Georges Cattaui

écrivain français

Georges Cattaui (Paris, [1] - Gland, ) est un diplomate et écrivain égyptien et français par naturalisation[2]. Intellectuel francophile, il a publié des biographies d'écrivains et est l'un des grands spécialistes de Marcel Proust.

Georges Cattaui
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
Gland (Suisse)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Félix Georges CattauiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Adolphe Cattaui (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

Biographie

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Félix Georges Cattaui, né à Paris (66 rue François-Ier) le , est le fils d'Adolphe Cattaui et de Rachel Francis. Il est un cousin (doublement issu de germains)[N 1] de Jean de Menasce[4] et appartient à l'aristocratie juive d'Alexandrie.

Il passe ses premières années à Alexandrie. En France, il fait des études secondaires au lycée Carnot, puis des études universitaires en droit. Licencié en droit, il poursuit à l'École libre des sciences politiques dont il sort également diplômé. À son retour en Égypte, il est attaché au cabinet royal et entre dans la carrière diplomatique. Il fonde au Caire L'Atelier et organise le 3e anniversaire de la naissance de Molière, puis l'Université populaire, lieu privilégié de la culture française en Égypte. Secrétaire du roi Fouad Ier, il écrit des discours officiels. Secrétaire de légation, il est successivement en poste à Prague, Bucarest, Londres, Addis Abbeba et Athènes. En , il se convertit au catholicisme[5].

Il abandonne la diplomatie en 1936 et se consacre à l'écriture. En 1935, il avait déjà publié L'amitié de Proust qui lui avait déjà conféré la réputation de spécialiste de cet auteur. Dans l'entre-deux-guerres, il suit des cours de théologie à l'Université de Fribourg et participe avec Jean de Menasce à La Revue juive dirigée par Albert Cohen.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'installe en Suisse, essentiellement pour des raisons pratiques. Il y rédige un symbole de la France en 1944 avec un poème liminaire de Paul Claudel[5].

Pétri de culture française, Cattaui est royaliste légitimiste. En à Villars-sur-Ollon, il rencontre le chef de la maison de Bourbon, Jacques, duc de Ségovie, et le supplie « d'assurer ses droits et titres d'aîné de la race capétienne, de chef de la Maison de France, de duc d'Anjou, de Bourbon, etc. »[N 2]. Il rencontre aussi[N 3] la duchesse de Ségovie, Emmanuelle de Dampierre, qui insistera auprès de son mari pour qu'il proclame ses droits et ceux de leurs fils[8],[9]. Le à Rome, Jacques de Bourbon se déclare chef de la Maison de France et prend le titre de duc d'Anjou ; il charge le duc de Bauffremont de le représenter en France et de faire connaître sa prise de position. Cattaui s'en tiendra là et laissera d'autres légitimistes, comme Dominique Clauzel et Édouard de Roquefeuil, conseiller le prétendant au trône de France. Michel Josseaume, un des principaux artisans du renouveau du légitimisme à partir de 1945, décrit Georges Cattaui comme « un assez remuant petit personnage, petit par la taille mais sincèrement pénétré du droit dynastique français dont il entretenait avec continuité l'esprit du [duc de Ségovie] ». M. Josseaume ajoute que la « passion légitimiste [de Cattaui] était vraiment totale (comme Henri Médine[10], aussi du Caire, plus tard) ».

Après 1945, Cattaui écrit de nombreuses chroniques dans le Journal de Genève. Gaulliste, il sera l'auteur de la première[9] biographie du général de Gaulle, publié le de l'an de guerre 1944, réimpr. en 1946 (Charles de Gaulle, l'homme et son destin, Aux Portes de France), rééd. en 1960 aux éditions A. Fayard).

Après la guerre, il rentre à Paris où il publie de nombreux ouvrages notamment sur Léon Bloy, Charles Péguy et Constantin Cavafy[5]

Après 1955, il est naturalisé français. Il publie en 1956 l'ouvrage Proust, documents iconographiques qui reste l'étude de référence sur Marcel Proust.

Il retourne en Suisse pour y terminer sa vie et meurt le à Gland (Vaud). Il est inhumé à Genève, au cimetière de Plainpalais[6].

Hommages et distinctions

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En 1969, l'Académie française lui décerne le Prix du rayonnement français[11]. Il a obtenu le prix Marcel-Proust en 1973 pour son ouvrage Proust et ses métamorphoses.

La décoration suivante lui a été décernée :

Publications

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Ouvrages
  • Parousie, poèmes, éd. Corrêa, 1938
  • Charles de Gaulle, l'homme et son destin, Aux Portes de France, 1944, rééd. aux éd. Fayard, 1960
  • La Terre visitée, Égloff, 1945
  • Mohamed-Aly et l'Europe, par René et Georges Cattaui, Préface de F. Charles-Roux, Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1950
  • Marcel Proust, Proust et son Temps, Proust et le Temps, préface de Daniel-Rops, Julliard, 1953
  • Proust, documents iconographiques, éditions Pierre Cailler, collection « Visages d'hommes célèbres », 1956, 248 pages illustrées de 175 photos relatives à Marcel Proust.
  • T. S. Eliot, Éditions universitaires, 1958
  • Jules Hardouin-Mansart, 1960
  • Proust perdu et retrouvé, Plon, 1963
  • Constantin Cavafy, 1964
  • Charles Péguy, témoin du temporel chrétien, Centurion, 1964
  • Léon Bloy, Éditions universitaires, 1964
  • Orphisme et prophétie chez les poètes français 1850-1950, Plon, 1965
  • Proust, Éditions universitaires, 1971 ; Livre de Poche
  • L'Art baroque et rococo, 1973
  • Proust et ses métamorphoses, Nizet, 1973
  • Actes du colloque de Cerisy consacré à Paul Claudel (1968), sous la direction de Georges Cattaui et de Jacques Madaule
Articles
  • « Aux jeunes hommes d'Israël », La Revue juive, no 5,
  1. Félix (1865-1943), baron de Menasce (père de Jean de Menasce), était cousin germain à la fois du père et de la mère de Georges Cattaui (dont il a signé comme témoin l'acte de naissance, le 15 septembre 1896 à 14 h 15, à Paris 8e). Le grand-père de Félix de Menasce avait reçu en 1873 de l'empereur François-Joseph Ier, roi de Hongrie, le titre héréditaire de baron hongrois[3].
  2. Lettre[6] de Georges Cattaui à Hervé Pinoteau, en date du 9 novembre 1971.
  3. Lettre[7] d'Emmanuelle de Dampierre à Hervé Pinoteau, en date du 13 juillet 1978 : « J'ai connu Cattaui à Lausanne. Il était très légitimiste et gaulliste. Lui, mes enfants et moi avions fait le voyage ensemble à Villars sur Ollon où je passais l'été ».

Références

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  1. p.27
  2. Source primaire : la généalogie de la famille Cattaui est disponible sur GeneaNet pierfit (sur inscription).
  3. (en) Irit Amit-Cohen, Zionism and Free Enterprise: The Story of Private Entrepreneurs in Citrus Plantations in Palestine in the 1920s and 1930s, Walter de Gruyter, 2012 (OCLC 813834258), p.110-114, lire en ligne
  4. Source primaire : la généalogie de la famille de Menasce est disponible sur GeneaNet pierfit (sur inscription).
  5. 1 2 3 Claude Reichler et Roland Ruffieux, Le voyage en Suisse, Paris, Robert Laffont, , p. 1584
  6. 1 2 Hervé Pinoteau, « 1946 : Un nouveau commencement... [I] », Le lien légitimiste, no 28, , p. 8-11.
  7. 1 2 Hervé Pinoteau, « 1946 : un nouveau commencement... [2] », Le lien légitimiste, no 29, , p. 3-7.
  8. Marc Dem, Le duc d'Anjou m'a dit : la vie de l'aîné des Bourbons, Paris, Perrin, , 177 p. (ISBN 2-262-00725-X, BNF 35055002), p. 71 et 166.
  9. 1 2 Daniel de Montplaisir, « De Chateaubriand à Cattaui, Bourbons oubliés, Bourbons retrouvés », dans Centre d'Etudes Historiques (préface : Louis, duc d'Anjou ; avant-propos : Jean-Christian Pinot, président du C.E.H.), Les Bourbons et le XXe siècle : actes de la XXe session [de l'université d'été] du Centre d'Études Historiques (du 11 au 14 juillet 2013), Neuves-Maisons, CEH, , 269 p. (OCLC 898658205), p. 99-108.
  10. Henry Médine, auteur de : « Pour comprendre les événements d'Espagne », La Revue hebdomadaire, 45e année, No 40, 3 octobre 1936, p. 57-63, lire en ligne ; et auteur d'Esquisse d'un traditionalisme catholique et considérations annexes, Paris, Nouvelles éditions latines, 1956, 127 p.  (BNF 32437020).
  11. Maurice Genevoix

Voir aussi

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