Giovanni Sebastiano Vespignani
Giovanni Sebastiano Vespignani, né vers 1672 à Imola et mort le à Gênes, est un juriste, professeur de droit et magistrat italien. Il exerce des fonctions judiciaires dans plusieurs villes italiennes au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, notamment à Trente, Rovereto, Bologne et Gênes.
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Auteur de plusieurs ouvrages de jurisprudence, il est notamment connu pour sa participation à un procès de sorcellerie en 1717, dont la décision est ultérieurement discutée par le philosophe et érudit italien Girolamo Tartarotti.
Biographie
modifierOrigines et formation
modifierOriginaire d'Imola, foyer historique de la famille Vespignani, dans les États pontificaux, Giovanni Sebastiano Vespignani reçoit une formation juridique et devient docteur en droit[1].
Il appartient au milieu des juristes imolais actifs dans les institutions judiciaires italiennes à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle.
Il enseigne également le droit et acquiert une réputation de jurisconsulte, notamment grâce à ses consultations et décisions juridiques[2].
Carrière judiciaire
modifierGiovanni Sebastiano Vespignani exerce successivement les fonctions de magistrat et de capitaine de justice dans plusieurs villes, notamment à Cesena, Camerino et Foligno[3]. De 1708 à 1713, il occupe les fonctions de magistrat à Trente. Il est également conseiller aulique de l'archevêque de Salzbourg. Le , il commence un premier mandat de cinq ans comme prétore de Rovereto, dans le Trentin, territoire alors soumis à l'autorité des Habsbourg[1]. À l'issue de ce mandat, il devient assesseur pour les vallées de Sole et de Non. Il est rappelé à Rovereto en 1724 pour exercer un second mandat de préteur, avant d'occuper les fonctions de capitaine de justice des Quatre Vicariats. En 1730, il est nommé juge de la Rote de Bologne, juridiction dans laquelle il exerce pendant dix ans.
Il poursuit sa carrière à Gênes comme auditeur de la Rote criminelle, fonction qu'il conserve jusqu'à sa mort, survenue le 4 septembre 1747[1].
Participation au procès de sorcellerie de 1717
modifierPendant son premier mandat à Rovereto, Giovanni Sebastiano Vespignani intervient dans une procédure judiciaire honteuse et cruelle concernant Domenica Pedrotti, dite la Zambanella, accusée de sorcellerie dans la juridiction de Castellano et Castelnuovo, près de Rovereto[4]. En 1717, il confirme en seconde instance la condamnation à mort de l'accusée, exécutée le 17 mars de la même année. Cette affaire est considérée comme la dernière exécution capitale pour sorcellerie connue dans le Trentin[5].
Vespignani reprend ultérieurement son raisonnement juridique dans le Votum LXXXVI, intitulé Sortilegium, de son recueil Vota decisiva seu rationes decidendi, publié à Bologne en 1741.
La décision fait ensuite l'objet de critiques de la part de Girolamo Tartarotti, érudit de Rovereto et auteur du Congresso notturno delle Lammie (1749), ouvrage contestant la réalité de la sorcellerie et la légitimité des persécutions judiciaires qui lui sont associées[4].
L'historien du droit Andrea Padovani[6] et l'historien Giovanni Cristoforetti[4] ont étudié cette affaire dans le cadre de leurs recherches sur la justice criminelle et les procès de sorcellerie au XVIIIe siècle[6],[4].
Travaux juridiques
modifierGiovanni Sebastiano Vespignani est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés au droit civil et à la jurisprudence.
Son premier grand ouvrage connu, De emptione et venditione, publié en 1702, rassemble des consultations juridiques relatives notamment aux contrats de vente et aux frais de procédure civile.
En 1741, il publie à Bologne Vota decisiva seu rationes decidendi, recueil de décisions et de raisonnements juridiques issus de sa carrière de magistrat.
Cet ouvrage, d'environ 608 pages, comprend notamment le Votum LXXXVI consacré au procès de Domenica Pedrotti.
Son fils Giovanni Carlo, également jurisconsulte, participe à la compilation de ses décisions.
Postérité
modifierL'œuvre juridique de Giovanni Sebastiano Vespignani constitue un témoignage de la pratique judiciaire italienne de la première moitié du XVIIIe siècle.
Son intervention dans le procès de Domenica Pedrotti a particulièrement retenu l'attention des historiens en raison des débats intellectuels qui ont suivi sur la sorcellerie et sur la légitimité de la peine capitale dans ce type d'affaires.
Sa décision de 1717, publiée en 1741, est notamment étudiée dans les travaux consacrés à Girolamo Tartarotti et à l'évolution de la pensée juridique au siècle des Lumières.
Œuvres
modifier- De emptione et venditione nec non de expensis quae fiunt in causis civilibus variae consultationes, Imola, 1702.
- Vota decisiva seu rationes decidendi, Bologne, typographie Lorenzo Martelli, 1741.
Articles connexes
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 Angeli, p. 72.
- ↑ (it) Biblioteca comunale di Imola, Calderini (secc. XVI-XIX),
- ↑ (it) Giovanni Cristoforetti (trad. De la dernière exécution capitale pour sorcellerie dans le Trentin : une source inédite), Dell’ultima esecuzione capitale per stregoneria in terra trentina: una fonte inedita,
- 1 2 3 4 Cristoforetti, p. 205–251.
- ↑ (it) Cornelio Galas, « L'ultimo rogo in trentino », sur televignole.it (consulté le )
- 1 2 Padovani.
Bibliographie
modifier- (it) Luigi Angeli, Memorie biografiche di que' uomini illustri imolesi, Imola, Tipografia Galeati, , p. 72.
- (it) Giovanni Cristoforetti, Dell'ultima esecuzione capitale per stregoneria in terra trentina: una fonte inedita, Atti dell'Accademia Roveretana degli Agiati, , p. 205–251.
- (it) Andrea Padovani, « Sortilegio e stregoneria », étude citée par Giovanni Cristoforetti, notamment pour la carrière judiciaire de Vespignani et le procès de 1717