Franco Faccio

compositeur et chef d'orchestre italien (1840-1891

Francesco Antonio Faccio, dit Franco Faccio, né le à Vérone et mort le à Monza, est un chef d'orchestre et compositeur italien.

Franco Faccio
Description de l'image Franco Faccio at time of composing Amleto.jpg.
Naissance
Vérone (royaume de Lombardie-Vénétie)
Décès (à 51 ans)
Monza (Italie)
Activité principale Chef d'orchestre, compositeur
Formation Conservatoire de Milan
Maîtres Stefano Ronchetti-Monteviti, Alberto Mazzucato

Formé au conservatoire de Milan, où il se lie d'une amitié durable avec Arrigo Boito, il appartient au mouvement de la Scapigliatura, qui entendait renouveler le théâtre lyrique italien. Il compose deux opéras : I profughi fiamminghi (1863), dont la création suscite de vives discussions, et Amleto (1865), sur un livret de Boito d'après Hamlet de Shakespeare.

Engagé en 1866 chez les garibaldiens aux côtés de Boito, il devient professeur au conservatoire de Milan en 1868, puis chef d'orchestre de La Scala à partir de 1871, fonction qu'il exerce jusqu'en 1889.

Ses exécutions des ouvrages de Verdi font autorité : il dirige à La Scala la première italienne d'Aïda en 1872, la version révisée de Simon Boccanegra et la création mondiale d'Otello le .

Oublié comme compositeur, il fait l'objet d'un regain d'intérêt depuis la reprise d'Amleto au festival de Bregenz en 2016.

Biographie

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Origines et formation

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Francesco Antonio Faccio naît à Vérone le , dans le quartier de San Lorenzo, de Giovanni Faccio, copropriétaire d'un hôtel, et de Teresa Carezzato[1].

Il reçoit ses premières leçons de l'organiste Giuseppe Bernasconi puis de Gaetano Costalunga, avant d'être admis au conservatoire de Milan le [1],[2]. Il y travaille auprès de Stefano Ronchetti-Monteviti (it) et d'Alberto Mazzucato et obtient dès la première année des mentions en harmonie, contrepoint et composition[2],[1].

C'est au conservatoire qu'il noue avec Arrigo Boito, son cadet de deux ans, une amitié durable[3].

Premières œuvres et la Scapigliatura

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Franco Faccio compose avec Arrigo Boito deux cantates patriotiques, Il quattro giugno (1860) et Le sorelle d'Italia (1861), dans l'esprit du mouvement en faveur de l'unification italienne[4],[3].

En 1863, il fait ses débuts à La Scala avec I profughi fiamminghi, sur un livret d'Emilio Praga, où il cherche à dépasser les conventions stéréotypées du théâtre musical en adhérant à l'esthétique de la Scapigliatura. L'ouvrage suscite des discussions[4],[n 1].

Le banquet donné à cette occasion est resté célèbre : Boito y lit une ode dont certains vers offensent Giuseppe Verdi, qui refusera de collaborer avec lui[5],[n 2].

Deux ans plus tard paraît Amleto, créé au Théâtre Carlo-Felice de Gênes le sur un livret de Boito[6],[2]. Suivent des pièces symphoniques, un quatuor et des romances[4].

En 1866, Franco Faccio s'engage chez les garibaldiens avec Arrigo Boito et d'autres membres du conservatoire[4],[3].

Chef d'orchestre

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De 1866 à 1868, Faccio effectue une tournée en Scandinavie comme chef symphonique. Il devient professeur au conservatoire de Milan en 1868, puis succède en 1871 à Eugenio Terziani à la tête de l'orchestre de La Scala[3].

Verdi, réconcilié avec Boito par l'entremise de Giulio Ricordi, tient Faccio pour le chef qui convient à l'orchestre scaligère et lui confie les créations milanaises de ses ouvrages[5]. Il dirige ainsi la première italienne d'Aïda en 1872, la version révisée de Simon Boccanegra, puis la création mondiale d'Otello, le , où il partage les honneurs avec Verdi et Boito[5],[2],[3].

Il dirige également le Mefistofele de Boito à Milan, Trieste, Barcelone et Venise[2]. Le , il dirige à La Scala pour la millième fois[3].

Dernières années

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Faccio abandonne son poste en 1889 pour raisons de santé[5].

En 1890, sur le conseil de Verdi, il accepte la direction du conservatoire de Parme, mais son état se dégrade au point que Boito doit le remplacer[1].

Il meurt le . Boito annonce sa mort à Verdi par télégramme, et lui écrit que seule la mort pouvait le guérir, et qu'elle l'a véritablement guéri. Ses obsèques, à l'église San Gerardo de Monza, ne réunissent que quelques amis ; il est inhumé au cimetière monumental de Milan[1].

Création

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L'ouvrage, en quatre actes, est créé au Théâtre Carlo-Felice de Gênes le , avec le ténor Mario Tiberini (it) dans le rôle-titre[2],[6]. Une version révisée est donnée à La Scala en [6],[n 3].

Redécouverte

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Après l'oubli, l'ouvrage reparaît dans l'édition critique établie par Anthony Barrese, et le festival de Bregenz le monte en 2016 dans une mise en scène d'Olivier Tambosi, sous la direction de Paolo Carignani[6].

Le site Ôlyrix en propose un argument détaillé en français[7].

Réception critique

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Les exécutions verdiennes de Faccio étaient tenues pour les plus authentiques de son temps[3].

Son œuvre de compositeur a suscité des appréciations divergentes. Rendant compte en 2016 de la reprise de Bregenz, Forum Opéra juge que la musique fait penser au jeune Verdi sans en avoir les éclats, et que les personnages manquent de profondeur musicale et dramatique ; la revue y voit la cause probable de l'oubli de l'ouvrage, qu'elle rapproche des petits maîtres de la même époque et dont le réveil lui paraît relever de la curiosité plutôt que de la découverte majeure[6].

Dans une chronique consacrée à l'enregistrement de cette production, la même revue porte un jugement plus favorable : elle tient le livret de Boito pour aussi bien construit que ceux qu'il écrira pour Verdi et estime que la musique, sans être celle d'un génie, ne manque ni de puissance ni d'efficacité, et que l'ouvrage aurait des atouts pour revenir dans les théâtres[8].

Œuvres

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Ouvrages lyriques et cantates
AnnéeTitreGenreTexteCréation
1860Il quattro giugnoCantate patriotiqueArrigo BoitoConservatoire de Milan[4],[3]
1861Le sorelle d'ItaliaCantateArrigo BoitoConservatoire de Milan[4],[3]
1863I profughi fiamminghiOpéraEmilio PragaMilan, La Scala[4]
1865AmletoOpéra en 4 actesArrigo Boito, d'après ShakespeareGênes, Teatro Carlo Felice,  ; version révisée, Milan, La Scala, février 1871[6]
1884Cantata d'inaugurazioneCantate[9]

Le catalogue comprend en outre une symphonie en fa, des pièces symphoniques, un quatuor et des recueils de romances publiés par Ricordi[4],[9].

Notes et références

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  1. ↑ Le Dizionario della Musica Italiana date cet ouvrage du 10 novembre 1869, date incompatible avec la chronologie généralement admise et avec la création d'Amleto en 1865.
  2. ↑ Le contenu de cette ode et la réaction de Verdi sont rapportés par des notices générales ; ils demandent à être appuyés sur une étude spécialisée.
  3. ↑ Les sources divergent sur le jour : Forum Opéra indique le 9 février 1871, d'autres notices le 12 février.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 (it) « Franco Faccio, maestro alla Scala », sur Quinte Parallele (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 (it) « Faccio Franco », sur Dizionario della Musica Italiana (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) « Faccio, Franco (Francesco Antonio) », sur Encyclopedia.com, Baker's Biographical Dictionary of Musicians (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 (it) « Faccio, Franco », sur L'Unificazione, Treccani (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 (en) « Faccio, Boito and Verdi », sur Opera Southwest (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 6 « Faccio, Amleto — Bregenz : triomphe pour un nouvel Hamlet italien », sur Forum Opéra, (consulté le ).
  7. ↑ « Hamlet de Franco Faccio — argument », sur Ôlyrix (consulté le ).
  8. ↑ « Hamlet : être ou ne pas être Verdi », sur Forum Opéra (consulté le ).
  9. 1 2 (en) « Faccio, Franco », sur Wikisource, A Dictionary of Music and Musicians, éd. George Grove (consulté le ).

Voir aussi

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