Force populaire

parti politique péruvien
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Force populaire (en espagnol : Fuerza Popular, et parfois désigné par le sigle FP) est un parti politique péruvien de droite et d'extrême droite fondé en 2010 sous le nom de Force 2011 (en espagnol : Fuerza 2011) par des partisans de l'ancien président Alberto Fujimori. Il est actuellement dirigé par Keiko Fujimori, fille de l'ancien chef d'État[8].

Force populaire
Fuerza Popular
Image illustrative de l’article Force populaire
Logotype officiel.
Présentation
Présidente Keiko Fujimori
Fondation
Fusion de Nueva Mayoría
Sí Cumple
Siège Lima, Drapeau du Pérou Pérou
Fondatrice Keiko Fujimori
Secrétaire général Luis Galarreta
Porte-parole Arturo Alegría (es)
Positionnement Droite[1] à extrême droite[2]
Idéologie Fujimorisme
Libéralisme économique[3]
Conservatisme[4]
Populisme de droite[5],[6],[7]
Anticommunisme
National-conservatisme
Américanophilie
Adhérents 62 909
Couleurs Orange
Site web fuerzapopularperu.pe
Représentation
Députés
41  /  130
Sénateurs
22  /  60

Historique

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Logo de 2011 à 2024.

À la suite des élections générales de 2011, le parti, baptisé Force 2011, remporte 37 sièges au Congrès de la République et un siège au Parlement andin, ce qui en fait la deuxième formation politique en importance. Au deuxième tour des élections, Keiko Fujimori, candidate présidentielle pour Fuerza 2011, est battue par Ollanta Humala, chef du parti Gana Perú.

En 2018, Keiko Fujimori et son frère Kenji Fujimori s'opposent pour la direction du parti. La confrontation aboutit au départ de Kenji Fujimori[9]. En , Keiko Fujimori et onze autres cadres du parti sont inculpés par la justice pour avoir reçu des pots-de-vin de la multinationale brésilienne Odebrecht[10].

Le parti s'effondre à l'issue des élections législatives de 2020, passant de 73 à 15 sièges[11].

Force populaire est le parti politique le plus puissant et le mieux structuré du pays. Il gouverne le Pérou depuis le Congrès, où il occupe une position de force depuis 2016[12]. Il est parvenu à consolider son emprise politique en nommant des personnes qui lui sont proches à la tête de plusieurs institutions clés, telles que le Tribunal constitutionnel ou le Ministère public[12]. Il est à l'origine de la destitution de trois présidents en dix ans. Keiko Fujimori en est la dirigeante incontestée depuis que son frère, Kenji Fujimori, s'est retiré de la vie politique et que son père est décédé en 2024[12]. Keiko Fujimori expliquera en 2026 avoir exercé pendant dix ans un important « pouvoir politique » depuis le Parlement, soulignant que cette position permettait de « faire des lois, représenter et contrôler les gouvernements »[13]. Le parti s’appuie sur un puissant ancrage clientéliste[14].

Lors de l'élection présidentielle péruvienne de 2026, Keiko Fujimori fait face à des candidats plus radicaux, comme l'ex-maire de Lima Rafael López Aliaga, ce qui a pour conséquence selon Le Monde de lui donner une image plus modérée en comparaison[12]. Après avoir obtenu 17 % des voix au premier tour, elle bat au second tour d'extreme justesse (50,01%) le candidat de gauche radicale Roberto Sánchez Palomino.

Idéologie

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Force populaire est étiquetée comme un parti d'extrême droite ou de droite par les médias nationaux et internationaux[15],[16],[17],[18] et fait du fujimorisme, sa doctrine politique[19]. Promouvant le conservatisme social, il s'oppose au mariage et à l'union civile entre personnes de même sexe et appuie le mouvement conservateur Con mis hijos no te metas, qui s'oppose à l'éducation de la théorie du genre dans les écoles publiques du pays[20]. Le parti se réclame anticommuniste[21], anti-avortement, se pose en défenseur de la police et des Forces armées[22] et en détracteur de la Convention américaine sur les droits humains[23],[24]. Certains de ses élus au Congrès sont des fondamentalistes religieux[25].

Cependant, certains de ses membres se définissent de centre gauche (Luz Salgado et Hernando Guerra García) ou de centre droit (Keiko Fujimori)[26],[27],[28]. Martín Hidalgo d'El Comercio estime qu'il existe au sein du parti des factions centriste et d'extrême droite[29].

Sur le plan économique, le programme présidentiel du parti prévoit de réduire la taille, les dépenses et les interventions de l’État, promettant un « choc de dérégulation », et de promouvoir des politiques fiscales visant à attirer les investissements privés[14].

Keiko Fujimoti bénéficie de soutiens auprès des classes moyennes urbaines et à Lima[30], ainsi que dans les milieux d’affaires, qui voient en elle la continuité du modèle économique néolibéral inscrit dans la Constitution de 1993, adoptée sous le régime de son père, très favorable au secteur privé[31]. Le fujimorisme constitue également un mouvement populaire et clientéliste, implanté dans les régions et les quartiers populaires, bien au-delà de Lima[30].

Relations avec la criminalité

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L'ancien secrétaire général et responsable financier du parti, Joaquin Ramirez, est désigné en 2016 par la DEA et la Dirandro (Police anti-drogue péruvienne) comme étant « l'un des plus importants barons de la drogue au Pérou ». L'accusation met également en cause le leader de Fuerza Popular pour la région de San Martín et d'autres figures du parti, dont notamment Jose Chlimper, le candidat à la vice-présidence du pays derrière Keiko Fujimori dans le cadre des élections de 2016[32],[33].

Fuerza Popular entretient un rapport controversé avec la corruption, notamment en raison de son implication dans plusieurs affaires politico-judiciaires et de son action visant à limiter les mécanismes de contrôle[13]. Keiko Fujimori a été poursuivie dans le cadre de l’affaire Odebrecht, dans laquelle elle était accusée d’avoir blanchi près de 17 millions de dollars provenant de financements illégaux. Par ailleurs, des responsables de Fuerza Popular ont été impliqués dans le scandale des Cuellos Blancos del Puerto, qui révélait des réseaux de trafic d’influence au sein de la justice péruvienne[13]. Le groupe parlementaire du parti a contribué à protéger des personnalités faisant l’objet d’enquêtes en s'opposant à la levée de leur immunité. Plus largement, le parti est accusé d'avoir mis à profit le pouvoir dont il disposait au Congrès pour affaiblir progressivement des institutions chargées de lutter contre la corruption, notamment à travers son influence sur les nominations au Tribunal constitutionnel et son soutien à des réformes réduisant les capacités de la justice[13]. De nombreux élus sont liés à des réseaux criminels, en particulier ceux impliqués dans le trafic d'or[13].

Résultats électoraux

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Élections présidentielles

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Année Candidats 1er tour 2d tour
Présidence Vice-présidences Voix % Rang Voix % Résultat
2011 Keiko Fujimori Rafael Rey 3 002 193 23,55 2e 7 490 647 48,55 Défaits
Jaime Yoshiyama
2016 José Chlimper 6 115 073 39,86 1er 8 539 036 49,88 Défaits
Vladimiro Huaroc
2021 Luis Galarreta 1 930 762 13,41  2e 8 792 117 49,87  Défaits
Patricia Juárez
2026 Luis Galarreta 2 877 678 17,18 1er 9 223 396 50,13  Élus
Miki Torres

Élections législatives

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Année Voix % Rang Élus
2011 2 948 781 22,97 2d
37  /  130
2016 4 431 077 36,34 1er
73  /  130
2020 1 081 174 7,31 6e
15  /  130
2021 1 457 694 11,34 2e
24  /  130
2026 2 114 389 14,66 1er
41  /  130

Élections sénatoriales

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Année Voix % Rang Élus
2026 2 227 962 15,06 1er
22  /  60

Notes et références

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  1. (es) « Keiko Fujimori cerró su campaña con mitin en el Estadio Monumental », sur América Televisión, (consulté le ) : « La campaña presidencial se cerró con los mítines de los tres principales candidatos en la elección del 10 de abril: la derechista Keiko Fujimori, favorita en los sondeos, y sus escoltas: el centroderechista Pedro Pablo Kuczynski y la izquierdista Veronika Mendoza, ambos empatados en los sondeos. »
  2. (es) Beatriz Jiménez, « El voto de Keiko », El Mundo, .
  3. (es) « Elecciones en Perú, entre el neoliberalismo conservador y el neoliberalismo “design” — CELAG », sur CELAG, (consulté le ).
  4. (en) Lisa Manrique, « Transition in Lima: Leftist Candidate Victory » [archive du ], sur CSIS Center for Strategic and International Studies, (consulté le )
  5. (es) José Víctor Salcedo, « Carlos Alza: "La gente ha optado por la corrupción, por eso ha preferido votar por Keiko Fujimori" », sur La República, (consulté le ) : « La derecha de Keiko es más populista, clientelar y autoritaria en algunos aspectos y menos dialogante; y la de PPK puede tener más capacidad técnica, pero igual privilegia el mercado. »
  6. (es) « Fujimori refuerza su populismo con medidas conservadoras », sur El País, (consulté le ) : « La suma de aliados refuerza el populismo del fujimorismo. la lógica de la campaña de segunda vuelta de Fujimori es de “derecha populista” [...]. »
  7. (es) « Keiko Fujimori cerró su campaña con mitin en el Estadio Monumental », sur América Televisión, (consulté le ) : « La campaña presidencial se cerró con los mítines de los tres principales candidatos en la elección del 10 de abril: la derechista Keiko Fujimori, favorita en los sondeos, y sus escoltas: el centroderechista Pedro Pablo Kuczynski y la izquierdista Veronika Mendoza, ambos empatados en los sondeos. »
  8. (es) Martín Santiváñez Vivanco, « La triste procesión de las larvas grises », sur El Mundo,
  9. « Au Pérou, luttes de pouvoir au sein de la famille d’Alberto Fujimori », sur Le Monde.fr (consulté le )
  10. (es) « Aplazan audiencia de prisión preventiva a Keiko Fujimori en Perú », TeleSUR, (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Pérou : Les défis du président Vizcarra : Odebrecht, élections et démissions – Nouveaux Espaces Latinos »
  12. 1 2 3 4 « Au Pérou, Keiko Fujimori, une « fille de » sans remords », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  13. 1 2 3 4 5 Arthur Morenas et Yeison Vásquez, « Le retour du fujimorisme au Pérou », La Vie des idées, La Vie des idées, (lire en ligne)
  14. 1 2 Christophe Ventura, « En Colombie et au Pérou, la victoire des droites et ses limites », IRIS, (lire en ligne)
  15. (es) « Elecciones Perú 2021: qué se sabe sobre la segunda vuelta y qué podría pasar », sur Diario AS, (consulté le )
  16. (es) Raúl Tola, « ¿Tiene futuro nuestra extrema derecha? », sur larepublica.pe, (consulté le )
  17. (es) « Perú tendrá Congreso atomizado con mayoría de centroderecha », sur dw.com (consulté le )
  18. (es) Carlos Noriega, « Tribunal peruano ordena liberar a Keiko Fujimori », sur RFI, (consulté le )
  19. (es) Carlos Crespo, « La doble estrategia del fujimorismo para tomar el poder », sur ArchivoRevista Ideele, (consulté le )
  20. (es) Bárbara Ester, « Elecciones en Perú, entre el neoliberalismo conservador y el neoliberalismo “design” », sur CELAG, (consulté le )
  21. (es) Víctor Andrés Ponce, « El misterio de Fuerza Popular », sur El Montonero | Primer Portal de opinión del país, (consulté le )
  22. (es) « Fuerza Popular en polémica con Alejandro Cavero sobre la derecha y la supuesta falta de ideología », El Comercio, (ISSN 1605-3052, lire en ligne, consulté le )
  23. (es) Nelida Gandarillas, « “Salir de la CIDH me parece importantísimo”: la orden que dio Keiko a la bancada de FP en el 2018 », sur IDL | Instituto de defensa Legal, (consulté le )
  24. (es) Wilber Huacasi, « Fuerza Popular prioriza proyectos contra el sistema de derechos humanos », sur larepublica.pe, (consulté le )
  25. Sarah Benichou, « Au Pérou, l’union du président de gauche et de la droite déclenche une déferlante conservatrice », sur Mediapart,
  26. (es) Redacción RPP, « Luz Salgado: "Fuerza Popular es un partido de centro izquierda" », sur rpp.pe, (consulté le )
  27. (es) Política LR, « Keiko Fujimori: Somos de centro derecha y López Aliaga de extrema derecha », sur larepublica.pe, (consulté le )
  28. (es) Carlos Hinostroza Sánchez, « Hernando Guerra García: “Hay fujimoristas de centro izquierda en el partido” », sur Gestión, (consulté le )
  29. (es) Martin Hidalgo Bustamante, « La radicalización conservadora de Fuerza Popular », El Comercio, (ISSN 1605-3052, lire en ligne, consulté le )
  30. 1 2 « Pérou: «L’économie sera au cœur de la campagne pour le second tour de la présidentielle» », sur RFI, .
  31. « Au Pérou, Keiko Fujimori, une « fille de » sans remords », Le Monde, (lire en ligne).
  32. (es) « DEA y Dirandro detrás del contacto Tocache-Fuerza Popular », sur Ojo Público | Las historias que otros no te quieren contar, (consulté le )
  33. (es) « Keiko Fujimori volvió a intentar defender a Joaquín Ramírez y José Chlimper », sur larepublica.pe, (consulté le )

Liens externes

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