Station Deux-Montagnes

station du REM de Montréal
(Redirigé depuis Gare Deux-Montagnes)

Deux-Montagnes est une station du Réseau express métropolitain (REM) située à Deux-Montagnes, au Québec, au 400, boulevard Deux-Montagnes. Elle constitue le terminus nord de l'antenne Deux-Montagnes du REM, mise en service le 17 novembre 2025.

Deux-Montagnes
Image illustrative de l’article Station Deux-Montagnes
Entrée principale de la station Deux-Montagnes
Localisation
Pays Canada
Ville Deux-Montagnes
Province Québec
Adresse 400, boul. Deux-Montagnes
Coordonnées
géographiques
45° 32′ 44″ nord, 73° 54′ 44″ ouest

Carte

Caractéristiques
Voies 2
Quais 2
Longueur 80 m[1]
Nombre d'accès 1
Accessibilité Oui
Zone C (ARTM)[2]
Transit annuel 1 555 800 (2009)
Historique
Construction décembre 2020 - novembre 2025
Mise en service 1995 (Gare Deux-Montagnes)
17 novembre 2025 (REM)[3]
Artiste(s) Patrick Bernatchez[4]
Gestion et exploitation
Propriétaire CDPQ Infra
Exploitant Pulsar
Ligne(s)
Correspondances
Exo Laurentides 220, 221, 222, 225, 226, 227, 228, 318, 405, 508, 600, 604, 605, 708[5]

Station aérienne à deux voies et deux quais latéraux, elle se dresse sur un site desservi par le chemin de fer depuis 1925, année où la ligne alors exploitée par le Canadien National fut prolongée jusqu'à cet endroit. Son nom découle directement de cette extension : avant 1995, « Deux-Montagnes » désignait le terminus précédent, aujourd'hui la station Grand-Moulin. Lors du prolongement de la ligne d'une station supplémentaire en 1995, le nouveau terminus hérita du nom, tandis que l'ancienne gare fut rebaptisée en l'honneur du chemin du Grand-Moulin.

La station actuelle remplace la gare de banlieue Deux-Montagnes, exploitée de 1995 à 2020 comme terminus nord de la ligne de train de banlieue du même nom, fermée le 31 décembre 2020 en prévision de sa conversion en antenne du REM. Son aménagement comprend un vaste stationnement incitatif, un terminus d'autobus de cinq quais, des supports à vélos, ainsi qu'une sculpture monumentale, Mars, de l'artiste Patrick Bernatchez, réalisée dans le cadre du programme d'art public UNIR du REM. Le traitement paysager de la station a été conçu pour protéger et mettre en valeur la réserve naturelle du boisé Roger-Lemoine, adjacente au site.

Situation sur le réseau

modifier

La station Deux-Montagnes constitue le terminus nord de l'antenne Deux-Montagnes du Réseau express métropolitain, au 400, boulevard Deux-Montagnes, entre la rue Ovila-Forget et la 20e Avenue[6]. Elle précède la station Grand-Moulin en direction du centre-ville de Montréal et de Brossard.

Toponymie

modifier

Le nom de la station dérive directement de celui de la ville de Deux-Montagnes, elle-même nommée d'après le lac des Deux Montagnes[7]. Ce plan d'eau doit lui-même son appellation à la proximité des collines d'Oka, comme l'attestent notamment les cartes de Bellin (1744) et de Bouchette (1815), bien que certains attribuent également une influence à la montagne de Rigaud[7].

Constituée en 1921 sous le nom de municipalité du village de Saint-Eustache-sur-le-Lac, l'agglomération devient ville de Saint-Eustache-sur-le-Lac en 1958, puis obtient le statut de cité sous le nom de Deux-Montagnes en 1963, avant d'accéder au statut de ville en 1982[7]. Le toponyme « Deux-Montagnes » a été officialisé par la Commission de toponymie du Québec le 9 janvier 1986[7].

Le nom « Deux-Montagnes » a d'abord désigné, dès 1963, la gare de train de banlieue alors terminus de la ligne, aujourd'hui connue sous le nom de station Grand-Moulin. Lors du prolongement de la ligne d'une station supplémentaire en 1995, c'est le nouveau terminus, construit sur le boulevard Deux-Montagnes, qui hérita du nom, tandis que l'ancienne gare fut rebaptisée en référence au chemin du Grand-Moulin voisin.

Histoire

modifier

Origines et ère privée

modifier

Les lettres patentes du Chemin de fer du Nord-Canadien (CNoR) autorisant la construction d'une ligne ferroviaire électrifiée traversant le mont Royal sont accordées le 12 août 1911[8]. Le tunnel sous le mont Royal, construit entre 1912 et 1918, permet la mise en service d'un premier train le 21 octobre 1918, assuré par les locomotives électriques CNoR 601 (rebaptisée CN 6711)[9]. Le service est graduellement étendu vers le nord : jusqu'à Cartierville en février 1921, puis jusqu'à l'actuel site de la station Grand-Moulin en juillet 1925, sous le nom de la gare de Saint-Eustache-sur-le-Lac[10],[11].

Cette ligne est l'une des deux seules lignes de la région à avoir généré un développement immobilier réel autour de ses gares, avec la ligne du Canadien Pacifique vers Dorval et Rigaud[12]. La colonisation du secteur de Deux-Montagnes s'amorce véritablement à partir de 1912, en parallèle avec l'expansion du service ferroviaire[7].

Prise en charge publique et modernisation (1982-1995)

modifier

Le 1er juillet 1982, la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal (CTCUM) prend en charge l'exploitation de la ligne, alors en déclin marqué : l'achalandage quotidien chute de 17 000 passagers en 1976 à 8 630 à la veille de l'intégration[13]. L'intégration tarifaire à la CUM entraîne une réduction des tarifs de 19 % à 73 % et une hausse de la fréquence de 22 à 28 trains par jour, portant l'achalandage à 12 540 passagers dès 1982-1983[13]. La CTCUM signale alors que le matériel roulant, hérité du CN, a un âge moyen de 60 ans[13]. Un projet gouvernemental de conversion de la ligne en « métro de surface » est envisagé mais rejeté par la CTCUM, qui juge la demande insuffisante pour le justifier et préconise plutôt le remplacement du matériel roulant[13].

Un projet de modernisation de la ligne est étudié par le ministère des Transports du Québec à compter de 1988, prévoyant notamment le prolongement du terminus vers un nouveau site désigné « station A-640 », à proximité de l'autoroute 640[14]. L'étude d'impact environnemental de janvier 1992 confirme ce nouveau tracé et évalue le coût total de la modernisation à 227 millions de dollars[15].

Le projet de la station, alors désigné « station Autoroute 640 », fait l'objet d'une médiation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) du 27 mars au 26 mai 1995, menée par la commissaire Johanne Gélinas, à la suite d'une opposition citoyenne portée par le naturaliste Richard Lemire et le groupe Re-Sources Deux-Montagnes, inquiets des impacts du projet de stationnement incitatif sur un boisé abritant notamment le carex de Hitchcock (Carex hitchcockiana), redécouvert après 50 ans d'absence, ainsi que le campagnol sylvestre (Microtus pinetorum)[16]. Une pétition de 3 622 signatures est déposée à cet effet. L'entente de médiation du 11 mai 1995 autorise une première phase de stationnement de 350 places, les phases subséquentes étant conditionnelles à un taux d'occupation de 85 % et à une consultation publique; le conseil municipal de Deux-Montagnes adopte le même jour une résolution reclassant le boisé en zone de conservation[16]. La station, construite au coût de 1,22 million de dollars, entre en service à l'été 1995, remplaçant l'ancien terminus, qui prend alors le nom de Grand-Moulin[16]. Sa propriété est transférée à la STCUM le 1er juin 1995, puis à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) lors de la création de celle-ci, le 1er janvier 1996[16].

Ère AMT/exo (1996-2020)

modifier

Sous la gouverne de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), la ligne devient rapidement la plus achalandée du réseau de trains de banlieue montréalais, représentant 39 % de l'achalandage total du réseau en 2014, avec le meilleur bilan financier de l'ensemble des lignes[17]. La croissance de l'achalandage demeure toutefois freinée par la capacité limitée du stationnement incitatif de la station Deux-Montagnes : le nombre de places tarifées, fixé à 249 depuis 2014, s'avère rapidement insuffisant, la liste d'attente passant de 261 usagers en 2014 à 444 en 2017[18]. Une enquête du Réseau de transport métropolitain menée en septembre 2016 confirme le rayonnement régional du stationnement, dont les usagers proviennent en bonne partie de l'extérieur de Deux-Montagnes, notamment de Sainte-Marthe-sur-le-Lac (26,4 %) et de Saint-Eustache (20,1 %)[19].

À la veille de sa fermeture, la gare dispose de 1 256 places de stationnement incitatif, dont 123 réservées au covoiturage et 11 aux personnes à mobilité réduite, de cinq places de débarcadère, d'un seul quai d'autobus et de 78 places de vélo abritées. Les trains y partent toutes les 30 minutes et, selon une enquête à bord menée en 2015, près du quart des déplacements vers la gare se font à pied, malgré l'absence de trottoirs dans la plupart des rues avoisinantes[20].

Le 2 juillet 2013, la station accueille la première vélostation de la région métropolitaine de Montréal, un abri sécurisé de 78 places à accès contrôlé par carte OPUS[21].

Le 28 février 2014, l'AMT achète le corridor ferroviaire de la ligne Deux-Montagnes, jusque-là propriété du Canadien National, au coût de 97 millions de dollars[22], mettant fin à des négociations entamées dès 2008. Le dernier train de banlieue reliant la station à la Gare Centrale circule le 8 mai 2020; un service ferroviaire limité au tronçon Deux-Montagnes–Du Ruisseau est maintenu jusqu'au 31 décembre 2020, date à laquelle le service est définitivement interrompu en prévision de la conversion de la ligne en antenne du Réseau express métropolitain[23].

Conversion REM (2018-2025)

modifier

Les travaux préparatoires du Réseau express métropolitain (REM) sur l'antenne Deux-Montagnes débutent le 27 mars 2018, avec des fermetures de fin de semaine pour des forages géotechniques[24]. Des ajustements d'horaires successifs réduisent progressivement le service : 23 départs sont modifiés dès le 25 juin 2018, puis 4 départs sont carrément supprimés à l'automne de la même année, une réduction dénoncée par les sept maires de la MRC de Deux-Montagnes, qui retiennent en novembre 2018 environ 6,25 millions de dollars de quotes-parts destinées à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM)[25]. Le maire de Deux-Montagnes et préfet de la MRC, Denis Martin, dénonce l'écart entre l'interruption de service « d'au maximum neuf mois » d'abord promise par CDPQ Infra et une interruption réelle qui s'annonce déjà, à cette date, de plusieurs années[25].

L'aménagement de la station évolue au fil de la conception. Le concept de référence étudié par la firme Hatch en novembre 2016 prévoyait l'étagement du boulevard de Deux-Montagnes et un accès au stationnement incitatif par des bretelles; le consortium NouvLR, chargé de la conception et de la construction, retient plutôt un aménagement semblable à celui de l'ancienne gare, dont les accès par le boulevard de Deux-Montagnes et la 20e Avenue demeurent inchangés[26].

Le service ferroviaire entre Deux-Montagnes et la Gare Centrale est interrompu par étapes : le tronçon Gare Centrale–Du Ruisseau ferme le 11 mai 2020, suivi du tronçon Du Ruisseau–Deux-Montagnes le 31 décembre 2020[27]. Pendant la fermeture, les lignes d'autobus 404 (vers le centre-ville), 496 (vers Sunnybrooke) et 499 (vers Côte-Vertu) d'exo relient le site de la gare à l'île de Montréal par l'autoroute 640, tandis que la ligne 904 assure la navette entre les sites des gares Deux-Montagnes et Grand-Moulin[28]. L'ancienne gare, désaffectée, est démolie à compter de janvier 2021, devenant le premier bâtiment démantelé pour les besoins du chantier sur la Rive-Nord[29]. La nouvelle station, aérienne, est érigée sur le même site; sa construction nécessite le remplacement de plusieurs passages à niveau par des viaducs, notamment aux abords de la rue Henri-Dunant, du boulevard Deux-Montagnes et du chemin d'Oka[30]. La portion Deux-Montagnes–Du Ruisseau de la caténaire est mise sous tension à la fin décembre 2023, marquant le début de l'électrification de l'antenne[31].

La mise en service, d'abord visée pour l'automne 2024, est reportée d'un an en raison de travaux de réhabilitation plus complexes que prévu dans le tunnel sous le mont Royal, où la découverte d'explosifs datant de la construction originale du tunnel ralentit notamment les travaux[32]. L'antenne Deux-Montagnes entre finalement en service le 17 novembre 2025[33]. La cérémonie protocolaire d'inauguration se tient à la station même le 14 novembre 2025, en présence du premier ministre du Canada Mark Carney, du premier ministre du Québec François Legault et de la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada[34].

Le lendemain, une quarantaine d'employés d'entretien du REM, représentés par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, manifestent à la station pour dénoncer des congédiements et des conditions de travail auprès de l'exploitant Pulsar[35].

Architecture et aménagement

modifier

La station Deux-Montagnes est de type aérien, choix motivé à la fois par la nécessité de franchir le boulevard Deux-Montagnes et par la volonté de préserver les milieux naturels environnants[36]. La structure repose sur cinq piliers, deux à l'est du boulevard, un au centre et deux à l'ouest[36]. Le tracé comporte deux dénivellations d'environ sept mètres chacune, aux abords de la rue Henri-Dunant et du boulevard Deux-Montagnes, avant d'atteindre le point culminant de la station[37].

L'intégration architecturale de la station relève du « thème riverain », commun aux stations nordiques de l'antenne (Sunnybrooke, Pierrefonds-Roxboro, Île-Bigras, Sainte-Dorothée et Grand-Moulin), inspiré de la rivière des Prairies et exprimé par une dominante bleue et des motifs de céramique évoquant la fluidité de l'eau[38]. Le traitement paysager du site a en outre été conçu pour mettre en valeur la réserve naturelle adjacente, le boisé Roger-Lemoine[36].

Dans le cadre du programme d'art public « UNIR » du REM, la station accueille une œuvre permanente de l'artiste Patrick Bernatchez, intitulée Mars — une sculpture de marbre blanc d'une quinzaine de mètres évoquant un amoncellement de neige, dans laquelle sont insérés des objets du quotidien coulés dans le bronze[39].

Des mesures d'atténuation sonore ont été mises en place aux abords de la station, sous forme de murs antibruit d'une hauteur de un à deux mètres[36]; une bonification a été apportée après la mise en service, incluant l'installation d'un mur en gabion, une première sur le réseau[40].

Services aux voyageurs

modifier

Accès et accueil

modifier

La station est accessible universellement, avec ascenseurs reliant le niveau de la rue au niveau des quais[36]. L'accès piétonnier principal se fait par le boulevard Deux-Montagnes, entre la 19e et la 20e avenue, ainsi que par un accès secondaire à l'intersection de la 20e avenue et de la Gaétan-Labrêche, les entrées du bâtiment se trouvant toutes de son côté ouest[41][42].

Les cyclistes provenant de l'ouest de la voie ferrée accèdent à la station par la Route verte, qui traverse le boisé Roger-Lemoine, et ceux provenant de l'est par la piste cyclable bidirectionnelle aménagée du côté nord du boulevard de Deux-Montagnes; les deux axes se rejoignent à l'entrée de la station[43].

Desserte

modifier

La station constitue le terminus nord de l'antenne Deux-Montagnes, reliée à la Gare Centrale et à Brossard sans correspondance[36]. Le premier départ en direction de Brossard a lieu à 5 h 30, tous les jours de la semaine; le dernier départ est à 0 h 32 du lundi au vendredi, à 0 h 58 le samedi et à 0 h 28 le dimanche et les jours fériés[44].

La fréquence de passage est généralement de 7 à 10 minutes aux heures de pointe et de 15 minutes en dehors de ces périodes, cette fréquence pouvant toutefois varier, notamment en période estivale[45].

Intermodalité

modifier

La station comprend un terminus d'autobus de cinq quais, desservi par Exo Laurentides, auquel s'ajoutent deux arrêts sur le boulevard de Deux-Montagnes pour les lignes qui n'entrent pas dans la boucle, quatre quais de régulation et un quai réservé au transport adapté; certains autobus effectuent par ailleurs leur demi-tour dans le stationnement situé au sud du boulevard[46]. La refonte du réseau d'autobus des Laurentides, entrée en vigueur le 10 novembre 2025, vise à faire de la station le pôle central du réseau du secteur, en remplacement du terminus de Saint-Eustache, et à arrimer la fréquence des autobus à celle du REM[47]. La station est depuis desservie par les lignes 220, 221, 222, 225, 226, 227, 228, 318, 405, 508, 600, 604, 605 et 708[5].

Le stationnement incitatif compte 945 places, dont 644 gratuites (comprenant 10 places à accès universel, 115 places de covoiturage, 23 places avec recharge pour véhicule électrique et 4 places pour motos) et 301 places payantes, gérées par Indigo[42]. La station dispose en outre de 248 places de stationnement pour vélos[42], dont la moitié abritées, réparties de part et d'autre de la voie ferrée[48], en continuité avec la vélostation inaugurée le 2 juillet 2013 à l'ancienne gare, la première du genre dans la région métropolitaine de Montréal[21].

Une station de vélos en libre-service BIXI est implantée sur le boulevard de Deux-Montagnes, à proximité de la station[49], de même qu'une station d'autopartage Communauto, aménagée dans le stationnement incitatif[50].

En cas d'interruption de service, un plan de relève coordonné par l'Autorité régionale de transport métropolitain prévoit le déploiement de navettes d'autobus de la Société de transport de Laval entre Deux-Montagnes et diverses stations selon l'ampleur de l'interruption, notamment vers Côte-Vertu (ligne 714), vers Bois-Franc (ligne 715), ou vers Sainte-Dorothée lorsque celle-ci devient le terminus nord temporaire du réseau (ligne 716)[51].

Abords de la station

modifier

Milieu d'insertion

modifier

La station s'insère dans un secteur principalement résidentiel de Deux-Montagnes, à proximité immédiate de la réserve naturelle du Boisé-Roger-Lemoine, principal espace vert du secteur. L'autoroute 640 sépare Deux-Montagnes du parc industriel de Saint-Eustache, important pôle d'emplois, sans qu'aucun aménagement piéton ou cyclable ne relie les deux villes. La voie ferrée coupe elle-même Deux-Montagnes en deux : dans un rayon d'un kilomètre autour de la station, le boulevard de Deux-Montagnes constitue le seul point de franchissement[52].

Le programme particulier d'urbanisme (PPU) de l'aire TOD de la gare, publié par la Ville de Deux-Montagnes en août 2018, fixe, conformément au Plan métropolitain d'aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal, une densité minimale de 60 logements à l'hectare dans un rayon d'environ un kilomètre autour de la station, alors que la densité brute moyenne y était estimée à 20 logements à l'hectare en 2015[53].

Étude de mobilité de l'ARTM

modifier

En prévision de l'ouverture de la station, l'Autorité régionale de transport métropolitain confie à la firme Stantec une étude de mobilité portant sur un rayon d'un kilomètre autour de celle-ci, dont le rapport final est remis le 19 janvier 2024. Un atelier tenu le 23 novembre 2022 avec les villes de Deux-Montagnes, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et de Saint-Eustache, l'ARTM, exo et le ministère des Transports et de la Mobilité durable permet d'en dégager les principales interventions[54].

À court terme, l'étude recommande l'installation de feux de circulation aux carrefours boulevard des Promenades/boulevard Industriel et 20e Avenue/boulevard de Deux-Montagnes, alors gérés par des arrêts toutes directions, la synchronisation des feux du boulevard des Promenades jusqu'au chemin d'Oka, l'ajout de tronçons de trottoir et la sécurisation de la traversée de la Route verte sur la 20e Avenue. À l'horizon 2031, elle propose notamment des voies réservées aux autobus sur la 20e Avenue entre les boulevards des Promenades et de Deux-Montagnes, un lien piéton et cyclable vers Saint-Eustache, le long de la voie ferrée ou du boulevard des Promenades, ainsi qu'une passerelle multifonctionnelle au-dessus de la voie ferrée dans le prolongement de la rue Guy, proposée par la Ville de Deux-Montagnes. Les travaux de voirie sont estimés à 3,27 millions de dollars à court terme et à 5,28 millions de dollars à long terme, excluant l'acquisition de terrains et la passerelle, leur répartition devant être négociée entre l'ARTM et les trois villes[55].

Controverses et enjeux

modifier

Stationnement

modifier

La capacité du stationnement incitatif est un sujet de tension récurrent depuis la création même de la station. La médiation du BAPE de 1995 avait déjà limité le projet initial à une première phase de 350 places, les phases suivantes étant conditionnelles à un taux d'occupation de 85 % et à une consultation publique, en raison des impacts appréhendés sur le boisé adjacent[16]. Une fois la capacité portée à 1 256 places[41], celle-ci s'avère de nouveau insuffisante dans les années 2010 : la liste d'attente pour une place tarifée passe de 261 usagers en 2014 à 444 en 2017, une enquête de la RTM confirmant que la majorité des usagers du stationnement proviennent de municipalités voisines plutôt que de Deux-Montagnes même[18]. Malgré des projections allant de 1 160 à 2 000 places selon les versions successives de l'étude d'impact du REM entre 2016 et 2021[36], et bien que le plan d'implantation de 2021, repris dans l'étude de mobilité réalisée pour l'ARTM en 2024, en prévoie encore 1 245[48], la station ouvre finalement en 2025 avec 945 places, un nombre inférieur à la capacité de la gare qu'elle remplace. Dès 2024, l'étude de mobilité anticipait que le stationnement, saturé tôt le matin, reporterait une partie de la demande vers les rues avoisinantes, où la Ville de Deux-Montagnes limite déjà le stationnement à quatre heures en semaine afin d'en dissuader les usagers du train[56].

Tension entre la MRC et les autorités du transport

modifier

La construction du REM entraîne des perturbations de service prolongées, source de frictions répétées entre les élus locaux et les autorités responsables du projet. En novembre 2018, les sept maires de la MRC de Deux-Montagnes retiennent environ 6,25 millions de dollars de quotes-parts destinées à l'ARTM pour protester contre l'insuffisance des mesures de mitigation[25]. Le maire de Deux-Montagnes et préfet de la MRC, Denis Martin, dénonce à plusieurs reprises l'écart entre les engagements initiaux de CDPQ Infra et la réalité du chantier, déclarant en 2019 : « Il semble que tout le monde veut travailler ensemble, mais il commence à être trop tard »[57]. Une dispute similaire resurgit en 2024, lorsque la MRC de Thérèse-De Blainville, également touchée par les enjeux de financement du réseau, obtient une limitation à 4 % de la hausse de sa quote-part demandée par l'ARTM[58].

Manifestation des employés du REM

modifier

Le 15 novembre 2025, au lendemain de la cérémonie protocolaire d'inauguration, une quarantaine d'employés d'entretien du REM, représentés par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, manifestent à la station Deux-Montagnes pour dénoncer des congédiements et le non-respect allégué des normes de la CNESST par l'exploitant Pulsar, dans le contexte d'une première convention collective en négociation[35].

Notes et références

modifier

Bibliographie

modifier
  • Pierre Barrieau, L'Évolution des trains de banlieue montréalais : 170 ans de service (1847-2017), Montréal, Université du Québec à Montréal, , 453 p. (lire en ligne)
  • Michael Leduc, « Le tunnel du Mont-Royal du Canadian Northern a 100 ans », Rail canadien, no 587,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • Ian G. MacDonald, « Le Réseau express métropolitain (REM) », Rail canadien, no 606,‎ , p. 3-37 (lire en ligne)
  • Stantec, Étude de mobilité à la station du REM Deux-Montagnes à Deux-Montagnes : Rapport final, Montréal, Autorité régionale de transport métropolitain, (lire en ligne [PDF])

Références

modifier
  1. ↑ « Station Deux-Montagnes », sur Agora MTL, (consulté le )
  2. ↑ « Les zones tarifaires », sur Autorité régionale de transport métropolitain (consulté le ).
  3. ↑ Réseau express métropolitain, « Date de mise en service visée pour l’antenne Deux-Montagnes : 17 novembre 2025 », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  4. ↑ « Mars », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  5. 1 2 « Secteur Laurentides – Refonte du réseau d'autobus », sur Exo (consulté le ).
  6. ↑ SkahHigh, « Station Deux-Montagnes », sur Agora Montréal, (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 « Deux-Montagnes (Ville) », sur Commission de toponymie du Québec (consulté le )
  8. ↑ Leduc 2018, p. 275-276.
  9. ↑ Leduc 2018, p. 278.
  10. ↑ « Fiche technique — Ancienne gare de Saint-Eustache-sur-le-Lac », sur mgvallieres.com (consulté le )
  11. ↑ Barrieau 2019, p. 127, 130.
  12. ↑ Barrieau 2019, p. 145-146.
  13. 1 2 3 4 « Plan directeur 1984-1986 », sur Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal, (consulté le )
  14. ↑ « Volume synthèse — Modernisation de la ligne Deux-Montagnes », sur Ministère des Transports du Québec, (consulté le )
  15. ↑ « Étude d'impact environnemental — Résumé », sur Ministère des Transports du Québec, (consulté le )
  16. 1 2 3 4 5 « Rapport de médiation — Station ferroviaire Autoroute 640 à Deux-Montagnes », sur Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, (consulté le )
  17. ↑ Barrieau 2019, p. 376.
  18. 1 2 Christian Asselin, « Le stationnement tarifé ne suffit pas à la demande », sur L'Éveil, (consulté le )
  19. ↑ « Étude d'achalandage préliminaire », sur CDPQ Infra, (consulté le )
  20. ↑ Stantec 2024, p. 5, 7, 50.
  21. 1 2 François Van Hoenacker, « AMT: une première Vélostation », sur La Presse, (consulté le )
  22. ↑ « L'AMT achète les infrastructures pour 97 millions $ », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  23. ↑ MacDonald 2022, p. 9.
  24. ↑ « Début des travaux préparatoires du REM à Deux-Montagnes », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  25. 1 2 3 Benoît Bilodeau, « Les maires de la MRC retiennent quotes-parts », sur L'Éveil, (consulté le )
  26. ↑ Stantec 2024, p. 7.
  27. ↑ « Deux-Montagnes et Mascouche », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  28. ↑ Stantec 2024, p. 27.
  29. ↑ « Début des travaux sur la Rive-Nord et Pierrefonds-Roxboro », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  30. ↑ « Au revoir passages à niveau! Des nouvelles infrastructures à venir avec le REM », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  31. ↑ « Électrification d'une portion de l'antenne de Deux-Montagnes : les comportements sécuritaires à adopter », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  32. ↑ « Mise à jour de l'échéancier : on vous explique les prochaines étapes », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  33. ↑ « Date de mise en service visée pour l'antenne Deux-Montagnes : 17 novembre 2025 », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  34. ↑ « Ouverture officielle de 14 nouvelles stations du REM entre le centre-ville de Montréal et Deux-Montagnes », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  35. 1 2 La Presse canadienne, « Manifestation d'employés du REM à la station Deux-Montagnes tout juste inaugurée », sur Le Devoir, (consulté le )
  36. 1 2 3 4 5 6 7 « Rencontre d'information — Deux-Montagnes » [PDF], sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  37. ↑ « Station Deux-Montagnes », sur Agora MTL, (consulté le )
  38. ↑ « Les thèmes de couleurs du REM », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  39. ↑ « Mars », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  40. ↑ « Retour sur les analyses de bruit pour les antennes Deux-Montagnes et Anse-à-l’Orme », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
  41. 1 2 Stantec 2024, p. 5.
  42. 1 2 3 « Se rendre à la station Deux-Montagnes en auto », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  43. ↑ Stantec 2024, p. 5, 22.
  44. ↑ « Station Deux-Montagnes », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  45. ↑ « Horaire de service », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  46. ↑ Stantec 2024, p. 5-6.
  47. ↑ Stantec 2024, p. 54.
  48. 1 2 Stantec 2024, p. 4-5.
  49. ↑ « Carte BIXI », sur BIXI (consulté le )
  50. ↑ « Trouver une voiture », sur Communauto (consulté le )
  51. ↑ « Service en cas d'interruption du REM », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
  52. ↑ Stantec 2024, p. 14-15, 53.
  53. ↑ Stantec 2024, p. 9-10.
  54. ↑ Stantec 2024, p. 1-2, 61.
  55. ↑ Stantec 2024, p. 109-113.
  56. ↑ Stantec 2024, p. 28, 58.
  57. ↑ « Travaux du REM : « On ne nous écoute pas », dit le maire de Deux-Montagnes », sur ICI Radio-Canada, (consulté le )
  58. ↑ Reine Côté, « MRC Thérèse-De Blainville : Un second mandat pour Éric Westram et Julie Boivin » [PDF], sur La Voix, (consulté le )

Voir aussi

modifier