délivrés en France. Toutefois, le nombre de titres accordés a des ressortissants algériens enregistre une diminution significative, de l'ordre de -8,5 %. Quatre titres de séjour sur dix détenus par des ressortissants algériens ont été délivrés pour motif familial. Par ailleurs, l'immigration étudiante, bien qu'elle se stabilise, constitue pour la troisième année consécutive la principale composante des flux migratoires, devant l'immigration familiale, en recul cette année (-2,2 %), tandis que les motifs professionnels connaissent également une baisse (-0,7 %)[33].

Tensions algéro-françaises dans les années 2020

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Au début des années 2020, les tensions entre l’Algérie et la France se cristallisent notamment autour de la question des crimes français en Algérie pendant la guerre d'indépendance et l’immigration illégale[34]. En 2021, les chiffres des expulsions des ressortissants algériens, marocains et tunisiens n’ont, selon Europe 1, « jamais été aussi mauvais ». Pour ce qui concerne l’Algérie, entre janvier et , la justice française a ordonné 7 731 obligations de quitter le territoire français dont seulement 22 ont été effectives, soit un peu plus de 0.2 %.

Cette situation s'explique notamment par le fait que l’Algérie refuse de délivrer des laissez-passer consulaires, un document indispensable pour qu’une expulsion soit réalisée. Emmanuel Macron a décidé en conséquence de diviser par deux le nombre de visas délivrés pour l’Algérie en prenant 2020 comme année de référence[35].

L’Algérie refuse certaines expulsions vers son territoire notamment du fait du non-respect du droit international par la France. En des juristes et des organismes de défense des droits des étrangers ont signalé une augmentation inquiétante des expulsions illégales en France[36].

Un cas particulier concerne un ressortissant algérien expulsé alors qu'un recours contre son Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) était toujours en cours, ce qui constitue une violation des procédures légales. Il existe par ailleurs de nombreuses erreurs commises par la France dans le cadre d’expulsions vers l’Algérie de citoyens non-Algériens[37],[38]. En 2025, les ressortissants algériens constituent la première nationalité concernée par les mesures d'éloignement, avec un peu plus de 2 500 éloignements. Ce chiffre est toutefois en baisse de plus de 15 %, dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Alger[39].

En , la représentation française en Algérie annonce une « réduction significative » de ses effectifs et des trois consulats généraux à compter du . En effet le ministère algérien des Affaires étrangères n’a pas donné suite à la majorité des demandes de visas d’accréditation. L’ambassade estime que ce manque de personnel va conduire à « une capacité limitée à instruire les demandes de visas pour la France »[40].

En 2024, l'ancien député européen Karim Zéribi fonde le Conseil mondial de la diaspora algérienne, structure visant à fédérer une nouvelle génération de la diaspora — avocats, médecins, ingénieurs, chefs d'entreprise — dans un contexte de tensions diplomatiques et de perception d'une stigmatisation croissante des Algériens de France[41].

En , le président Abdelmadjid Tebboune, annonce une procédure de clémence à l'égard des jeunes algériens vivant à l’étranger dans la « précarité » et « en situation irrégulière » (Harrag). Ils peuvent être régularisés et rejoindrent l'Algérie à l'exception des « personnes ayant commis des crimes sanglants, des trafics de stupéfiants ou d’armes, ainsi que toute personne collaborant avec des services de sécurité étrangers dans le but de nuire à la patrie »[42].

Instrumentalisation d'affaires par la droite et l'extrême-droite française
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Les responsables politiques de droite et d'extrême droite française adoptent fréquemment une rhétorique virulente à l'égard de l'Algérie.

Ainsi, des déclarations qualifiant le gouvernement algérien d'« arrogant » ou accusant l'Algérie de chercher à « humilier la France » sont régulièrement employées pour attiser les tensions et renforcer une image de fermeté. Cette approche vise à répondre aux attentes d'un électorat en quête de positions dures sur les questions internationales et migratoires. Certaines affaires médiatiques sont exploitées pour alimenter le discours anti-algérien. C'est le cas pour l'arrestation du franco-algérien Boualem Sansal en Algérie, utilisée pour critiquer le régime algérien et dénoncer une atteinte à la liberté d'expression. Cependant, des voix s'élèvent contre cette instrumentalisation à des fins politiques, affirmant qu'elle vise principalement à séduire un électorat d'extrême droite[43],[44],[45].

En 2025-2026, les prises de position critiques de Bruno Retailleau, président des Républicains, à l'encontre de l'Algérie, sont perçues par une partie de la diaspora comme contribuant à un « effet drapeau », renforçant la solidarité envers le pouvoir algérien même parmi les Algériens qui lui sont critiques[41].

Lutte contre le racisme anti-maghrébin
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Tajmaât Service est une plateforme française, créée en 2020 et suivie par environ 80 000 abonnés en 2025[46]. Le site Yabiladi la décrit comme « la plateforme collaborative de la diaspora maghrébine »[47].

Démographie

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Selon l'Insee, Conviction religieuse des immigrés algériens [48] :

Selon l'Insee, Conviction religieuse des descendants d'immigrés algériens [48] :

Selon l'Insee, 4 % des enfants nés en 2015 en France métropolitaine, soit 30 426 sur 758 344, ont un père né en Algérie, avec la plus forte proportion dans les départements des Seine-Saint-Denis (10,5 %), Bouches-du-Rhône (9,5 %), Rhône (8,3 %), Val-de-Marne (8,0 %), Territoire de Belfort (7,3 %), Val-d'Oise (6,4 %), Haute-Garonne (6,3 %), Hauts-de-Seine (6,2 %), Loire (6,1 %), Haute-Vienne (5,5 %), Essonne (5,3 %), Paris (5,1 %), Nord (5,0 %), Pyrénées-Orientales (4,7 %), Haut-Rhin (4,7 %), Isère (4,6 %), Yvelines (4,4 %), Seine-et-Marne (4,1 %), Moselle (4,1 %), Gard (4,0 %), Alpes-Maritimes (3,7 %), Hérault (3,7 %), Drôme (3,7 %)[49].

En , le président algérien Abdelmadjid Tebboune avance le chiffre de « près de six millions d’Algériens qui vivent en France », sans préciser de source[50]. Ce chiffre avancé par les médias et repris par les président algérien est faux. Selon Patrick Simon chercheur à l’INED, en 2020 « les immigrés algériens étaient 871 000 personnes, si on prend en compte leurs enfants nés en France avec un des deux parents immigrés algériens, cela fait au total 2 millions et même en ajoutant leurs petits-enfants, on est très loin des 6 millions. On est en dessous des 3 millions quoiqu'il arrive ».[51]

En 2012, les immigrés nés en Algérie résident presque exclusivement dans les grandes aires urbaines (96,2 %). Plus de la moitié d'entre eux vit dans les aires urbaines de Paris, Lyon ou Marseille, qui étaient des centres d'implantation industrielle importants lors des grandes vagues d'immigration[52]. Au sein de ces aires urbaines, ils résident souvent dans les pôles. Par exemple, parmi les Algériens vivant dans l'aire urbaine de Paris, seuls 0,7 % résident dans la couronne extérieure à l'Île-de-France ; plus de la moitié (56 %) résident dans les départements de Seine-Saint-Denis, Paris et Val-de-Marne[52].

En 2024, l'Algérie se classe au premier rang des nationalités présentes en situation régulière sur le territoire français, avec 649 981 ressortissants algériens titulaires d'un document de séjour valide. La même année, 29 269 primo-titres de séjour ont été délivrés à des Algériens, plaçant l'Algérie au deuxième rang des premières délivrances, derrière le Maroc[53]. Les ressortissants algériens constituent la première communauté immigrée dans plusieurs régions françaises, notamment en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est, en Normandie et dans les Hauts-de-France. Ils sont également présents de manière significative en Centre-Val de Loire, en Bourgogne-Franche-Comté et en Occitanie, tandis qu'en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine et en Corse, ils ne figurent pas parmi les trois premières nationalités immigrées[53].

Évolution de la population algérienne en France
Année Immigrés Descendants d'immigrés Total
1968 378 000
1990 556 000
1999 418 884
2005 624 000
2011 737 000 1 001 000 1 738 000
2021 887 000 1 118 000 2 005 000
2023 891 000[54] 1 238 000[55] 2 129 000

Apports de l'immigration algérienne

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Outre leur participation accrue à l’effort de guerre — notamment pendant la Première Guerre mondiale, où la durée du service militaire imposée aux Algériens était deux fois plus longue que celle des soldats blancs — ainsi que durant la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction de la France, les Algériens ont profondément marqué, et continuent de marquer, le tissu social français[20].

Selon Gérard Noiriel, dans son ouvrage Le Creuset français (après s'être basé sur les travaux de Georges Mauco) que les immigrés, dont beaucoup d'algériens, ont en 2006 et depuis la deuxième Guerre mondiale construit 90 % des autoroutes françaises, une machine sur sept, et un logement sur deux[20].

En 2013, une étude indiquait que 22,2 % des médecins étrangers en France étaient diplômés d'Algérie, soit environ 4 000 personnes, sur les 215 865 médecins exerçant[56]. En 2014, les médecins algériens représentent 25 % du nombre total de médecins étrangers exerçant dans les hôpitaux français, selon une étude du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM)[57]. En 2024, Le Monde avance que 15 000 médecins formés en Algérie seraient en activité en France. Les raisons de cet exode sont doubles : la recherche de meilleures rétributions et un épanouissement professionnel, alors qu'en Algérie des médecins généralistes restent en recherche de postes[58],[59].

Plusieurs enquêtes au début des années 2020, démontrent la réussite éducative et socioprofessionnelle des descendants de l’immigration algérienne en France. Ainsi les catégories « artisans, commerçants et chefs d’entreprise » et celle des « cadres et professions intellectuelles supérieures » sont plus fortes (29 %) dans les populations issues de l’immigration maghrébine que pour la moyenne des Français (26 %). La réussite de cette intégration dans le domaine de l'éducation est moindre sur le marché du travail où une discrimination à l'embauche persiste à leur égard[60],[61].

Représentation à l'Assemblée populaire nationale algérienne

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En 1977, 4 députés algériens représentent la communauté algérienne en France au sein de l’Assemblée populaire nationale algérienne[62]. Ainsi Abdelouahab Yagoubi est député algérien, élu en 2021, dans la zone nord.

Le , l'organisation des circonscriptions électorales et le nombre de sièges pour la diaspora algérienne sont publiés par décret à l'occasion des élections législatives algériennes de juillet 2026, six sièges y sont prévus : secteur 1 : Paris, Pontoise, Nanterre, Bobigny et Créteil avec deux sièges; secteur 2 : Lille, Strasbourg, Nantes, Metz, Besançon et Grenoble avec deux sièges; secteur 3 : Lyon, Marseille, Saint-Étienne, Nice, Montpellier, Toulouse et Bordeaux avec deux sièges[63]. Le corps électoral algérien en France est estimé à environ 900 000 électeurs[41]. À la suite du vote du , les six nouveaux députés de la diaspora en france sont : Djelloul Beddar (FLN), Djaafar Youcef (RND), Djamai Nedjah (RND), Nouar Boukhors (Front El Moustakbal), Mohamed Abidat (FLN), Foudil Djoudi (indépendant)[64].

Personnalités avec la double nationalité franco-algérienne

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Notes et références

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  1. Ce chiffre n'inclut pas les personnes d'origine algérienne, de nationalité française, nées avant 1963 en Algérie, ainsi que leurs enfants, car inclus dans les Français de naissance par le recensement de l'Insee et pas dans la catégorie immigré

Références

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  1. « Immigrés et descendants d’immigrés en France, Insee Références ».
  2. Lucas Drouhot, Patrick Simon, Vincent Tiberj, « La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines », .
  3. Musée de l'Histoire de l'Immigration, « L’immigration algérienne en France ».
  4. 1 2 3 4 Pierrette Meynier et Gilbert Meynier, « L'immigration algérienne en France : Histoire et actualité », Confluences Méditerranée, , p. 219 - 234 (lire en ligne).
  5. 1 2 « L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers », sur insee.fr (consulté le ).
  6. 1 2 « Descendants d’immigrés par pays d’origine », sur Ined - Institut national d’études démographiques (consulté le ).
  7. Jean Monneret, La guerre d'Algérie en trente-cinq questions, L'Harmattan, 2008, p. 66
  8. Jean Monneret, La guerre d'Algérie en trente-cinq questions, L'Harmattan, 2008, p. 54-55
  9. Ceux du Premier collège (les Français non musulmans et quelques dizaines de milliers de musulmans « évolués ») représentent environ un million de personnes et élisent 50 % des représentants de l’Algérie. Ceux du Deuxième collège (tous les autres) représentent environ neuf millions de personnes et élisent les autres 50 %.
  10. 1 2 Gérard Noiriel,Immigration, antisémitisme et racisme en France, Fayard, 2007, p. 517
  11. Benjamin Stora, L'immigration algérienne en France 1912-1992, Fayard, 1992, p. 20
  12. « Statut organique de l'Algérie Loi no 47-1853 du 20 septembre 1947 »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?)
  13. Bourdieu et Yacine 2008, p. 23 - 66.
  14. 1 2 3 4 Musée de l'histoire de l'immigration, « L’immigration algérienne en France : De la fin du XIXe siècle à 1962 », sur histoire-immigration.fr (consulté le ).
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  16. 1 2 Khaled Olhocine, « Les Kabyles de la République », Le Courrier de l'Atlas, no 15, (lire en ligne [archive du ]).
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Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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