Gouvernement Laval V
Le cinquième gouvernement Pierre Laval ou gouvernement Pétain II est le premier gouvernement du régime de Vichy en France, constitué par Philippe Pétain après le vote du lui donnant les pleins pouvoirs constituants. Il se termine le par le renvoi de Pierre Laval.
| Chef de l'État et Président du Conseil | Philippe Pétain |
|---|---|
| Vice-président du Conseil | Pierre Laval |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 5 mois et 1 jour |
Il n'est pas reconnu comme légitime par le Conseil de défense de l'Empire, gouvernement de la France Libre, reconnu quant à lui par le gouvernement britannique.
Formation du gouvernement
modifierLe gouvernement de Pétain ayant signé l’armistice puis mis fin à la République le par le vote des pleins pouvoir constituants à Pétain, suivi des trois premiers actes constitutionnels, le général de Gaulle crée le , le Conseil de défense de l'Empire qui est reconnu par le Gouvernement britannique, comme successeur légitime de la République alliée de la Grande-Bretagne dans la guerre.
Le , Pierre Laval, second ministre d'État de l'ancien gouvernement[1] est appelé par Pétain comme vice-président du Conseil[2] — le maréchal restant à la fois chef de l’État et du Gouvernement — et l'acte constitutionnel no 4 fait de Laval le dauphin de Pétain en cas de vacance du pouvoir[3].
Le même jour, Philippe Pétain forme le premier gouvernement du régime de Vichy et maintient Pierre Laval comme vice-président du Conseil.
Composition initiale du gouvernement
modifierLaurent Joly qualifie ce gouvernement comme une « union des droites » faite de personnalités d'extrême droite comme Maxime Weygand, Raphaël Alibert et de Adrien Marquet, promoteur d'un néo-socialisme autoritaire et nationaliste[4] qui évolue vers l’extrême droite[5], de catholiques conservateurs comme Yves Bouthillier ou d'hommes de centre droit comme Pierre Laval. On note aussi la présence de René Belin, syndicaliste de la CGT pacifiste et anticommuniste. Belin est le seul nouveau nom que Laval a obtenu pour composition de son cabinet, avec François Piétri, car Alibert et Pétain n'avaient pas de nom pour le poste[6].
| Portefeuille | Titulaire | Parti | |
|---|---|---|---|
| Chef de l'État français, président du Conseil[7] | Philippe Pétain | SE | |
| Ministre secrétaire d'État, vice-président du Conseil, chargé de l'Information, de la presse et de la radiodiffusion (à partir du )[8] | Pierre Laval | DVD | |
| Ministres secrétaires d'État | |||
| Garde des Sceaux et ministre secrétaire d’État à la Justice, chargé des services de secrétariat général de présidence du Conseil et de la direction générale des services d'Alsace et de Lorraine (à partir du ) | Raphaël Alibert | DXD[9],[a] | |
| Ministre secrétaire d'État à l'Intérieur | Adrien Marquet | DXD[b],[10],[5] | |
| Ministre secrétaire d'État aux Affaires Étrangères | Paul Baudouin[11] | DVD[c] | |
| Ministre secrétaire d'État aux Finances | Yves Bouthillier | DVD[d],[12] | |
| Ministre secrétaire d'État à la Défense nationale | Maxime Weygand | DXD[e],[13] | |
| Ministre secrétaire d'État à l'Instruction publique et aux Beaux-Arts | Émile Mireaux | RI[f],[14] | |
| Ministre secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Famille | Jean Ybarnégaray | PSF[g] | |
| Ministre secrétaire d'État à l'Agriculture et au Ravitaillement | Pierre Caziot | SE[h] | |
| Ministre secrétaire d'État à la Production industrielle et au Travail | René Belin (à partir du ) | DVG[i],[15] | |
| Ministre secrétaire d'État aux Communications | François Piétri | AD | |
| Ministre secrétaire d'État aux Colonies | Henry Lémery | DVD[j],[16] | |
| Secrétaires d’État | |||
| Secrétaire d'État à la Guerre | Louis Colson | SE[k] | |
| Secrétaire d'État à la Marine | François Darlan | SE[l],[17] | |
| Secrétaire d'État à l'Aviation | Bertrand Pujo | SE[m] | |
Remaniements
modifier7 septembre 1940
modifierUne nouvelle loi relative à la composition du Gouvernement est décrétée par Pétain le , elle réorganise la forme et le fond du gouvernement. La nomenclature des « ministres secrétaire d'État » changent tous pour « secrétaires d'État ». Cependant, seul le vice-président, Laval, et huit secrétaires d'État sont des ministres de pleins droits et forment le conseil des ministres, les autres n'ont qu'une voix délibératives lorsqu'il s'agit d'une loi intéressant leurs départements. Un conseil de cabinet est créé, composé du vice-président du Conseil et des secrétaires d'État. Il prépare les décisions du conseil des ministres[18].
| Portefeuille | Titulaire | Parti | |
|---|---|---|---|
| Chef de l'État français, président du Conseil[7] | Philippe Pétain | SE | |
| Ministre secrétaire d'État, vice-président du Conseil, chargé de l'Information, de la presse et de la radiodiffusion et de la coordination des différents ministères | Pierre Laval | DVD | |
| Secrétaires d'État, ayant prérogative de ministre | |||
| Garde des Sceaux et Secrétaire d’État à la Justice, chargé des services de secrétariat général de présidence du Conseil et de la direction générale des services d'Alsace et de Lorraine (à partir du ) | Raphaël Alibert | DXD | |
| Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères | Paul Baudouin[11] | DVD[c] | |
| Secrétaire d'État à la Production industrielle et au Travail | René Belin | DVG | |
| Secrétaire d'État aux Finances | Yves Bouthillier | DVD | |
| Secrétaire d'État à l'Agriculture et au Ravitaillement | Pierre Caziot | SE | |
| Secrétaire d'État à la Marine | François Darlan | SE | |
| Secrétaire d'État à la Guerre | Charles Huntziger | DVD | |
| Secrétaire d'État à l'Intérieur | Marcel Peyrouton | SE | |
| Secrétaires d’État | |||
| Secrétaire d'État à l'Aviation, rattaché au ministère de la Marine | Jean Bergeret | SE | |
| Secrétaire d'État à l'Instruction publique et à la Jeunesse, rattaché au ministère de la Justice | Georges Ripert | DVD | |
| Secrétaire d'État aux Colonies, rattaché au ministère des affaires étrangères | Charles Platon | SE | |
| Secrétaire d'État aux Communications, rattaché au ministère des finances | Jean Berthelot | SE | |
Changements du 28 octobre 1940
modifier- Ministre secrétaire d’État à la présidence du conseil[11] : Paul Baudouin
- Ministre secrétaire d’État à l'Intérieur : Pierre Laval
Actions gouvernementales
modifierÉté 1940 : mise en place du régime
modifierDès l'été 1940, l'antisémitisme est présent, Raphaël Alibert étant lui-même antisémite et appel dès le départ un « statut des juifs ». Laval ne cache pas sa xénophobie et son racisme dès le au sein de la commission constitutionnelle. Le , après une sollicitation de Dommange et Vallat pour abolir la franc-maçonnerie et une législation contre les juifs, Laval répond par une obligation d'avoir un père français pour les emplois publics ainsi que le ministère, texte paru dès le . Le et le , cette obligation est étendue aux médecins et aux avocats. Le , une commission est chargée de réviser les naturalisations faites depuis 1927, cette commission frappera en priorité les juifs.
Le , une loi permet sur simple rapport du ministre de démettre tout magistrat, fonctionnaire, agent civil ou militaire qui doit en théorie ne rester en action qu'au est en réalité prorogée pendant toute la durée du régime. Plusieurs milliers de fonctionnaires sont limogés, dont plus de 3 000 dans le ministère de l'Intérieur. Le , la franc-maçonnerie est interdite et tous les membres sont exclus des emplois publiques et les biens des loges sont réquisitionnées. Via un message publique de Pétain le puis le , celui-ci commence un procès du régime républicain et le cinquième acte constitutionnel instaure une Cour suprême qui doit se réunir à Riom. Le , plusieurs responsables politiques sont arrêtés dont Paul Reynaud, Léon Blum et Édouard Daladier ainsi que le général Gamelin. Septembre marque un premier tournant dans le régime car la victoire rapide de l'Allemagne sur l'Angleterre s'éloigne, l'opinion se fait alors plus timoré sur l'anglophobie, voir espère la victoire britannique[19].
Le , pour répondre au besoin de remplacer le service militaire qui est supprimé, est instauré les Chantiers de la jeunesse française, obligatoire pour tous les jeunes de 20 ans pour une durée de six mois. Le but est de prôner les valeurs de la révolution nationale[20].
Le , est créé la Légion française des combattants en remplaçant toutes les autres organisations d'anciens combattants sous la direction de Xavier Vallat. L’État français lui assigne comme mission de « régénérer la Nation, par la vertu de l’exemple du sacrifice de 1914-1918 ». En dépit de la dissolution de leurs associations, tous les anciens combattants ne rejoignent pas la Légion mais elle compte tout de même 1 150 000 membres en zone libre et 300 000 dans l'Empire au plus fort du régime. Le succès ne commence cependant qu'à partir de décembre[21].
Le , la structure du gouvernement est remanié avec la création d'un conseil de cabinet, restreint à neuf membres du gouvernement. Tous les parlementaires sont renvoyés, à l'exception de Laval, lui faisant perdre ses alliés. Cependant, le général Maxime Weygand, son sérieux rival, est aussi débarqué pour être envoyé en Afrique française, il lui est notamment reproché son hostilité à la collaboration militaire avec l'Allemagne. Le maréchal a donc tranché pour une coopération avec les nazis[19].
Automne 1940 : collaboration et révolution nationale
modifierBien que le gouvernement ait déjà proposé dès le via le général Huntziger que la France souhaiter collaborer avec l'Allemagne puisque l'Angleterre avait engagé des hostilités, puis le Paul Bauduin, en passant par l'ambassade allemande de Madrid, que la France voulait devenir une « puissance associée » à l'Allemagne. C'est finalement Pierre Laval qui parvient à obtenir un contact avec les Allemands via Fernand de Brinon et Jean Luchaire avec Otto Abetz, délégué du ministère des Affaires étrangères auprès du commandement militaire en France qui cherche à renforcer sa position, civile et consultative. Le , Laval est le premier représentant de Vichy à passer en zone occupée pour rencontrer directement Abetz, ces actions renforcent sa position dans le gouvernement. Le , Abetz devient ambassadeur et chargé de la relation politique avec Vichy, son service devenant une véritable ambassade le . Alors que la collaboration franco-allemande ne change pas, notamment par un désintéressement allemand, la Bataille de Dakar marque Hitler et permet de montrer l'opposition du gouvernement à De Gaulle et aux Britanniques. De nouveaux mouvements envers l'Allemagne sont engagés, comme avec le général Doyen qui déclare vouloir rejoindre l'état de guerre ainsi que le gouverneur de la Banque de France qui indique que la France se met à disposition de l'Allemagne en échange de concessions politiques. Le , cette politique de collaboration est annoncée publiquement par Pétain au Français, bien qu'elle soit prudemment indiquée « avec tous ses voisins », Pétain indique aussi que cette coopération va de pair avec la Révolution nationale car c'est la défaite qui la permet[22].
Le même jour, une loi limite l'emploi des femmes dans la fonction publique en interdisant le recrutement des femmes mariées et en permettant une mise à la retraite précoce. La loi n'est cependant que peu appliquée pour ne pas désorganiser l'administration[23].
Le gouvernement applique aussi une politique antisémite. Dès le , le métier de médecin est réservé aux nationaux français et aux naturalisés avant 1927. Le , la disposition est élargie au métier d'avocat. Le , le décret Crémieux est abrogé, les juifs d'Algérie sont déchus de la nationalité française. Le 18, le statut des juifs du 3 octobre est publié, elle donne une statut juridique à la qualité de « juifs », qui s'inspire de celle nazie de 1935. Tous les juifs sont exclus de la fonction publique, de la presse et du milieu culturel. Des exceptions pour les anciens combattants et de manière individuel sont prévus. Environ 3 000 personnes sont exclus de la fonction publique. La loi s'applique aussi dans les territoires occupés, entrant en rivalité avec l'ordonnance allemande. Le même jour, la loi du 4 octobre sur les ressortissants étrangers juifs est publié. Elle permet l'internement des juifs étrangers dans des camps spéciaux ou à résidence surveillée. Le , le statut des juifs est étendue au Maroc.
Le , les conseils généraux sont suspendus.
Le , Hitler se rend à la frontière franco-espagnole et le 22, il s'arrête à Montoire-sur-le-Loir où Laval est convié où il rappelle la volonté de coopération avec l'Allemagne. Lors de son trajet retour, Hitler repasse par Montoire où il retrouve Pétain.
Pétain a clairement accepté le principe de la collaboration dans l'esprit d'un dialogue « entre soldats », Hitler et lui étant des vétérans de la Première Guerre mondiale. Ce dialogue de « frères d'armes » devait selon lui préparer les conditions définitives de la paix entre l'Allemagne et la France. Une des intentions principales de Pétain lors de l'entrevue de Montoire était la collaboration militaire avec les forces de l'Axe en faisant participer l'armée de Vichy à une action militaire anti-britannique en Afrique. Uniquement en Afrique pour défendre l'empire, pas à titre général. Il se heurte à de l'indifférence de la part de Hitler. Pétain, dans son discours du (annonçant son engagement sur la voie de la collaboration) parle d'ailleurs de « réduire les dissidences » des colonies françaises. Jamais Pétain ne fera état de la demande d'Hitler que la France entre en guerre contre la Grande-Bretagne et à laquelle il ne donnera pas suite.
Cependant, bien qu'à Montoire Hitler n'ait rien répondu à la proposition de Pétain, il a fait quelques concessions afin d'encourager la collaboration militaire de Vichy. Quelques officiers français furent libérés dans le but de monter une opération de reconquête du Tchad.
Pierre Laval, alors ministre des Affaires étrangères, propose quant à lui des ouvertures concrètes aux Allemands. Il dénonce l'alliance de la France avec la Grande-Bretagne, dont il souhaite publiquement la défaite. Par exemple, il fait livrer à l'Allemagne une partie de l'encaisse-or de la Banque nationale de Belgique, celle qui fut confiée à la France lors de la débâcle de mai - .
Pour Pétain comme pour Laval, néanmoins, Montoire doit inaugurer une collaboration suivie avec l'Allemagne, seule politique permettant (à leurs yeux) de redonner à la France sa dignité et sa place dans une Europe « nouvelle », définitivement dominée par les nazis.
Pour Hitler, l'enjeu de la rencontre de Montoire était tout autre. Il considérait la collaboration comme un atout tactique et stratégique : aide purement ponctuelle et purement militaire, elle devait aider l'Allemagne dans la perspective du conflit en cours avec la Grande-Bretagne et du projet d'invasion de l'URSS. Il s'agissait simplement pour les nazis de se garantir des intentions françaises, c'est-à-dire de « neutraliser la France aux moindres frais » en maintenant « une écrasante domination économique » et en s'assurant « que Vichy s'opposera fermement à toute tentative de mainmise des gaullistes et des Anglais sur l'Afrique du Nord ». En raison de ces objectifs tactiques, et aussi de sa francophobie, Hitler n'était nullement disposé à faire des concessions au vaincu de , même s'il acceptait le principe de la collaboration franco-allemande.
Le , le Conseil des ministres approuve le résultat de la rencontre et l'on dicte à la presse de se réjouir de la collaboration. C'est aussi pourquoi Pierre Laval devient Ministre des Affaires Étrangères et le lendemain lui, Huntziger et Bouthillier se rendent à Paris pour négocier la libération des prisonniers de guerre. Pétain fait savoir dans une allocution le 30 qu'il associe la collaboration avec le redressement du pays, le cap de sa politique collaboration accrue est donc connu des tous. Ce discours est bien vu par les milieux catholiques et conservateurs, cependant une partie des Français voit cette politique avec méfiance envers Pétain lui-même ainsi que le gouvernement.
Cependant, rapidement, Hitler se détourne de Vichy. Pourtant Laval continue de plaider pour aller plus loin en espérant plus de concessions. Le , le gouvernement renonce à payer les frais d'occupations, le régime demande à redevenir responsable des départements du Nord et du Pas-de-Calais, l'aménagement de la ligne de démarcation et le retour du gouvernement français à Versailles. Le , cette dernière décision est rendue publique. Otto Abetz calme immédiatement l'enthousiasme du gouvernement en refusant ce transfert du siège[24].
Le , le gouvernement fonde la Corporation paysanne qui vise à fédérer les syndicats agricoles déjà très à droite pour qu'elle s'organise par elle-même[25].
Chute du gouvernement
modifierAvec un contexte extérieur qui éloigne la perspective d'une résolution de la guerre rapidement et un horizon oriental pour l'Allemagne, Vichy ne reçoit rien en échange du début de la collaboration. De plus, Laval a de nombreux rivaux qui n'aiment pas sa relation privilégiée avec Abetz. Le vice-président du Conseil n'est pas aidé par une opinion publique qui lui est très défavorable. Le , Pétain demande à tous ses ministres de démissionner mais n'en accepte que deux, Georges Ripert et Pierre Laval. Il est alors placé en résidence surveillée. Le lendemain Pétain appelle Pierre-Étienne Flandin pour former gouvernement[26].
La principale conséquence de la chute de Laval est de renforcer les voix allemandes à l'hostilité d'une coopération franco-allemande. Hitler considère à partir de ce moment que la France est trop attentiste et qu'il n'a aucune obligation de sa part. Pour l'Allemagne, la France sous statut d'armistice est bien plus utile économiquement et stratégiquement qu'en guerre avec l'Angleterre[27].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Raphaël Alibert est un royaliste traditionaliste proche de l'Action française et suspecté d'appartenir à La Cagoule .
- ↑ Adrien Marquet est un néo-socialiste, maire de Bordeaux exclu de la SFIO en 1933 après avoir publié un manifeste avec Marcel Déat prônant « Ordre - Autorité - Nation ». Il co-fonde en 1933 le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès d'orientation néo-socialiste puis il refuse de s'associer au Front populaire en 1936. Selon Laurent Joly, historien spécialiste de l’antisémitisme durant le régime de Vichy et de l’histoire de l’extrême droite en France, « Il vient de la gauche, mais il a évolué vers l'extrême droite. C'est une sorte de fasciste. Il est pour que la France s'adapte à l'ordre nouveau européen. ».
- 1 2 Admirateur de Mussolini, Paul Baudouin est proche de la droite et est l'homme de confiance de Paul Reynaud, s'éloignant de lui en juin par sa position pro-armistice.
- ↑ Yves Bouthillier est un haut fonctionnaire ouvertement hostile au Front populaire. Conservateur, il se rapproche de Paul Reynaud en 1938 qu'il trahi en juin 1940 pour rejoindre Pétain.
- ↑ Maxime Weygand avait été relevé de son commandement au Liban en 1924 car il communiquait des articles du quotidien parisien royaliste et nationaliste L'Action française et est toujours resté proche de ce parti malgré son légalisme qui le fait publiquement rester neutre. Il entre en 1936 dans le Rassemblement national pour la reconstruction de la France, groupe traditionaliste et réactionnaire. Il signe en 1937 un manifeste pro-franquiste. Il est membre du Cercle Fustel de Coulanges. En juin 1940, il écrit une note-programme qui demande un nouveau régime avec pour devise « Dieu, Patrie, Famille, Travail ».
- ↑ Émile Mireaux est co-directeur du journal Le Temps, sénateur en 1935 de l'Union démocratique et radicale. Il se rapproche à la fin des années 30 de l'Alliance démocratique en même temps que les autres radicaux indépendants.
- ↑ Jean Ybarnégaray est député à partir de 1914, au sein de la Fédération républicaine, il milite dans les ligues nationalistes comme les Jeunesses patriotes. Il intègre les Croix-de-Feu, devenant un cadre de l'organisation. Il devient en 1936 l'un des dirigeant du Parti social français.
- ↑ Pierre Caziot est un ingénieur agronome, président de l'Association des ingénieurs agronomes de 1921 à 1938.
- ↑ Membre du Syndicat national des agents des PTT, associé à la CGT dont il devient en 1933 un secrétaire général adjoint. Il y tient une ligne pacifiste et anticommuniste. En 1938, sa tendance « Syndicats » défend les accords de Munich. Il est donc associé à l'aile droite de la CGT et devient une « caution de gauche » dans ce gouvernement.
- ↑ Henry Lémery est un avocat martiniquais d'abord proche du centre-gauche, député entre 1914 et 1919 puis sénateur à partir de 1920. Il défend une ligne sécuritaire et de puissance nationale contre la sécurité collective d'Aristide Briand. Il s'oppose aux sanctions contre l'Italie et au soutien à la République espagnole. Il participe en 1934 au projet de réforme autoritaire de la Constitution d'André Tardieu. Il doit quitter en 1936 le groupe de la Gauche démocratique et devient donc un non-inscrit, opposant au Front populaire. Il est ouvertement anticommuniste et à la fin des années 30 se rapproche des milieux conservateurs.
- ↑ Louis Colson est polytechnicien ayant été chargé de l'envoi d'équipements aux républicains espagnols mais n'a pas d'affiliation politique.
- ↑ François Darlan est issu d'un milieu républicain progressiste, conservateur socialement. Il est anticommuniste et méprise l'antiparlementarisme.
- ↑ Bertrand Pujo est un aviateur avec deux citations à l'ordre de l'armée. Il est président d'Air France en 1936.
Références
modifier- ↑ Cointet 2011, p. 38.
- ↑ Cointet 1993, p. 228-249.
- ↑ Kupferman 2006, p. 269.
- ↑ France Fictions. Histoire des idées reçues de l'histoire de France, Perrin, (ISBN 978-2-412-10425-5), p. 399
- 1 2 « Régime de Vichy, quand l'extrême droite s'occupe de la France : épisode du podcast Histoire de l’extrême droite, des ligues au Front national », sur France Culture, (consulté le )
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 85-86
- 1 2 [PDF] Jérôme Cotillon, « Les entourages de Philippe Pétain, chef de l’État français, 1940-1942 », Histoire@Politique – Politique, culture, société, no 8, mai-août 2009. « Par la conjonction des événements précipitant une concentration entre les mains d’un seul des pouvoirs présidentiel et gouvernemental comme le cas de figure faisant du dernier président du Conseil de la République également le premier chef du nouvel État français, la personne de Pétain se retrouve tout à la fois investie de nouvelles fonctions exécutives sans avoir été dépossédée de ses anciennes attributions gouvernementales. »Voir en particulier la note 42, p. 16. : « Il est relevé que Laval chef du gouvernement ne porte pas pour autant le titre de président du Conseil, Pétain continue d’en être le détenteur et d’en exercer les pouvoirs afférents. Cf. à ce sujet AN 2AG 539 CC 140 B et Marc-Olivier Baruch, op. cit.,[réf. non conforme] p. 334-335 et 610. »
- ↑ Gilles Devers, « Vichy 28. Loi du 12 juillet 1940 : composition du gouvernement », sur avocats.fr, (consulté le ).
- ↑ Jean-Paul Cointet, Les hommes de Vichy: l'illusion du pouvoir, Perrin, (ISBN 978-2-262-04929-4)
- ↑ Hubert Bonin, Bernard Lachaise et Françoise Taliano-des Garets, Adrien Marquet: les dérives d'une ambition, Bordeaux, Paris, Vichy, 1924-1955, Confluences, (ISBN 978-2-35527-005-5)
- 1 2 3 « Ministres de Vichy issus de l'École polytechnique – Paul Baudouin », sur x-resistance.polytechnique.org, Association X-Résistance (consulté le ).
- ↑ Michel Margairaz, « Yves Bouthillier (1901-1977) : Le ministre de Vichy », dans Dictionnaire historique des inspecteurs des Finances 1801-2009 : Dictionnaire thématique et biographique, Institut de la gestion publique et du développement économique, coll. « Histoire économique et financière - XIXe-XXe », , 197–199 p. (ISBN 978-2-8218-3703-4, DOI 10.4000/books.igpde.3644, lire en ligne)
- ↑ Thibault Decomble, « Le général Maxime Weygand face à la guerre (mai 1940-septembre 1940) », dumas.ccsd.cnrs.fr, , p. 368 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Gilles Le Béguec, « Le Parti radical indépendant », Bulletin du Centre d’Histoire de la France contemporaine / Recherches contemporaines, vol. 5, no 1, , p. 311–313 (DOI 10.3406/bchfc.1998.1927, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « BELIN René, Joseph, Jean-Baptiste – Maitron » (consulté le )
- ↑ Dominique Chathuant, « L'émergence d'une élite politique noire dans la France du premier 20e siècle ? », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. n° 101, no 1, , p. 133–147 (ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.101.0133, lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Bernard Costagliola, « Darlan avant Darlan », dans Darlan : La collaboration à tout prix, Paris, CNRS, , 404 p. (ISBN 9782271083180)
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
- 1 2 Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 84-94
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 110
- ↑ Jean-Pierre Azéma et Olivier Wieviorka, Vichy, -, Paris, Éditions Perrin, coll. « Tempus », 2000 et 2004 (1re éd. 1997), 374 p. (ISBN 978-2-262-02229-7), p. 111-112.
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 120-126
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 106
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 126-134
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 107
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 134-135
- ↑ Laurent Joly (dir.), Vichy: histoire d'une dictature, 1940-1944, Tallandier, , 560 p. (ISBN 979-10-210-5926-9), p. 136-137
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Jean-Paul Cointet, Pierre Laval, Paris, Fayard, , 586 p. (ISBN 978-2-213-02841-5).

- Michèle Cointet, Nouvelle histoire de Vichy : 1940-1945, Paris, Fayard, , 797 p. (ISBN 978-2-213-63553-8, présentation en ligne).

- Fred Kupferman (préf. Henri Rousso), Laval, Paris, Tallandier, , 2e éd. (1re éd. Balland, 1987), 654 p. (ISBN 978-2-84734-254-3, présentation en ligne).

- Renaud Meltz, Pierre Laval : un mystère français, Paris, Perrin, , 1226 p. (ISBN 978-2-262-04018-5, SUDOC 231545932, présentation en ligne).